Etudes expérimentales sur la communication télépathique d’émotions en groupe

Jan Dalkvist et Joakim Westerlund

(Extraits du Journal of Scientific Exploration, 12, 4, 583-603, 1998)

Traduits en français par Dr Bernard Auriol

Abstract

Four experiments testing for telepathic communication of emotions, evoked by slides, between a group of « senders » and a group of « receivers » using a total of 210 undergraduate students as subjects, are reported.

Analysis of variance of aggregated data showed a significant difference among

a)      believers in telepathy (n=53), scoring below chance level

b)      undecided (n=105), scoring above chance level, and

c)      non-believers (n=48) who did not deviate from chance level.

Except a minor deviation in the first experiment, the same pattern was obtained in all four experiments. The first picture presented exhibited a significant positive deviation from the value expected by chance. Hit score showed an inverted U-formed relationship to rated involvement, with negative scores for very high involvement values.

 

Scores on an “openness” test, administered at the end of experiment 4, did not show any relationship to performance, except for a significant negative correlation between a belief-in-telepathy item and hit score.

In general the results from the first three experiments were replicated in the fourth experiment, where all conceivable experimental errors had been eliminated. A so-called Monte Carlo Method, which is free from all statistical assumptions, confirmed the results obtained by traditional methods. Except for sampling error, no probable “natural” explanation of the findings could be found

Résumé

Il s’agit de quatre expériences pour tester la communication télépathique d’émotions,  suscitées par des diapositives, entre un groupe « d’émetteurs » et un groupe de « récepteurs » ayant impliqué au total 210 étudiants, en tant que « sujets ».

L’analyse de variance des données agrégées ont montré des différences significatives entre

a)      ceux qui croient en l’existence de la télépathie (n=53), dont les scores sont inférieurs au niveau de l’espèrance mathématique.

b)      Ceux qui sont indécis (n=105), dont les scores sont supérieurs à l’espérance.

c)      Ceux qui ne croient pas en l’existence de la télépathie (n=48) dont les scores sont au niveau de l’espérance.

Si ce n’est une écart mineur dans la première expérience, le même schéma se retrouve dans les quatre expériences. La première figure présentée montre un écart positif par rapport à la valeur qu’on attendrait par le hasard.

Le score des succès montre une relation en forme de U inversé par rapport au degré où la figure est « affectivement chargée », avec des scores négatifs pour les valeurs très élevées.

 Les scores à un test « d’ouverture d’esprit », administré à la fin de la quatrième expérience, n’a pas montré une quelconque relation à la performance, excepté une corrélation négative significative entre un item de « croyance en la télépathie » et le score de succès.

En général, les résultats des trois premières expériences ont été reproduits dans la quatrième expérience, dans laquelle toutes les erreurs expérimentales concevables avaient été éliminées. Par la Méthode dite de Monte-Carlo, qui ne comporte aucun présupposé statistique, on a pu confirmer les résultats issus des méthodes traditionnelles. Sauf erreur d’échantillonage, il n’existe aucune explication « naturelle » probable de ces résultats.

 



Les participants

Il s’agit d’étudiants en psychologie

Caractéristiques des groupes de sujets

Expérience
Numéro

Age
Croyance en la télépathie
Sexe
Total
Moyenne
Bornes
Non
indécis
Oui
féminin
masculin

1

32.0

20-44

5

7

7

16

3

19

2

27.1

20-54

14

18

18

29

22

51 [1]

3

25.8

19-50

5

13

9

20

7

27

4

27.7

19-54

24

67

19

68

43

111

1 à 4

26.7

19-54

48

105

53

133

15

208

Tableau 1

Ils devaient jouer tour à tour le rôle de récepteur et d’émetteur. Pour chacune des quatre expériences, on les a répartis en deux groupes de dimension à peu près égale, l’un des deux groupes commençait à participer en tant que récepteurs et l’autre émetteurs, puis il y avait inversion des rôles.

Stimuli

  1. Nous avons utilisé trente images dont quinze étaient positives, et quinze négatives. Les mêmes diapos étaient utilisées pour chaque expérience.
  2. Pour obtenir une caractérisation psychologique des images utilisées, les diapositives étaient notées sur quatre échelles graphiques analogiques de 10 cm de long. Les notations étaient réalisées par 24 sujets (19 femmes et 5 hommes) qui n’avaient pas participé aux expériences. Il s’agissait d’apprécier combien la peinture était
    1. agréable,
    2. affective (impliquante),
    3. familière,
    4. concrète et saisissable.

Moyennes et écart-types des évaluations psychologiques relatives aux images cibles

Type d’image

Caractérisation de l'image

Image positive (n=17)

Image négative (n=15)

Moyenne

Ecart type

Moyenne

Ecart type

Agréable

61.09

9.87

19.37

10.28

Impliquante

52.91

8.51

69.47

1.95

Perceptible

90.85

5.12

62.40

16.53

Familière

80.59

11.09

37.10

22.82

Tableau 2

On notera que les images positives et négatives sont séparés de manière fidèle dans l’échelle « agréable », même si les images négatives sont évaluées comme plus désagréables que les images positives ne le sont comme agréables. On trouvera dans le tableau trois les corrélations entre les différentes échelles.

Corrélations entre les quatre variables cotées pour caractériser les stimuli

 

Agréable

Impliquante

Perceptible

Familière

Agréable

.

.

.

.

Impliquante

- 0.73

.

.

.

Perceptible

0.70

- 0.39

.

.

Familière

0.80

- 0.48

0.89

.

Tableau 3

 

Protocole

Les groupes émetteurs et récepteurs sont dans deux pièces acoustiquement isolées. Un signal lumineux pour les récepteurs peut être allumé par les expérimentateurs présents dans la salle des émetteurs.

Les participants ont répondu à un questionnaire d’état civil plus une question sur leur degré de croyance en la télépathie. Ils devaient se concentrer sur les caractéristiques émotionnelles des images sans se focaliser particulièrement sur les récepteurs [2] .

Les diapos étaient présentées dans un ordre aléatoire. Une diapo était projetée toutes les vingt secondes avec un intervalle libre d’une demi seconde. La lampe-signal était allumée pendant les cinq premières secondes de chaque projection.

Les récepteurs savaient qu’il y avait deux catégories d’images (positives vs négatives) mais ignoraient qu’on utilisait le même nombre d’images appartenant à chaque catégorie. Ils devaient deviner si la cible était de nature positive ou négative et mettre une croix dans la case correspondante de leur feuille de réponses. Ils étaient obligés de choisir l’une des deux possibilités.

Pour éviter que les récepteurs ne voient les réponses des autres, ils étaient disposés en cercle et se tournaient tous le dos.

Au milieu de la session, les sujets changeaient de pièce, les émetteurs devenaient récepteurs et vice versa.

Pour la quatrième expérience, à la fin de chaque session , les sujets ont dû répondre à 17 questions (à sept degrés) extraites du questionnaire d’ouverture d’esprit de Westerlund (1983), l’ouverture d’esprit étant définie comme une absence d’extrémisme. L’une des questions est « certaines personnes ont des pouvoirs télépathiques ».

Résultats

 

La performance des sujets a été analysée

  1. en fonction de leur croyance à la télépathie,
  2. par rapport aux caractéristiques psychologiques des images
  3. rapport à la situation de chaque image dans la séquence de présentation.

 

Attitudes

Le tableau 4 donne le résultats des expériences en fonction de la croyance en la télépathie.

Statistiques descriptives concernant les différences entre succès attendus et succès observés (expériences 1 – 4)

Croyance en la télépathie

n

Moyenne

Ecart type

“No”

48

0.14

3.40

“?”

105

0.64*

2.62

“Yes”

53

- 0.76*

2.64

Total

208

0.16

2.86

(* signifie que le résultat est significatif ; test bilatéral ; p<0.05)

Tableau 4

Ainsi, ceux qui croient à la télépathie ont produit un score moyen négatif, le groupe des indécis un score positif, et les non-croyants un résultat proche de zéro.

Le tableau 5 va nous donner les résultats de l’analyse de la variance qui montre que la différence entre les trois groupes de croyance est significative** (p < 0.01).

ANOVA
pour les différences entre succès attendus et succès observés
(succès dans les trois groupes de croyance ; expériences 1-4)

F

df

p

4.40

2/205

0.01

Tableau 5

 

Ces résultats sont en contradiction avec ceux de nombreuses études classiques relatives aux moutons et aux chêvres : dans 13 publications sur 17 discutées par Palmer (1971), les brebis (qui croient en l’existence de la télépathie) réussissent mieux que les chêvres (qui n’y croient pas). Mais seulement trois des 17 études étudiaient la télépathie distinguée de la clairvoyance ou de la précognition. Le résultat de l’une de ces études (Nash, 1965) testant la communication télépathique de nombre entre un mouton et une chêvre retrouvent des résultats analogues aux notres puisqu’ils donnent des scores de performance négatifs pour les sujets qui croyaient à la télépathie. Cependant les résultats des deux autres études (Moss, 1969 ; Moss et Gengerelli, 1968) qui utilisaient comme nous des réponses télépathiques à la réaction émotionnelle de l’émetteur vis à vis de diapositives, contredisent les résultats que nous publions ici : dans ces deux études, les moutons réussissaient mieux que les chêvres. Une des très nombreuses différences entre ces recherches et la notre est que les images fortement répulsives étaient utilisées par nous et pas par eux .

Effets de position

Nous ne trouvons pas de signes d’une évolution des résultats au cours de chaque session : en particulier nous n’observons ni « apprentissage », ni « déclin ». Pourtant, la première diapositive présentée déterminait une forte tendance à un meilleur succès que toutes celles qui suivaient. Dans l’ensemble des quatre expériences, cette première position donnait un niveau de succès de 0.62 (ce qui est très différent du hasard : c²=13.0 ; p=0.0003)

Des quatre caractéristiques évaluées pour chaque image, c’est l’implication émotionnelle qui est le plus corrélée au nombre de succès. Les données se répartissent en u inversé, de sorte que les images à niveau moyens d’implication émotionnelle sont davantage source de succès que les images de niveau bas ou très élevé d’implication émotionnelle… Les images positives sont le plus souvent caractérisées par une implication émotionnelle faible ou modérée alors que les images négatives sont plutôt évaluées par des cotations élevées au niveau de l’implication émotionnelle. Cela signifie que le niveau de succès pour les images positives est fonction du degré d’implication émotionnelle. En revanche, le niveau de succès pour les images négatives est corrélé négativement au degré d’implication émotionnelle !

Corrélations entre le degré d’implication émotionnelle attribué à une image
et le nombre de succès pour les images négatives et positives respectivement (2-4)

Croyance en la télépathie

Images « positives »

Images « négatives »

« Non »

0.37

- 0.65*

« indécis »

0.08

- 0.60*

« Oui »

0.19

- 0.32

Total

0.33

- 0.71**

*  signifie p< 0.05

** signifie p<0.01

Tableau 6

 

Niveau de succès par rapport au questionnaire d’ouverture d’esprit

Le score au test d’ouverture d’esprit n’est pas corrélé au niveau de succès télépathique. Seule la question sur l’existence d’individus doués de pouvoir télépathique était corrélée significativement – mais de façon inverse - avec le niveau de succès télépathique (r = 0.22 ; p = 0.02) : plus les sujets refusaient cette affirmation et plus élevé était leur score télépathique !

Comparaisons quant au sexe des sujets

On n’a pas trouvé d’effet qualitatif du sexe sur les résultats. Aussi bien les femmes que les hommes avaient des résultats liant leur succès à leur indécision quant à l’existence de la télépathie et leur échec à leur croyance en l’existence de ce phénomène.

Test de présupposés statistiques

On doit prendre en considération le fait que les réponses étant données par les sujets appartenant à un groupe pourraient avoir été influencées les unes par les autres. Pour éviter le biais statistique que cela pourrait comporter lors des analyses classiques supposant une indépendance des données, il a été procédé à des tests selon la méthode dite de « Monte Carlo ». Ces tests ont indiqué que les effets de violation des présupposés statistiques étaient faibles et tendaient à diminuer - plutôt qu’à augmenter – la puissance statistique. En particulier l’emploi de plusieurs récepteurs simultanément n’a créé aucun biais statistique sérieux.

 

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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

© Copyright Bernard AURIOL (email : )

(Correspondance et demandes de tirés à part doivent s’adresser à
Jan Dalkvist, Ph.D., Department of Psychology, Stockholm University, s-106 91, Stockholm, Suède)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


[1] Un des sujets n’était classé dans aucun des groupes de croyance

[2] Dans le projet Agape nous avons mené un certain nombre d’expériences avec l’injonction de se centrer sur la cible, comme ici et un nombre équivalent d’expériences où il s’agissait de se centrer plutôt sur les récepteurs et vaguement sur la cible.