Apprentissage et télépathie ?

 

Dr Bernard AURIOL

 

"Les résultats des expériences télépathiques soigneusement et clairement exposées dans ce livre dépassent certainement de loin ce qu'un explorateur de la nature croit pensable. D'un autre côté, il est hors de question qu'un observateur et écrivain aussi consciencieux qu'Upton Sinclair monte une imposture volontaire aux dépens des lecteurs; sa bonne foi, autant que la confiance que l'on doit lui accorder, ne peuvent être mises en doute."

(Albert Einstein)

[in Préface du livre d'U.Sinclair, Mental Radio, Springfield, 1930-1962 p.IX]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une hypothèse plausible en parapsychologie est qu'une transmission d'informations pourrait se faire d'un organisme humain à un autre sans que la conscience en soit nécessairement et toujours acquise. Il s'agirait d'une faculté dont le résultat serait presque toujours subliminaire. Un peu comme il en va de la vue lorsque la zone de projection corticale de ce sens est détruite ou hors service.

 


 

L'étude d'une telle hypothèse n'est pas simple et ne peut satisfaire le scientifique sur un simple relevé de cas cliniques, aussi surprenants qu'ils soient. C'est dire que nous devons nous intéresser plutôt aux manifestations fréquentes même si elles sont "faibles" qu'aux réussites exceptionnelles difficilement répétables.

 

Nous avons donc - au titre de recherche préliminaire - expérimenté sur deux sujets volontaires dont notre objectif était de découvrir si leur réussite dans la transmission d'une information simple pouvait être accrue par une forme d'apprentissage.

 

Un apprentissage demande généralement un grand nombre d'essais, conçus de telle façon que le succès ou l'échec soient immédiatement connus. Il est favorisé par l'attribution d'une récompense appropriée destinée à "renforcer" les opérations ayant conduit au succès et à "inhiber" celles qui n'obtinrent qu'un échec.

 

Lorsqu'une information connue d'un sujet, l’émetteur (E) est devinée par un autre sujet, le récepteur (R), on peut énoncer au moins deux hypothèses :

 

­    Celle de la télépathie : le premier a "envoyé" cette information au second et ce dernier l'ayant reçue, a été capable de l'énoncer clairement en la dégageant d'autres données issues de ses craintes ou désirs qui joueraient alors le rôle de "bruit". Sous cette hypothèse, la responsabilité de l'échec incomberait

o       soit aux deux protagonistes,

o       soit à l'un d'entre eux seulement : émetteur émettant mal,

o       soit à l'un d'entre eux seulement : récepteur recevant mal

 

­    Celle du hasard : il n’y a pas eu transmission d’information mais simple coincidence entre deux événements indépendants.

 

Ces deux hypothèses s’excluent mutuellement. On sait qu’à l’issue de tentatives répétées, seul l’emploi de tests statistiques permettra de choisir celle qui sera jugée la mieux compatible avec les résultats observés.

 

Les sujets, lors des répétitions nécessitées par un éventuel apprentissage, n'auront pas plus de facilité que l'expérimentateur pour décider si la coïncidence de l'information connue de E et celle devinée par R est un succès légitime ou simplement attribuable à la chance. La condition d'un réel apprentissage sera probablement que, dès le départ, il y ait "suffisamment" de succès réels pour que ceux ci ne soient pas trop minoritaires par rapport aux simples coïncidences.

 

Pour cette étude, nous avons mis au point un appareillage simple (fig.1) qui permet à deux protagonistes d'être informés des coïncidences à chaque essai de transmission d'une information, sans avoir à communiquer par la vue ou la parole.

 

 

Différentes versions de cet appareillage ont été utilisées. Certaines d'entre elles comportent un générateur aléatoire (conçu et réalisé par Bernard Thourel, de l’ONERA-CERT) qui désigne à l'Emetteur l'information à émettre. Une autre version, a été réalisée par deux élèves de Pierre Csillag : Patricia Planson et Georges Morales. Ce dernier système comportait un micro-ordinateur et permettait de gérer des expériences de précognition.

 

Toutes les versions fonctionnent selon le même principe que la plus simple d’entre elles. L'appareillage le plus simple (fig. 1), très facile à construire, ne comporte pas d'électronique. Il s'agit de deux postes (1 & 2) munis chacun d'une ampoule courante (6 & 8). Chacune de ces ampoules est, d'une part reliée au secteur (7), et d'autre part connectée à un interrupteur qui peut la mettre en continuité avec un parmi cinq fils qui vont de l'un à l'autre poste (5).

 

 

Chacun de ces fils est associé à l’une des informations susceptibles d’être transmises. E, informé de l’information qu’il doit envoyer, place son interrupteur sur la position pi correspondante. Si, à son tour, R place son propre interrupteur sur la position de même nom pi, le circuit est fermé et les deux ampoules s’allument. Dans le cas contraire (R joue pj), rien ne se passe.

 

 

Première Expérience

 

On utilise un paquet de 60 cartes composé de cinq ensembles de douze cartes identiques portant un des cinq mots suivant (choisis par le sujet récepteur conformément aux travaux du Dr Barry) "bébé, gloire, amour, dieu, mort".

 

Dans cette première expérience, le tirage ne comportait pas de remise dans le paquet, ce qui présente un inconvénient sur le plan de la simplicité du modèle stochastique; mais cet inconvénient n'obère pas les résultats positifs ou négatifs concernant un éventuel apprentissage et nous avons pu le maitriser, comme nous le verrons plus loin. Nous avons effectué 230 essais de 15 tirages chacun, soit 3450 tirages.

 

Résultats

 

 

 

Nous avons relevé le nombre des succès pour chaque essai de 15 tirages. La moyenne de réussite a été de 6/15 (contre 3/15, espérance mathématique pour des réponses aléatoires ; nombre d’essais 230 x 15 = 3450 tirages).

 

 

Etude Quantitative

 

Nous avons obtenu 1380 succès sur 3450 tirages. Si pour chacun des tirages le récepteur avait choisi sa réponse au hasard parmi les cinq possibles, le nombre attendu des succès aurait été de 690 (= 3450 / 5 ; Chi² = 862 ; p < 0,001).

 

Le résultat essentiel concerne la relation croissante observée entre le rang de l’essai (de 1 à 230) et le nombre de succès pour chaque essai. La corrélation est de r = 0,36 (Bravais-Pearson ; p<0,001) : les résultats sont d’autant meilleurs que le numéro de l’essai considéré est grand. Ceci milite en faveur d’un apprentissage !

 

Progression des succès en fonction du rang de l’essai

 

 

 

 

 

Nombre d’essais : 230

Nombre de tirages par essai : 15

 

Nb moyen de succès par essai : 6

Ecart type : 1.7

Dispersion : 27.8

 

Corrélation entre le nombre de succès et le rang de l’essai : 0.36

 

P < 0.01
Figure 3

 

 

 

On voit immédiatement, dans la figure 3 qui donne la droite de régression et d'après les informations sur cette droite, qu'il existe une amélioration progressive des résultats qui ne saurait raisonnablement revenir à un facteur aléatoire. La pente de la droite de régression est significativement supérieure à la pente nulle. Si on prend les résultats mois par mois (sur les quatre mois qu'a duré l'entraînement), le résultat est, bien entendu, similaire ...

 

Nous pouvons aussi lisser la courbe en donnant à chaque point la valeur de la somme des quinze essais qui le précèdent (soit 15x15=225 tirages). Remarquons que d'un essai au suivant quatorze mesures sont communes : on a abandonné un essai en amont et ajouté un essai en aval. L'avantage de ce "lest" est de lisser fortement la courbe qui prend une allure chaotique sinueuse[1] dont on remarque l'allure ascendante très évidente au niveau graphique (fig.5). Le coefficient de corrélation est ici, bien entendu, artificiellement augmenté. L'analyse en composante principale montre que les résultats sont suffisamment expliqués par deux axes dont le premier rend compte de 90,63 % de l'inertie. Il montre un lien étroit entre la Valeur (par lissage) du succès et le rang de l'essai.

 

 

 

Courbe lissée des résultats

 

 

Rang quantitativisé (Rang)

            Minimum : 16

            Maximum: 230

            Moyenne : 122.6

            EcartýÓtype : 62.4

            Dispersion : 60.90

 

 

Valeur de succès en 16 coups (VAL)

            Minimum: 66

            Maximum: 110

            Moyenne : 90.6

            EcartýÓtype : 9.3

            Dispersion : 10.28

 

 

Population : 216 individus.

 

Corrélation : 0.81

VAL = 0.12 x Rang + 76.7

 

 

Figure 5

 

 

 

 

 

 

 

 

Etude Qualitative des résultats

 

On peut poser la question de la validité des résultats précédents en raison de l'application de méthodes d'étude quantitative et de régression linéaire pour des faits qui, à la base, sont notés selon une simple dichotomie : succès versus échec.

 

Nous avons donc effectué aussi une analyse qualitative. Tout d'abord, nous regroupons les 230 essais en classes de cinq : nous obtenons 46 classes. Nous pouvons alors établir le tableau de contingence du nombre de succès en fonction du rang (sur 46). Un test du Khi2 nous informe alors que ce tableau n'est pas aléatoire et confirme qu'il y a d'autant plus de succès que le rang du groupe des essais est important.

 

Nous pouvons aussi regrouper les rangs en trois classes et les succès en trois classes : le tableau de contingence est très clair et l'étude du Khi2 confirme l'amélioration du succès avec le nombre des essais (p<0.01).

 

Succès en fonction du rang

 

Essais du début

Essais du milieu

Essais de la fin

Total ligne

+++

8

8

26

42

++

43

53

49

145

+

24

14

5

43

Total colonne

75

75

80

230

 

Test KHI² du tableau précédent

 

Essais du début

Essais du milieu

Essais de la fin

Total ligne

+++

2.37

2.37

8.88

13.62

++

0.39

0.69

0.04

1.12

+

7.10

0.00

6.63

13.73

Total colonne

9.86

3.06

15.55

28.47

Probabilité de l’hypothèse d’indépendance p < 0.01

 

 

 

Recherche d'un rythme circadien

 

Nous avons aussi pris en considération, lorsqu'elle est connue, l'heure de l'essai : nous n'obtenons pas de différence significative entre le début et la fin de la journée...

 

 

Effet de l'ionisation négative

 

 

 

 

 

 

Certains travaux indiquent qu'il existerait un effet relaxant de l'ionisation négative de l'air. D'autres travaux font état de l'effet positif de la relaxation sur les performances psi. Nous avons donc utilisé un ionisateur du commerce, à partir du 143° essai et jusqu'à l'obtention d'une conclusion statistique, une fois sur deux (jours pairs / jours impairs) (analyse séquentielle à ci-contre). La comparaison des résultats ne permet pas de supposer qu'il y aurait une amélioration ou une détérioration des résultats sous l'influence de l'ionisation de l'air (Chi² d’indépendance non significatif au seuil de 0,05).

 

 

Discussion à propos du déroulement de l'expérience

 

Les essais étaient structurés de la façon suivante : généralement, on effectuait quatre essais successifs, comportant chacun quinze tentatives de deviner une cible. Cette dernière était donnée à l’émetteur par tirage dans un paquet composé, au départ, de soixante cartes bien mélangées. Les protagonistes pouvaient arrêter la session après quinze, trente, quarante-cinq ou soixante tirages. C’est, le plus souvent, au bout de soixante tirages qu’ils le faisaient. Chaque série de quinze tirages était numérotée :

 

1.     essai 1 à de la première à la quinzième carte tirée

2.     essai 2 à de la seizième à la trentième carte tirée

3.     essai 3 à de la trente et unième à la quarante-cinquième carte tirée

4.     essai 4 à de la quarante-sixième à la soixantième carte tirée.

 

Nous avons tenté de vérifier si notre protocole de tirage sans remise avait un effet favorisant le succès sur les derniers coups, c'est à dire en fonction du rang de l'essai par séries de quatre essais (ou moins) dont les quinze coups étaient tirés successivement sans remise dans le paquet de soixante cartes. Nous trouvons que le test de la pente nulle est acceptable. Nous admettrons donc que ce n'est pas par une connaissance progressive du paquet que le succès est acquis.

­     

Nous avons cherché à partir de combien d'essais la droite de régression présentait une pente significativement différente de l'horizontale. Nous obtenons cela à partir du 42° essai. On a alors :

 

r = 0,43 ; p < 0.005.

 

Ce dernier point doit être d'autant plus pris en considération que par la suite (aux alentours du 142° essai), nous avons relâché quelque peu le protocole et cédé à la tentation de travailler parfois dans la même pièce : ce qui fait craindre l'utilisation plus ou moins consciente d'une forme quelconque de cumberlandisme [2] par le récepteur. A notre décharge, le fait que nous revenions fréquemment à des essais satisfaisant mieux le protocole et qui ne semblaient pas donner des résultats inférieurs... (mais ceci sans en tenir un compte précis).

 

Les résultats durant la période la plus "fiable" de notre recherche ne semblent pas beaucoup différer dans leur résultat de la période moins "fiable" qui lui a succédé. La corrélation entre rang et nombre de succès est non significative (au seuil p < 0,05) pour les essais allant de 143 à 230 (r = 0,0761) et, plus précisément, comme nous l’avons vérifié à partir de l’essai 117 (r = 0,18 ; ns pour p<0,01). De fait, si nous effectuons la droite de régression à partir du 143° essai et jusqu'à la fin, nous n'obtenons pas de pente significative; il en va de même en incluant les essais précédents et ce jusqu'au 117° inclus. C'est dire qu'à partir du 117° essai nous atteignons peut-être le plateau qui couronne généralement la courbe en S, caractéristique de tout apprentissage. Nous pouvons également conclure qu'un éventuel cumberlandisme n'a pas ajouté grand chose au succès "psi" auquel il se serait substitué...

 

Essai de Précognition

 

Un essai d'apprentissage, avec deux autres sujets, ayant suscité notre étonnement par le fait que le récepteur se permettait d'enficher son interrupteur avant que l'émetteur n'ait tiré au sort l'information à transmettre, nous fumes amenés à tenter un essai de précognition entre les deux sujets ayant fait l'objet des expériences ci dessus. Les résultats (3.3 succès sur 15 essais en moyenne) nous ayant paru peu probant et le récepteur étant très réticent à poursuivre selon un tel protocole, nous n'avons pas réalisé plus de dix essais (soit 150 tirages).

 

Si nous tentons de vérifier, dans ce cas, l'existence d'un éventuel apprentissage de la précognition, nous sommes largement déçus puisque, non seulement la pente de la droite de régression n'est pas croissante mais qu'au contraire, elle est significativement (p < 0.01) décroissante (r = - 0.74 ; fig. 18) ! Comme si la réticence et les préventions du récepteur à l'égard du phénomène de précognition le conduisaient à apprendre - et très rapidement par rapport à l'apprentissage de la télépathie qui avait précédé - le "psi-missing" : comme s'il s'agissait pour lui d'éviter la cible, de s'arranger de mieux en mieux pour ne pas trouver !

 

 

 

Informations

 

Nb de points : 10

Rang quantitativisé (Rang)

Minimum : 1

Maximum: 10

Moyenne : 6.6

Ecart-type : 2.9

Dispersion : 62.2

 

nombre de succès (sur 15) (succ)

Minimum : 1

Maximum: 6

Moyenne : 3.3

Ecart-type : 1.6

Dispersion : 46.04

 

Corrélation : - 0.74

 

succ = -0.38 x Rg + 6.4

Test de l'hypothèse Pente nulle : Refusée (95 %)

 

 

 

 

 

Perspective

 

Les 42 premiers essais de 15 tirages, comme nous l'avons vu, donnent par contre une pente croissante significative. C'est dire que nous pouvons déjà, pour ce couple de sujets, à l'époque de cette expérience, retenir l'évidence d'un apprentissage après 630 tentatives de deviner une information, en utilisant notre appareil. En y consacrant 3/4 d'heures par jour, cela a nécessité seulement d'y être assidu pendant dix à quinze jours...

 

Nous souhaitons vérifier sur d'autres couples de sujets que ce résultat n'est pas exceptionnel. Nous pouvons prêter notre matériel à des couples qui s'engageraient à leur tour dans cette recherche et selon notre protocole légèrement modifié pour accroître sa pertinence statistique[3].

 


le 20 février 94

 

Apprentissage 2

 

Dans l'étude précédente, nous avons constaté que sous couvert du protocole que nous avons décrit, nous pouvions raisonnablement retenir l'hypothèse de l'existence d'un apprentissage permettant au sujet N de recevoir de mieux en mieux et jusqu'à un certain plateau, une des cinq informations tirées au sort par le sujet B.

 

Nous avons essayé de produire le même effet en sens inverse. Le sujet B devant alors deviner ce que le sujet N tire au sort.

 

Nous avons par ailleurs modifié le protocole sous trois aspects

 

1)                              Nous utilisons des billes de couleur, au lieu de cartes portant des mots, pour le tirage au sort. L'information à deviner n'est plus un mot puisé dans une liste de cinq mots choisis par le "récepteur", mais une couleur parmi cinq couleurs (Bleu, Vert, Rouge, Jaune, Mauve).

 

2)                              La bille tirée est remise dans le sac et mélangée après chaque tirage.

 

3)                              Lorsque l'information n'est pas devinée, le récepteur est invité à faire un nouvel essai et ceci jusqu'à ce qu'il trouve. L'idée de ce protocole est de "forcer" en quelque sorte l'apprentissage : on ne peut aller au coup suivant qu'après avoir atteint la cible, fut ce au cinquième essai ... Cependant, on ne retient comme résultat pertinent du coup que le premier essai (réussi ou échoué).

 

Expérience : 2370 tirages ont été effectués. Généralement à raison de 60 par jour (il a donc fallu, environ, 40 à 50 jours).

 

 

 

Nanou à Bernard

 

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

474

457

2370

moyenne

3

2.89

15

%

20

> 17.16

19.28

< 21.40

KHI²

 

0.76

P <

 

ns

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ensemble de cette étude semble interdire toute conclusion autre que de disqualifier l'hypothèse selon laquelle un entraînement relativement bref utilisant comme "message" les couleurs aurait nécessairement un effet d'apprentissage. Cet effet ici n'apparaît pas !

 

­    Il est possible que le fait de négliger les conclusions de Barry selon lesquelles le set des messages doit être choisi par le récepteur ait eu un effet négatif...

 

­    Le fait que les résultats au départ étaient apparemment aléatoires conditionne peut être la difficulté d'un apprentissage. Ce dernier ne peut être opérant qu'en renforçant des succès réels, même s'ils sont mêlés à des succès par co­incidence. Si le récepteur ne réussit spontanément jamais, ou presque, à atteindre la cible, il n'est renforcé que pour des coups où il a eu simplement "de la chance" ; on comprend que cela ne puisse le mener bien loin... Autrement dit, pour obtenir un apprentissage, il faudrait avoir un minimum de capacité spontanée au départ.

 

Claire è Pierre

 

Pour vérifier si le phénomène d' "apprentissage" que nous avions mis en évidence (Bernard à Nanou) était vérifiable chez d'autres sujets, nous avons proposé ce type d'expérience autour de nous et avons pu obtenir la patiente et courageuse collaboration de certains de nos proches, trop peu nombreux hélas !

 

Les résultats obtenus par le récepteur Pierre avec sa Grand Mère Claire se sont très vite montrés encourageants.

 

Le protocole adopté utilisait les deux "boitiers à lampes". que nous avions déjà employés dans les premiers essais. L'aspect en avait été amélioré : par exemple un anneau de couleur entourait chacun des jacks femelles qui constituaient les interrupteurs (fermés seulement lorsqu'on y enfonçait un jack mâle approprié).

 

Le tirage au sort se faisait avec remise : l'émetteur Claire plongeait sa main dans un sac de bille les mélangeait, retirait une bille, regardait sa couleur et enclenchait l'interrupteur coloré correspondant[4].

 

Dans une autre pièce, Pierre devait tenter de deviner la couleur en question et enclencher un des interrupteurs colorés sur son propre boitier. Si la réponse était de même nature que le tirage effectué par l'émetteur, le circuit électrique se trouvait fermé et chacun des deux joueurs jouissait de l'illumination de la lampe bulbe opale surmontant son appareil.

 

Les résultats furent les suivant :

 

Protocole Télépathie

Claire à Pierre

Succès

Tirages

Nombre

91

240

moyenne

5,69

15

écart-type

2,37

0

%

38

KHI²

48,15

p <

0,0005

 

Se rendant compte d’une attitude de précognition de la part de Pierre, on décide ensuite d’utiliser le protocole de précognition pour les essais ultérieurs lorsque Claire émet et Pierre reçoit. C’est à dire qu’on demande à Pierre de répondre avant que Claire n’ait tiré au sort l’information qu’il doit capter.

 

Protocole Précognition

Claire à Pierre

Succès

Tirages

Nombre

781

1860

Moyenne

6.3

15

écart-type

1.28

0

%

> 39.6

41.99

< 44.4

KHI²

562.1

p <

0,0005

 

Le protocole de télépathie a été réalisé dans les tentatives suivantes :

 

Pierre à Claire

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

14

18

75

Moyenne

3

3.6

 

Ecart-type

 

1.64

 

%

20

12.08

24

35.92

KHI²

 

0.75

P <

 

ns

 

 

 

 

 

 

 

 

Claire à Eloi

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

14

12

70

Ecart-type

 

0.75

 

%

20

> 4.81

17.14

< 29.48

KHI²

 

0.36

P <

 

ns

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eloi à Claire

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

21

13

105

Ecart-type

 

1.11

 

%

20

> 2.31

12.38

< 22.45

KHI²

 

3.81

P <

 

0.10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eloi à Pierre

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

6

3

30

Moyenne

3

1.5

 

%

20

> 0

10

< 28.84

KHI²

 

1.88

P <

 

ns

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude à Chantal

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

51

116

255

Moyenne

3

6.82

15 

%

20

> 39.03

45.49 %

< 51.95

KHI²

 

103.55

P <

 

0.0005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chantal à Claude

Protocole télépathie

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

54

63

270

moyenne

3

3.5

15 

%

20

> 17.05

23.33 %

< 29.61

KHI²

 

1.88

P <

 

ns

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Protocole Précognition

Chantal à Claude

Succès attendu

Succès

Tirages

Nombre

12

14

60

Moyenne

3

3.5

15

%

20

> 10.01

23.33

< 36.66

KHI²

0.42

p <

ns

 

 

Protocole Précognition

Claude à Chantal

Succès attendu

Succès

Tirages

Nombre

12

14

60

Moyenne

3

3.5

15

%

20

> 10.01

23.33

< 36.66

KHI²

0.42

p <

ns

 

Luc à Sidonie

Protocole télépathie (mots protocole Barry)

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

12

20

60

moyenne

3

5

15

%

20

> 20.01

33.33 %

< 46.66

KHI²

 

6.67

P <

 

0.01

 

 

 

 

 

 

 

Sidonie à Luc

Protocole télépathie (mots protocole Barry)

Succès attendus

Succès

Tirages

Nombre

12

18

60

moyenne

3

4.5

15

%

20

> 16.68

30 %

< 43.32

KHI²

 

3.75

P <

 

0.10

 

 

 

 

 

 

 

Les deux soeurs

 

Dans l'expérience suivante on utilisait un paquet de 60 cartes à jouer blanches sur lesquelles avaient été écrits 5 messages, dont chacun était répété 12 fois (12 cartes pour chacun des messages).

 

Le protocole consistait à éloigner soigneusement les appareils dans deux pièces différentes. Le choix du message à émettre se faisait par tirage au sort dans le paquet, soigneusement mélangé avant chaque tirage, avec remise dans le paquet de la carte après chaque tirage.

 

On jouait 15 coups pour lesquels Monique était "émettrice" et Françoise "réceptrice", puis 15 coups où les rôles étaient inversés, et ainsi de suite.

 

 

Monique à Françoise

 

Succès

Tirages

Nombre

403

1635

Moyenne

3.7

 

écart-type

1.5

 

%

> 22.10

24.65

< 27.20

KHI²

22.08

p <

0.0005

 

Y a-t-il apprentissage ? Nous avons recherché si la pente de la droite de régression était croissante... elle ne l’est que très faiblement, de manière non significative. Nous considérerons donc que, dans ce cas, il n'y a pas eu apprentissage ou que, si c'était le cas, nous serions dans la partie quasi horizontale débutant la courbe en S, caractéristique d'un tel phénomène !

 

 

Françoise à Monique

 

Succès

Tirages

Nombre

346

1620

Moyenne

3.2

 

écart-type

1.5

 

%

> 18.79

21.36

< 23.92

KHI²

1.87

p <

ns

 


 

Y a-t-il apprentissage ? Dans ce cas, la droite de régression ne peut être assimilée à une horizontale (r = 0.1720 ; p < 0.01 ). Devant ce résultat faible mais pourtant « significatif », nous devons rejeter l'hypothèse que les résultats seraient totalement indépendants du rang de l'essai.

 

L'étude du tableau de contingence (les observations sont réparties en 3 classes de succès et quatre classes de rang) et du Khi2 va dans le même sens. Au seuil p < 0.05 il n'y a pas indépendance entre le rang de l'essai et le résultat de cet essai. Les succès sont plus importants au cours des derniers essais que lors des essais de début. Nous pouvons dès lors considérer qu'il y a peut-être eu, dans ce cas un phénomène d’apprentissage.

 


 

Annexe

 

 


TELEPATHIE

PROTOCOLE  pour deux PERSONNES

MATERIEL : deux appareils

 

a) l'appareil émetteur A, muni d'une lampe possède 5 trous et 5 petits voyants.

Au dessus de chaque trou se trouve le mot choisi par le récepteur et qui se trouve dans le jeu des 60 cartes.

 

b) l'appareil récepteur B, muni d'une lampe possède 5 trous. Un cordon le relie à la prise de courant.

 

c) A et B sont également reliés entre eux par un long cordon aux deux bouts duquel se trouve un connecteur multiprises

d) 1 jeu de 60 cartes (12 fois les 5 mots du 1er récepteur)

 

e) 1 deuxième jeu de 60 cartes (12 fois les 5 mots du 2ème récepteur).

 

f) A dispose d’un PLOT. B également

 

 

A et B se trouvent dans deux pièces : pièce A et pièce B. Les locaux sont SILENCIEUX.

 

A et B doivent observer un très grand silence pendant toute l'épreuve et se "vider" de toute préoccupation extérieure.

 

 

ler JOUR

 

A : bat les cartes de B. Chaque fois qu’il fait une nouvelle proposition il prend soin de battre les castes.

A en prend une au hasard et enfiche son plot dans le trou affecté au mot correspondant.

A donne le signal à B en tapant avec un objet. Et toujours de la même façon !

 

B : répond sans trop réfléchir à A en enfichant son PLOT dans le trou correspondant au mot qu'il croit que A lui émet.

 

SI LA REPONSE EST BONNE LES GROSSES LAMPES DE A et B S'ALLUMERONT.

 

A mettra une CROIX ENTOUREE D'UN CERCLE dans la partie émetteur et dans la partie récepteur sur une feuille prévue à cet effet.

 

Si la réponse n'est pas la même A mettra une CROIX seulement des deux côtés

 

 

 

2ème JOUR

 

B demeure B au départ de l'épreuve et devient A au 60 essais suivants. ETC ....

pour les jours suivant.

 

 

 

Bibliographie

 

 

 

 

Auriol B.      "Télépathie": Brevet d'invention N°74.26202 du 26.07.74

Int.Cl.²:H04 B13/00;A61 B5/16;A63 F9/18

 

 

Dr Barry                Journal d'un parapsychologue

                   Publications Premières, 1971

 

 

Lignon Y.    Parapsychologie, Eché éd.,1988

 

 

Planson P.   Gestion d'expériences para-psychologiques

Morales G.  3° En, 1980-1981, Toulouse N7 (ENSEEIHT)

 

Tart C.        Learning to use Extra Sensory Perception

                   The University of Chicago Press, 1976.


 

ABSTRACT

_______

 

 

We assume parapsychological phenomenons are parapsychological skills and can grow by learning. In our trial, several couples of people used a simple device : two stations designed in such a way that each of the players was rewarded for each successfull transmission between them (Auriol B.: "Télépathie": Brevet d'invention N°74.26202 du 26.07.74; Int.Cl.²:H04 B13/00;A61 B5/16;A63 F9/18). The transmitter switched on the interrupter corresponding to an information (randomly chosen among five). The receiver did the same in an other room. When the interrupters were identical (corresponding to the same information), each player is rewarded by lighting of a lamp up. Nothing happens otherwise... We performed numerous strokes and had observed a progressive and statistically significative improvement in term of success when the first series were "good"... If the first tries were "bad", we could not observe any improvement by repetition...

   

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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

© Copyright Bernard AURIOL (email : )

28 Novembre 2004

 

 

 

 

 



[1]Il s'agit peut-être de fluctuations de la motivation faisant alterner lassitude et rebondissements de l'intérêt...

[2] divination par signes non-verbaux.

[3] S'adresser à Dr Auriol, 5 Impasse Blanchard, 31400, Toulouse (tél 05 61 25 26 27).

[4] de nombreux téléspectateurs virent ces boitiers avec leurs lampes et le petit sac de bille, lors des essais parfaitement corrects, honnêtes et infructueux présentés à la télévision par Yves et Christine Lignon en présence du Neurologue Marseillais Pr Gastaut. J’ai regretté à cette occasion, de n’avoir pas été consulté, ni cité, ni qu’on m’ait demandé de proposer des sujets mieux entraînés…