Parapsychologie à l' École

Dr Bernard Auriol et Nanou Auriol

(Montalembert, Toulouse, 1974)

 

(English Translation)

Hypothèses

Nous sommes partis de l'hypothèse classique selon laquelle les facultés étaient présentes dans une population tout venant (H1).

Nous voulions aussi tenter de vérifier si les facultés PSI dépendent de l'âge ou de la "classe" d'appartenance scolaire des protagonistes : les enfants plus jeunes auraient-ils de meilleurs résultats que les élèves plus âgés ? (H2).

 Existait-il une possibilité de "conditionnement opérant" (Skinner) de style "bio-feedback" sur la base d'un petit nombre d'essais (60 tirages répartis en quatre salves de 15). Un tel apprentissage devrait être mis en évidence par l'utilisation de notre "appareil d'apprentissage", même pour un nombre restreint d'essais entre les divers protagonistes. (H3)

Enfin, nous pensions qu'il pourrait y avoir une influence du "tour de rôle" lorsque le sujet précédemment agent devenait percipient et réciproquement ("percipient order effect")... (H4)

 



Protocole

Grâce à la bienveillance du frère Cazères (†), Professeur au Lycée catholique Montalembert à Toulouse et du frère Thénoz (Directeur), nous avons pu demander, dans chaque classe où les contraintes pédagogiques le permettaient, que se manifestent des volontaires, par paires d'élèves se considérant comme de "bons copains". Cette suggestion nous mettrait, pensions nous, dans des conditions plus favorables que si les paires étaient formées de manière aléatoire. Il est en effet courant de supposer que les phénomènes touchent de préférence des couples d'individus affectivement liés ou très liés (H5 non testée).

Les deux enfants étaient alors conduits dans un local que l'établissement avait mis à notre disposition et qui permettait un espacement suffisant et une disposition rendant improbable la transmission d'informations par "tricherie" ou par "cumberlandisme".

Dans ce local étaient disposés les deux postes de l'appareil de "bio-feedback télépathique" avec pour le poste "agent" l'adjonction d'un sac de 60 billes résultant du mélange de 5 jeux de douze billes. Les billes de chaque jeu étant colorées de manière distincte : Bleu, Vert, Jaune, Rouge, Violet.

Les deux joueurs étaient informés qu'il s'agirait d'un essai de transmission de pensée et qu'ils seraient tour à tour sollicités pour "envoyer" ou "recevoir" une information tirée au sort parmi cinq possibles.

L'expérimentateur (-trice) donnait alors la consigne à l'agent de mélanger puis tirer au sort une bille, d'enclencher l'interrupteur correspondant, de remettre la bille dans le sac et de frapper deux coups pour avertir le percipient que c'était à son tour de jouer.

Ce dernier devait alors tâcher de deviner quelle était l'information cible et fermer un des cinq interrupteurs.

Quand il y avait coïncidence de l'information "émise" et de l'information "reçue", les deux élèves étaient récompensés par l'illumination de deux ampoules au moment ou le percipient enclenchait l'interrupteur. En cas d'échec, rien de particulier ne se passait et l'agent devait jouer le coup suivant.

Chaque enfant devait "émettre" 60 fois en quatre séries de 15 séparées par une pause de quelques minutes. L'espérance mathématique du succès étant alors de 3 par série, et de 4*3=12 pour l'ensemble des soixante essais.

Lorsque les 60 essais étaient terminés, les joueurs changeaient de place de sorte que l'agent devenait percipient et réciproquement.

L'expérimentateur (-trice) notait ce qui lui paraissait remarquable ainsi que le nombre de bons résultats pour chaque série.

Résultats

Nous avons pu tester ainsi 59 paires d'élèves, tous du sexe masculin. Nous avons donné à chaque paire de sujets un N° dans le fichier et un "identifiant" dans l'ordre de recueil des observations. On trouve ensuite le nom et la date de naissance (aammjj) du sujet ayant, en premier, joué le rôle d'agent. Les mêmes informations sont ensuite données pour le sujet ayant en premier, joué le rôle de percipient. On a ensuite noté leur classe (commune) d'appartenance scolaire. Viennent ensuite le nombre de succès pour les quatre salves successives de quinze tirages (Ess1, Ess2, Ess3, Ess4) et leur Total (Tot1 = Ess1+Ess2+Ess3+Ess4). Nous avons également noté des remarques lorsque le comportement des enfants présentait quelque particularité. On trouve à la suite les mêmes informations concernant les salves réalisées après renversement des rôles : le sujet agent devient percipient et réciproquement (Ess5, Ess6, Ess7, Ess8, Tot2).

1) Présence de facultés (H1) ?

L'étude statistique a été réalisée en utilisant le logiciel Flash et NCSS. Voici l'Histogramme (fig. 1) du nombre de succès par salve de quinze essais, tous sujets étant confondus (sens A ==> B et sens B ==> A).

Fig. 1

La question est de savoir si ces résultats sont compatibles avec l'hypothèse nulle : à savoir, sont ils compatibles avec ce qu'aurait donné un tirage aléatoire ?

L'espérance mathématique qu'on attendrait d'un tel tirage est de 3 (une chance sur cinq; quinze tirages). La moyenne pour l'ensemble des observations est de 3.35 succès pour quinze tirages. La déviation standard étant de 1.71   . Si on compare la moyenne à l'espérance mathématique d'un tirage aléatoire, on obtient : T = 4.52 ce qui est très significatif ( p < .0001) (fig. 2).

Mean - Average

3. 35

Number of  observations

476

Lower 95% c.i.limit

3.20

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.51

Sum of frequencies      

476

Adj sum of squares   

1380.71

Sum of observations     

1596

Standard deviation

1.71

Standard error of mean       

0.08

Variance

2.91

T-value for mean=3      

4.52

Coefficient of variation   

0.51

T probability level            

0.00001

Skewness

0.38

Kurtosis               

- 0.26

Normality Test Value 

0.98

Reject if  > 1.01 (10%) ; if > 1.02 (5%)

fig.2

Si nous étudions, de la même façon le total des quatre salves, nous avons une moyenne supérieure à 13,4 qui diffère très significativement de l'espérance mathématique qui est 12. Nous remarquons que l'histogramme des totaux a une allure plurimodale (fig. 3 & 4).


Nous pouvons donc raisonnablement exclure que ces résultats soient le fait du hasard ! La population de paires d'enfants testés répond d'une façon qui implique une certaine  communication entre eux , indépendante des voies sensorielles standards, lorsqu'ils se soumettent à notre protocole.

Variable: TOTAL

Mean - Average

13.41

Number of  observations

119

Lower 95% c.i.limit

12.68

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

14.14

Sum of frequencies      

119

Adj sum of squares   

1911

Sum of observations     

1596

Standard deviation

4.02

Standard error of mean       

0.37

Variance

16.19

T-value for mean=12      

3.83

Coefficient of variation   

0.30

T probability level            

0.0002

Skewness

0.02

Kurtosis               

0.66

Normality Test Value 

1.06

Reject if  > 1.04 (10%) ; if > 1.07 (5%)

fig. 3

fig. 4

bins

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

0-1.5

1.5-3

3-4.5

4.5-6

6-7.5

7.5-9

9-10.5

10.5-12

12-13.5

13.5-15

15-16.5

16.5-18

18-19.5

19.5-21

21-22.5

22.5-24

1

0

0

1

6

3

15

9

27

11

25

4

7

4

4

2

fig. 4 bis

2) Effet de l'age ? (H2)

 Nous voulions tenter de vérifier si les facultés dépendent de l'âge ou de la "classe" d'appartenance scolaire des protagonistes (H2).

Nous avons étudié trois paramètres en fonction de l'âge et de la classe scolaire : le total des succès (sur 60 coups) (Tot), la pente (Pt) existant au niveau de la droite de régression établie sur les quatre salves de 15 coups chacun et la valeur absolue de cette même pente (PtA).

Les figures 5 et 6 montrent clairement qu'on ne peut écarter l'hypothèse d'une pente nulle. Il n'existe pas de relation linéaire, vérifiable par notre protocole, entre l'âge ou la classe des deux protagonistes et leur performance [1] , ou leur supposée pente d'apprentissage en quatre salves de quinze essais.

 

Fig. 5

Classe

T

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

Median

9

11

13

9

14

14

16

11

13

12

14

11

Average

9

10.5

13.3

9.5

14.3

15.2

15.9

12.1

13.6

12.6

14.1

12

s.d.

3

1.8

2.1

1.5

3.3

4.6

3.8

4.5

1.3

3.2

3.3

5.7

Number

2

6

8

2

10

9

16

10

8

18

18

12

Fig. 6

Effet d'Apprentissage ? (H3)

Nous avons montré par ailleurs [2] qu'un usage multi-répétitif de notre appareil permettait à deux personnes très motivées d'améliorer significativement leur performance . Nous voulions ici tester l'hypothèse selon laquelle, un usage très bref de ce dispositif pourrait avoir un effet analogue, même si dans des proportions beaucoup plus faibles : le nombre de sujets pourrait compenser la brièveté de chacune des sessions.

S'il en était bien ainsi, nous devrions observer de meilleures performances dans la dernière (et l'avant-dernière) salve que dans la première (et la seconde).

Pour nous donner une idée du phénomène, établissons le graphique du nombre des succès en fonction du rang de la salve considérée: nos données sont compatibles avec l'hypothèse d'une pente nulle de la régression linéaire (fig. 7 et 8).

Fig. 7

No. of individuals : 476

s.d. : 1.7

Test = 0.05 x No + 3.2 

Ord. Nb. of tests :  1..4

Dispersion : 50.8

Correlation : 0.03

Test : 0..8

Average : 3.4

Test of hypothesis : zero gradient (No significant)

Fig. 8

Etudions chaque salve de manière plus précise.

Nous observons que le rejet de l'hypothèse du hasard peu défendable sur la première salve (p < 0.09) est acquise à la seconde salve (p < 0.05) et plus encore aux deux dernières (p < 0.02). Les données nous confortent donc d'autant plus dans la conviction que nous devons rejeter l'hypothèse nulle (i.e. H1 = 0) que le rang de la salve est élevé.

D'autre part, l'étude des variances de groupe  montre que la première salve se distingue significativement de la seconde (p < 0.05), mais pas nécessairement de la troisième ni de la quatrième. La seconde se différencie significativement de la quatrième mais pas nécessairement de la troisième. La troisième salve ne se différencie pas significativement de la quatrième. L'ensemble suggère l'existence de variations dans les résultats au fur et à mesure que se déroule l'expérience d'envoyer (agent) et / ou de recevoir (percipient) les quatre salves.

L'étude de la valeur moyenne de chaque salve selon son rang montre une tendance non significative à l'accroissement (moy des salves 1 et 2 = 3,29 / moyenne des salves 3 et 4 = 3,42).

Pour chaque série de quatre salves (de la première à la quatrième), nous pouvons calculer un indice, que nous appellerons "pente de cette série" (régression linéaire calculée sur les quatre points représentatifs des quatre salves). La valeur moyenne de cette pente est-elle significativement différente de 0 ? Non !

Si nous prenons en considération la Valeur Absolue de la pente (PtA), alors nous observons que sa valeur est proche de 0,96.

Mean - Average

0.96

Lower 95% c.i.limit

0.82

Upper 95% c.i.limit

1.10

Std.error of mean

0.07

Fig. 9

"percipient order effect" ? (H4)

Haraldsson a insisté sur la possible existence d'un "percipient-order effect" : il a dégagé cette notion d'expériences dans lesquelles deux sujets jouaient tour à tour le rôle d'agent et de percipient. "The first percipient tended to obtain ESP scores below the mean chance expectation, the second percipient above, with the resulting difference in ESP performance between the first and second percipients being statistically significant".

Cet effet - s'il existe - pourrait être l'indice d'un apprentissage : le couple dans la deuxième condition bénéficiant de l'expérience acquise pendant la première condition; par exemple, le fait d'avoir joué le rôle de percipient permettrait au nouvel agent de mieux "adresser" son message...

Il pourrait aussi s'agir d'un phénomène relationnel d'ordre inconscient tel que le second percipient s'autoriserait d'autant plus de l'être qu'il aurait déjà joué le rôle "actif" dans la phase précédente. Si telle était la bonne explication, cet effet serait instable et dépendrait beaucoup de la dynamique inconsciente des participants, de la façon dont on leur aurait distribué les rôles, etc.

Dans l'expérience de Haraldsson, l'ordre était déterminé à pile ou face : on demandait à l'un des sujets sa préférence, puis on jouait à pile ou face si on y accéderait ou non.

Dans notre expérience "Montalembert", le choix des rôles revenait aux protagonistes, l'expérimentateur (-trice) se contentant d'indiquer qu'ils eussent à se les distribuer.


Descriptive Statistics       (Detail Report)

fig. 10

Variable: ESSAI 1

Mean - Average

3.35

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.89

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.80

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

169.10

Sum of observations     

194

Standard deviation

1.72

Standard error of mean       

0.23

Variance

2.97

T-value for mean=3      

1.52

Coefficient of variation   

0.52

T probability level            

0.13

Skewness

0.87

Kurtosis               

0.38

Normality Test Value 

1.11

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 11

fig.12

Variable: ESSAI 2

Mean - Average

3.38

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.93

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.83

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

165.65

Sum of observations     

196

Standard deviation

1.71

Standard error of mean       

0.22

Variance

2.91

T-value for mean=3      

1.70

Coefficient of variation   

0.51

T probability level            

0.10

Skewness

0.24

Kurtosis               

-0.58

Normality Test Value 

0.94

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 13

fig.14

Variable: ESSAI 3

Mean - Average

3.55

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

3.10

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

4.01

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

170.35

Sum of observations     

206

Standard deviation

1.73

Standard error of mean       

0.23

Variance

2.99

T-value for mean=3      

2.43

Coefficient of variation   

0.49

T probability level            

0.02

Skewness

0.42

Kurtosis               

-0.48

Normality Test Value 

0.88

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 15

fig.16

Variable: ESSAI 4

Mean - Average

3.33

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.89

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.77

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

160.78

Sum of observations     

193

Standard deviation

1.68

Standard error of mean       

0.22

Variance

2.82

T-value for mean=3      

1.49

Coefficient of variation   

0.51

T probability level            

0.14

Skewness

0.38

Kurtosis               

-0.09

Normality Test Value 

0.997

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 17

fig.18

Variable: ESSAI 5

Mean - Average

3.22

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.76

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.69

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

170.35

Sum of observations     

187

Standard deviation

1.77

Standard error of mean       

0.23

Variance

3.12

T-value for mean=3      

0.97

Coefficient of variation   

0.55

T probability level            

0.34

Skewness

0.52

Kurtosis               

-0.17

Normality Test Value 

1.00

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 19

fig.20

Variable: ESSAI 6

Mean - Average

3.22

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.88

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.57

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

100.09

Sum of observations     

187

Standard deviation

1.33

Standard error of mean       

0.17

Variance

1.76

T-value for mean=3      

1.29

Coefficient of variation   

0.41

T probability level            

0.20

Skewness

0.18

Kurtosis               

-0.48

Normality Test Value 

0.98

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 21

fig.22

Variable: ESSAI 7

Mean - Average

3.38

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.95

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.81

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

149.66

Sum of observations     

196

Standard deviation

1.62

Standard error of mean       

0.21

Variance

2.63

T-value for mean=3      

1.78

Coefficient of variation   

0.48

T probability level            

0.08

Skewness

0.43

Kurtosis               

-0.06

Normality Test Value 

1.04

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 23

fig.24

Variable: ESSAI 8

Mean - Average

3.47

Number of  observations

58

Lower 95% c.i.limit

2.97

Number of missing values

0

Upper 95% c.i.limit

3.96

Sum of frequencies      

58

Adj sum of squares   

200.43

Sum of observations     

201

Standard deviation

1.88

Standard error of mean       

0.25

Variance

3.52

T-value for mean=3      

1.89

Coefficient of variation   

0.54

T probability level            

0.06

Skewness

0.11

Kurtosis               

-0.68

Normality Test Value 

0.90

Reject if  > 1.08 (10%) ; if > 1.13 (5%)

fig. 25

 

fig.26

L'analyse en Composantes Principales des résultats considérant toutes les salves de chaque paire (quatre + quatre) comme une observation (fig. 54 à 59), nous permet de constater que les totaux (utilisés comme variables supplémentaires) du sens A=>B et du sens B =>A apparaissent comme strictement orthogonaux et donc indépendants (au moins quant aux deux premiers axes) [3] . Nous constatons aussi que les deux premiers axes s'expliquent presque entièrement par ces deux totaux, ce qui donne une forte cohérence aux différentes salves de sens A=>B et à celles de sens B=>A, tout en différenciant nettement les salves de sens A=>B des salves de sens B=>A ...

Fig. 27

 

Nous pouvons comparer le Total du premier sens (Total 1) avec le Total du second sens (Total 2). Ils diffèrent tous deux très significativement ( p < 0,01) de l'espérance mathématique (= 12) Nous constatons que les moyennes en sont peu différentes, avec une tendance non significative (prob. Ho = 0.25)  à être plus élevée pour le Total 1 que pour le Total 2 (diff. 0.3).

Si on compare le total dans le premier sens au total apparié dans le second sens, la valeur de T tombe à 0.47 ce qui est encore moins significatif (prob. = 0.64). Les deux totaux ont un coefficient de corrélation de 0,12.

Notons au passage que les deux totaux diffèrent très significativement ( p < 0.003 pour Total1; p < 0.009 pour Total2) de l'espérance mathématique (= 12 ).

On peut aussi comparer les pentes: Pt1(A-->B)=  0,02; Pt2(B-->A) = 0,15. Cela suggère une pente sept fois plus importante pour le deuxième sens que pour le premier. Cependant, cette différence n'est pas significative (prob.= 0,48).

   

Pente1(A B)

 

Pente2(B A)

Count – Mean

58

- 0.02

58

0.15

95% C.L. of Mean    

 

- 0.30

0.34

 

- 0.18

0.47

Std.Dev

 

1.23

 

1.22

- Std.Error 

 

0.16

 

0.16

fig. 28

 

Discussion

1°)   Nous étions partis de l'hypothèse classique selon laquelle les facultés Psi étaient présentes dans une population tout venant (H1).
Nous avons pu confirmer cette hypothèse relativement à un échantillon des élèves d'un établissement scolaire de notre région : alors que le tirage au sort aurait donné 3 succès pour 15 tirages, nous en avons obtenu 3,35. Ce résultat modeste en apparence, est pourtant, statistiquement très significatif (T > 4,5 ; p< .0001).

2°)   Nous voulions aussi vérifier si les facultés Psi dépendent de l'âge ou de la "classe" d'appartenance scolaire des protagonistes : les enfants plus jeunes auraient-ils de meilleurs résultats que les élèves plus âgés ? (H2).

Nous n'avons obtenu aucun indice qu'il en soit ainsi.

3°)   Existait-il une possibilité de "conditionnement opérant"  sur la base d'un petit nombre d'essais ? (H3).

Nous n'avons pas davantage confirmé cette hypothèse. Nous avons cependant constaté que les différentes salves n'étaient pas équivalentes : ceci suggère l'idée que les variations observées sur un petit nombre d'essais en plusieurs salves pourraient dépendre, non d'une plus grande habileté à se communiquer l'information, mais peut-être d'une attitude fluctuante à l'égard de celle-ci : certains élèves réussissent bien, d'autres évitent systématiquement de réussir alors que le plus grand nombre semble hésiter et passer d'une attitude à l'autre.

4°)  Enfin, nous pensions qu'il pourrait y avoir une influence du "tour de rôle" lorsque le sujet précédemment agent devenait percipient et réciproquement ("percipient order effect")... (H4)

Cette dernière hypothèse ne reçoit pas de confirmation, au moins quant à la belle simplicité que nous lui connaissons dans les travaux de Haraldsson ! La même remarque que pour H3 s'applique ici : Les salves sont structurées différemment, mais les résultats ne varient pas notablement.

Conclusions

Nous avons confirmé, (sous réserve de la validité de notre protocole) l'hypothèse selon laquelle l'ESP est largement répandue même si son expression est modeste.

Cette faculté Psi, même avec un appareillage adéquat, ne peut être facilement améliorée au cours d'un petit nombre d'essais (60).

Elle ne semble pas varier massivement avec l'âge.

L'effet de l'ordre des intervenants dans une paire de sujets jouant tour à tour le rôle d'agent et de percipient ("percipient order effect") n'a pu être confirmé.

 

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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

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10 Juin 2002