Nouvel élan pour le Projet AGAPE ?

(Texte d'octobre 1995)

Dr Bernard Auriol

 

Le présent texte est une reproduction de la deuxième demande de subvention auprès de la Fondation Odier. Il représente un état de la question à l’époque de cette demande (1995), après la visite et la participation du Pr. Chauvin et de G. Véraldy aux expériences qui avaient suggéré certaines modifications du lieu d’expérience et du protocole.

 



 

J’ai rencontré la télépathie

 

         Mon père à qui me liait une profonde affection s’abstenait pourtant de m’écrire à l’institution qui m’abritait. Il était convenu que les échanges épistolaires concernaient ma mère et moi : ses occupations et son tempérament ne lui permettaient pas plus que de lire ce qu’elle et moi nous écrivions. Ceci se vérifia tout au long des huit ans que dura mon éloignement de Toulouse.

         Cette règle fut pourtant, une fois et une seule, mise en défaut. L’hiver était rude et je fus gravement atteint par une combinaison de fatigue et de virus : j’eus une perte de connaissance brève avec une fièvre record et je dus m’aliter plusieurs jours. Sans en être informé sinon par son intuition, c’est le moment qu’il choisit pour m’adresser une lettre dans laquelle il s’inquiétait de ma santé et tout spécialement d’une faiblesse au genou qu’il me connaissait. Là n’était pas la pointe du mal, mais cet organe n’était pas épargné !...

         Je fus très touché de ce geste et je commençai à me persuader que la « petite voix » dont il se prévalait parfois, n’était peut-être pas une pure illusion. Quelque temps plus tard je me mis à lire quelques uns de ces écrits qui fleurissaient sur les balbutiements d’une « parapsychologie scientifique » française, américaine ou soviétique...

         Lorsque j’eus terminé mes études médicales, au cours de mon internat et les années suivantes je me mis au travail : j’eus l’idée (dont j’ai appris plus tard qu’elle rejoignait le travail publié de Tart, [1976]) que si une telle faculté existait elle devait être distribuée à tout un chacun, même si c’était de façon inégale. D’autre part, pourquoi ne pourrions nous la cultiver par l’exercice sur le modèle du bio-feedback [1] dont on parlait beaucoup. Je conçus donc un appareillage simple répondant à ces présupposés (Auriol, 1974) :

Nous utilisions deux postes munis de cinq interrupteurs colorés. L’un de ces cinq interrupteurs pouvait être fermé en enfonçant un ‘jack’. Les deux postes étaient placés dans deux pièces différentes et connectés de telle sorte que si l’interrupteur de même couleur était fermé sur les deux postes, une lampe s’allumait sur chacun d’eux. Le joueur ‘émetteur’ tirait au sort une bille de couleur, se concentrait dessus, enclenchait alors le ‘jack’ dans l’interrupteur de même couleur et frappait deux coups. Le joueur ‘récepteur’ tentait alors de deviner la couleur et enclenchait le ‘jack’ correspondant à son intuition : s’il avait trouvé la bonne réponse les lampes s’allumaient, sinon rien ne se passait et on passait au coup suivant... L’émetteur – ou un observateur indépendant - notait alors le résultat. Les essais avaient lieu par salves de 15. Chaque jour les joueurs effectuaient une ou plusieurs salves. Ce protocole me permit de me convaincre de la possibilité d’un apprentissage (amélioration évidente [2] des performances pour trois couples de sujets quand les essais furent effectués en donnant le rôle de récepteur à celui - ou celle - qui paraissait le mieux réussir au départ; résultats non différents du hasard quand on renversait les rôles).

         Je cherchai aussi à vérifier si les jeunes élèves d’une école étaient plus doués que leurs aînés. Ce travail montra que dans l’ensemble, les uns et les autres obtenaient des résultats significativement différents de ce qu’aurait donné le hasard mais, vu le nombre insuffisant d’individus représentant les classes d’âge à partir de quinze ans, il ne fut pas possible de tirer une conclusion relativement à l’âge.

         Pris par les nécessités de mon travail de psychothérapeute, puis de psychanalyste, je dus provisoirement abandonner cet effort expérimental et je confiai mon appareillage et celui confectionné sur ma demande par des élèves ingénieurs de l’ ENSEEIHT (Planson & Morales, 1981), à Mr Yves Lignon (1988) qui n’eut pas l’occasion de l’utiliser selon le protocole que je viens de décrire.

 

La communication d’inconscient à inconscient

 

         La pratique de la psychanalyse ne m’éloigna qu’à moitié du sujet. Plus de travail expérimental mais l’insistant ressac des paroles trop justes qui disent plus qu’on n’en sait; ceci dans la bouche de l’analysant. Parfois aussi, au delà de l’intervention techniquement assise, de la part de l’analyste. J’en témoigne mais pas seulement moi, bien des collègues aussi : à commencer par Freud (Moreau, 1974) qui en donna des analyses fulgurantes. Et Jung (1956) bien sûr et tant de collègues d’aujourd’hui parfois honteux de s’en apercevoir ! (Combourieu, 1985).

         « Le psychanalyste a une approche langagière de l’objet humain qui peut mettre au second plan la sémiotique non parlée dont il se réclamera pourtant d’une certaine façon par un solennel ‘ ça passe quelque part ..., ça circule entre inconscients... ’ » (Thurin, 1990).

         J’ai personnellement acquis la conviction que les phénomènes parapsychologiques interviennent parfois dans le courant d’une analyse : j’ai publié une étude préliminaire à ce sujet dans un Congrès Psychanalytique et je l’ai reprise au 2° Congrès National de Parapsychologie (Quand les esprits s'en-mêlent). On en trouvera un compte rendu plus extensif sur le site (Parti-Pris) . Cette pression des faits, difficiles d’interprétation dans le cadre clinique de l’analyse, m’a ramené à l’expérimentation...

 

L’expérience du groupe

 

‘Il est beaucoup plus facile d’admettre la causalité psychique

dans l’ordre collectif que dans l’ordre individuel.’

(A. Green, 1991, p. 169)

 

         La nature de cette expérimentation doit beaucoup à ma fréquentation du Groupe Français de Sociométrie. J’y avais effectué cinq ans de formation à la dynamique de groupe et au psychodrame [3] .

         J’eus aussi l’occasion d’utiliser cet angle de vue dans mon travail à l’Hôpital Psychiatrique de la Vendée (1967-68), au Quartier Psychiatrique de Montauban (1968-71), à l’Hôpital Psychiatrique Marchant de Toulouse (1972-73), dans l’animation des stages de formation permanente pour les soignants (CEMEA), dans l’observation des mouvements émotionnels au sein du RRH [4] et dans divers centres de Post-Cure pour toxicomanes (Le Patriarche, En Boulou, Le Peyri), etc...

         Tout cet ensemble d’observations me permit de confirmer ce qu’on trouve par ailleurs épars dans la littérature [5] scientifique à ce sujet : le groupe favorise les phénomènes fusionnels à certains moments de son évolution spontanée. Ceci est d’autant plus rare - mais aussi d’autant plus puissant - que le groupe est plus important en nombre. Les praticiens et les participants ont souvent remarqué la survenue de communications entre les participants, difficilement réductibles aux  relations verbales et peut-être non verbales (mimiques, gestuelles, olfactives, sonores, etc.) qu’ils nouent entre eux. Ces phénomènes sont d’une grande clarté mais échappent, de par la nature du protocole, à une explication univoque; un esprit peu enclin à délaisser le rasoir d’Occam se contentera de les attribuer aux échanges sensoriels courants.

         Personnellement, je pensais qu’il fallait reconnaître la force de leur impact, rejeter une explication simple et précipitée, et tenter de déceler s’ils ne seraient pas les indices d’une communication télépathique généralisée. Une hypothèse aussi audacieuse ne pouvait se suffire de mon imagination et de ma bonne volonté.  Même les efforts de H. Marcotte (1977) et de Djohar Si Ahmed (1990) centrés sur la culture d’échanges télépathiques en groupe (GET) ne suffisaient pas à dégager un début de certitude. C’est ainsi que je proposai d’en vérifier la pertinence par une expérience rigoureuse.

 

Les Potentiels Evoqués et le rapport signal/bruit

 

L’idée de cette expérience s’appuyait aussi sur l’intérêt de la redondance dans la transmission d’un message bruité (Brillouin, 1959). En clinique médicale et spécialement en otologie, l’usage des PEA [6] et des OEA [7] nous a très largement sensibilisés à ce type de phénomènes. Dans les PEA, par exemple, on remarque que l’électroencéphalogramme, en raison de la multitude de ses sources neuronales, ne permet pas de repérer l’effet sur le cerveau d’un son présenté à l’oreille. On répète donc ce son un grand nombre de fois et à chaque fois, on prélève durant quelques centièmes de secondes le signal électrique consécutif. On additionne ensuite ces échantillons : cela a pour effet d’éliminer le « bruit cérébral » et de ne laisser subsister, en l’amplifiant que l’effet électroencéphalographique du son-stimulus. Ainsi peut-on vérifier que tel bébé est sourd (la ligne reste plate) ou que tel appelé au Service Militaire entend mieux qu’il ne le prétend (on observe une belle onde en réponse au stimulus !).

 

L’idée d’AGAPE

 

Si on utilise plusieurs ‘récepteurs télépathiques’ et qu’on les fasse voter, on peut espérer que les mauvaises perceptions des uns annuleront les mauvaises perceptions des autres (bruit) de façon à ne laisser surnager que les perceptions justes (signal). On aura ainsi amélioré le rapport signal / bruit. Cette idée est « dans l’air » et a fait déjà l’objet d’essais théoriques ou expérimentaux. Cependant les tentatives d’augmenter la ‘redondance’ n’ont pas toujours eu les résultats escomptés... Par exemple, si l’utilisation de deux émetteurs plutôt qu’un seul semble profitable, l’utilisation de trois émetteurs ferait au contraire chuter les résultats ! (Duplessis, 1971)

 

AGAPE

Premières hypothèses, premier protocole

 

Avant d’entreprendre la réalisation d’Agape nous avions formulé diverses hypothèses :

1.   Nous espérions que l’usage de notre programme permettrait au groupe d’obtenir des résultats significativement supérieurs à celui obtenu suite à un tirage aléatoire.
2.   Nous espérions que la procédure de « vote simple » augmenterait le pourcentage de succès.
3.   Différentes pondérations [8] du vote pourrait conduire à une amélioration supplémentaire du pourcentage de succès.
4.   Certains individus - ou tout le groupe - pourraient avoir tendance à répondre systématiquement ‘de travers’ comme ferait un genre de « daltonien » qui dirait toujours rouge quand on lui présente du vert : un module de calcul permettrait d’utiliser ce phénomène.
5.   Certains individus pourraient répondre de manière décalée dans le temps, contrairement à la consigne, et faire de la ‘précognition’ au lieu de la télépathie : un module permettait ce calcul.
6.   Le « temps mis à répondre » par un individu donné pourrait être spécifique de chacune des cibles, indépendamment de la nature de sa réponse.
7.   La répétition des essais accompagnés d’une récompense du groupe en cas de succès du meilleur module de calcul, à l’instant considéré, de la réponse groupale pourrait entraîner une amélioration significative des performances du groupe.

Les résultats acquis au cours de AGAPE002 et AGAPE003 permettent de dégager un début de réponse par rapport à plusieurs de ces hypothèses. Ils démentent notre optimisme excessif de départ et vont au moulin de ceux qui ont déjà fait des expériences en groupe avec des résultats décevant. Nous verrons cependant qu’ils sont aussi la source de pistes très prometteuses.

 

Conclusions sur le premier protocole : variance et déclin.

 

La première observation quant à Agape002 est que le taux de succès, significatif au début, a décru rapidement, de telle sorte que le résultat global correspond à l’espérance d’un tirage aléatoire. C’est à dire que la moyenne globale ne s’écarte pas de celle qu’on obtiendrait par tirage au sort.

Cependant la variance est significativement éloignée de celle que donnerait un tirage au hasard. Ce résultat suggère qu’il y a probablement un phénomène mais qu’il est instable et donne autant de trop mauvaises séries que de trop bonnes par rapport à ce qu’on obtiendrait par tirage aléatoire des réponses.

D’autre part, les résultats décroissent avec le temps, indiquant l’ineffectivité de l’effort d’apprentissage groupal par la récompense collective des résultats positifs du meilleur module [9] à l’instant considéré.

Nous avons alors émis l’hypothèse que l’information ne circulait pas seulement des émetteurs vers les récepteurs, mais que chaque récepteur pouvait inconsciemment jouer le rôle d’émetteur. Si certains individus étaient de « meilleurs » émetteurs que d’autres, ils pourraient soit re-émettre le bon signal qu’ils auraient eux mêmes reçu, soit émettre un signal parasite que nous qualifions de « pirate » pour indiquer qu’il s’oppose au signal officiel !

 

Nouvelles Hypothèses, deuxième protocole

 

Nous avons pensé qu’il convenait dès lors de modifier le protocole :

1.     chaque joueur qui répondrait de manière juste en serait informé
2.     et le groupe serait récompensé, non sur la base du meilleur module mais sur la base de la majorité simple.

Nous avons appliqué ce deuxième protocole aux Groupes AGAPE 004, AGAPE 005, AGAPE 006, AGAPE 007, AGAPE 008 et AGAPE 009 dont la durée était d’un week-end pour chacun d’eux.

Nous espérions ainsi améliorer le score moyen en permettant aux participants de se dégager un tant soit peu de l’effet ‘pirate’ : étant informés de leurs succès par rapport à la cible officielle, ils pourraient probablement mieux orienter leurs perceptions vers la pensée des émetteurs plutôt que vers les pensées erronées des autres récepteurs jouant le rôle de « pirates ».

Si tel était le cas, en supposant que l’effet ‘pirate’ serait ainsi corrigé et pourrait même se retourner, de telle sorte que le succès de certains récepteurs pourrait être ‘ré-émis’ vers leurs collègues, on devrait finalement assister à un effet ‘boule de neige’, c’est à dire que pour certains coups le groupe pourrait donner une majorité massive à la bonne cible. Il se pourrait même que cela donnât lieu à un effet par ‘tout ou rien’ :

·     Tout : une ‘masse critique’ de récepteurs ayant perçu la cible réelle, ils la ‘ré-émettent’ à l’adresse des autres récepteurs et on aura un vote massif en faveur de la bonne réponse (massif quoique tempéré par le bruit propre au fonctionnement psychique de chacun).
·     Rien : cette masse critique n’étant pas atteinte, les ré-émissions se font autant en faveur des cibles erronées (pirates) que de la cible officielle et la majorité du groupe reste faible quantitativement et aléatoire qualitativement.

Conclusions sur le deuxième protocole : la Force du Vote !

 

         Nous avons tenté de vérifier cette hypothèse en classant les réponses du groupe en fonction de la proportion des votant constituant la majorité du groupe pour le coup considéré. Il est clair que cette majorité peut aller d’inexistante (toutes les cibles obtenant le même nombre de voix) à unanime (tous choisiraient la même cible). En fait, on espère généralement une simple majorité relative (une cible obtient plus de voix que les autres) ou parfois la majorité absolue (plus de la moitié des votants). La proportion des votant constituant la majorité pour le coup considéré sera appelée ‘Force du Vote’ de ce coup.

         On trouvera dans la première colonne du Tableau 1 (Agape004..9) la Force du Vote [10] ayant constitué la majorité; la deuxième colonne indique dans combien de coups la Force du Vote correspondante a été observée; la colonne suivante indique combien de ces coups ont abouti au succès. On voit que les faibles Force du Vote donnent (4° colonne) une proportion de succès voisines du hasard alors que les Force du Vote plus élevées (à partir de 45 %) donnent une proportion de succès qui dépasse ce qu’aurait donné un tirage au sort. En particulier, la majorité absolue quand elle est atteinte donne environ 27 % de succès alors que si l’on n’a qu’une majorité relative, la proportion de succès est de l’ordre de 20 à 21 %.

 

Tableau 1 (Agape004..9)

Force du Vote

Nb coups

Succès

%

sp [11]

l.c.i.

l.c.s.

KHI²

p

de 20 à 25

44

9

20,45

6,03

8,63

32,27

0,01

ns

de 25 à 30

747

149

19,95

1,46

17,09

22,81

0,00

ns

de 30 à 35

833

165

19,81

1,39

17,09

22,53

0,02

ns

de 35 à 40

868

187

21,54

1,36

18,87

24,21

1,29

ns

de 40 à 45

483

93

19,25

1,82

15,68

22,82

0,17

ns

de 45 à 50

269

62

23,05

2,44

18,27

27,83

1,56

ns

de 50 à 55

189

49

25,93

2,91

20,23

31,63

4,15

0,05

de  55 à 60

44

12

27,27

6,03

15,45

39,09

1,45

ns

> 60

32

10

31,25

7,07

17,39

45,11

2,53

ns

de 20 à 50

3244

665

20,50

0,70

19,13

21,87

 

ns

de 50 à 100

265

71

26,79

2,46

21,97

31,61

7,64

0,01

de 20 à 100

3509

736

20,97

0,67

19,65

22,29

 

ns

 

 

Si nous souhaitons étudier l’allure de la progression des succès en fonction de la Force du Vote, nous obtenons une droite de régression dont la pente est significativement différente de 0 (Figure 1).

 

Figure 1

 

Cependant, cette droite de régression paraît peu satisfaisante et nous devons plutôt prendre en considération une fonction non linéaire. La courbe d’ajustement (smoothing par la méthode ‘de la médiane’) paraît plus proche des données (Figure 2).

 

Figure 2

 

Figure 3 : Smoothing par la méthode usuelle

 

L’accumulation ultérieure de données devrait nous permettre de mieux approximer la nature du phénomène, que nous pouvons avec le plus de vraisemblance envisager comme sigmoïde [12] . La courbe sigmoïde se retrouve dans un grand nombre de phénomènes biologiques, notamment l’ensemble des phénomènes de croissance (limités vers leur maximum comme vers leur minimum).

Dans cette perspective, le meilleur ajustement polynomial se réduit à être un « expédient numérique » selon Tomassone (1992, pp. 108-132). Cependant que le meilleur ajustement polynomial soit, ici, plus grand ou égal à huit est en faveur de l’hypothèse « boule de neige » que nous avons énoncée plus haut.

Pour Tomassone, « un des grands principes de toute modélisation est de choisir le modèle compatible le plus simple. Si nous prenons le cas d’une courbe de croissance et si nous savons que la grandeur observée y (...) est comprise entre deux valeurs limites b1 et b2 un modèle simple plausible consiste à partir de l’idée que la croissance instantanée mesurée par la dérivée de y par rapport à x, soit dy/dx, est faible pour une taille faible aussi bien que pour une taille importante, et qu’elle passe donc par un maximum en cours de croissance. Si nous n’avons pas une idée plus précise du phénomène, nous pouvons traduire cette idée simple par le fait que la croissance instantanée est proportionnelle à (b2  - y) (y - b1). » (Tomassone, 1992, p. 109).

 

Mais l’incertitude concernant l’extrémité droite de la courbe rend hasardeuse toute conclusion précise et nous invite à simplement considérer qu’il s’agit probablement d’une courbe non linéaire dont les caractéristiques devront être précisées par une plus grande accumulation d’observations [13] ...

 

[Note de Janvier 2004]

De fait, l'analyse des données totales, comportant de nombreuses expériences postérieures à celles dont nous venons de faire état, nous fait réviser notre appréciation : le succès n'est pas corrélée à la force du vote.

 

De quels moyens avons-nous besoin ?

 

Pour vérifier nos hypothèses de manière solide et établir une relation quantitative entre la force du vote et le succès, il conviendrait

1.   de disposer d’un local permanent [14] qui n’imposerait pas le montage et le démontage de tout le matériel (de plus en plus complexe) à chaque séance. Ces opérations sont la source d’erreurs possibles, de bris de matériel et elles constituent un frein très important à la répétition des expériences, en particulier pour avoir des séquences moins longues (actuellement les réunions s’étalent sur tout un week-end : plus de 500 essais dans le week-end).
2.   de disposer d’un ordinateur plus récent [15] (Pentium rapide) avec une capacité disque dur importante (1 Giga) pour effectuer avec un minimum de confort les travaux statistiques requis. La Fondation Odier a financé l’un des trois ordinateurs utilisés. L’existence d’un local autonome impliquerait de toute façon l’achat d’un nouvel appareil puisque celui qui est utilisé dans la salle des récepteurs (pour l’affichage des récepteurs ayant  ‘joué juste’) doit rester au cabinet médical.
3.   d’employer les services d’un thésard [16] en statistique et probabilité pour la durée de sa thèse (ou à défaut d’un étudiant de niveau comparable salarié pour un nombre d’heures assez important).
4.   d’acheter un logiciel statistique performant.
5.   après AGAPE015, il serait utile de modifier le protocole pour introduire de la variété dans les cibles tout en réduisant leur nombre [17] : pour ce faire, il faudrait disposer de plusieurs écrans affichant le set des cibles du moment. Ils seraient répartis dans la salle des récepteurs pour que chacun d’eux ait connaissance du set des cibles utilisé pour le coup courant.

CONCLUSION

Le projet Agape constitue un outil adéquat pour mettre en évidence, de manière reproductible, sans faire appel à des sujets spécialement doués, les phénomènes de télépathie. Il devrait permettre par ailleurs d’étudier sous un jour radicalement nouveau certains aspects de la vie affective et cognitive des groupes.

 

Bibliographie

 

Auriol B. M.         Télépathie : Brevet d’invention N°74.26202 (1974)

Auriol B.M.          Quand les esprits s’en-mèlent...

                            Faits télépathiques en pratique psychanalytique

                            2° Congrès National de Parapsychologie Scientifique

                            Université Toulouse Mirail, 14-15 Mai 88.

Auriol B.M. et       Contribution à l'étymologie du Noeud Borroméen

Benaïm M.            en rapport avec Notre Sujet

                            Colloque "Inconscient, Organisation Sociale, Collectif"

                            Actes des 5° J. de l'Invention Freudienne, 9-11 Mars 90

                            CRDP Toulouse éd., pp. 5-22, Novembre 1991

Auriol B.M.          Sur l’apprentissage de la transmission

                            parapsychologique entre êtres humains.

                            R.F.Psychotronique, IV, 3, 211-217, 1994.

Brillouin L.            La science et la théorie de l’information

                            J.Gabay Ed. (1959-1988).

Combourieu M.C. La problématique freudienne de la télépathie

                            Mémoire DEA, Tomes 1 à 3, EHESS, Paris 1985

Djohar Si Ahmed  Parapsychologie et Psychanalyse, Dunod, 1990.

Duplessis Y. &     Corrélations entre les modes d’émission et les résultats

Olivyer L.             d’un test quantitatif de télépathie.

                            Extrait du rapport à la XX° conférence Ile annuelle de la

                            Parapsychology Foundation Inc., Le Piol, 24-27 Aout 1971

                            in Revue Métapsychique.

Freud S.               Lettre à Ferenczi du 20 Aout 1910.

Freud S.               Lettre circulaire du 15 Mars 1925.

Freud S.               Lettre à Jones du 7 Mars 1926.

Freud S.               Psychanalyse et télépathie, 1921 (GW, 17, 27-44)

Freud S.               Rêve et télépathie, 1922, (GW, 13, 165-191).

Freud S.               Rêve et Occultisme, 1925 (GW, 1, 561-573).

Green A.               Méconnaissance de l’inconscient.

                            in « L’inconscient et la Science », Dunod, 1991.

Jung C.G.             L’énergétique Psychique, Buchet-Chastel, 1956, 118-218.

Lignon Y.             Parapsychologie, Eché éd., 1988

Marcotte H.          La télesthésie, méthode d’entraînement à la télépathie,

                            Presses de la Renaissance, 1977.

Pagès M.              La Vie Affective des Groupes

                            Esquisse d’une théorie de la relation humaine.

                            collection ‘Organisation et sciences Humaines’, Dunod, 1968

Moreau C.            Freud et l’occultisme, Tours, thèse médecine, 1974.

Planson P. et         Gestion d’expériences parapsychologiques

Morales G.           3° En, 1980-81, Toulouse (ENSEEIHT)

Tart C.                 Learning to use Extra Sensory Perception

                            The University of Chicago Press (1976)

Thurin J.M.           « Modèle(s) du Psychisme: Une confluente nécessité. »

                            Rapport introductif au Colloque

                            Ecole Télécom [18] ,  Paris,  9-10 Juin 1990.


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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

© Copyright Bernard AURIOL (email : )

14 Juin 2004


[1]Le bio-feedback est une technique qui consiste à informer l’individu des variations d’un paramètre physiologique généralement considéré comme inaccessible à une maitrise consciente (Tension artérielle, fréquence cardiaque, transpiration de telle partie du corps, degré de dilatation des artérioles dans un territoire donné, ondes cérébrales, etc...). On constate alors que le sujet peut arriver à tirer la variable en question vers une valeur qu’on a jugé souhaitable d’atteindre. Par exemple de refroidir le crâne et de réchauffer les mains pour obtenir une amélioration de la migraine ou d’un syndrome de Raynaud...

 

[2] droite de régression significativement ascendante

 

[3] Cet intérêt pour les phénomènes de Groupe me conduisit à en approfondir la connaissance théorique et même à commettre un petit travail à ce sujet (Auriol & Benaim, 1991). Cf. aussi Le ver dans le fruit, Connexions, revue de psychosociologie et sciences humaines - N°8- pp.123-130, (1973). Contribution à l'étymologie du Noeud Borroméen en rapport avec Notre Sujet, Inconscient, Organisation Sociale, Collectif, 5° Journées de l'Invention Freudienne, Toulouse, Mars 1990, Actes publiés par le CRDP, pp. 5-22, Novembre 1991.

[4] Le RRH (Recherche et Réalisation Humaine) fut un organisme provisoire qui tentait de promouvoir la Santé Mentale plus en développant les capacités de chacun qu’en s’opposant à ses déséquilibres. L’accent était également mis sur l’effet positif de la libre parole quant à l’épanouissement du groupe en tant que tel et de ses membres.

[5] La littérature non scientifique ne manque pas, elle non plus d’exemples. Qu’on repense simplement à la légende des Septante qui a donné son nom à la version grecque la plus reconnue de la Bible (voir la lettre d’Aristide à Philocrate au II° siècle av. J.C; Paris, « Sources Chrétiennes », 1962).

 

[6] Les Potentiels Evoqués Auditifs (PEA) sont utilisés pour détecter les phénomènes auditifs au niveau cérébral. On fait entendre à un individu un ‘clic’ sonore et on enregistre simultanément son électroencéphalogramme. Mais cette opération ne montre rien de particulier car la réponse électrique du cerveau à ce clic est noyée dans l’énorme masse des informations de toutes sortes qui s’échangent à tout instant dans le cerveau.. Les otologistes ont donc répété le clic un grand nombre de fois et additionné les prélèvements électroencéphalographiques concomitant. On peut alors observer que les informations non pertinentes s’annulent les unes les autres de sorte qu’il ne reste, bien visible, qu’une onde répondant aux clics entendus. En cas de surdité la sommation donne une ligne plate. 

 

[7] D’une manière analogue aux PEA les Oto-Emissions-Acoustiques (OEA) correspondent à la sommation des réponses sonores endocochléaires  (produites par les cellules ciliées externes) en réponse à une rafale de clics.

 

[8] Chaque règle de pondération du vote constituait un module de calcul concrétisée par une procédure spécifique; d’autres modules correspondaient à d’autres façons d’obtenir une majorité : par exemple l’utilisation du temps de réponse.

 

[9]Chacune des façons d’obtenir une réponse de groupe (vote simple, votes pondérés, vote ‘daltonien’, votes précognitifs et quelques autres) était programmée comme un module, une procédure. Une procédure de supervision évaluait le succès passé de chacun de ces modules. Le module qui avait le mieux réussi dans le passé était alors utilisé pour fournir la réponse du groupe à cet instant.

 

[10] ou proportion des votants (exprimée par commodité en % ; seulement par commodité puisque nous savons que le terme de pourcentage perd son sens statistique lorsque le nombre est largement inférieur à 100 ; on ne s’autorise à employer en toute rigueur le terme de pourcentage quand le nombre d’événements est au moins égal à 60 à mais le groupe des récepteurs est inférieur ou égal à 16 dans les expériences Agape).

 

[11]L’erreur standard d’une proportion est calculée par la formule :  (d’après G.A.Ferguson & Y. Takane, 1989). Comme la proportion de succès théorique est de 1/5 celà nous donne : : . Les limites de confiance à 95 % seront alors : (p ± 1,96 ´ sp ). Cette formule nous donne des limites de confiance un peu moins larges que si on les calculait par le procédé proposé par Clopper et Pearson qui est le plus général possible et ne fait pas d’hypothèse sur la probabilité a priori de l’ événement considéré.

 

[12] Malheureusement, cette prévision a été démentie par les groupes suivant. Ce qui est assez frustrant étant donné l’avancée décisive qu’aurait constitué une confirmation !

 

[13] voir note précédente !

 

[14] La fondation Odier nous a permis de louer pendant un an un local de type F3, rue Riquet à Toulouse. Par la suite, la mêmùe fondation nous a permis d’améliorer le local du Cabinet Médical en y construisant des aménagements afin que le matériel puisse y rester à demeure.

 

[15] cela a été réalisé

 

[16] cela n’a pu se faire

 

[17] cela a été réalisé

 

[18] Outre l’Ecole Supérieure des Télécommunications, les organisateurs étaient : l’Afpep (Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé) la Mire  (Mission Interministérielle de Recherche et d’Expérimentation.) et l’Ecole de Psychosomatique.