La Parapsychologie aura-t-elle le temps ?

(de la précognition des futuribles)

Dr Bernard Auriol

 

 

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"Vous avez l'heure,
nous avons le temps
"
parole d'un touareg à un français


« Quand on ne me le demande pas, je sais ce qu’est le temps ;
quand on me le demande, je ne le sais plus
»,
Saint Augustin in Confessions.

 

 

 

 

 

La flèche du temps

 

"Nous devons donc envisager l'état présent de l'univers, comme l'effet de
son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une
intelligence qui, pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont
la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent,
si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse,
embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de
l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et
l'avenir comme le passé, serait présent à ses yeux".

Laplace

Le sens commun nous dit que le temps, à la différence de l'espace ne s'étend que dans une seule direction : en avant ! Cependant, le langage laisse apercevoir le bout de l'oreille d'une autre perspective. Par exemple l'expression anglaise : " to turn the clock back" => remonter dans le temps, revenir en arrière (Chambers english-french dictionary)

Les événements spontanés dans la nature tendent à aller de l'ordre vers le désordre, ce qui semble aller à un renforcement de cette opinion. Par exemple un œuf peut tomber de la table et se briser sur le sol, mais on n'observe jamais l'inverse : les œufs ne se « décassent » pas, ne remontent pas sur la table ! On peut dire la même chose, tout en évitant la notion très anthropomorphique d'ordre, en parlant plutôt de "complexité" comme le fait par exemple Edgar Morin ("un oeuf cassé est plus complexe qu'un oeuf rond ! ", Jean Cattoire). La physique a créé un terme plus précis : l'entropie. Elle augmente toujours !

Temps immobile

Certains philosophes grecs ont cru que le temps est une pure illusion et que la réalité se borne à être ce qu'elle est, sans mouvement ni changement. C'est aussi le point de vue de certains mystiques : ils tentent de considérer les événements "sub specie aeternitatis", du point de vue de l'éternité, du point de vue de l'Eternel, c'est à dire en s'extrayant du temps et en le considérant avec un recul. Comme le rappelle Fédor Dostoïevski (Les Possédés, 1872) : "Dans l'Apocalypse, l'Ange jure que le temps n'existera plus"

On peut rapprocher cette attitude spirituelle (voir les choses du point de vue de l'éternité, et par là hors du temps) de certains témoignages de personnes ayant vécu une NDE (état de conscience lié à un risque vital). Dans les états de conscience modifiée (veille paradoxale), le vécu de conscience sans contenu va de pair avec une absence au temps et à l'espace. Cependant, l'absence n'est pas telle qu'elle détruise l'évaluation de la durée, notamment dans sa dimension sociale. C'est dire que le mariage mystique ne soustrait aucunement le sujet à son obligation éventuelle de sonner la cloche du monastère à l'heure dite s'il en a la charge. De fait la pratique de la méditation, y compris dans ses aspects très épurés, s'accompagne généralement d'un retour à la vie active au moment convenable. Typiquement, si la personne a coutume de méditer vingt ou trente minutes, elle ouvre les yeux au bout de vingt ou trente minutes, à la seconde près. Ceci avec certaines exceptions comme Ramakrishna qui restait ravi durant plusieurs jours ou en raison de stress particuliers.


 

Temps Réversible.

"En ce qui concerne les systèmes dits « microscopiques »
qui comportent un nombre relativement restreint de composants,
une définition plus pratique est de dire qu'un processus est réversible
si le même processus déroulé à l'envers peut également survenir dans ce système".

C'est le cas de processus tels que les collisions de boules de billard idéales, où le renversement du temps correspondrait à un renversement des vélocités de telle sorte que les boules retraceraient leur propre chemin en sens inverse. Les collisions entre molécules et atomes apparaissent invariant par renversement du temps, et dans ce sens, les lois gouvernant la microphysique sont réversibles ! Les lois de l'électro-magnétisme restent valables en inversant la flèche du temps : les équations de Maxwell ne disent rien de la direction du temps. Ce n'est pas pertinent. Les équations sont valides que les ondes arrivent après ou avant qu'elles ne soient émises.

Les lois naturelles gouvernant les processus les plus élémentaires sont invariantes si on renverse la flèche du temps; cependant nous n'observons pas une telle réversibilité dans les phénomènes macroscopiques de la nature ! Ceci résulte de la complexité des systèmes macroscopiques qui contiennent beaucoup de particules. Considérons, par exemple une enceinte divisée en deux parties étanches dont l'une contient de l'air alors que l'autre est vide. Si la cloison est supprimée, l'air emplira les deux compartiments de l'enceinte. Pour obtenir un retour à l'état où un seul compartiment contenait l'air, il faudrait que la vélocité de chacune des particules soit inversée, ce qui bien entendu est une tâche invraisemblable. Il est tout à fait improbable qu'un mouvement correspondant à un renversement local du temps puisse y survenir. Les systèmes complexes empruntent généralement un chemin de leurs transformations qui aboutissent à un état plus probable que leur état antérieur. On dit qu'il y a augmentation de l'entropie du système !

Temps flouté à l'échelle quantique ? (fuzzy time)

 

Implication physique d’un parcours temporel rétrograde

Une façon de rendre compte d’un parcours temporel rétrograde, est d'imaginer  le temps  comme un continuum tel qu’il n’ait pas de caractéristique très particulière par rapport  aux dimensions spatiales. Si tel était le cas (prévu par la Relativité Générale), nous pourrions observer, à un instant, au moins un événement ou un objet qui serait contemporain de lui -même sous une autre forme... Pour être caricatural, et en acceptant une machine de SF en provenance du futur, les particules matérielles utilisées lors de sa construction se trouveraient en double exemplaire au moment de son usage pour explorer le passé... De même, les molécules constitutives de l’œil de son passager, pourraient servir à regarder ces mêmes molécules appartenant, par exemple, à telle plante au moment de l'observation... On voit à quelles difficultés on s'expose !

einstein, photo wikipedia

Albert Einstein (1947, wp)

Cependant, d'un point de vue purement formel,
l'acceptation de la Théorie de la Relativité d'Einstein,
implique la possibilité de voyager du futur vers le passé.

 

 

 

 

C'est au moins ce qu'a démontré son ami,
le grand mathématicien Kurt Gödel.

Kurt Gödel

Les Trous de ver

Ils constituent un chemin dans l'espace temps qui permettrait de rejoindre un point arbitraire de l'espace temps, à condition de pouvoir créer une forme de "matière exotique" aux caractéristiques paradoxales (par exemple la gravité s'exercerait de manière opposée sur cette matière, elle surgirait d'une fluctuation du vide quantique qui correspondrait à une énergie négative, etc). L'usage de ces chemins dans l'espace temps laisse intacts les paradoxes engendrés par toutes les formes de voyage dans le temps (par exemple empécher ses parents de se rencontrer aboutissant ainsi à empécher sa propre existence, etc.). On trouvera des réflexions intéressantes à ce sujet dans un extrait de Nature, traduit en français. Cette notion de "trou de ver" impliquant la possibilité du "voyage temporel" est assez irritante (cf. Pour un espace-temps fractal").

 

Science-Fiction

Si on suppose la construction d'Ovnis de cette sorte à différentes époques, on est amené à considérer la possibilité d'une multiplication indéfinie de la présence en un instant donné, du même exemplaire de la même réalité matérielle... Cette théorie est celle des « univers parallèles » qui seraient une infinité tels que, dans notre hypothèse, on puisse voyager de l'un à l'autre...

Le voyage dans le temps est un des sujets favoris de la science-fiction. Certains de ceux qui se préoccupent d'Ovnis pensent qu'ils pourraient être la manifestation d'une maîtrise future du voyage dans le temps. Si ce dernier devait un jour devenir possible, il est probable que nous en aurions d'ores et déjà connaissance, puisque l'histoire du passé témoignerait de ces excursions à point de départ futur. A moins qu'on ne prétende que pour des raisons inconnues, les voyageurs du temps s'obligeraient de toutes les manières à éviter de nous contacter et de nous en parler, sauf accident.

Dans la même logique de SF, on pourrait dire que l'une de raisons inconnues pourrait être le fait qu'une rencontre pourrait mener à une modification du futur non profitable à ces visiteurs du futur...( comme on le voit souvent dans des romans de ce type ). Ceci en supposant qu'il y a plusieurs futurs (théorie des univers parallèles que, personnellement, je récuse au nom du rasoir d'Occam)

 

Percolation du temps ?

Redisons, sans précautions philosophiques, ce que Kant déroule comme un axiome : « le temps n'a qu'une dimension; des temps différents ne sont pas simultanés mais successifs (tandis que des espaces différents ne sont pas successifs mais simultanés) ! ( ... ) Voilà ce qu'enseigne l'observation générale ». « Ce n'est que dans le temps, c'est à dire successivement, que deux modes contradictoirement opposés peuvent convenir à une même chose. »

Et c'est d'un point de vue très différent (celui d'un historien non conformiste des sciences) que Michel Serres est amené, après d'autres, à refuser la linéarité du temps, au profit d'un temps à deux ou plus de dimensions et tel que son cours ne soit celui du fleuve qu'à la condition de n'en point négliger les remous !

Une causalité efficiente à deux sens ?

La ou les causes ?

Je ne ferai pas ici de longues considérations sur les différents types aristotélico­thomistes de la notion de cause, rappelons seulement qu'on distingue quatre causes : la cause matérielle, la cause formelle, la cause finale et la cause efficiente. C'est généralement cette dernière qui est prise en considération lorsque nous parlons de cause dans le cadre des lois de la physique ou de la physiologie. On désigne par là ce qui rend compte qu'un phénomène en produise un autre.

 

Succession temporelle et succession logique

L'expérience quotidienne nous rend difficile de dissocier la succession temporelle de la succession logique; quand nous disons, par exemple, que « A implique B » ou que « X entraîne Y », il nous paraît aussitôt que A précède B, que X se déroule avant Y dans le temps, aussi petit que nous imaginions ce temps. Or il est clair qu'il s'agit de précession purement logique, qui n'implique pas réellement le temps ! Ceci nous devient tout à fait sensible lorsque nous envisageons la double implication qui constitue la relation d'équivalence : (A <=>B).

Une causalité antichronique ?

{(Synonymes => causalité inverse (reverse-causation), causalité rétrograde (backward-causation, retro-causation)}

Si nous faisons abstraction du préjugé que nous venons de signaler, il vient que la causalité efficiente ne comporte pas de nécessité particulière quant au sens du déroulement temporel. Nous pouvons alors, sinon imaginer, du moins concevoir, que cette causalité s'exerce aussi bien dans le sens de la flèche du temps qu'en sens inverse.

 

Ravaisson nous embrouille quelque peu lorsqu'il écrit : "En présence de l'unité si complexe des êtres organisés (...), au lieu d'en rester, pour l'explication des phénomènes, à une simple idée de cause efficiente (...) , nous arrivons maintenant à l'idée, plus pleine et plus rapprochée de notre expérience intérieure, d'une cause qui, dès le commencement de son opération, implique la fin comme but, d'une cause finale en même temps qu'efficiente, bien plus, efficiente par cela même qu'elle est finale (in F. Ravaisson, Rapport sur la philosophie en France au XIX° siècle, XXXVI, Bibliopolis 1998)"

Quand je parle d'une éventuelle « causalité antichronique », il ne s'agit plus de cela mais d'une causalité réellement efficiente, agissant sans faire appel à l'intervention nécessaire d'une représentation, qu'elle soit vitale, humaine ou divine. Si l'événement A survient, nous pouvons conclure que l'événement B "existera" également et qu'il est la conséquence effective de A, à ceci près que A se situe, dans le temps, après B. Je dis nous pouvons conclure, pour bien marquer le caractère logico-rationnel, déductif de ce type de causalité. Ce n'est pas qu'un être intelligent mette en oeuvre B pour obtenir A, c'est que si on constate A, on peut déduire l'existence de B dans le passé; ceci non parceque B aurait conduit obligatoirement à A, qui serait dès lors un indice de B, mais parcequ'un mécanisme nécessaire donnerait naissance à B sous la responsabilité logique de A.

Le congrès de l'AAAS (Association Américaine pour l'Avancement de la Science, qui publie la revue Science) tenu à San Diego (Californie, USA) du 20 au 22 Juin 2006, portait sur « Les frontières du temps : "Expériences et théories sur la causalité rétroactive", et était organisé par le physicien Daniel P. Sheehan. Celui-ci pensait que les parapsychologues avaient leur mot à dire sur les paradoxes temporels et sur les expériences ayant pour objet la causalité rétroactive (en particulier les expériences sur la rétro-PK et la précognition). Ce congrès a donc réuni plusieurs scientifiques, dont les membres de la Parapsychological Association, l'association de parapsychologues affiliée à l'AAAS depuis 1969. Parmi ceux qui ont pu s'exprimer, Harald Atmanspacher de l'IGPP (Freiburg, Allemagne), Richard Broughton de l'Université de Northampton (Angleterre), Dick Bierman de l'Université d'Amsterdam (Pays-Bas), Joop Houtkooper de l'Université de Giessen (Allemagne), Walter von Lucadou de la WGFP (Freiburg, Allemagne), Roger Nelson de l'Université de Princeton (USA) et Dean Radin de l'Institut for Noetic Sciences (USA). Cf aussi =>

conséquences du point de vue de la pensée naïve :

On peut considérer des événements E1et E2 qui, chacun pour son compte, auraient localement un seul et même effet EO.

On peut considérer un événement EO qui aurait deux effets futurs possibles (E1et E2) dont un seul se réalisera : et ceci sans que nous puissions appréhender une raison suffisante à la survenue de l'un plutôt que de l'autre. On parle alors de phénomène aléatoire dont l'existence nous est proposée par la mécanique quantique. (Il s'agit d'aléa "réel" et non de ce qui nous parait tel en raison de la conjonction contingente à nos yeux de deux séries causales nécessaires ou en raison de la complexité du processus mis en jeu, par exemple dans le chaos déterministe. Un tel "aléa réel" semble irrationnel comme Einstein l'a fait remarquer, alors même que nous devons exclure d'éventuelles variables cachées qui en rendraient compte. Il rend par ailleurs fragile le déterminisme absolu de Laplace)

 

Nous pouvons reconsidérer ce caractère aléatoire si nous prenons en considération une éventuelle causalité efficiente antichronique. Tout se passe alors comme si E1et E2 étaient des événements qui auraient localement, chacun pour son compte, un seul et même effet EO... C'est à dire qu'on est ramené au cas précédent, à un changement dans le sens de l'axe temporel près ! Le caractère aléatoire se perd alors pour ce phénomène si on admet que nous n'avons pas {il existe E1et E2} mais {il existe soit E1soit E2 }

 On utilise, en physique par exemple, le terme de prédiction pour signifier que l'expérience étant conduite selon certaines règles, on aboutira nécessairement à un certain résultat. Si l'expérience considérée concerne un effet du futur sur le présent ou du présent sur le passé, en formuler la prédiction, au sens épistémologique, signifiera connaître de manière systématiquement vérifiable que, dans une fenêtre temporelle déterminée, les effets du futur sur le passé ont bien lieu selon ce que la théorie préalable nous en annonçait...

 

Exclusion d'une éventuelle circularité causale

La causalité antichronique parait exclure certaines possibilités : par exemple EO causerait E1 qui causerait EO.

On pose que la notion de cause revient à une implication logique (on ne peut pas avoir à la fois "A vrai" et "B faux"), L'implication est une relation transitive : le nier aboutit en effet à une contradiction du type "B est à la fois vrai et faux".

Nous pouvons donc écrire que la proposition {EO cause E1 ET E1 cause EO} est équivalente à : {EO cause EO}

Cette circularité enlève toute substance à la notion de cause !

A moins qu'on ne se réfère à une "cause sans cause" qui se causerait elle-même n'étant relative à rien : c'est la "causa sui", ""a se". Les scolastiques en ont fait la "causa incausata", "moteur immobile", généralement appelé Dieu. Contre quoi s'insurge Nietzsche ("Au delà du bien et du mal", §21) : "la 'causa sui' est la meilleure contradiction interne qu'on ait jamais conçue, une sorte de viol et de monstre logique". Nous ne sommes pas contraints de suivre Nietzsche dans son indignation, mais si on admet l'existence d'un "Moteur Immobile", il est non seulement cause de soi, mais aussi de tout le reste comme l'ont montré Aristote et Saint Thomas d'Aquin.

 

La prédiction comme fausse précognition

 

Cette remarque pourrait alimenter la réflexion si ancienne déjà relativement aux prédictions qui ne peuvent être véritables qu'à condition de n'être pas crues : si les soldats sont certains de la Victoire avant le combat, ce dernier, pour des raisons psychologiques, aura toute probabilité d'être perdant ! De même les sondages électoraux, s'ils sont pris pour des prophéties véridiques peuvent engendrer de profondes surprises : pourquoi aller voter si le résultat est couru d'avance ! Il existe donc des prédictions anti-réalisatrices ou auto-destructrices (prédiction auto-destructrice : self-defeating prediction).

Dans la figure ci-contre, on observe une première trace qui vise un but prédit comme certain (vert). Cette attente agit en retour sur l'action du sujet : il juge inutile de poser l'action allant vers ce but, considéré comme acquis. Cette négligence engendre un résultat réel surprenant, et éventuellement dommageable (rouge). La sagesse populaire y va de son conseil "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué".

Ceci ne peut faire oublier l'effet inverse et très courant [prédiction auto-réalisatrice (self-fulfilling prediction)], qui met le sujet en condition d'assister à un effet annoncé en le produisant inconsciemment lui même : prédiction d'accident, de rencontre, de succès ou d'échec amoureux, de succès ou d'échec à un examen, etc. Citons cette voyante new-yorkaise qu'une télévision nous présenta comme capable de prédire les cours de la bourse. Les brokers suivaient ses annonces, entraînant les cours vers le haut ou vers le bas selon son dire. Ainsi devenait-elle de plus en plus fiable.

La psychanalyse et la psychologie de la suggestion (par exemple A.Binet, P.Janet, M. Chevreul) nous fournissent quantité d'exemples de ce type, que la prédiction soit d'origine externe ou construite par le sujet comme c'est le cas dans la "névrose de destinée".

Nous connaissons ainsi plusieurs faces au phénomène d'efficacité de la prédiction par rapport à ce qu'elle annonce :

    1. agir inconsciemment pour faire en sorte que la prédiction se réalise
    2. agir inconsciemment pour empêcher que la prédiction ne se réalise
    3. interpréter en faveur de la prédiction les événements qui lui ont succédé.
    4. interpréter en défaveur de la prédiction (pour la disqualifier) les événements qui lui ont succédé.

On peut bien entendu assister à des combinaisons variés de ces quatre mécanismes.

 

du point de vue de la physique ?

Nous ne partageons pas la pensée d'Abner Shimony lorsqu'il écrit


Les travaux de Nicolas Gisin, André Stefanov, Antoine Suarez et Hugo Zbinden (GAP-Optique - Groupe de Physique appliquée de l'Université de Genève) semblent tout à fait explicites quant à la possibilité théorique - et peut-être la nécessité - de prendre en compte une "backward causation", ou causalité efficiente antichronique, dans la mesure où leurs expériences ne peuvent recevoir une explication satisfaisante basée sur une simple "non-séparabilité" réelle alors qu'on observe une séparation spatiale (Bernard d'Espagnat). Toute forme d'Univers parallèles ou de "bilocation" me parait ressortir plus du miracle que de la science et faire bien plus injure à la raison qu'une causalité s'exerçant indépendamment ou à rebours du temps. Or il m'apparait que les expériences sur le paradoxe EPR supposent

    1. soit une bilocation ou un multilocation
    2. soit une disparition de la notion de cause efficiente au profit de simples corrélations
    3. soit la prise en compte de causalité efficiente rétrograde (antichronique) et antérograde (orthodromique : causalité au sens trivial). La prise en compte de ces deux types de causalité impliquant sans doute que puisse exister une causalité efficiente instantanée (telle que la cause et son effet n'aient au niveau temps aucun décalage)

Du point de vue de la mécanique quantique avec causalité antérograde (orthodromique), la détermination du phénomène n'est acquise qu'au moment de ce qu'il est convenu d'appeler le collapse de la fonction d'onde (ou réduction du paquet d'onde). Dans le cas de la précognition vraie, c'est à dire concernant un événement non déterministe qui serait connu avant sa survenue, cela signifie que le collapse est acquis au moment de la précognition et non au moment de l'événement lui-même. Si on prend en compte l'éventualité d'un effet de psycho-kinèse affectant un tel événement (aléatoire au sens antérograde), il se met à échapper de fait au formalisme de la mécanique quantique, en ce sens qu'il prend un caractère déterministe au sens classique, même si ce caractère est d'une nature qui était jusque là inconnue. On fait donc implicitement appel à un paramètre "caché" de nature psi. Est ce acceptable du point de vue de la théorie qui élimine explicitement de tels paramètres ?

Sinon et si la PK existe bien par rapport à de tels phénomènes, ne pourrait on envisager un effet de causalité antichronique, à condition de concevoir l'effet PK comme actif à l'égard de causes antichroniques postérieures à l'événement considéré. Mais de tels événements ne pourraient être eux-mêmes que de type contingent (aléatoire ou lié au libre arbitre)...

NB          je suis bien évidemment preneur de toute réflexion qui permettrait d'avancer sur ce point.

 

Théodicée et Théologie

De longue date, la pensée religieuse et théologique chrétienne, mais aussi (sous réserve d'exploration historique plus poussée) les autres mouvements religieux tels le polythéisme grec ou africain, l'hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme ou l'islam, se sont intéressés au temps et à une connaissance éventuelle du futur. Avec l'idée qu'il s'agit de possibilités divines auxquelles les humains ne peuvent prétendre que par effet miraculeux de la grâce. Nous examinerons cet aspect historique à l'adresse 'théologie et préscience"

du point de vue parapsychologique : Précognition

"Les extases sont des échappées hors du temps.
On ne sort du temps que par la vie intérieure"
Claire Auriol

Les physiciens examinent si les phénomènes d'intrication quantique peuvent ou non, permettre la transmission d'informations. S'ils ne le peuvent, pourrait être disqualifiée la prétention de baser les transmissions d'information GESP (télépathie, précognition) sur les phénomènes quantiques d'intrication. Resterait à savoir si on peut envisager que l'information d'un événement survenant au temps (t+dt) puisse avoir un effet sur son système d'appartenance, au temps (t) ?

Si la précognition est une information basée sur un événement futur, et pour autant que sa transmission ne soit pas trop déformée (la déformation touche massivement nos souvenirs, on ne voit pas comment nos "survenirs" y échapperaient !), elle constitue la prise en compte d'un événement existant, de nature perceptive dans sa source. Un tel événement est alors un fait, il se distingue d'une simple hypothèse, d'une simple prévision, basée sur la déduction, l'opinion, l'intuition psychologique ou la probabilité. En tant que "fait perceptif", sa perception et son "survenir" peuvent comporter des déformations, mais lui-même est intangible par définition.

On ne peut accepter l'idée selon laquelle, lorsqu'on a connaissance à l'avance de sa survenue, on pourrait agir sur lui, notamment pour l'empêcher. On est donc conduit à refuser la possibilité d'intervenir sur toute série causale qui le modifierait.

A titre d'exemple, si le chef de gare a la précognition [nous imaginons une situation où la précognition désignée ici ne se réduit pas à la simple conviction, chez le chef de gare, que se crainte d'une collision est une perception du futur et non une évocation de cette possibilité, fut elle très probable] que le train auquel il va donner le départ aura une collision avec un autre train, on ne peut logiquement accepter l'idée qu'il pourrait éviter la collision en prenant la décision de ne pas siffler le départ.

Le film "Back to the future", "Les Maîtres du temps" et avant les autres Herbert G, Wells (The Time Machine), ont tenté d'explorer les paradoxes liés à un voyage à travers le temps qui permettrait, revenant dans un certain passé, de modifier l'état présent...

On peut concevoir une expérience en pensée pour éprouver cette hypothèse : on utiliserait un dispositif tel que, lorsque les signes du pressentiment surviennent (modification de la ligne de base), soit affichée une image neutre plutôt qu'une image érotique ou stressante. Dans ces conditions, la ligne de base devrait rester stable !...

S'il en est bien ainsi, on comprend que cette éventuelle faculté ne se soit pas spécialement développée au cours de l'évolution; en effet elle semble inutile : les souris n'ont pas acquis l'instinct d'éviter d'actionner le piège qui les tuera.

Pas totalement peut-être, et on pourrait par quelque biais, donner un sens utile à la "prémonition", information sur le futur nous amenant à prendre certaines décisions qui autrement n'auraient pas été prises : on peut imaginer - à charge d'approfondir cette possibilité - que la précognition d'un événement permette de prendre une décision qui ne toucherait pas directement à cet événement mais à des conséquences dont il serait partiellement responsable.

Il s'agit d'envisager la possibilité d'action non sur l'événement lui même mais sur son environnement, ce qui le précède immédiatement ou lui est concomitant ou ce qui lui succède.

A titre d'exemple, si j'ai la précognition de la date de ma propre mort, je ne peux modifier cette date, mais je pourrais décider de rédiger mon testament avant cette date. La précognition est bien dans ce cas, une composante causale de la date de rédaction de mon testament; cependant le fait de rédiger mon testament à cette date et non plus tard ne modifie pas la date de ma mort.

Autre exemple : le sujet a l'image de la survenue inopinée, inattendue, imprévisible d'un camion débouchant à grande vitesse d'une propriété privée. Il imagine même la collision inévitable. Ecoutant bizarrement son intuition, il freine sur cette route droite et apparemment vide, comme si l'événement allait vraiment survenir. Il voit alors un camion surgir en effet. Son coup de frein préalable évite la collision. ce qui était précognition s'est mélé dans le "survenir" aux conséquences imaginées et quasiment inéluctables si la vitesse du sujet était restée constante. Il n'a aucunement modifié l'événement "préconnu" (le fait qu'un camion débouchera de manière à ce moment là) mais uniquement une conséquence grave que cela aurait pu avoir.

Ainsi, la précognition pourrait-elle quitter le domaine de l'irrationnel et devenir acceptable du point de vue d'un déterminisme scientifique élargi par prise en considération d'une causalité à double-voie (ortho-chronique et anti-chronique).

Réciproquement, le fait de la précognition parapsychologique, s'il est établi comme reproductible, c'est à dire comme un fait appartenant au champ scientifique, constitue un point d'appel qui rend moins gratuit notre effort de concevoir une causalité efficiente antichronique !

Actuellement, certains parapsychologues prétendent rencontrer des cas où l'homme, sans faire appel à un point d'appui religieux, seraient capables de prédire certains événements, mieux qu'on ne pourrait le faire au hasard, et alors même qu'il s'agirait d'actes contingents posés par des êtres libres (comme de battre un jeu et d'en extraire une carte déterminée sans usage des procédés de l'illusionnisme).

La précognition est définie par la parapsychologie comme une ESP (perception extra sensorielle) qui ferait fi du sens du temps : divination d'une pensée ou d'une perception à venir. De quelque façon qu'on s'y prenne, si la précognition existe, cela implique une sorte de parcours temporel à contre sens : soit que l'information vienne du futur vers le sujet, soit que ce dernier aille chercher cette information dans le temps à venir (puisque dans cette seconde éventualité, il doit en revenir !).

Dans les premiers temps de notre recherche, j'étais hostile à l'idée de précognition qui me semblait irrationnelle. C'est une observation fortuite qui m'amena à réviser ma position, faire des expériences pour en tester l'hypothèse et lire une partie de la littérature scientifique à ce sujet.

Je m'intéresse aussi à des cas spontanés comme celui de l'avion en Vicdessos, celle dupeintre Claude Wira, etc

Pressentiment

Looking ahead is difficult, especially when the future is concerned
Prévoir est difficile, surtout quand il s'agit de l'avenir !
(Dicton chinois)

 

La précession réactionnelle correspond à un phénomène surprenant : l'être humain agit parfois avant de savoir qu'il le fait, avant de l'avoir décidé ! C'est une réaction inconsciente dont la gestion est sous-corticale, obéissant à une peur (ou un désir ?) avant même de connaître l'objet de cette peur ou de ce désir. Un inconscient neuro-physiologique dont Freud lui-même n'avait pas rêvé ! Cependant, ceci n'a rien à voir avec la prémonition ou le pressentiment parapsychologiques.

Des travaux de psychologie expérimentale semblent montrer qu'il existerait une sorte d'aura émotionnelle succédant à une perception appropriée; D'autres travaux semblent montrer que cette aura déborderait de manière antichronique sur le passé immédiat de la perception considérée. Cependant, des objections ont été faites à l'interprétation de ce phénomène, il s'agirait pour certains auteurs d'un artefact. Ceci devrait être tranché assez rapidement car la méthodologie pour y parvenir est techniquement à notre portée. Cf.le CR du Congrès de Parapsychologie de Paris en 2002 (et plusieurs publications au cours des années suivantes).

Questions

Propositions d'expérience

1) Certaines expériences psycho-physiologiques ont montré que si un sujet avait pour tâche de réagir à une information affichée inopinément à l'écran, il le faisait plus vite lorsque cette information lui avait déjà été présentée. Je propose l'expérience parapsychologique équivalente en implication des expériences futures :

- on propose au sujet des images indépendantes les unes des autres, de manière inopinée. Il doit réagir à ces images. Pour certaines d'entre elles, on fait suivre la présentation d'une série de projections de la même image. On fait l'hypothèse que les images pour lesquelles il y aura répétition de projection engendreront chez le sujet une réponse plus rapide que celles des images non répétées.

-On prévoit de répéter les images selon deux modalités : l'image I est répétée de loin en loin dans le cours du temps de l'expérience, chaque présentation comporte, comme toute autre image, une possibilité d'y répondre.

L'image est répétée immédiatement après la réponse donnée lors de sa présentation. Cette salve ne donne pas la possibilité au sujet d'y répondre une nouvelle fois. La salve de répétitions se fait selon une succession rapide mais non strictement régulière : l'intervalle temporel entre deux immages consécutives est aléatoirement variable (avec une fourchette des durées de cet intervalle suffisamment restreint pour qu'il s'agisse bien d'une rafale ne suggérant pas au sujet qu'il pourrait répondre à une ou plusieurs présentations constituant cette rafale).

- Cette expérience n'est pas très éloignée de ce qui a déjà été réalisé en Suède par Holger Klintman (en utilisant le test de Stroop).

2) Canaux informationnels antichroniques : Sous l'hypothèse de l'existence de la précognition, et sous l'hypothèse de l'existence d'une causalité efficiente antichronique, la "conservation" d'une information entre (t+dt) et (t) suppose probablement (surtout s'il s'agit d'un événement riche en bits d'information, comportant par exemple le décés d'une personne, le nom de cette personne, la date de cette mort, et d'autres circonstances entourant cet événement) une cascade d'événements rétrogrades nombreux et corrélés entre eux.

"Si, dans le bergsonisme, notre passé s'incorpore au présent et fusionne avec lui, d'un autre côté, il se solidifie, il se fixe en arrière du présent, sous forme de souvenirs => images datés, estampillés, localisés, aussi inaltérables [???] que les événements dont ils sont les souvenirs et avec lesquels, du reste, ils semblent se confondre" (d'après A. Burloud, Psychologie, Hachette, 1948)

Dans le cas de la précognition, même si le phénomène en est beaucoup plus rare, le sur-venir peut aussi se fixer, se dater, s’estampiller, comme quelques exemples dont nous sommes témoin semblent l'attester.

Sous l'hypothèse que la causalité efficiente rétrograde prendrait, au regard de la causalité triviale, la forme de phénomènes aléatoires, on devrait pouvoir observer, dans ce cas, au niveau cérébral, de nombreux événements, aléatoires du point de vue de la physique, et comportant une forme de synchronicité entre eux. Voir à ce sujet la page de l'anesthésiologue Dr. Hameroff. qu'il nous a autorisés à traduire en français.

 

Suite des expériences de Klintman

Résumé de Savva, L. & French, C. C. (2002). Is there time-reversed interference (TRI) in Stroop-based, tasks? Proceedings of Presented Papers: The Parapsychological Association 45th Annual Convention,(pp. 194-205). (Y a-t-il interférence par causalité anti-dromique (ICAD) dans les tâches basées sur l'épreuve de Stroop ?)

Cet article décrit trois études expérimentales qui ont été entreprises pour examiner l'idée qu'il y a interférence avec causalité anti-dromique (TRI, en français ICAD) dans des tâches basées  sur l'épreuve de Stroop, comme cela a été suggéré par l'article princeps de Klintman (1983). Le paradigme de Stroop normal montre des temps de réaction plus rapides pour énoncer la couleur du graphisme d'un mot désignant une couleur, quand la couleur et la désignation sont congruents, comparé aux cas où elles sont non congruentes. Radin (1997), a indiqué que Klintman (1983) avait trouvé des temps de réaction plus rapides pour nommer la couleur d'un carré coloré quand il a été suivi par un nom de couleur congruent que quand le carré coloré a été suivi d'un mot de couleur non congruent (c.-à-d., un effet de causalité anti-dromique).

L'étude I est une réplique directe de Klintman (1983), où les temps de réaction pour nommer un rectangle coloré suivi d'un mot de couleur ont été enregistrés par l'intermédiaire d'une commande vocale. Quarante participants ont contribué à 1371 épreuves. Pour évaluer l'hypothèse ICAD telle qu'elle ressort de la description de Radin à propos des résultats de Klintman, un t-test a été employé et aucun effet ICAD n'a été trouvé. Cependant l'hypothèse publiée par Klintman lui-même diffère subtilement de la simplification qu'en fait Radin. L'hypothèse publiée par Klintman a été évaluée, en utilisant l'analyse que Klintman lmui même avait développée (il s'est seulement servi de 4 points de repère pour chaque participant), et un effet ICAD a s'est manifesté dans les données, mais dans la direction opposée à ce qu'on attendait. Enfin en utilisant le modèle d'analyse de Camfferman (qui a été basé sur l'analyse de Klintman, mais s'est servi de toutes les données enregistrées) un effet ICAD significatif a été retrouvé, et dans la direction prévue. Aucun effet basé sur l'effet Stroop normal n'a été trouvé, ce qui reflète probablement le fait que la tâche proposée était une variante du paradigme classique de Stroop. Les résultats contradictoires de l'étude I sont principalement une conséquence des différentes analyses utilisées.

L'étude II était une réplique de l'étude I, mais on a remplacé la réponse vocale par des réponses au clavier. Cinquante participants ont participé à 927 épreuves. À la différence de l'étude I, aucun effet ICAD n'a été trouvé, bien qu' un effet Stroop normal ait été trouvé.

L'étude III était assez différentes des études précédentes car c'était une tentative d'examiner la théorie du pressentiment en se servant du paradigme émotif de Stroop. La théorie du pressentiment (comme l'ont suggéré les premiers Thouless et Weisner, 1946) propose un mécanisme possible pour l'évolution du sens Psi. Le potentiel adaptatif de la précognition (spécifiquement la précognition liée à l'action pour éviter la mort) est évident. Les phobies pourraient être vues comme un comportement évolué pour éviter le contact de l'individu avec une situation dangereuse comportant un risque de mort; d'où l'idée qu'une tâche émotive de Stroop basée sur des images d'araignée serait un moyen d'évaluer l'hypothèse que les phobiques des araignées présenteraient une ICAD (comme décrit par Radin) quand ils doivent s'occuper de mots d'araignée en comparaison des non-phobiques. Cinquante-quatre participants ont passé 4034 épreuves. Les résultats de l'étude III n'ont mis en évidence aucun effet ICAD paranormal , mais seulement un effet normal de congruence mot-couleur. Les conclusions de chacune des trois études sont discutées par rapport aux différentes analyses et le besoin d'autres répliques se servant des trois types d'analyse est souligné.

Cf. aussi :

Mémoire, Apprentissage et précognition

Si on admet l'existence de la précognition et son lien à une causalité antichronique, on aperçoit immédiatement la parenté entre mémoire et précognition : cette dernière devient un phénomène symétrique de la mémoire, tellement qu'on à pu en parler comme d'une mémoire du futur.

En poursuivant l'analogie, on pourra chercher à vérifier si le phénomène de précognition est déclinable, tout comme la mémoire, en différents processus bien distincts :

- la précognition répétée peut elle avoir des effets d'apprentissage ? => savoir avant d'avoir appris, - à condition qu'ensuite on apprenne, et simplement parce qu'on apprendra. Sur les expériences qui pourraient être menées par rapport à un éventuel effet de rétro-apprentissage, cliquer ici.

Cependant, il est possible - à mon avis probable - que la précognition n'agit pas, comme l'apprentissage standard, par facilitation de synapses liée à la répétition. C'est dire que la précognition serait de type "déclaratif" plutôt que "procédural".

 

- notre mémoire étant fondamentalement associative, on préconnaîtra mieux des éléments ou une structure ayant des liens qui nous sont propres (significatifs pour le sujet) avec des éléments ou une structure appartenant au présent (celui-ci étant défini par un empan temporel encadrant l'instant considéré) ou appartenant à un temps très évocable dans ce présent.

- De même que la plupart des souvenirs sont des reconstructions, de même en irait-il des survenirs, leur évocation exigera une reconstruction à partir d'éléments épars dans différentes aires cérébrales (ces éléments pouvant appartenir à un ensemble mixte fait d'éléments en provenance du passé et d'éléments en provenance du futur). Ainsi, un même événement objectif ayant plusieurs témoins, s'il suscite chez chacun d'eux une précognition, peut aboutir à des "survenirs" extrêmement différents, voire parfois contradictoires !

- Dans la mesure où la précognition serait un phénomène conscient, le degré de conscience ou de vigilance pourrait jouer un rôle déterminant, comme c'est le cas pour l'apprentissage. Je doute personnellement du caractère conscient de ce processus et je m'attends à ce qu'on découvre que l'attention volontaire ne joue pas un grand rôle, voire que ce rôle s'il existe puisse être antagoniste au phénomène.

- l'intérêt, la force de motivation, le besoin ou la nécessité pourraient jouer un rôle positif dans la précognition, de même qu'ils ont un tel effet dans les différents types de mémorisation.

- les valeurs affectives attribuées au matériel à mémoriser, l'humeur, le degré d'émotion de l'individu. On pourrait appliquer en remplaçant simplement "souvenir" par "survenir" tout ce paragraphe classique sur la mémoire :

L'état émotionnel lors d'un événement peut influencer grandement son souvenir. Ainsi, devant un événement bouleversant, le transfert est très efficace. Beaucoup de gens se rappellent par exemple où ils étaient quand ils ont appris l'assassinat du président Kennedy ou l'attentat du 11 septembre 2001. Le traitement mnésique des événements chargés d'émotion fait intervenir la noradrénaline, et ce neurotransmetteur est libéré en plus grande quantité lorsque nous sommes excités ou tendus. " Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire ", disait déjà Voltaire…

- liens contextuels : le lieu, l'éclairage, l'odeur, les bruits, bref tout le contexte présent lors de la mémorisation s'enregistre avec les données à mémoriser. Il pourrait en aller de même pour la précognition. Il est classique pour la mémoire "standard" d'indiquer :

"State-dependent learning is a phenomenon in which the retrieval
of newly acquired information is possible only if the subject is in
the same sensory context and physiological state as during the
encoding phase" (A neuronal analogue of
state-dependent learning
D. E. Shulz, R. Sosnik, V. Ego, S. Haidarliu & E. Ahissar)

- I) se "souvenir" revient à importer un ensemble d'images et leur succession selon un pattern spatio-temporel donné appartenant au passé du sujet

a) si l'événement a eu un impact émotionnel ou se trouve lié à des événements ayant eu un tel impact, il fait l'objet de remémoration dans les minutes, les heures, les jours, voire les années qui suivent.

b) en particulier, la nuit qui succède à l'événement et les nuits de la semaine suivante, sont favorables à une mise en mémoire à long terme de l'événement.

c) si cet événement a engendré des traces matérielles, celles-ci constituent un point d'appel pour la remémoration, et par là, la répétition psychique du même événement, ce qui en favorise une inscription mémorielle plus forte encore.

- II) le survenir [de manière symétrique au souvenir] revient à importer un ensemble d'images et leur succession orthochronique selon un pattern spatio-temporel donné appartenant au futur du sujet.

a) il s'agit le plus souvent d'un événement qui aura un impact émotionnel ou se trouvera lié à des événements ayant un tel impact, mais il ne fait généralement pas l'objet de réitération anticipée dans les minutes, les heures, les jours, voire les années qui précèdent. Il survient le plus souvent de manière unique, inopinée.

b) le rêve est fréquemment le moment privilégié de la précognition (Cf. le très intéressant livre de Louis Benhedi et Pierre Macias : "Les rêves Prémonitoires" Dervy, 2008).

c) Il est difficile d'imaginer qu'un événement futur soit apte à engendrer des traces matérielles qui se stabiliseraient en direction du passé et seraient susceptibles de constituer un point d'appel pour la précognition; de même sa répétition en direction du passé est loin d'être assurée, ce qui en rend l'inscription précognitive moins probable.

lire ensuite

Bibliographie succincte

  1. Saint Augustin, Confessions, trad. L. de Mandadon, éd. du Seuil, 1982
  2. Bernard Auriol, La Croisée des chemins
  3. Gaston Bachelard, L'intuition de l'instant, Stock, 1992
  4. Gaston Bachelard, l'Intuition de l'instant, Stock, 1992, p. 13
  5. Louis Benhedi et Pierre Macias, Les rêves prémonitoires, Dervy, 2008.
  6. Alfred Binet , (1900), La Suggestibilité, Paris, Schleicher frères éd.
  7. Pierre Boutang. Le Temps, essai sur l'origine, Hatier, 1993
  8. Jean Brun, Héraclite ou le philosophe de l'Éternel Retour, Seghers, 1965
  9. Gabriel Chardin, L’antimatière, la matière qui remonte le temps, Le Pommier, 2006, 191 pages
  10. Michel Eugene Chevreul, (1854), De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, du Point de vue de l'histoire, de la critique et de la méthode expérimentale, Paris, Mallet-Bachelier.
  11. Collectif, Science et Conscience, Colloque de Cordoue (1979) Olivier Costa de Beauregard, La physique moderne et les pouvoirs de l'esprit, Ed Le Hameau, 1980
  12. André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique, PUF, 2001.
  13. André Comte-Sponville, L'être-temps, PUF, 1999
  14. Marcel Conche, Temps et destin, PUF, 1992
  15. Olivier Costa de Beauregard, Le temps déployé, Ed du Rocher, 1988
  16. Fédor Dostoïevski, Les Possédés, 1872.
  17. Paul Foulquié et Raymond Saint-Jean (1962), Dictionnaire de la langue Philosophique, PUF, 4° éd., 1978.
  18. Nicolas Grimaldi, Ontologie du temps, PUF, 1993
  19. Stephan Hawking et Robert Penrose, La Nature de l'espace et du temps, Gallimard, 1997
  20. Martin Heidegger, l'Être et le Temps.
  21. Pierre Janet , (1889), l’Automatisme Psychologique, Alcan, 10° éd, 1930.
  22. Saint Jean, Apocalypse
  23. François Jullien, Du « temps », Éléments d'une philosophie du vivre, Grasset, 2001
  24. Étienne Klein, Michel Spiro, Le Temps et sa flèche, « Champs », Flammarion, 1994
  25. Étienne Klein, Le Temps, « Dominos », Flammarion, 1995
  26. André Lalande, (1926), Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, 13° éd, 1980.
  27. James H. Lee, Remote viewing as applied to futures studies, Technological Forecasting & Social Change (2007), doi:10.1016/j.techfore.2006.09.001
  28. Emmanuel Levinas, Le Temps et l'autre, « Quadrige », PUF, 1991
  29. Montaigne, Essais, III, XIII, éd. Villey, PUF, 1978.
  30. Montaigne, Essais, I, chap. XI, « Des prognostications », éd. Villey, PUF, 1978.
  31. Friedrich Nietzsche, Au delà du bien et du mal, Folio, Gallimard
  32. Bernard Piettre, Philosophie et science du temps, « Que sais-je? » n°2909, PUF, 1994
  33. Christian Poirel, La Neurophilosophie et la question de l'Etre, L'Harmattan, 2008.
  34. Igor Prigogine et Isabelle Stengers, Entre le temps et l'éternité, Fayard, 1988
  35. D. E. Shulz, R. Sosnik, V. Ego, S. Haidarliu & E. Ahissar, A neuronal analogue of
    state-dependent learning
  36. Pierre Teilhard de Chardin, Le phénomène humain, Éd. du Seuil, roll. « Points anthropologie, Sciences humaines », Paris, 1955.
  37. Pierre Teilhard de Chardin, La place de l'homme dans la nature, Albin Michel, Paris, 1956.
  38. Jacques Toussaint Desanti, Réflexions sur le temps, Grasset, 1992

 

Liens

http://www.psy-desir.com/textes/spip.php?article1086

Giuliana GALLI CARMINATI : Unité Psychiatrique de Développement Mental, Hôpitaux Universitaires de Genève, Suisse
et François MARTIN : Laboratoire de Physique Théorique et Hautes Energies, Universités Paris 6 et 7

Dans cet article nous appliquons les derniers développements de la théorie de la mesure en mécanique quantique au phénomène de la conscience et en particulier à la prise de conscience des éléments de l’inconscient.

Différents modèles de mesure en mécanique quantique se distinguent par le fait qu’il y a, ou qu’il n’y a pas, effondrement de la fonction d’onde. La conscience passive semble mieux s’accorder avec les modèles dans lesquels il n’y a pas effondrement de la fonction d’onde, tandis que dans le cas de la conscience active - c’est-à-dire accompagnée d’un acte ou d’un choix - il semble bien qu’il y ait effondrement de la fonction d’onde. Comme exemple de cette seconde possibilité nous étudions en détail l’expérience du choix retardé du photon et ses conséquences pour le temps subjectif ou psychologique. Nous appliquons ces considérations pour tenter d’expliquer les phénomènes de synchronicité. Comme modèle d’application de la prise de conscience des éléments de l’inconscient nous considérons le processus du deuil.

Nous appliquons aussi le modèle quantique aux phénomènes de corrélation à distance entre psychismes, ainsi qu’aux corrélations groupales apparaissant lors des thérapies et des formations groupales. Le phénomène de l’intrication quantique conduit à la formation d’un inconscient groupal. Pour finir nous proposons de tester l’existence de telles corrélations lors de séances de formations groupales.

 

Les réflexions de François Favre

EPR

La flêche du temps (réflexions de Jean-Michel Laffaille)

Pour une vue d'ensemble ...

 

 

 

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14 Avril 2013