Les jumeaux et la télépathie[1]

Dr Bernard Auriol

 

On lira ci-dessous les Notes que nous avions rédigé pour préparer l’émission de Télévision Y'apasPhoto qui était prévue pour le 8 Janvier 2001. Cette émission fut annulée par les organisateurs en raison d'un manque de jumeaux "suffisamment spectaculaires" (sans commentaire!).

 



La rédaction de "jumeaux info", plus prudente que je n'avais été, écrit début Décembre 2001 :


"Y'a pas photo (tf1) consacre encore une fois ce lundi 3 Décembre 2001 une émission aux jumeaux. La dernière fois (en 2000) nous avions saisi le CSA car cette émission était une caricature de jumeaux, truffée de chiffres faux et d'une pseudo séance de télépathie entre jumelles.

Bien entendu nous avons refusé de participer à l'élaboration de son contenu sachant tout le mal qu'avait déjà fait leur précédente émission.

cyrille cahouzard,
dir. de la rédaction J.I.

 

Les Vrais Jumeaux

On distingue les vrais jumeaux ou homozygotes des faux jumeaux, hétérozygotes. Ces derniers sont seulement des frères ou sœurs du même âge alors que les JUMEAUX MONOZYGOTES résultent d’une séparation de l’œuf en deux pour aboutir à deux organismes strictement identiques au départ (ce que l’on vise artificiellement quand on effectue des clonages).

Diagnostic entre JUMEAUX MONOZYGOTES et JUMEAUX DIZYGOTES

Puisqu’on ne peut observer s’il s’agit d’un oeuf divisé en deux ou de deux oeufs, on cherche à le déterminer a posteriori. La naissance de faux jumeaux se caractérise souvent par l’existence de deux arrière-faix (placenta et membranes liées). Généralement pour de vrais jumeaux on n’observe qu’un seul arrière-faix. Mais comme il y a de fréquentes exceptions, cela ne suffit pas au diagnostic.

La méthode la plus fiable est basée sur la détermination de similarité génétique (en utilisant par exemple les antigènes HLA) (ENCYCLOPÆDIA BRITANNICA ).

Identité des "vrais" jumeaux

Gottlieb Frege (1894) a observé que l’identité mathématique est indéfinissable : « Puisque toute définition est une identité, l’identité elle-même ne saurait être définie [2] . » Il ajoute que l’explication de l’identité par la substituabilité [3] « pourrait être appelée un axiome qui fait ressortir la nature de la relation d’identité ». Les jumeaux sont, au premier regard, substituables, mais remarque Hume, si grandes que soient les ressemblances entre des objets, l’esprit ne cessera pour autant de constater que leurs « existences » restent distinctes et indépendantes.

Prise au sens littéral de similitude absolue , l’identité personnelle (je  suis je ) n’existe pas ! L’identité interpersonnelle (je  suis un autre ) n’existe pas non plus, même dans le cas de jumeaux vrais. L’identité collective est également impossible, les membres d’un nous  étant, tout au plus, des « semblables ».

Pour que l’identité s’instaure comme système relativement unifié et continu, elle doit être initialement posée, et posée de nouveau en ses moments successifs, par des actes de séparation , d’autonomisation et d’affirmation, par la différenciation  cognitive et l’opposition  affective. Sans cela, l’individu s’aliène dans la dépendance, se dilue dans l’assimilation à autrui. Cette troisième dimension, associée aux précédentes, montre le caractère non homogène de l’identité, qui est indissolublement personnelle et sociale, et qui suppose un effort constant de différenciation et d’affirmation aussitôt limité par la conformité sociale ou la perte de soi dans l’autre ; un effort constant d’unification, d’intégration et d’harmonisation, aussitôt démenti et constamment renouvelé.

René Zazzo a pu montrer que la reconnaissance dans le miroir est plus tardive qu’on ne le croit généralement (Jacques Lacan la supposait acquise entre 6 et 18 mois, au cours du « stade du miroir » !). Dans ses expériences auprès de jumeaux vrais, Zazzo a également mis en évidence le fait que l’image du double gémellaire  (l’autre jumeau) gêne le développement du double mental  et la reconnaissance du double spéculaire  (le « soi » dans le miroir). La situation gémellaire aurait une « fonction paralysante de miroir » : « l’image de soi exige, pour se former, une image d’autrui qui lui soit contrastée, qui soit différente ». L’identification à soi-même dérive de l’identification à autrui et non de la saisie visuelle de la totalité du corps propre [4] .

Des jumeaux ont construit un site très intéressant consacré... aux jumeaux !

Le chevalier et le pugiliste : Castor et Pollux

Si un jumeau (le projet) se fait le destructeur des œuvres de son frère (l’accompli), un manque s’inscrit en ses propres œuvres ! C’est le tonneau des Danaïdes [5] !

Tel est le paradoxe de l’identité  : le « je » ne peut être que par la médiation du souhait de devenir « autre », en vue de combler un manque. Pollux gèle ce que je suis alors que Castor me pousse en avant, en quête d’un nouveau projet. Ils sont jumeaux indissociables ! Cet autre – idéal du moi à son tour rejoint – se projettera dans un autre projet, et cela dans un renvoi sans fin, cherchant à défier la mort même par des œuvres. L’identité n’est pas un état ou un avoir ; elle ne se saisit que dans la crise et ne se maintient que par la prise (prise en charge, prise de position, de rôle ou de parole...) ; elle trouve sans cesse appui sur de nouvelles identifications. Telle est l’histoire de la cavalcade des identifications dont il faudra toujours, comme autant d’illusions, se défaire pour se faire, ce qui occasionne parfois ces dysfonctionnements qu’on appelle les troubles d’identité.

Dans les Védas, « les Asvins, cavaliers du ciel paraissent à l’aurore, comme les Dioscures grecs dont ils sont les homologues. Leur rôle est essentiellement d’apporter la lumière bienfaisante, dont le rayonnement suscite la germination des plantes et symbolise l’activité laborieuse, pacifique ».

Dans le conte des "deux frères" (papyrus égyptien du XIII° s. av. JC) : l'un des deux frères resté à la maison est averti
de la mort de son jumeau par un objet magique. Il part alors à sa recherche et le sauve... On retrouve des données analogues dans le mythe de Persée et Andromède

 

Différences chez les jumeaux

Dominant et dominé dans l'utérus

Cependant, les jumeaux identiques ne sont pas si identiques que ça. Même dans l'utérus. Les ultra-sons révèlent que dès la 10e semaine de grossesse, deux jumeaux commencent à agir de façon différente. Et ce n'est pas une coïncidence : le " dominant " reste dominant jusqu'à la naissance, l'écart devenant même plus marqué à mesure que le temps passe - et ce, en dépit du fait qu'arrivé au 9e mois, les jumeaux ont bien moins d'espace pour bouger.

Sur les 30 paires de jumeaux analysées par l'équipe d'Alessandra Piontelli (revue Twin Research), de l'Université de Milan, 29 présentaient un jumeau plus actif que l'autre. Et il demeurait plus actif que l'autre tout au long de la grossesse. Mieux encore, dans un peu plus de la moitié des cas, le plus actif était plus gros que l'autre, à la naissance : "la dominance d'un jumeau pourrait être présente dès l'utérus ".

 Mais il semble qu'un autre facteur entre en jeu. Le travail de Richard J. Rose, professeur de psychologie et de génétique médicale à l'université de l'Indiana (USA), a démontré que, chez les jumeaux monozygotes, le degré de ressemblance, ou mieux celui d'"identité", est en relation avec la précocité où s’opère la division entre les embryons dans l'utérus maternel. Rose a trouvé que plus la division est précoce, moins les jumeaux monozygotes auront tendance à développer des différences au niveau psychique [6] .

Le mythe en rajoute et dit « dès la conception ( ! ) » :

Pendant que Amphitryon était à la guerre, Alcmène fut séduite et fécondée par Zeus, qui avait pris l’aspect de son mari (Zeus comme « sosie » d’Amphitryon !). Héraclès fut le fils de Zeus + Alcmène, le divin Hercule !

Lorsque Amphitryon, son véritable mari revint de guerre, il la rendit mère lui aussi. De cette double union naquirent des jumeaux : Iphiclès, (fils d’Amphitryon + Alcmène) sera humain et faible. Le serviteur d’Amphitryon n’est autre que sosie…

Ne sois pas incrédule mais fidèle !

L'apôtre Thomas se montre incrédule lorsqu'on lui dit que Jésus est résuscité. Ce dernier lui dit de toucher ses plaies pour se convaincre qu'il est bien Jésus. L'épisode est souvent cité pour magnifier la foi aveugle que Thomas n'a pas eue. Qu'il n'ait pas reconnu Jésus est d'autant plus étrange si on se réfère à la tradition hétérodoxe selon laquelle il serait le frère jumeau de Jésus. Autant dire qu'en cet épisode, il n'aurait point reconnu sa propre image ! Cette tradition prend notamment appui sur le fait que Thomas en araméen signifie "Le Jumeau", et pour qu'on le sache bien, le disciple bien aimé, Jean, le surnomme du même mot en grec "Didyme". Il faut aussi noter que Thomas est reconnu par tous, chrétiens ou brahmanes, comme l'apôtre de l'Inde qui aurait baptisé les rois mages ! Mon ami le Professeur Srivastava prétend par ailleurs qu'il connait en Inde un tombeau qui ne serait autre que celui de Jésus, lequel aurait finalement émigré en Inde plutôt que d'être monté au ciel. Cette assertion mériterait d'être explorée. A-t-on confondu Thomas et son Maître ?

La méthode des Jumeaux pour évaluer l’hérédité

Tous les travaux aboutissent à la même conclusion : sous la condition importante que les populations étudiées soient relativement homogènes, le pouvoir de l’hérédité est trois ou quatre fois plus fort que le pouvoir du milieu dans la détermination du classement intellectuel.

  1. La corrélation aux tests d’intelligence est d’environ 0,90 pour les jumeaux identiques élevés ensemble, c’est-à-dire aussi forte que si les deux partenaires de chaque couple étaient le même individu  comparé à lui-même avec la même épreuve répétée à quelques semaines d’intervalle ;
  2. la corrélation est d’environ 0,55 pour des jumeaux DIZYGOTES élevés ensemble ;
  3. elle est de 0,50 entre les parents et leurs enfants ;
  4. de 0,25 entre enfants sans lien de parenté mais élevés ensemble ;
  5. elle est nulle, évidemment, entre individus sans lien de parenté ni d’éducation. les corrélations sont du même ordre pour la taille.

S. G. Vandenberg, trouve des différences nettement significatives entre MONOZYGOTES et DIZYGOTES pour:

  1. réactivité émotionnelle,
  2. contrôle volontaire,
  3. tension nerveuse,
  4. névroticisme.

C’est à ce propos que les résultats les plus solides ont été obtenus : la corrélation est de 0,21 pour les DIZYGOTES et de 0,85 pour les vrais jumeaux.

Observations pré-scientifiques

La mythologie 

1)      Assertion, rapportée par E. E. Evans-Pritchard (1936-1956), pour les Nuer du Soudan, « les jumeaux sont des oiseaux ». Lévi-Strauss interprète de la manière suivante les formules Nuer apparemment contradictoires : les Nuer disent que les jumeaux sont « une personne » (ran ) ; toutefois, ils disent aussi que les jumeaux ne sont pas des personnes, mais des oiseaux (dit ), ainsi que des « enfants de Dieu » (kwoth ), cette entité étant située dans le ciel. Le raisonnement qui fonde ces formules s’appuie sur une « série d’enchaînements logiques unissant des rapports mentaux », et non pas, comme le croyait Evans-Pritchard, sur une propriété de la théologie Nuer (relation triadique dieu-jumeau-oiseaux), ni sur un besoin (B. Malinowski), ni non plus sur l’« intuition d’une ressemblance sensible » entre objets associés (R. Firth et M. Fortes). Les jumeaux Nuer sont, en effet, considérés comme des « personnes d’en haut », par opposition aux autres hommes, les « personnes d’en bas », et par rapport aux oiseaux, comme les « oiseaux d’en bas », par opposition avec les « oiseaux d’en haut ». Pour une logique intellectuelle fonctionnant à l’aide d’identification et d’oppositions binaires, les jumeaux Nuer n’ont rien de mystérieux : « comme les oiseaux », ils sont métaphoriquement pensés à la manière d’êtres intermédiaires entre la divinité et les humains.

2)      S’ils appartiennent au même sexe, comme Romulus et Rémus, ils symbolisent la double nature de l’homme. Après une naissance et une enfance marquées du sceau du divin, Romulus et son frère jumeau Rémus se disputent l’honneur de fonder une ville nouvelle, sur le site de la future Rome. Une dispute éclate entre les jumeaux, et Rémus est tué de la main de son propre frère.

3)      Amphion et Zhétos, permettent d’opposer la musique charmeuse du premier, à la force violente manifestée par le second !

 

Troublantes concordances

On décrit les JUMEAUX MONOZYGOTES séparés par des kilomètres, s’engager dans des actions quasiment identiques au même moment, ils sont affectés par les mêmes maladies et les mêmes souffrances, manifestent des intérêts identiques, etc.

« C'était comme regarder dans un miroir: tous deux hauts d'un mètre quatre-vingt, même corpulence, et surtout même visage. Tout à fait ce dont on s'attend de deux jumeaux monozygotes (issus d'un même oeuf). Mais entre Jim Lewis et Jim Springer, les ressemblances dépassaient de beaucoup l'aspect physique. A part leur nom de baptême identique, tous deux s'étaient mariés avec une femme nommée Linda, avaient divorcé, et s'étaient remariés avec une femme nommée Betty. Mystère : comment pouvaient-ils avoir tant de choses en commun si, séparés à la naissance 39 ans auparavant, ils avaient vécu indépendamment chacun de leur côté? [7]  »

et encore :

« Les cas de jumeaux monozygotes séparés à la naissance sont aujourd'hui très rares (on en relève dans le monde seulement 68). En 1979, en Angleterre, alors qu'elles avaient mutuellement ignoré pendant 34 ans l'existence l'une de l'autre, deux jumelles séparées à la naissance furent réunies. Quand elles rencontrèrent Tom Bouchard, chercheur à l'Université du Minnesota (USA), Bridget Harrisson et Dorothy Lowe portaient chacune sept bagues, deux bracelets à un poignet, un bracelet et une montre à l'autre. De plus, on sut que toutes deux avaient arrêté de prendre des leçons de piano au même âge, qu'elles avaient toutes deux un chat nommé "Tiger", et que l'une avait appelé son fils Richard Andrew alors que l'autre avait appelé le sien Andrew Richard. Mais le plus étrange était que toutes deux, en 1960, avaient tenu un journal. La couleur et la marque de leurs journaux respectifs étaient identiques et même les pages laissées blanches au cours de l'année étaient les mêmes [8]  ».

« En juillet 1975, Nita Hurst ressentit soudainement une douleur lanscinante à la jambe gauche et vit de ses propres yeux un hématome qui s'élargissait sur toute la partie gauche de son corps. L'origine de cette mystérieuse lésion fut découverte plus tard, quand Nita sut qu'à ce moment précis, Nettie Porter, sa soeur jumelle, avait eu un accident de voiture en Californie, à 650 km de là. EN 1977, une californienne nommée Martha Burke eut la sensation d'être "coupée en deux" par une vive sensation de brûlure qui lui traversait le Thorax et l'abdomen. Quelques heures plus tard, elle fut informée que sa soeur avait été tuée dans un accident d'avion. Le cas de deux jumelles de 4 mois, Samantha et Gabrielle Connolly, est encore plus terrible : le 8 octobre 1983, elles furent toutes deux frappées de "mort au berceau (mort subite)"; les petites dormaient pourtant dans des lits différents, dans des pièces différentes, à des étages différents de la maison [9]  ».

Argument sceptique

“Le niveau de similarité doit être pris en compte pour toute évaluation concernant des jumeaux ‘ identiques’. Nos données [10] suggèrent fortement qu’il est assez facile pour presque n’importe quelle paire d’êtres humains, du même sexe et ayant grossièrement le même âge de trouver des similarités qui peuvent sembler ‘ troublantes’. Par exemple une des paires rassemblant deux femmes sans lien connu entre elles partageaient les caractéristiques suivantes :

Toutes deux étaient baptistes, toutes deux avaient pour sports de prédilection le volley ball et le tennis ; leurs matières  préférées, à l’école, étaient l’Anglais et les Maths alors que toutes deux détestaient la sténo. Toutes deux préparent un diplôme d’infirmière et toutes deux choisissent de passer leurs vacances en des lieux historiques. Si ces similarités avaient été trouvées dans une paire de vrais jumeaux élevés séparément, on aurait pu s’en servir de preuve pour l’astrologie, la perception extra-sensorielle, et tout le toutim ! »

Est il exact que les JUMEAUX MONOZYGOTES possèdent des capacités télépathiques naturelles très fortes ?

Il y a un nombre impressionnant et toujours renouvelé d’anecdotes décrivant des expériences parapsychologiques troublantes chez les JUMEAUX MONOZYGOTES.

Dans Science Frontiers N°11, sous le titre "Unis par une Invisible Corde," quelques similarités très remarquables entre jumeaux vrais élevés séparément ont été décrites !

Un cas vraiment fantastique concerne de vrais jumeaux (dans ce cas, élevés ensemble) qui se comportaient synchroniquement :

« Ils font tout ensemble, ils crient ou boudent si on les sépare, et, très étrangement parlent à l’unisson lorsqu’ils subissent un stress, disant les mêmes mots avec des intonations de la voix identiques, ce qui crée un effet d’écho très bizarre ! »

Dans un autre compte rendu, on trouve :

« Les docteurs disent que Greta et Freda Chaplin sont si proches qu’elles semblent liées par de la télépathie. Qu’elles parlent ou travaillent, elles fonctionnent à l’unisson ! Par ailleurs elles ont une intelligence normale et ne souffrent pas de troubles mentaux [11]  ! »
  1. Certaines de ces correspondances peuvent être attribuées aux similarités d’éducation et d’apprentissage ou à des communautés génétiques ou de développement précoce.
  2. Quelques unes d’entre elles reçoivent difficilement cette explication et restent des événements très probablement parapsychologiques.

Pas toujours !

le Chanteur Renaud et son frère David

« Il s'est pointé en bande, ils étaient déjà deux le jour du 11 mai 1952. Ça se passait dans une maternité du 14e arrondissement, ou Solange Séchan, heureuse et étonnée, voyait paraître deux petites têtes de bébé garçons braillards. Elle avait déjà donné naissance à trois filles et un garçon. Avec les jumeaux nouveaux-nés, Renaud et David, l'équilibre des sexes était donc établi dans sa petite famille.

(...)

Indiscutablement, Renaud possède la fibre familiale, bien qu'à l'époque, bizarrement, ses relations avec son frère jumeau soient restées relativement distantes :

" Comme moi, David traînait la nuit et fréquentait pas mal les loubards. Mais nous ne sortions jamais ensemble. Nous ne faisions pas partie des mêmes bandes. On parle souvent de transmission de pensée, de télépathie entre frères jumeaux. Jamais ça n'a été le cas entre nous ".

(extrait de "http://www.chez.com/popogendarme/Renaud%20Mino.htm")

Autre contre-exemple (?)

« On a souvent entendu l’idée que les jumeaux seraient télépathes. Je me souviens d’un vieux ‘ cartoon [12] ’ où deux jumeaux pouvaient sentir les souffrances l’un de l’autre ! Il aurait été très  amusant que l’un d’eux reçoive un coup de pied et que l’autre ait mal au derrière en même temps ! Quant à ma propre expérience de jumeau, je ne peux prétendre avoir jamais éprouvé une quelconque  télépathie. Je considérais cette légende comme une foutaise totale, jusqu’à ce que, il y a quelques jours, je parlais de cela à ma sœur. Elle prétendit que lorsque nous étions ensemble, elle savait toujours si j’étais présent ou non à la maison ! Elle ajouta qu’elle continuait à savoir ce que je ressentais, alors même que nous étions à 3000 km l’un de l’autre ! Je fus passablement surpris d’apprendre cela car je considérais n’avoir jamais éprouvé une chose semblable ! Après son témoignage, je suis moins sceptique à l’égard de ce mythe.

Des niveaux inhabituels d’amitié, de compétition, et la survenue occasionnelle de Perception Extra Sensorielle (ESP)sont trois aspects de la vie des jumeaux qui dépassent tout ce qui peut lier de simples frères et sœurs. Quoique nous nous soyons beaucoup combattus pendant 19 ans alors que nous vivions sous le même toit, notre relation est maintenant plus proche qu’elle ne l’a jamais été. Nous nous téléphonons chaque semaine, échangeons des messages par e-mail. Quand nous pouvons nous rencontrer, c’est comme de vieux amis qui ont été longtemps séparés [13]  ! »

Effets de couple

Le baiser des jumeaux in utero [14]

Les chercheurs arrivent à connaître les comportements intra-utérin et cognitifs grâce à des examens échographiques. Ils ont ainsi pu observer les interactions entre jumeaux.

Exemple : Le jumeau A touche le jumeau B, ce qui entraîne une réaction du jumeau B. Ce contact passe d’abord par les bras et les jambes dès le 3ème mois, puis par la bouche vers le 5ème mois. C’est l’instant émouvant du « baiser » : le jumeau A enlace le jumeau B et l’embrasse sur la bouche.

Ces comportements fœtaux ont un effet sur le développement postnatal des enfants et font pencher les chercheurs vers la possibilité d’une vie mentale intra-utérine. L’effet " couple " étudié par René ZAZZO et par les Docteurs CLIENTELI et GADA (en Italie) existe donc bien avant la naissance. Il en résulte souvent un jumeau dépendant et un jumeau dominant dès la gestation.

Chez l’adulte

C’est en Angleterre, avec Sandra Canter notamment, que les effets de couple sur certains traits de la personnalité ont été étudiés et mis en évidence avec le plus de rigueur.

-          Ainsi, pour l’extraversion, entre jumeaux MONOZYGOTES adultes vivant séparément  la ressemblance s’exprime par une corrélation de 0,67. Entre jumeaux MONOZYGOTES vivant ensemble , la corrélation est de 0,10, c’est-à-dire pratiquement nulle. Pour ce trait et pour d’autres, relatifs à la sociabilité, la vie de couple efface les effets de l’hérédité.

Quand on observe deux partenaires identiques, les effets de couple apparaissent à l’état pur. Il s’agit surtout d’effets négatifs :

investigations scientifiques sur « La télépathie chez les jumeaux »

Réaction EEG

Des recherches anciennes [15] avaient fait penser que la réaction d'arrêt électro-encéphalo-graphique provoquée chez un jumeau monozygote déclenchait la même réaction d'arrêt chez l'autre jumeau de la paire considérée. Je n'ai pas trouvé de réplication de cette étude.

l'expérience

La plupart des sujets d'expérience ont été recrutés par des annonces dans différents journaux.

  • Les expériences ont été réalisées chez 15 paires de jumeaux.
  • Simultanément, des tracés électroencéphalographiques sont obtenus chez des individus de familles différentes, et les résultats sont comparés à ceux qui sont observés chez les jumeaux.

Chacun des 2 jumeaux est assis dans une chambre séparée. Les chambres sont éclairées. II existe une distance de 6 mètres entre les 2 chambres. II est indiqué aux sujets de « n'ouvrir ou de ne fermer les yeux qu'au commandement ». Les électrodes électroencéphalographiques sont placées au niveau des protubérances occipitales.

Au départ, on demande aux sujets : de s'asseoir tranquillement, de rester calme et de garder les yeux ouverts sauf en cas d'ordre contraire.

Les résultats

On peut dire qu'il y a « induction extrasensorielle » lorsqu'on constate l'apparition d'un rythme alpha chez l'un des jumeaux en l'absence de toute stimulation, alors que chez l'autre jumeau le rythme alpha a été provoqué dans des conditions habituelles.

Au total, une « induction extrasensorielle » a été mise en évidence chez 2 paires de jumeaux, sur les 15 paires de jumeaux examinés.

Les 4 sujets chez lesquels les résultats ont été « positifs » sont des hommes âgés respectivement de 23 à 27 ans. Tous 4 sont intelligents, ont reçu une éducation assez profonde et sont d'un tempérament calme. Ils possèdent une certaine connaissance des sciences biologiques. Néanmoins, ils ignorent pratiquement tout des expériences auxquelles ils sont soumis.

L'examen des tracés enregistrés simultanément montre

a)     que la fermeture des yeux chez un seul jumeau est suivie de l'apparition d'un rythme alpha chez les 2 jumeaux:

b)     que la fermeture des yeux chez l'un des jumeaux ne provoque pas de rythme alpha chez un sujet qui n'a pas de lien de parenté avec ce jumeau.

On peut dire qu'il y a « induction extrasensorielle » lorsqu'on constate l'apparition d'un arrêt alpha chez l'un des jumeaux en l'absence de toute stimulation, alors que chez l'autre jumeau le rythme alpha a été arrêté dans les conditions habituelles.

Au total, une « induction extrasensorielle » a été mise en évidence chez 2 paires de jumeaux, sur les 15 paires de jumeaux examinés.

Les 13 autres paires de jumeaux, chez lesquels l'existence d'une « induction extrasensorielle » n'a pu être démontrée, appartiennent à divers groupes d'âges. Les 26 sujets témoignent d'une anxiété et d'une crainte manifestes à l'égard des épreuves qu'ils doivent subir.

Afin d'établir la validité des résultats obtenus, les examens ont été répétés de nombreuses fois, à des moments différents, chez tous les sujets. C'est ainsi qu'il n'a jamais été constaté d' « induction extrasensorielle » entre des sujets de famille différente.

On peut donc conclure qu'il peut exister :

une « induction extrasensorielle » des ondes cérébrales entre des individus qui sont complètement séparés. Sans doute, n'est ce pas là un caractère propre à tous les jumeaux identiques. Et la présente étude porte sur un trop petit nombre de sujets pour que l'on puisse en évaluer la fréquence. Il n'en reste pas moins qu’un rythme alpha est apparu chez l'un des jumeaux, après n'avoir été provoqués de la manière habituelle que chez l'autre jumeau seulement.

On pourrait mettre en place une expérimentation assez simple quant à la télépathie entre animaux jumeaux :
1 - On constitue des couples de jumeaux animaux monozygotes
2 - On crée une synchronisation massive de l'EEG par un procédé médicamenteux, électrique ou magnétique
3 - On enregistre simultanément l'EEG de l'autre membre du couple pour vérifier s'il y apparait une anomalie quelconque indiquant que l'événement cérébral survenu à son jumeau a été perçu.

 

La Communauté des cauchemars

Des scientifiques finnois affirment que la tendance aux cauchemars est inscrite dans les gènes. Ils ont trouvé que les vrais jumeaux (comparés aux faux jumeaux) ont une probabilité au moins doublée de partager ce trait. Ce travail a également confirmé l’existence d’une forte corrélation entre tendance aux cauchemars et maladie mentale.

Les cauchemars s’accompagnent d’une accélération du cœur et d’une élévation du métabolisme cérébral. La fréquence des cauchemars reste à un taux assez stable de l’enfance jusqu’à la soixantaine. Certaines personnes souffrent de 3 à 4 cauchemars par semaine…

Christer Hublin de l’Université d’Helsinki et ses collaborateurs se sont intéressés à la fréquence des cauchemars chez 2.276 paires de vrais jumeaux et 4.172 paires de faux jumeaux. Ils ont découvert que si un vrai jumeau fait état de plus de deux cauchemars hebdomadaires, il y a 45 % de chance que l’autre jumeau de la paire partage la même caractéristique. Chez les faux jumeaux le pourcentage tombe à 20 %. Ces recherches établissent aussi un lien entre cauchemars et maladie mentale. Ceux qui ont des cauchemars ont 15% de probabilité supplémentaire d’être hospitalisés pour maladie mentale, au moins une fois dans leur vie [16] .

Télépathie chez les jumeaux ?

Selon Ervin Laszlo  « des liens interpersonnels, au delà du domaine sensoriel est particulièrement fréquent chez les vrais jumeaux. Dans bien des cas, un des jumeaux ressent la souffrance qui affecte l’autre et ressent les traumatismes et les crises qui le touchent, même si la distance qui les sépare est d’une demi circonférence terrestre !  C’est aussi ce que l’on observe chez les amoureux, ou entre une mère et son enfant : innombrables sont les histoires de mères éprouvant une vive émotion alors que leur enfant est en grave danger ou subit un accident ! [17]  ».

Etude de Stockholm [18]

« La Presse populaire est pleine de rapports concernant les phénomènes parapsychologiques entre JUMEAUX MONOZYGOTES. Il n’existe pourtant pas (à notre connaissance) d’étude empirique pour savoir si ces jumeaux eux-mêmes ressentent quoique ce soit qu’ils qualifient d’extrasensoriel !

Dans le cadre plus général d’une étude sur les processus familiaux et l’adaptation maternelle, nous avons demandé à 652 femmes jumelles, âgées de 33 à 55 ans, à quelle fréquence elles ont fait l’expérience d’un contact télépathique entre elles.

 Nous avons aussi mesuré plusieurs caractéristiques de personnalité à un niveau individuel.

Dans le « Temperament and Character Inventory » (TCI), les seuls caractères stables qui soient corrélés avec le vécu de télépathie se réduit à deux échelles de personnalité. Ces échelles sont :

 Il y a deux interprétations d’un plus haut degré de télépathie parmi les JUMEAUX MONOZYGOTES

  1. Les JUMEAUX MONOZYGOTES ont plus fréquemment un réel contact télépathique
  2. Les JUMEAUX MONOZYGOTES sont davantage similaires que les JUMEAUX DIZYGOTES et cette plus grande similarité de personnalité les rend mieux capables de deviner ce que l’autre jumeau fera dans une situation donnée.

Nous sommes plus enclins à croire en la deuxième interprétation même si des études de cas suggèrent que la première explication est très importante.. »

Etude de l’Université de Bristol

Au début des années 90, une étude sur la relation entre jumeaux et perceptions extrasensorielles, menée par l'Université de Bristol pendant un an, a montré que les jumeaux possèdent une extraordinaire capacité à penser exactement de la même manière : lorsque les chercheurs demandèrent aux jumeaux de choisir des images ou symboles à se "transmettre", les résultats obtenus furent bien supérieurs aux résultats recueillis auprès de frères "normaux".

Concordance des pensées entre jumeaux et dans la fratrie, Variables de personnalité associées [19]

Pour déterminer les possibilités d’hérédité dans la capacité télépathique, on a administré 25 séries d’une tâche de divination de symboles à différents échantillons de population (de 8 à 22 ans) :1)      Dix ensembles de paires appartenant à une même fratrie,

2)      Neuf ensembles de paires de JUMEAUX MONOZYGOTES,
3)      Sept ensembles de paires de JUMEAUX DIZYGOTES.

Les JUMEAUX MONOZYGOTES et les membres d’une même fratrie réussirent significativement mieux en réponses concordantes que les JUMEAUX DIZYGOTES (moins conflictuel ?).

Le test 16-PF, le High School Personality Questionnaire ou le Children's Personality Questionnaire furent proposés selon l’âge de chaque participant à ceux qui eurent des scores ESP hauts et bas. Des différences significatives ont été trouvées seulement sur la variable opposant la « dureté » à la « tendresse » au test 16PF.

La mère de ceux qui avaient des scores très élevés ou très bas en télépathie ne montraient pas de différence de personnalité au 16PF.

Fragments d’analyse d’une jumelle

J’ai eu l’occasion de recevoir Pierrette dont j’ai relevé les fragments suivant, en rapport avec sa gémellité par rapport à Paulette.

"Mon père s’est évanoui et ma mère n’avait pas prévu de prénom pour moi. (…) Le Pr. Zazzo avait fait sa thèse sur les jumeaux ; nous étions un des cas qu’il avait étudiés ; je n’ai jamais lu le livre ! (…) Paulette a la maladie de Gélineau et moi j’ai la maladie du sommeil, je m’endors ! (…) Plus tard : le Docteur m’a confirmé que j’ai la maladie de Gélineau ! (il s’agit de la narcolepsie caractérisée par des phases de somnolence et le passage abrupt en phase de sommeil avec rêve, accompagné d’une perte de tonus musculaire au niveau des jambes notamment).

Avec Frédérique, ma collègue, je joue aux jumelles ! Elle m’agace parce que je dépends d’elle ! Elle a épousé le cinéma, moi la poésie. En fait publier mes poèmes est une revanche sur Paulette qui n’a jamais écrit ! (…)

Je ne supporte pas l’idée de traverser un miroir ! Je ne pouvais pas lire Alice. C’est lié à l’idée de « jumelles ». (…) Paulette est très fatiguée. J’ai pensé à sa mort. Ce sera elle ou moi qu’il faudra voir mourir. Celle qui mourra la première ne sentira qu’elle-même !

Rêve : 2 bébés à la mer à Paulette et moi, on est toujours en retard (par ce qu’on ne supporte pas d’attendre ?)… [ou parce qu’elles voudraient être attendues, espérées, désirées ?] (…) Enfant, j’allais chercher le lait dans une ferme et je croyais toujours que j’allais trouver dans le fossé un bébé abandonné ! Dans ma vie, j’ai toujours été en trop ! Moi, je suis une moitié ! (…) Dans le jumelage, qu’il est difficile de supporter la faille de l’autre, parce que l’autre est plus nous que nous ! (…) J’ai le souvenir de sensations dans le ventre de ma mère, avec Paulette ! (…) Dans le ventre de ma mère, j’étais couverte de bleus ! Elle devait me prendre toute la place ! (…) Depuis que j’ai recommencé mon analyse (avec vous), j’ai une douleur mal placée. (...) Au cours de la première tranche d’analyse, j’ai eu un kyste ovarien : j’essayais d’enlever Paulette de mon corps. (…)  Rêve : c’était avec ma précédente analyste, il y avait ma sœur et moi dans la salle d’attente, mon analyste m’a prise en priorité. Je rêvais toujours d’ampoules à arracher ! (…)

Vous ne savez pas ce que c’est que d’être jumeau ! Jamais seule ! Il m’a fallu attendre toutes ces années pour être un peu seule ! Je n’ai pas dit à Paulette que je reprenais l’analyse ! (…) Je n’ai jamais mis en cause Paulette ! La seule bagarre que nous ayons eue, a été provoquée par ma sœur aînée ! J’ai paré un coup de casserole que Paulette a voulu me donner et c’est elle qui s’est blessée, elle a eu l’arcade sourcilière fendue. C’est à cette cicatrice qu’on nous reconnaît !

Un Rêve pour deux : une fois ma précédente analyste a été très en colère parce que Paulette m’a téléphoné chez elle, pendant ma séance ! Je lui ai reproché de m’avoir ainsi mangé sur la tête ! Etant enfant, dans un rêve, je mangeais le scalp de Paulette ; elle faisait le même rêve en même temps. Mon père avait surgi parce qu’on hurlait toutes les deux ! Paulette (ou moi) mangeait la tête coupée de l’autre. Chacune a fait le même rêve au même moment et on a fait venir notre père en hurlant toutes les deux.

Agape et les jumeaux

Au cours de la Recherche intitulée "Projet Agape", nous avons fait appel à des jumeaux pour tenter de mettre en évidence le phénomène de télépathie. Dans les conditions très strictes de notre recherche, et avec un petit nombre de paires de jumeaux, nous n'avons pas mis en évidence chez eux de phénomènes marquants de télépathie ou voyance.

M6 dans son émission "Normal Paranormal" du 12 Février 2002, s'est adressé au Dr Bernard Auriol pour tester au niveau télépathique deux jumelles, très convaincues d'avoir une communication extra sensorielle. Dans les contraintes de temps imposées par les journalistes de M6, nous avons pu procéder à deux séries de 15 essais. Il s'agissait pour la jumelle "réceptrice" de deviner la couleur tirée au sort (dans un sac de 25 billes, avec remise) par Monique Widmer et présentée, dans une autre pièce, à "l'émettrice". Il y avait cinq couleurs possibles. La moyenne de succès attendue au hasard était de 20% (1/5). La première salve donna six succès. Le journaliste demanda alors à Bernard Auriol si cela témoignait de la télépathie chez ces jumelles. Bernard Auriol - ignorant ce qui a été affirmé ci-dessous par Yves Lignon - répondit qu'il était difficile de conclure sur une série aussi restreinte et qu'il faudrait confirmer cette expérience par beaucoup d'autres. On procéda alors à une seconde expérience de 15 essais qui n'engendra que deux succès ! Cela me donne l'impression qu'aucune conclusion ne peut s'en dégager.

Commentaires d'Yves LIGNON adressés à Bernard Auriol

 

Durant l'emission televisee "Normal ? Paranormal ?" diffusée par M 6 le 12 fevrier 2002 on a pu voir Bernard Auriol utiliser, avec des soeurs jumelles, le protocole et l'appareillage qu'il a entierement conçus il y a deja de nombreuses annees pour l'étude de la télépathie.

Cette procedure est particulierement remarquable en ce sens qu'elle est exactement modelisee par le schema probabiliste dit d'"urne a tirages non exhaustifs" et qu'en consequence la variable aleatoire X "nombre de succès en n = 15 tentatives avec 5 choix de réponses possible pour chaque tentative" suit bien, sous l'hypothese du hasard, la loi binomiale de probabilite B ( 15 , . 2). B. Auriol ne tombe donc pas sous le coup de la critique de Feller-Diaconis qui avait été adressée a Rhine à propos de l'usage de la loi binomiale avec les tirages exhaustifs dans un paquet de 25 cartes de Zener (*).

Pour évaluer le résultat d'un ensemble de tentatives il suffit par conséquent d'utiliser les tables numériques de la loi binomiale. Lors de la démonstration proposée par Bernard Auriol il y a eu {x = 6 succès}. Si on note P (x, n, p) la probabilite d'obtenir d'obtenir x succès en n tentatives ayant chacune p chances d'être un succès sous l'hypothese du hasard ces tables donnent ici P (6, 15, .2) = .0430 valeur inferieure a .05 et satisfaisant donc au critère usuel de rejet de l'hypothèse du hasard.

La discussion autour de cette décision ne doit pas porter sur le nombre de tentatives : contester la décision de rejet en jugeant empiriquement le nombre de tentatives trop faible c'est tomber dans l'idée reçue. Etant donnés les paramètres statistiques d'une loi binomiale, on peut considérer ici que seul un nombre de succés allant de 1 à 5 est attribuable sans ambiguité au hasard. Pour x extérieur à cet intervalle restent en présence l'hypothèse ESP (sous la forme psi missing pour x = 0 ) et les "aberrations du hasard" (**).

 

 

Interprétation et hypothèses

1)      Quand nous nous tournons vers les preuves en laboratoire, nous trouvons que les jumeaux ont en effet des résultats en télépathie, mais pas significativement plus que des NON JUMEAUX MONOZYGOTES. Plusieurs études rigoureuses ont échoué à montrer en ce domaine une supériorité des JUMEAUX MONOZYGOTES sur les NON JUMEAUX MONOZYGOTES.

2)      Certains facteurs psychologiques entrent sans doute en jeu !

a.       Il y a une tendance pour les parents et l’entourage de traiter les JUMEAUX MONOZYGOTES de manière identique. Un jumeau peut être confondu avec l’autre. Il est évident que de tels JUMEAUX MONOZYGOTES peuvent ressentir cette pression qui les pousse vers une identification réciproque. Ils chercheront alors à établir leurs propres et uniques identités pour être des individus ! [ ils sont poussés à se vivre comme une unicité divisée, et pas comme des in-divisés ou individus !] Ainsi, des JUMEAUX MONOZYGOTES élevés ensemble pourraient être conduits à rejeter les pensées reçues télépathiquement - si elles existent, au niveau inconscient ou Subconscient ou Préconscient - de leur jumeau. Ce rejet serait vécu comme des intrusions, des menaces à leur propre identité. Ils préfèrent avoir leur propre pensée, leurs propres émotions. Ainsi la télépathie naturelle pourrait être supprimée chez des jumeaux élevés ensemble.

b.      D’un autre côté les JUMEAUX MONOZYGOTES et les JUMEAUX DIZYGOTES qui sont élevés séparément n’ont pas une telle pression à se montrer identiques et n’ont pas la nécessité de supprimer l’ESP comme un des moyens pour déclarer leur individualité ! De sorte que nous devons attendre une plus forte manifestation de l’ESP chez les faux jumeaux, chez les JUMEAUX MONOZYGOTES élevés séparément et chez les JUMEAUX MONOZYGOTES les plus jeunes, en tant que dans ces cas la suppression de l’ESP ne serait pas aussi probable [20] .

3)      Les jumeaux ont réellement une « capacité télépathique naturelle » mais probablement pas à un plus fort degré que d’autres personnes. Avant de conclure que les jumeaux sont des télépathes à un degré exceptionnel, nous devrions considérer deux autres facteurs.

a.       D’abord, puisque les JUMEAUX MONOZYGOTES sont tellement semblables dans leur apparence et quelquefois leurs habitudes, il est possible qu’ils soient l’objet d’une observation plus attentive en vue de découvrir de la télépathie entre eux. De sorte que nous trouvons plus de télépathie entre eux du fait de cette observation aiguisée. Si nous examinions aussi scrupuleusement d’autres groupes de sujets non JUMEAUX MONOZYGOTES, nous découvririons peut être autant de capacités ESP dans ces groupes également !

b.      Deuxièmement, nous savons que la télépathie ne fonctionne pas “à vide”, mais plutôt qu’elle utilise certains outils pour communiquer l’information à la conscience. Souvent, ces outils, ces « véhicules » impliquent l’activation de souvenirs, d’images ou de schémas comportementaux. Puisque les jumeaux partagent des souvenirs et des expériences, il peut être plus facile pour des JUMEAUX MONOZYGOTES que pour les autres, dans une tâche de télépathie, d’activer des souvenirs ou des images similaires. Ainsi, la façon dont l’ESP est manifestée risque d’être plus précise chez des JUMEAUX MONOZYGOTES et par là plus facile à mettre en évidence expérimentalement.

L’émotion joue une part très grande dans la communication et même l’intelligence. Le concept d’empathie reflète l’interprétation selon laquelle le degré de résonance émotionnelle est tel que les deux JUMEAUX MONOZYGOTES semblent partager le même espace, voire n’être qu’un seul être !

Avec cela,  vient

1.      l’idée de  partage d’un espace commun.

2.      La capacité de traverser les barrières, quelles qu’elles soient, et une transmission continue. Les vrais jumeaux semblent nous imposer l’idée de télépathie ou quelque chose d’inconnu qui y ressemble beaucoup

3.       Si les émotions gouvernent la communication humaine, alors la communication de l’un à l’autre sans l’emploi des mots, favorise l’image de la « vague » . Il y aura une résonance à laquelle est apposée une étiquette  par le receveur - on n’entend pas de mots dans la tête – on reçoit une sorte de sentiment qui provoque des associations, lesquelles peuvent conduire à l’émergence du mot correct (ou non) [21] .

4.      Une recherche qui me paraît cruciale a montré que si le phénomène de télépathie est plus fort chez les jumeaux monozygotes que chez les dizygotes, c’est sous la condition que le jumeau "émetteur" choisisse la cible à deviner. Si la cible est décidée par tirage au sort, cette différence disparaît.

Conclusion

Tout cela me fait conclure que le fait de télépathie est peut-être surestimé chez les jumeaux.

Il pourrait souvent s'agir

Cette communauté génétique et biographique implique une quasi-identité de tempérament, de caractère et de structure de l'inconscient.

Bibliographie

  1. M. Simonsen Le Conte Populaire Français, PUF, QSJ
  2. K. Ranke Die zwei Brüder, FFC, 114, Helsinki, 1934 (d'ap.Simonsen)
Google
  Web auriol.free.fr   


Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

© Copyright Bernard AURIOL (email : )

5 Octobre 2003

 



[1] Notes pour préparer l’émission YapasPhoto qui était prévue pour le 8 Janvier 2001 et qui fut annulée par défaut de disponibilité de jumeaux suffisamment spectaculaires dans un délai bref

[2] Le même  (to auto , idem ) appartient à la liste des « transcendantaux » médiévaux, c’est-à-dire que, dans un autre langage, l’identité est une notion d’ontologie formelle, comme ens  ou unum . Elle est transversale à tous les modes du discours ; sa généralité et son abstraction sont encore plus élevées que celles des oppositions catégoriales (cf. CATÉGORIES). Cette prééminence a comme contrepartie une relative indétermination ; il y a une difficulté intrinsèque à saisir l’identité, sur les plans les plus divers – logique et métaphysique, psychologique, anthropologique

[3] Le principe de la substitution salva veritate , ou « loi de Leibniz », peut être formulé de plusieurs façons qui reviennent à dire que « x  et y  sont identiques s’ils se correspondent dans toutes leurs propriétés ou, selon les termes de Russell et Whitehead, si toute fonction prédicative satisfaite par x  est aussi satisfaite par y » (© 1995 Encyclopædia Universalis).

[4] On peut évoquer ici les divergences qui opposent les psychanalystes à propos de l’émergence du narcissisme primaire. Selon certains (Lacan), l’appropriation spéculaire de l’image du corps propre serait le moteur de la toute-puissance narcissique ; selon d’autres (D. Lagache, D. W. Winnicott...), l’omnipotence serait liée à la perception du visage de la mère et à ses actes de séduction. Cette seconde hypothèse semble plus satisfaisante : le reflet spéculaire ne crée ni la représentation mentale de soi, ni son investissement affectif ; c’est le contraire qui est vrai, sans doute.

[5] filles de Danaos et assassines des fils du jumeau de leur père, Egyptos. Castor, dans le monde grec, était le patron des cavaliers, son frère jumeau Pollux était Pugiliste. 

[6] http://www.ping.be/chaosium/X-jumeaux.htm

[7] http://www.ping.be/chaosium/X-jumeaux.htm

[8] http://www.ping.be/chaosium/X-jumeaux.htm

[9] http://www.ping.be/chaosium/X-jumeaux.htm

[10] Joseph Wyatt,  Anne Posey, William Welker, and Carla Seamonds,  Natural Levels of Similarities Between Identical Twins and Between Unrelated People - Indian Skeptic Vol 2 No 12-8.htm (Reprints may be obtained from the first author at the Department of Psychology, Marshall University, Huntington, WV 25701, USA).

[11] in Anonymous; "British Twins Too Close for Trucker's Comfort," Baltimore Sun, December 8, 1980. p. A3. AP dispatch.

[12] GI Joe

[13] http://www.geocities.com/CollegePark/Classroom/1821/spring97.html

[14] Intervention de Madame Christiane CHARLEMAINE, Psychologue et Epidémiologiste génétique.

[15] Duane T, Behrendt T., Extrasensory electroencephalographic induction between identical twins. Science. 1965;150:367.

[16] CR de Alison Motluk dans la revue New Scientist

[17] Ervin Laszlo, The International Society for the Systems Sciences and The Club of Budapest, 1996

[18] Paul Lichtenstein1, and M. Reiss Baker, Department of Medical Epidemiology, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden 2 Bess and Paul Sigel Hebrew Academy, Bloomfield, Connecticut Address: Box 218, SE-171 77 Stockholm. Email: paul.lichtenstein@imm.ki.se, Phone +46 8 728 7424, Fax: + 46 8 304 571

[19] Gary-A. France et Robert-A. Hogan, Psychological Reports; 1973 June Vol 32(3, Pt 1) 707-710, 1973, Oklahoma State U. (PsycLIT Database Copyright 1976 American Psychological Assn, all rights reserved)

[20] in “the cd-rom   home”, Explorez plus au sujet des phénomènes Psi grâce au Cd-Rom « Psi Explorer » de Mario Varvoglis et Christine Hardy

[21] Chris Lofting


(*) Les americains William Feller et Persi Diaconis sont (le premier pour la periode des annees 40 - 50, le second depuis 1975) deux des plus importants statisticiens du dernier siecle. Feller est l'auteur d'un important ouvrage de statistique theorique (...). En arrivant a Duke University, en 1940, Feller était bien decide a remettre en cause la caution apportee a Rhine par le Congres de Statistique Mathematique de 1938. S'ensuivit un affrontement vigoureux mais courtois avec Greenwood (statisticien associe au laboratoire de Rhine) a l'issue duquel Feller reconnut que meme si ses objections
etaient mathematiquement fondees le caractere approximatif de la modelisation utilisee n'affectait pas irremediablement les resultats. Diaconis a repris la critique de Feller mais en se contentant d'attirer l'attention sur les insuffisances de la modelisation.

(**) Selon la problematique de Borel. Sommairement ce sont les "aberrations du hasard" qui font qu'en jetant a de nombreuses reprises une piece de monnaie parfaitement equilibree on peut obtenir des sequences de resultats identiques.Toujours selon cette problematique (paradoxe du singe dactylographe) les "aberrations du hasard" peuvent
cependant etre exclues pour x superieur ou egal a 12 en 15 tentatives.