Dr
Bernard AURIOL
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"Les résultats des expériences télépathiques soigneusement et clairement exposées dans ce livre dépassent certainement de loin ce qu'un explorateur de la nature croit pensable. D'un autre côté, il est hors de question qu'un observateur et écrivain aussi consciencieux qu'Upton Sinclair monte une imposture volontaire aux dépens des lecteurs; sa bonne foi, autant que la confiance que l'on doit lui accorder, ne peuvent être mises en doute." (Albert Einstein) [in Préface du livre d'U.Sinclair, Mental
Radio, Springfield, 1930-1962 p.IX] |
Une hypothèse plausible en parapsychologie est qu'une transmission d'informations pourrait se faire d'un organisme humain à un autre sans que la conscience en soit nécessairement et toujours acquise. Il s'agirait d'une faculté dont le résultat serait presque toujours subliminaire. Un peu comme il en va de la vue lorsque la zone de projection corticale de ce sens est détruite ou hors service.
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L'étude d'une telle hypothèse n'est pas simple et ne peut
satisfaire le scientifique sur un simple relevé de cas cliniques, aussi
surprenants qu'ils soient. C'est dire que nous devons nous intéresser plutôt
aux manifestations fréquentes même si elles sont "faibles" qu'aux
réussites exceptionnelles difficilement répétables.
Nous avons donc - au titre de recherche préliminaire -
expérimenté sur deux sujets volontaires dont notre objectif était de découvrir
si leur réussite dans la transmission d'une information simple pouvait être
accrue par une forme d'apprentissage.
Un apprentissage demande généralement un grand nombre
d'essais, conçus de telle façon que le succès ou l'échec soient immédiatement
connus. Il est favorisé par l'attribution d'une récompense appropriée destinée
à "renforcer" les opérations ayant conduit au succès et à
"inhiber" celles qui n'obtinrent qu'un échec.
Lorsqu'une information connue d'un sujet, l’émetteur (E) est
devinée par un autre sujet, le récepteur (R), on peut énoncer au moins deux
hypothèses :
Celle
de la télépathie : le premier a "envoyé" cette information au
second et ce dernier l'ayant reçue, a été capable de l'énoncer clairement en la
dégageant d'autres données issues de ses craintes ou désirs qui joueraient
alors le rôle de "bruit". Sous cette hypothèse, la responsabilité de
l'échec incomberait
o
soit aux deux protagonistes,
o
soit à l'un d'entre eux seulement : émetteur
émettant mal,
o
soit à l'un d'entre eux seulement :
récepteur recevant mal
Celle
du hasard : il n’y a pas eu transmission d’information mais simple
coincidence entre deux événements indépendants.
Ces deux hypothèses s’excluent mutuellement. On sait qu’à l’issue de tentatives répétées, seul l’emploi de tests statistiques permettra de choisir celle qui sera jugée la mieux compatible avec les résultats observés.
Les sujets, lors des répétitions nécessitées par un éventuel
apprentissage, n'auront pas plus de facilité que l'expérimentateur pour décider
si la coïncidence de l'information connue de E et celle devinée par R est un
succès légitime ou simplement attribuable à la chance. La condition d'un réel
apprentissage sera probablement que, dès le départ, il y ait
"suffisamment" de succès réels pour que ceux ci ne soient pas trop
minoritaires par rapport aux simples coïncidences.
Pour cette étude, nous avons mis au point un appareillage
simple (fig.1) qui permet à deux protagonistes d'être
informés des coïncidences à chaque essai de transmission d'une information,
sans avoir à communiquer par la vue ou la parole.

Différentes versions de cet appareillage ont été utilisées.
Certaines d'entre elles comportent un générateur aléatoire (conçu et réalisé
par Bernard Thourel,
de l’ONERA-CERT) qui désigne à l'Emetteur l'information à émettre. Une autre
version, a été réalisée par deux élèves de Pierre Csillag : Patricia
Planson et Georges Morales. Ce dernier système comportait un micro-ordinateur
et permettait de gérer des expériences de précognition.
Toutes les versions fonctionnent selon le même principe que
la plus simple d’entre elles. L'appareillage le plus simple (fig.
1), très facile à construire, ne comporte pas d'électronique. Il s'agit de
deux postes (1 & 2) munis chacun d'une ampoule courante (6 & 8).
Chacune de ces ampoules est, d'une part reliée au secteur (7), et d'autre part
connectée à un interrupteur qui peut la mettre en continuité avec un parmi cinq
fils qui vont de l'un à l'autre poste (5).
Chacun de ces fils est associé à l’une des informations
susceptibles d’être transmises. E, informé de l’information qu’il doit envoyer,
place son interrupteur sur la position pi correspondante. Si, à son
tour, R place son propre interrupteur sur la position de même nom pi,
le circuit est fermé et les deux ampoules s’allument. Dans le cas contraire (R
joue pj), rien ne se passe.
On utilise un paquet de 60 cartes composé de cinq ensembles
de douze cartes identiques portant un des cinq mots suivant (choisis par
le sujet récepteur conformément aux travaux du Dr Barry)
"bébé, gloire, amour, dieu, mort".
Dans cette première expérience, le tirage ne comportait pas
de remise dans le paquet, ce qui présente un inconvénient sur le plan de la
simplicité du modèle stochastique; mais cet inconvénient n'obère pas les
résultats positifs ou négatifs concernant un éventuel apprentissage et nous avons
pu le maitriser, comme nous le verrons plus loin. Nous avons effectué 230
essais de 15 tirages chacun, soit 3450 tirages.
Nous avons relevé le nombre des succès pour chaque essai de
15 tirages. La moyenne de réussite a été de 6/15 (contre 3/15, espérance
mathématique pour des réponses aléatoires ; nombre d’essais 230 x 15 =
3450 tirages).
Nous avons obtenu 1380 succès sur 3450 tirages. Si pour
chacun des tirages le récepteur avait choisi sa réponse au hasard parmi les
cinq possibles, le nombre attendu des succès aurait été de 690 (= 3450 /
5 ; Chi² = 862 ; p < 0,001).
Le résultat essentiel concerne la relation croissante
observée entre le rang de l’essai (de 1 à 230) et le nombre de succès pour
chaque essai. La corrélation est de r = 0,36 (Bravais-Pearson ;
p<0,001) : les résultats sont d’autant meilleurs que le numéro de
l’essai considéré est grand. Ceci milite en faveur d’un apprentissage !
Progression des succès en fonction du rang de l’essai |
|
|
|
Nombre d’essais : 230 Nombre
de tirages par essai : 15 Nb
moyen de succès par essai : 6 Ecart
type : 1.7 Dispersion :
27.8 Corrélation entre le nombre de succès et le rang de
l’essai : 0.36 P < 0.01 |
Figure 3 |
|
On voit immédiatement, dans la figure 3 qui donne la droite
de régression et d'après les informations sur cette droite, qu'il existe une
amélioration progressive des résultats qui ne saurait raisonnablement revenir à
un facteur aléatoire. La pente de la droite de régression est significativement
supérieure à la pente nulle. Si on prend les résultats mois par mois (sur les
quatre mois qu'a duré l'entraînement), le résultat est, bien entendu, similaire
...
Nous pouvons aussi lisser la courbe en donnant à chaque
point la valeur de la somme des quinze essais qui le précèdent (soit 15x15=225
tirages). Remarquons que d'un essai au suivant quatorze mesures sont communes :
on a abandonné un essai en amont et ajouté un essai en aval. L'avantage de ce
"lest" est de lisser fortement la courbe qui prend une allure
chaotique sinueuse[1]
dont on remarque l'allure ascendante très évidente au niveau graphique (fig.5).
Le coefficient de corrélation est ici, bien entendu, artificiellement augmenté.
L'analyse en composante principale montre que les résultats sont suffisamment
expliqués par deux axes dont le premier rend compte de 90,63 % de l'inertie. Il
montre un lien étroit entre la Valeur (par lissage) du succès et le rang de
l'essai.
|
|
||||||||||
|
|
|
|
|
|
On peut poser la question de la validité des résultats
précédents en raison de l'application de méthodes d'étude quantitative et de
régression linéaire pour des faits qui, à la base, sont notés selon une simple
dichotomie : succès versus échec.
Nous avons donc effectué aussi une analyse qualitative.
Tout d'abord, nous regroupons les 230 essais en classes de cinq : nous obtenons
46 classes. Nous pouvons alors établir le tableau de contingence du nombre de
succès en fonction du rang (sur 46). Un test du Khi2 nous informe alors que ce
tableau n'est pas aléatoire et confirme qu'il y a d'autant plus de succès que
le rang du groupe des essais est important.
Nous pouvons aussi regrouper les rangs en trois classes et
les succès en trois classes : le tableau de contingence est très clair et
l'étude du Khi2 confirme l'amélioration du succès avec le nombre des essais
(p<0.01).
Succès en fonction du rang |
||||
|
|
Essais du début |
Essais du milieu |
Essais de la fin |
Total ligne |
|
+++ |
8 |
8 |
26 |
42 |
|
++ |
43 |
53 |
49 |
145 |
|
+ |
24 |
14 |
5 |
43 |
|
Total colonne |
75 |
75 |
80 |
230 |
Test KHI² du tableau précédent |
||||
|
|
Essais du début |
Essais du milieu |
Essais de la fin |
Total ligne |
|
+++ |
2.37 |
2.37 |
8.88 |
13.62 |
|
++ |
0.39 |
0.69 |
0.04 |
1.12 |
|
+ |
7.10 |
0.00 |
6.63 |
13.73 |
|
Total colonne |
9.86 |
3.06 |
15.55 |
28.47 |
Probabilité de l’hypothèse d’indépendance p < 0.01 |
||||
Nous avons aussi pris en considération, lorsqu'elle est
connue, l'heure de l'essai : nous n'obtenons pas de différence significative
entre le début et la fin de la journée...
|
|
Certains travaux indiquent qu'il existerait un effet relaxant
de l'ionisation négative de l'air. D'autres travaux font état de l'effet
positif de la relaxation sur les performances psi. Nous avons donc utilisé
un ionisateur du commerce, à partir du 143° essai et jusqu'à l'obtention
d'une conclusion statistique, une fois sur deux (jours pairs / jours
impairs) (analyse séquentielle à
ci-contre). La comparaison des résultats ne permet pas de supposer qu'il
y aurait une amélioration ou une détérioration des résultats sous l'influence
de l'ionisation de l'air (Chi² d’indépendance non significatif au seuil
de 0,05). |
Les essais étaient structurés de la façon suivante :
généralement, on effectuait quatre essais successifs, comportant chacun quinze
tentatives de deviner une cible. Cette dernière était donnée à l’émetteur par
tirage dans un paquet composé, au départ, de soixante cartes bien mélangées.
Les protagonistes pouvaient arrêter la session après quinze, trente,
quarante-cinq ou soixante tirages. C’est, le plus souvent, au bout de soixante
tirages qu’ils le faisaient. Chaque série de quinze tirages était
numérotée :
1. essai
1 à de la première
à la quinzième carte tirée
2. essai
2 à de la seizième
à la trentième carte tirée
3. essai
3 à de la trente
et unième à la quarante-cinquième carte tirée
4. essai
4 à de la
quarante-sixième à la soixantième carte tirée.
Nous avons tenté de vérifier si notre protocole de tirage
sans remise avait un effet favorisant le succès sur les derniers coups,
c'est à dire en fonction du rang de l'essai par séries de quatre essais (ou
moins) dont les quinze coups étaient tirés successivement sans remise dans le
paquet de soixante cartes. Nous trouvons que le test de la pente nulle est
acceptable. Nous admettrons donc que ce n'est pas par une connaissance
progressive du paquet que le succès est acquis.
Nous avons cherché à partir de combien d'essais la droite
de régression présentait une pente significativement différente de
l'horizontale. Nous obtenons cela à partir du 42° essai. On a alors :
r = 0,43 ;
p < 0.005.
Ce dernier point doit être d'autant plus pris en considération
que par la suite (aux alentours du 142° essai), nous avons relâché quelque
peu le protocole et cédé à la tentation de travailler parfois dans la même
pièce : ce qui fait craindre l'utilisation plus ou moins consciente d'une
forme quelconque de cumberlandisme
[2]
par le récepteur. A notre décharge, le fait que nous revenions fréquemment
à des essais satisfaisant mieux le protocole et qui ne semblaient pas donner
des résultats inférieurs... (mais ceci sans en tenir un compte précis).
Les résultats durant la période la plus "fiable"
de notre recherche ne semblent pas beaucoup différer dans leur résultat de
la période moins "fiable" qui lui a succédé. La corrélation entre
rang et nombre de succès est non significative (au seuil p < 0,05) pour
les essais allant de 143 à 230 (r = 0,0761) et, plus précisément, comme nous
l’avons vérifié à partir de l’essai 117 (r = 0,18 ; ns pour p<0,01).
De fait, si nous effectuons la droite de régression à partir du 143° essai
et jusqu'à la fin, nous n'obtenons pas de pente significative; il en va de
même en incluant les essais précédents et ce jusqu'au 117° inclus. C'est dire
qu'à partir du 117° essai nous atteignons peut-être le plateau qui couronne
généralement la courbe en S, caractéristique de tout apprentissage. Nous pouvons
également conclure qu'un éventuel cumberlandisme
n'a pas ajouté grand chose au succès "psi" auquel il se serait substitué...
Un
essai d'apprentissage, avec deux autres sujets, ayant suscité notre étonnement
par le fait que le récepteur se permettait d'enficher son interrupteur avant
que l'émetteur n'ait tiré au sort l'information à transmettre, nous fumes amenés à tenter un essai de précognition
entre les deux sujets ayant fait l'objet des expériences ci dessus. Les
résultats (3.3 succès sur 15 essais en moyenne) nous ayant paru peu probant et
le récepteur étant très réticent à poursuivre selon un tel protocole, nous
n'avons pas réalisé plus de dix essais (soit 150 tirages).
Si
nous tentons de vérifier, dans ce cas, l'existence d'un éventuel
apprentissage de la précognition, nous sommes largement déçus puisque, non
seulement la pente de la droite de régression n'est pas croissante mais qu'au
contraire, elle est significativement (p < 0.01) décroissante (r = -
0.74 ; fig. 18) ! Comme si la réticence et les préventions du récepteur à
l'égard du phénomène de précognition le conduisaient à apprendre - et très
rapidement par rapport à l'apprentissage de la télépathie qui avait précédé -
le "psi-missing" : comme s'il s'agissait pour lui d'éviter la cible,
de s'arranger de mieux en mieux pour ne pas trouver !
| |
Informations
Nb de points : 10
Rang quantitativisé
(Rang)
Minimum
: 1
Maximum:
10
Moyenne
: 6.6
Ecart-type
: 2.9
Dispersion
: 62.2
nombre
de succès (sur 15) (succ)
Minimum
: 1
Maximum:
6
Moyenne
: 3.3
Ecart-type
: 1.6
Dispersion
: 46.04
Corrélation
: - 0.74
succ = -0.38 x Rg + 6.4
Test de l'hypothèse Pente nulle
: Refusée
(95 %)
Les 42 premiers essais de 15 tirages, comme nous l'avons vu,
donnent par contre une pente croissante significative. C'est dire que nous
pouvons déjà, pour ce couple de sujets, à l'époque de cette expérience, retenir
l'évidence d'un apprentissage après 630 tentatives de deviner une information,
en utilisant notre appareil. En y consacrant 3/4 d'heures par jour, cela a
nécessité seulement d'y être assidu pendant dix à quinze jours...
Nous souhaitons vérifier sur d'autres couples de sujets que
ce résultat n'est pas exceptionnel. Nous pouvons prêter notre matériel à des
couples qui s'engageraient à leur tour dans cette recherche et selon notre
protocole légèrement modifié pour accroître sa pertinence statistique[3].
le
20 février 94
Dans l'étude
précédente, nous avons constaté que sous couvert du protocole que nous avons
décrit, nous pouvions raisonnablement retenir l'hypothèse de l'existence d'un
apprentissage permettant au sujet N de recevoir de mieux en mieux et jusqu'à un
certain plateau, une des cinq informations tirées au sort par le sujet B.
Nous avons essayé de
produire le même effet en sens inverse. Le sujet B devant alors deviner ce que
le sujet N tire au sort.
Nous avons par
ailleurs modifié le protocole
sous trois aspects
1)
Nous utilisons des billes de couleur, au lieu de
cartes portant des mots, pour le tirage au sort. L'information à deviner n'est
plus un mot puisé dans une liste de cinq mots choisis par le
"récepteur", mais une couleur parmi cinq couleurs (Bleu, Vert, Rouge,
Jaune, Mauve).
2)
La bille tirée est remise dans le sac et
mélangée après chaque tirage.
3)
Lorsque l'information n'est pas devinée, le
récepteur est invité à faire un nouvel essai et ceci jusqu'à ce qu'il trouve.
L'idée de ce protocole est de "forcer" en quelque sorte
l'apprentissage : on ne peut aller au coup suivant qu'après avoir atteint la
cible, fut ce au cinquième essai ... Cependant, on ne retient comme
résultat pertinent du coup que le premier essai (réussi ou échoué).
Expérience
: 2370 tirages ont été effectués. Généralement à raison de 60 par jour (il a
donc fallu, environ, 40 à 50 jours).
|
Nanou à Bernard |
|||||
|
|
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
474 |
457 |
2370 |
||
|
moyenne |
3 |
2.89 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 17.16 |
19.28 |
< 21.40 |
|
|
KHI² |
|
0.76 |
|||
|
P < |
|
ns |
|||
|
|
|
|
|
|
|
L'ensemble de cette
étude semble interdire toute conclusion autre que de disqualifier l'hypothèse
selon laquelle un entraînement relativement bref utilisant comme
"message" les couleurs aurait nécessairement un effet
d'apprentissage. Cet effet ici n'apparaît pas !
Il
est possible que le fait de négliger les conclusions de Barry selon lesquelles
le set des messages doit être choisi par le récepteur ait eu un effet
négatif...
Le
fait que les résultats au départ étaient apparemment aléatoires conditionne peut être
la difficulté d'un apprentissage. Ce dernier ne peut être opérant qu'en
renforçant des succès réels, même s'ils sont mêlés à des succès par coincidence.
Si le récepteur ne réussit spontanément jamais, ou presque, à atteindre la
cible, il n'est renforcé que pour des coups où il a eu simplement "de la
chance" ; on comprend que cela ne puisse le mener bien loin... Autrement
dit, pour obtenir un apprentissage, il faudrait avoir un minimum de capacité
spontanée au départ.
Pour
vérifier si le phénomène d' "apprentissage" que nous avions mis en
évidence (Bernard à
Nanou) était vérifiable chez d'autres sujets, nous avons proposé ce type
d'expérience autour de nous et avons pu obtenir la patiente et courageuse
collaboration de certains de nos proches, trop peu nombreux hélas !
Les résultats obtenus
par le récepteur Pierre avec sa Grand Mère Claire se sont très vite montrés
encourageants.
Le protocole adopté
utilisait les deux "boitiers à lampes". que nous avions déjà employés
dans les premiers essais. L'aspect en avait été amélioré : par exemple un
anneau de couleur entourait chacun des jacks femelles qui constituaient les
interrupteurs (fermés seulement lorsqu'on y enfonçait un jack mâle approprié).
Le tirage au sort se
faisait avec remise : l'émetteur Claire plongeait sa main dans un sac de bille
les mélangeait, retirait une bille, regardait sa couleur et enclenchait
l'interrupteur coloré correspondant[4].
Dans
une autre pièce, Pierre devait tenter de deviner la couleur en question et enclencher
un des interrupteurs colorés sur son propre boitier. Si la réponse était de
même nature que le tirage effectué par l'émetteur, le circuit électrique se
trouvait fermé et chacun des deux joueurs jouissait de l'illumination de la
lampe bulbe opale surmontant son appareil.
Les
résultats furent les suivant :
|
Protocole Télépathie |
Claire à Pierre |
|
|
Succès |
Tirages |
|
|
Nombre |
91 |
240 |
|
moyenne |
5,69 |
15 |
|
écart-type |
2,37 |
0 |
|
% |
38 |
|
|
KHI² |
48,15 |
|
|
p < |
0,0005 |
|
Se rendant compte d’une attitude de précognition de la part de Pierre, on décide ensuite d’utiliser le protocole de précognition pour les essais ultérieurs lorsque Claire émet et Pierre reçoit. C’est à dire qu’on demande à Pierre de répondre avant que Claire n’ait tiré au sort l’information qu’il doit capter.
|
Protocole Précognition |
Claire à Pierre |
|||
|
Succès |
Tirages |
|||
|
Nombre |
781 |
1860 |
||
|
Moyenne |
6.3 |
15 |
||
|
écart-type |
1.28 |
0 |
||
|
% |
> 39.6 |
41.99 |
< 44.4 |
|
|
KHI² |
562.1 |
|||
|
p < |
0,0005 |
|||
Le
protocole de télépathie a été réalisé dans les tentatives suivantes :
|
Pierre à Claire |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès
attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
14 |
18 |
75 |
||
|
Moyenne |
3 |
3.6 |
|
||
|
Ecart-type |
|
1.64 |
|
||
|
% |
20 |
12.08 |
24 |
35.92 |
|
|
KHI² |
|
0.75 |
|||
|
P < |
|
ns |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Claire à Eloi |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
14 |
12 |
70 |
||
|
Ecart-type |
|
0.75 |
|
||
|
% |
20 |
> 4.81 |
17.14 |
< 29.48 |
|
|
KHI² |
|
0.36 |
|||
|
P < |
|
ns |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Eloi à Claire |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
21 |
13 |
105 |
||
|
Ecart-type |
|
1.11 |
|
||
|
% |
20 |
> 2.31 |
12.38 |
< 22.45 |
|
|
KHI² |
|
3.81 |
|||
|
P < |
|
0.10 |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Eloi à Pierre |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
6 |
3 |
30 |
||
|
Moyenne |
3 |
1.5 |
|
||
|
% |
20 |
> 0 |
10 |
< 28.84 |
|
|
KHI² |
|
1.88 |
|||
|
P < |
|
ns |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Claude à Chantal |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
51 |
116 |
255 |
||
|
Moyenne |
3 |
6.82 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 39.03 |
45.49 % |
< 51.95 |
|
|
KHI² |
|
103.55 |
|||
|
P < |
|
0.0005 |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Chantal à Claude |
|||||
|
Protocole télépathie |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
54 |
63 |
270 |
||
|
moyenne |
3 |
3.5 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 17.05 |
23.33 % |
< 29.61 |
|
|
KHI² |
|
1.88 |
|||
|
P < |
|
ns |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Protocole Précognition |
Chantal à Claude |
||||
|
Succès attendu |
Succès |
Tirages |
|||
|
Nombre |
12 |
14 |
60 |
||
|
Moyenne |
3 |
3.5 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 10.01 |
23.33 |
< 36.66 |
|
|
KHI² |
0.42 |
||||
|
p < |
ns |
||||
|
Protocole Précognition |
Claude à Chantal |
||||
|
Succès attendu |
Succès |
Tirages |
|||
|
Nombre |
12 |
14 |
60 |
||
|
Moyenne |
3 |
3.5 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 10.01 |
23.33 |
< 36.66 |
|
|
KHI² |
0.42 |
||||
|
p < |
ns |
||||
|
Luc à Sidonie |
|||||
|
Protocole télépathie (mots protocole Barry) |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
||
|
Nombre |
12 |
20 |
60 |
||
|
moyenne |
3 |
5 |
15 |
||
|
% |
20 |
> 20.01 |
33.33 % |
< 46.66 |
|
|
KHI² |
|
6.67 |
|||
|
P < |
|
0.01 |
|||
|
|
|
|
|
|
|
|
Sidonie à Luc |
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Protocole télépathie (mots protocole Barry) |
Succès attendus |
Succès |
Tirages |
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Nombre |
12 |
18 |
60 |
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moyenne |
3 |
4.5 |
15 |
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% |
20 |
> 16.68 |
30 % |
< 43.32 |
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KHI² |
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3.75 |
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P < |
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0.10 |
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Dans l'expérience
suivante on utilisait un paquet de 60 cartes à jouer blanches sur lesquelles
avaient été écrits 5 messages, dont chacun était répété 12 fois (12 cartes pour
chacun des messages).
Le protocole
consistait à éloigner soigneusement les appareils dans deux pièces différentes.
Le choix du message à émettre se faisait par tirage au sort dans le paquet,
soigneusement mélangé avant chaque tirage, avec remise dans le paquet de la
carte après chaque tirage.
On jouait 15 coups
pour lesquels Monique était "émettrice" et Françoise
"réceptrice", puis 15 coups où les rôles étaient inversés, et ainsi
de suite.
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Monique à Françoise |
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Succès |
Tirages |
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Nombre |
403 |
1635 |
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Moyenne |
3.7 |
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écart-type |
1.5 |
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|
% |
> 22.10 |
24.65 |
< 27.20 |
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KHI² |
22.08 |
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p < |
0.0005 |
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Y a-t-il
apprentissage ? Nous avons recherché
si la pente de la droite de régression était croissante... elle ne l’est que
très faiblement, de manière non significative. Nous considérerons donc que,
dans ce cas, il n'y a pas eu apprentissage ou que, si c'était le cas, nous
serions dans la partie quasi horizontale débutant la courbe en S,
caractéristique d'un tel phénomène !
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Françoise à Monique |
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Succès |
Tirages |
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Nombre |
346 |
1620 |
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Moyenne |
3.2 |
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|
écart-type |
1.5 |
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|
% |
> 18.79 |
21.36 |
< 23.92 |
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KHI² |
1.87 |
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p < |
ns |
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Y a-t-il
apprentissage ? Dans ce cas, la droite de régression ne
peut être assimilée à une horizontale (r = 0.1720 ; p < 0.01 ).
Devant ce résultat faible mais pourtant « significatif », nous devons
rejeter l'hypothèse que les résultats seraient totalement indépendants du rang
de l'essai.
L'étude du tableau de
contingence (les observations sont réparties en 3 classes de succès et quatre
classes de rang) et du Khi2 va dans le même sens. Au seuil p < 0.05 il n'y a
pas indépendance entre le rang de l'essai et le résultat de cet essai. Les
succès sont plus importants au cours des derniers essais que lors des essais de
début. Nous pouvons dès lors considérer qu'il y a peut-être eu, dans ce cas un
phénomène d’apprentissage.
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TELEPATHIE PROTOCOLE pour deux PERSONNES |
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MATERIEL : deux appareils
a) l'appareil émetteur A, muni d'une lampe possède
5 trous et 5 petits voyants. Au dessus de chaque trou se trouve le mot choisi
par le récepteur et qui se trouve dans le jeu des 60 cartes.
b) l'appareil récepteur B, muni d'une lampe possède
5 trous. Un cordon le relie à la prise de courant.
c) A et B sont également reliés entre eux par
un long cordon aux deux bouts duquel se trouve un connecteur multiprises d) 1 jeu de 60 cartes (12 fois les 5 mots du
1er récepteur)
e) 1 deuxième jeu de 60 cartes (12 fois les 5
mots du 2ème récepteur).
f) A dispose d’un PLOT. B également
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A et B se trouvent dans deux pièces : pièce
A et pièce B. Les locaux sont SILENCIEUX.
A et B doivent observer un très grand silence
pendant toute l'épreuve et se "vider" de toute préoccupation
extérieure.
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ler JOUR
A : bat les cartes de B. Chaque fois qu’il fait
une nouvelle proposition il prend soin de battre les castes. A en prend une au hasard et enfiche son plot
dans le trou affecté au mot correspondant. A donne le signal à B en tapant avec un objet.
Et toujours de la même façon !
B : répond sans trop réfléchir à A en enfichant
son PLOT dans le trou correspondant au mot qu'il croit que A lui émet.
SI LA REPONSE EST BONNE LES GROSSES LAMPES DE
A et B S'ALLUMERONT.
A mettra une CROIX ENTOUREE D'UN CERCLE dans
la partie émetteur et dans la partie récepteur sur une feuille prévue
à cet effet.
Si la réponse n'est pas la même A mettra une
CROIX seulement des deux côtés
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2ème JOUR
B demeure B au départ de l'épreuve et devient
A au 60 essais suivants. ETC .... pour les jours suivant.
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Auriol
B. "Télépathie": Brevet
d'invention N°74.26202 du 26.07.74
Int.Cl.²:H04 B13/00;A61 B5/16;A63 F9/18
Dr
Barry Journal d'un parapsychologue
Publications Premières, 1971
Lignon
Y. Parapsychologie, Eché éd.,1988
Planson
P. Gestion d'expériences para-psychologiques
Morales
G. 3° En, 1980-1981, Toulouse N7 (ENSEEIHT)
Tart C. Learning
to use Extra Sensory Perception
The
University of Chicago Press, 1976.
ABSTRACT
_______
We assume parapsychological
phenomenons are parapsychological skills and can grow by learning. In our
trial, several couples of people used a simple device : two stations designed
in such a way that each of the players was rewarded for each successfull transmission
between them (Auriol B.: "Télépathie": Brevet d'invention N°74.26202
du 26.07.74; Int.Cl.²:H04 B13/00;A61 B5/16;A63 F9/18). The transmitter switched
on the interrupter corresponding to an information (randomly chosen among
five). The receiver did the same in an other room. When the interrupters were
identical (corresponding to the same information), each player is rewarded
by lighting of a lamp up. Nothing happens otherwise... We performed numerous
strokes and had observed a progressive and statistically significative improvement
in term of success when the first series were "good"... If the first
tries were "bad", we could not observe any improvement by repetition...

28 Novembre 2004
[1]Il s'agit peut-être de fluctuations de la motivation faisant alterner lassitude et rebondissements de l'intérêt...
[2] divination par signes non-verbaux.
[3] S'adresser à Dr Auriol, 5 Impasse Blanchard, 31400, Toulouse (tél 05 61 25 26 27).
[4] de nombreux téléspectateurs virent ces boitiers avec leurs lampes et le petit sac de bille, lors des essais parfaitement corrects, honnêtes et infructueux présentés à la télévision par Yves et Christine Lignon en présence du Neurologue Marseillais Pr Gastaut. J’ai regretté à cette occasion, de n’avoir pas été consulté, ni cité, ni qu’on m’ait demandé de proposer des sujets mieux entraînés…