(Texte d'octobre 1995)
Dr Bernard Auriol
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Le présent texte est une reproduction de la deuxième demande de subvention auprès de la Fondation Odier. Il représente un état de la question à lépoque de cette demande (1995), après la visite et la participation du Pr. Chauvin et de G. Véraldy aux expériences qui avaient suggéré certaines modifications du lieu dexpérience et du protocole. |
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Mon père à qui me liait une profonde affection sabstenait pourtant de mécrire à linstitution qui mabritait. Il était convenu que les échanges épistolaires concernaient ma mère et moi : ses occupations et son tempérament ne lui permettaient pas plus que de lire ce quelle et moi nous écrivions. Ceci se vérifia tout au long des huit ans que dura mon éloignement de Toulouse.
Cette règle fut pourtant, une fois et une seule, mise en défaut. Lhiver était rude et je fus gravement atteint par une combinaison de fatigue et de virus : jeus une perte de connaissance brève avec une fièvre record et je dus maliter plusieurs jours. Sans en être informé sinon par son intuition, cest le moment quil choisit pour madresser une lettre dans laquelle il sinquiétait de ma santé et tout spécialement dune faiblesse au genou quil me connaissait. Là nétait pas la pointe du mal, mais cet organe nétait pas épargné !...
Je fus très touché de ce geste et je commençai à me persuader que la « petite voix » dont il se prévalait parfois, nétait peut-être pas une pure illusion. Quelque temps plus tard je me mis à lire quelques uns de ces écrits qui fleurissaient sur les balbutiements dune « parapsychologie scientifique » française, américaine ou soviétique...
Lorsque jeus terminé mes études médicales, au cours de mon internat et les années suivantes je me mis au travail : jeus lidée (dont jai appris plus tard quelle rejoignait le travail publié de Tart, [1976]) que si une telle faculté existait elle devait être distribuée à tout un chacun, même si cétait de façon inégale. Dautre part, pourquoi ne pourrions nous la cultiver par lexercice sur le modèle du bio-feedback [1] dont on parlait beaucoup. Je conçus donc un appareillage simple répondant à ces présupposés (Auriol, 1974) :
Nous utilisions deux postes munis de cinq interrupteurs colorés. Lun de ces cinq interrupteurs pouvait être fermé en enfonçant un jack. Les deux postes étaient placés dans deux pièces différentes et connectés de telle sorte que si linterrupteur de même couleur était fermé sur les deux postes, une lampe sallumait sur chacun deux. Le joueur émetteur tirait au sort une bille de couleur, se concentrait dessus, enclenchait alors le jack dans linterrupteur de même couleur et frappait deux coups. Le joueur récepteur tentait alors de deviner la couleur et enclenchait le jack correspondant à son intuition : sil avait trouvé la bonne réponse les lampes sallumaient, sinon rien ne se passait et on passait au coup suivant... Lémetteur ou un observateur indépendant - notait alors le résultat. Les essais avaient lieu par salves de 15. Chaque jour les joueurs effectuaient une ou plusieurs salves. Ce protocole me permit de me convaincre de la possibilité dun apprentissage (amélioration évidente [2] des performances pour trois couples de sujets quand les essais furent effectués en donnant le rôle de récepteur à celui - ou celle - qui paraissait le mieux réussir au départ; résultats non différents du hasard quand on renversait les rôles).
Je cherchai aussi à vérifier si les jeunes élèves dune école étaient plus doués que leurs aînés. Ce travail montra que dans lensemble, les uns et les autres obtenaient des résultats significativement différents de ce quaurait donné le hasard mais, vu le nombre insuffisant dindividus représentant les classes dâge à partir de quinze ans, il ne fut pas possible de tirer une conclusion relativement à lâge.
Pris par les nécessités de mon travail de psychothérapeute, puis de psychanalyste, je dus provisoirement abandonner cet effort expérimental et je confiai mon appareillage et celui confectionné sur ma demande par des élèves ingénieurs de l ENSEEIHT (Planson & Morales, 1981), à Mr Yves Lignon (1988) qui neut pas loccasion de lutiliser selon le protocole que je viens de décrire.
La pratique de la psychanalyse ne méloigna quà moitié du sujet. Plus de travail expérimental mais linsistant ressac des paroles trop justes qui disent plus quon nen sait; ceci dans la bouche de lanalysant. Parfois aussi, au delà de lintervention techniquement assise, de la part de lanalyste. Jen témoigne mais pas seulement moi, bien des collègues aussi : à commencer par Freud (Moreau, 1974) qui en donna des analyses fulgurantes. Et Jung (1956) bien sûr et tant de collègues daujourdhui parfois honteux de sen apercevoir ! (Combourieu, 1985).
« Le psychanalyste a une approche langagière de lobjet humain qui peut mettre au second plan la sémiotique non parlée dont il se réclamera pourtant dune certaine façon par un solennel ça passe quelque part ..., ça circule entre inconscients... » (Thurin, 1990).
Jai personnellement acquis la conviction que les phénomènes parapsychologiques interviennent parfois dans le courant dune analyse : jai publié une étude préliminaire à ce sujet dans un Congrès Psychanalytique et je lai reprise au 2° Congrès National de Parapsychologie (Quand les esprits s'en-mêlent). On en trouvera un compte rendu plus extensif sur le site (Parti-Pris) . Cette pression des faits, difficiles dinterprétation dans le cadre clinique de lanalyse, ma ramené à lexpérimentation...
Il est beaucoup plus facile dadmettre la causalité psychique
dans lordre collectif que dans lordre individuel.
(A. Green, 1991, p. 169)
La nature de cette expérimentation doit beaucoup à ma fréquentation du Groupe Français de Sociométrie. Jy avais effectué cinq ans de formation à la dynamique de groupe et au psychodrame [3] .
Jeus aussi loccasion dutiliser cet angle de vue dans mon travail à lHôpital Psychiatrique de la Vendée (1967-68), au Quartier Psychiatrique de Montauban (1968-71), à lHôpital Psychiatrique Marchant de Toulouse (1972-73), dans lanimation des stages de formation permanente pour les soignants (CEMEA), dans lobservation des mouvements émotionnels au sein du RRH [4] et dans divers centres de Post-Cure pour toxicomanes (Le Patriarche, En Boulou, Le Peyri), etc...
Tout cet ensemble dobservations me permit de confirmer ce quon trouve par ailleurs épars dans la littérature [5] scientifique à ce sujet : le groupe favorise les phénomènes fusionnels à certains moments de son évolution spontanée. Ceci est dautant plus rare - mais aussi dautant plus puissant - que le groupe est plus important en nombre. Les praticiens et les participants ont souvent remarqué la survenue de communications entre les participants, difficilement réductibles aux relations verbales et peut-être non verbales (mimiques, gestuelles, olfactives, sonores, etc.) quils nouent entre eux. Ces phénomènes sont dune grande clarté mais échappent, de par la nature du protocole, à une explication univoque; un esprit peu enclin à délaisser le rasoir dOccam se contentera de les attribuer aux échanges sensoriels courants.
Personnellement, je pensais quil fallait reconnaître la force de leur impact, rejeter une explication simple et précipitée, et tenter de déceler sils ne seraient pas les indices dune communication télépathique généralisée. Une hypothèse aussi audacieuse ne pouvait se suffire de mon imagination et de ma bonne volonté. Même les efforts de H. Marcotte (1977) et de Djohar Si Ahmed (1990) centrés sur la culture déchanges télépathiques en groupe (GET) ne suffisaient pas à dégager un début de certitude. Cest ainsi que je proposai den vérifier la pertinence par une expérience rigoureuse.
Lidée de cette expérience sappuyait aussi sur lintérêt de la redondance dans la transmission dun message bruité (Brillouin, 1959). En clinique médicale et spécialement en otologie, lusage des PEA [6] et des OEA [7] nous a très largement sensibilisés à ce type de phénomènes. Dans les PEA, par exemple, on remarque que lélectroencéphalogramme, en raison de la multitude de ses sources neuronales, ne permet pas de repérer leffet sur le cerveau dun son présenté à loreille. On répète donc ce son un grand nombre de fois et à chaque fois, on prélève durant quelques centièmes de secondes le signal électrique consécutif. On additionne ensuite ces échantillons : cela a pour effet déliminer le « bruit cérébral » et de ne laisser subsister, en lamplifiant que leffet électroencéphalographique du son-stimulus. Ainsi peut-on vérifier que tel bébé est sourd (la ligne reste plate) ou que tel appelé au Service Militaire entend mieux quil ne le prétend (on observe une belle onde en réponse au stimulus !).
Si on utilise plusieurs récepteurs télépathiques et quon les fasse voter, on peut espérer que les mauvaises perceptions des uns annuleront les mauvaises perceptions des autres (bruit) de façon à ne laisser surnager que les perceptions justes (signal). On aura ainsi amélioré le rapport signal / bruit. Cette idée est « dans lair » et a fait déjà lobjet dessais théoriques ou expérimentaux. Cependant les tentatives daugmenter la redondance nont pas toujours eu les résultats escomptés... Par exemple, si lutilisation de deux émetteurs plutôt quun seul semble profitable, lutilisation de trois émetteurs ferait au contraire chuter les résultats ! (Duplessis, 1971)
Avant dentreprendre la réalisation dAgape nous avions formulé diverses hypothèses :
1. Nous espérions que lusage de notre programme permettrait au groupe dobtenir des résultats significativement supérieurs à celui obtenu suite à un tirage aléatoire.2. Nous espérions que la procédure de « vote simple » augmenterait le pourcentage de succès.3. Différentes pondérations [8] du vote pourrait conduire à une amélioration supplémentaire du pourcentage de succès.4. Certains individus - ou tout le groupe - pourraient avoir tendance à répondre systématiquement de travers comme ferait un genre de « daltonien » qui dirait toujours rouge quand on lui présente du vert : un module de calcul permettrait dutiliser ce phénomène.5. Certains individus pourraient répondre de manière décalée dans le temps, contrairement à la consigne, et faire de la précognition au lieu de la télépathie : un module permettait ce calcul.6. Le « temps mis à répondre » par un individu donné pourrait être spécifique de chacune des cibles, indépendamment de la nature de sa réponse.7. La répétition des essais accompagnés dune récompense du groupe en cas de succès du meilleur module de calcul, à linstant considéré, de la réponse groupale pourrait entraîner une amélioration significative des performances du groupe.
Les résultats acquis au cours de AGAPE002 et AGAPE003 permettent de dégager un début de réponse par rapport à plusieurs de ces hypothèses. Ils démentent notre optimisme excessif de départ et vont au moulin de ceux qui ont déjà fait des expériences en groupe avec des résultats décevant. Nous verrons cependant quils sont aussi la source de pistes très prometteuses.
La première observation quant à Agape002 est que le taux de succès, significatif au début, a décru rapidement, de telle sorte que le résultat global correspond à lespérance dun tirage aléatoire. Cest à dire que la moyenne globale ne sécarte pas de celle quon obtiendrait par tirage au sort.
Cependant la variance est significativement éloignée de celle que donnerait un tirage au hasard. Ce résultat suggère quil y a probablement un phénomène mais quil est instable et donne autant de trop mauvaises séries que de trop bonnes par rapport à ce quon obtiendrait par tirage aléatoire des réponses.
Dautre part, les résultats décroissent avec le temps, indiquant lineffectivité de leffort dapprentissage groupal par la récompense collective des résultats positifs du meilleur module [9] à linstant considéré.
Nous avons alors émis lhypothèse que linformation ne circulait pas seulement des émetteurs vers les récepteurs, mais que chaque récepteur pouvait inconsciemment jouer le rôle démetteur. Si certains individus étaient de « meilleurs » émetteurs que dautres, ils pourraient soit re-émettre le bon signal quils auraient eux mêmes reçu, soit émettre un signal parasite que nous qualifions de « pirate » pour indiquer quil soppose au signal officiel !
Nous avons pensé quil convenait dès lors de modifier le protocole :
1. chaque joueur qui répondrait de manière juste en serait informé2. et le groupe serait récompensé, non sur la base du meilleur module mais sur la base de la majorité simple.
Nous avons appliqué ce deuxième protocole aux Groupes AGAPE 004, AGAPE 005, AGAPE 006, AGAPE 007, AGAPE 008 et AGAPE 009 dont la durée était dun week-end pour chacun deux.
Nous espérions ainsi améliorer le score moyen en permettant aux participants de se dégager un tant soit peu de leffet pirate : étant informés de leurs succès par rapport à la cible officielle, ils pourraient probablement mieux orienter leurs perceptions vers la pensée des émetteurs plutôt que vers les pensées erronées des autres récepteurs jouant le rôle de « pirates ».
Si tel était le cas, en supposant que leffet pirate serait ainsi corrigé et pourrait même se retourner, de telle sorte que le succès de certains récepteurs pourrait être ré-émis vers leurs collègues, on devrait finalement assister à un effet boule de neige, cest à dire que pour certains coups le groupe pourrait donner une majorité massive à la bonne cible. Il se pourrait même que cela donnât lieu à un effet par tout ou rien :
· Tout : une masse critique de récepteurs ayant perçu la cible réelle, ils la ré-émettent à ladresse des autres récepteurs et on aura un vote massif en faveur de la bonne réponse (massif quoique tempéré par le bruit propre au fonctionnement psychique de chacun).· Rien : cette masse critique nétant pas atteinte, les ré-émissions se font autant en faveur des cibles erronées (pirates) que de la cible officielle et la majorité du groupe reste faible quantitativement et aléatoire qualitativement.
Nous avons tenté de vérifier cette hypothèse en classant les réponses du groupe en fonction de la proportion des votant constituant la majorité du groupe pour le coup considéré. Il est clair que cette majorité peut aller dinexistante (toutes les cibles obtenant le même nombre de voix) à unanime (tous choisiraient la même cible). En fait, on espère généralement une simple majorité relative (une cible obtient plus de voix que les autres) ou parfois la majorité absolue (plus de la moitié des votants). La proportion des votant constituant la majorité pour le coup considéré sera appelée Force du Vote de ce coup.
On trouvera dans la première colonne du Tableau 1 (Agape004..9) la Force du Vote [10] ayant constitué la majorité; la deuxième colonne indique dans combien de coups la Force du Vote correspondante a été observée; la colonne suivante indique combien de ces coups ont abouti au succès. On voit que les faibles Force du Vote donnent (4° colonne) une proportion de succès voisines du hasard alors que les Force du Vote plus élevées (à partir de 45 %) donnent une proportion de succès qui dépasse ce quaurait donné un tirage au sort. En particulier, la majorité absolue quand elle est atteinte donne environ 27 % de succès alors que si lon na quune majorité relative, la proportion de succès est de lordre de 20 à 21 %.
|
Force du Vote |
Nb coups |
Succès |
% |
sp [11] |
l.c.i. |
l.c.s. |
KHI² |
p |
|
de 20 à 25 |
44 |
9 |
20,45 |
6,03 |
8,63 |
32,27 |
0,01 |
ns |
|
de 25 à 30 |
747 |
149 |
19,95 |
1,46 |
17,09 |
22,81 |
0,00 |
ns |
|
de 30 à 35 |
833 |
165 |
19,81 |
1,39 |
17,09 |
22,53 |
0,02 |
ns |
|
de 35 à 40 |
868 |
187 |
21,54 |
1,36 |
18,87 |
24,21 |
1,29 |
ns |
|
de 40 à 45 |
483 |
93 |
19,25 |
1,82 |
15,68 |
22,82 |
0,17 |
ns |
|
de 45 à 50 |
269 |
62 |
23,05 |
2,44 |
18,27 |
27,83 |
1,56 |
ns |
|
de 50 à 55 |
189 |
49 |
25,93 |
2,91 |
20,23 |
31,63 |
4,15 |
0,05 |
|
de 55 à 60 |
44 |
12 |
27,27 |
6,03 |
15,45 |
39,09 |
1,45 |
ns |
|
> 60 |
32 |
10 |
31,25 |
7,07 |
17,39 |
45,11 |
2,53 |
ns |
|
de 20 à 50 |
3244 |
665 |
20,50 |
0,70 |
19,13 |
21,87 |
ns |
|
|
de 50 à 100 |
265 |
71 |
26,79 |
2,46 |
21,97 |
31,61 |
7,64 |
0,01 |
|
de 20 à 100 |
3509 |
736 |
20,97 |
0,67 |
19,65 |
22,29 |
ns |
|
Si nous souhaitons étudier lallure de la progression des succès en fonction de la Force du Vote, nous obtenons une droite de régression dont la pente est significativement différente de 0 (Figure 1).
Cependant, cette droite de régression paraît peu satisfaisante et nous devons plutôt prendre en considération une fonction non linéaire. La courbe dajustement (smoothing par la méthode de la médiane) paraît plus proche des données (Figure 2).
Laccumulation ultérieure de données devrait nous permettre de mieux approximer la nature du phénomène, que nous pouvons avec le plus de vraisemblance envisager comme sigmoïde [12] . La courbe sigmoïde se retrouve dans un grand nombre de phénomènes biologiques, notamment lensemble des phénomènes de croissance (limités vers leur maximum comme vers leur minimum).
Dans cette perspective, le meilleur ajustement polynomial se réduit à être un « expédient numérique » selon Tomassone (1992, pp. 108-132). Cependant que le meilleur ajustement polynomial soit, ici, plus grand ou égal à huit est en faveur de lhypothèse « boule de neige » que nous avons énoncée plus haut.
Pour Tomassone, « un des grands principes de toute modélisation est de choisir le modèle compatible le plus simple. Si nous prenons le cas dune courbe de croissance et si nous savons que la grandeur observée y (...) est comprise entre deux valeurs limites b1 et b2 un modèle simple plausible consiste à partir de lidée que la croissance instantanée mesurée par la dérivée de y par rapport à x, soit dy/dx, est faible pour une taille faible aussi bien que pour une taille importante, et quelle passe donc par un maximum en cours de croissance. Si nous navons pas une idée plus précise du phénomène, nous pouvons traduire cette idée simple par le fait que la croissance instantanée est proportionnelle à (b2 - y) (y - b1). » (Tomassone, 1992, p. 109).
Mais lincertitude concernant lextrémité droite de la courbe rend hasardeuse toute conclusion précise et nous invite à simplement considérer quil sagit probablement dune courbe non linéaire dont les caractéristiques devront être précisées par une plus grande accumulation dobservations [13] ...
[Note de Janvier 2004]
De fait, l'analyse des données totales, comportant de nombreuses expériences postérieures à celles dont nous venons de faire état, nous fait réviser notre appréciation : le succès n'est pas corrélée à la force du vote.
Pour vérifier nos hypothèses de manière solide et établir une relation quantitative entre la force du vote et le succès, il conviendrait
1. de disposer dun local permanent [14] qui nimposerait pas le montage et le démontage de tout le matériel (de plus en plus complexe) à chaque séance. Ces opérations sont la source derreurs possibles, de bris de matériel et elles constituent un frein très important à la répétition des expériences, en particulier pour avoir des séquences moins longues (actuellement les réunions sétalent sur tout un week-end : plus de 500 essais dans le week-end).2. de disposer dun ordinateur plus récent [15] (Pentium rapide) avec une capacité disque dur importante (1 Giga) pour effectuer avec un minimum de confort les travaux statistiques requis. La Fondation Odier a financé lun des trois ordinateurs utilisés. Lexistence dun local autonome impliquerait de toute façon lachat dun nouvel appareil puisque celui qui est utilisé dans la salle des récepteurs (pour laffichage des récepteurs ayant joué juste) doit rester au cabinet médical.3. demployer les services dun thésard [16] en statistique et probabilité pour la durée de sa thèse (ou à défaut dun étudiant de niveau comparable salarié pour un nombre dheures assez important).4. dacheter un logiciel statistique performant.5. après AGAPE015, il serait utile de modifier le protocole pour introduire de la variété dans les cibles tout en réduisant leur nombre [17] : pour ce faire, il faudrait disposer de plusieurs écrans affichant le set des cibles du moment. Ils seraient répartis dans la salle des récepteurs pour que chacun deux ait connaissance du set des cibles utilisé pour le coup courant.
Le projet Agape constitue un outil adéquat pour mettre en évidence, de manière reproductible, sans faire appel à des sujets spécialement doués, les phénomènes de télépathie. Il devrait permettre par ailleurs détudier sous un jour radicalement nouveau certains aspects de la vie affective et cognitive des groupes.
Auriol B. M. Télépathie : Brevet dinvention N°74.26202 (1974)
Auriol B.M. Quand les esprits sen-mèlent...
Faits télépathiques en pratique psychanalytique
2° Congrès National de Parapsychologie Scientifique
Université Toulouse Mirail, 14-15 Mai 88.
Auriol B.M. et Contribution à l'étymologie du Noeud Borroméen
Benaïm M. en rapport avec Notre Sujet
Colloque "Inconscient, Organisation Sociale, Collectif"
Actes des 5° J. de l'Invention Freudienne, 9-11 Mars 90
CRDP Toulouse éd., pp. 5-22, Novembre 1991
Auriol B.M. Sur lapprentissage de la transmission
parapsychologique entre êtres humains.
R.F.Psychotronique, IV, 3, 211-217, 1994.
Brillouin L. La science et la théorie de linformation
J.Gabay Ed. (1959-1988).
Combourieu M.C. La problématique freudienne de la télépathie
Mémoire DEA, Tomes 1 à 3, EHESS, Paris 1985
Djohar Si Ahmed Parapsychologie et Psychanalyse, Dunod, 1990.
Duplessis Y. & Corrélations entre les modes démission et les résultats
Olivyer L. dun test quantitatif de télépathie.
Extrait du rapport à la XX° conférence Ile annuelle de la
Parapsychology Foundation Inc., Le Piol, 24-27 Aout 1971
in Revue Métapsychique.
Freud S. Lettre à Ferenczi du 20 Aout 1910.
Freud S. Lettre circulaire du 15 Mars 1925.
Freud S. Lettre à Jones du 7 Mars 1926.
Freud S. Psychanalyse et télépathie, 1921 (GW, 17, 27-44)
Freud S. Rêve et télépathie, 1922, (GW, 13, 165-191).
Freud S. Rêve et Occultisme, 1925 (GW, 1, 561-573).
Green A. Méconnaissance de linconscient.
in « Linconscient et la Science », Dunod, 1991.
Jung C.G. Lénergétique Psychique, Buchet-Chastel, 1956, 118-218.
Lignon Y. Parapsychologie, Eché éd., 1988
Marcotte H. La télesthésie, méthode dentraînement à la télépathie,
Presses de la Renaissance, 1977.
Pagès M. La Vie Affective des Groupes
Esquisse dune théorie de la relation humaine.
collection Organisation et sciences Humaines, Dunod, 1968
Moreau C. Freud et loccultisme, Tours, thèse médecine, 1974.
Planson P. et Gestion dexpériences parapsychologiques
Morales G. 3° En, 1980-81, Toulouse (ENSEEIHT)
Tart C. Learning to use Extra Sensory Perception
The University of Chicago Press (1976)
Thurin J.M. « Modèle(s) du Psychisme: Une confluente nécessité. »
Rapport introductif au Colloque
Ecole Télécom [18] , Paris, 9-10 Juin 1990.
[1]Le bio-feedback est une technique qui consiste à informer lindividu des variations dun paramètre physiologique généralement considéré comme inaccessible à une maitrise consciente (Tension artérielle, fréquence cardiaque, transpiration de telle partie du corps, degré de dilatation des artérioles dans un territoire donné, ondes cérébrales, etc...). On constate alors que le sujet peut arriver à tirer la variable en question vers une valeur quon a jugé souhaitable datteindre. Par exemple de refroidir le crâne et de réchauffer les mains pour obtenir une amélioration de la migraine ou dun syndrome de Raynaud...
[2] droite de régression significativement ascendante
[3]
Cet intérêt pour les
phénomènes de Groupe me conduisit à en approfondir la connaissance théorique
et même à commettre un petit travail à ce sujet (Auriol & Benaim,
1991). Cf. aussi Le ver dans le fruit, Connexions, revue de psychosociologie et sciences humaines
- N°8- pp.123-130, (1973). Contribution à l'étymologie du Noeud Borroméen
en rapport avec Notre Sujet, Inconscient, Organisation Sociale, Collectif, 5°
Journées de l'Invention Freudienne, Toulouse, Mars 1990, Actes publiés
par le CRDP, pp. 5-22, Novembre 1991.
[5] La littérature non scientifique ne manque pas, elle non plus dexemples. Quon repense simplement à la légende des Septante qui a donné son nom à la version grecque la plus reconnue de la Bible (voir la lettre dAristide à Philocrate au II° siècle av. J.C; Paris, « Sources Chrétiennes », 1962).
[6] Les Potentiels Evoqués Auditifs (PEA) sont utilisés pour détecter les phénomènes auditifs au niveau cérébral. On fait entendre à un individu un clic sonore et on enregistre simultanément son électroencéphalogramme. Mais cette opération ne montre rien de particulier car la réponse électrique du cerveau à ce clic est noyée dans lénorme masse des informations de toutes sortes qui séchangent à tout instant dans le cerveau.. Les otologistes ont donc répété le clic un grand nombre de fois et additionné les prélèvements électroencéphalographiques concomitant. On peut alors observer que les informations non pertinentes sannulent les unes les autres de sorte quil ne reste, bien visible, quune onde répondant aux clics entendus. En cas de surdité la sommation donne une ligne plate.
[7] Dune manière analogue aux PEA les Oto-Emissions-Acoustiques (OEA) correspondent à la sommation des réponses sonores endocochléaires (produites par les cellules ciliées externes) en réponse à une rafale de clics.
[8] Chaque règle de pondération du vote constituait un module de calcul concrétisée par une procédure spécifique; dautres modules correspondaient à dautres façons dobtenir une majorité : par exemple lutilisation du temps de réponse.
[9]Chacune des façons dobtenir une réponse de groupe (vote simple, votes pondérés, vote daltonien, votes précognitifs et quelques autres) était programmée comme un module, une procédure. Une procédure de supervision évaluait le succès passé de chacun de ces modules. Le module qui avait le mieux réussi dans le passé était alors utilisé pour fournir la réponse du groupe à cet instant.
[10] ou proportion des votants (exprimée par commodité en % ; seulement par commodité puisque nous savons que le terme de pourcentage perd son sens statistique lorsque le nombre est largement inférieur à 100 ; on ne sautorise à employer en toute rigueur le terme de pourcentage quand le nombre dévénements est au moins égal à 60 à mais le groupe des récepteurs est inférieur ou égal à 16 dans les expériences Agape).
[11]Lerreur standard dune proportion est calculée par la formule : (daprès G.A.Ferguson & Y. Takane, 1989). Comme la proportion de succès théorique est de 1/5 celà nous donne : : . Les limites de confiance à 95 % seront alors : (p ± 1,96 ´ sp ). Cette formule nous donne des limites de confiance un peu moins larges que si on les calculait par le procédé proposé par Clopper et Pearson qui est le plus général possible et ne fait pas dhypothèse sur la probabilité a priori de l événement considéré.
[12] Malheureusement, cette prévision a été démentie par les groupes suivant. Ce qui est assez frustrant étant donné lavancée décisive quaurait constitué une confirmation !
[13] voir note précédente !
[14] La fondation Odier nous a permis de louer pendant un an un local de type F3, rue Riquet à Toulouse. Par la suite, la mêmùe fondation nous a permis daméliorer le local du Cabinet Médical en y construisant des aménagements afin que le matériel puisse y rester à demeure.
[15] cela a été réalisé
[16] cela na pu se faire
[17] cela a été réalisé
[18] Outre lEcole Supérieure des Télécommunications, les organisateurs étaient : lAfpep (Association Française des Psychiatres dExercice Privé) la Mire (Mission Interministérielle de Recherche et dExpérimentation.) et lEcole de Psychosomatique.