Dr Bernard Auriol
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"ci sono persone
che sanno tutto, ma questo è tutto quello che sanno"
il y a des gens qui savent tout, mais c'est tout ce qu'ils
savent
Niccolò Macchiavelli (Machiavel)
A number of psychotherapists have noted that, during a session, they experience memories, feelings, attitudes, and associations that are outside the normal scope of their experience and personality. At the time these strange items are experienced they are indistinguishable from the memories, feelings and related sentiments of the therapists themselves; it is only later, on reflection, that they come to realize that the anomalous items stem not from their own life and experience, but from their patient (after Ervin Laszlo, 1996). set purpose I'll take several cases I imagined we could see any parapsychological view into them. I will deliberately study these cases as psychical to get clues about the meaning and chance coming conditions of such phenomena; pure heuristic attitude to produce working hypothesis if not dead certitudes. |
"Un membre d'une tribu de daltoniens ne pourrait-il former l'idée de se représenter des hommes d'une espèce étrangère à la sienne (que nous nommerions 'voyants normaux') ? Ne pourrait-il par exemple montrer sur la scène d'un théâtre un tel voyant normal ? De même qu'il pourrait représenter également un homme qui aurait le don de prophétie sans le posséder lui-même. Cela est pour le moins imaginable."
Ludwig Wittgenstein[1]
"La faculté de divination (qu'on rencontre chez les prophètes) existe dans tous les hommes, mais varie par le plus et le moins; elle existe particulièrement pour les choses dont l'homme se préoccupe fortement et dans lesquelles il promène sa pensée. Tu devines par exemple, qu'un tel a parlé ou agi de telle manière dans telle circonstance, et il en est réellement ainsi. Tu trouves tel homme chez lequel la faculté de conjecturer et de deviner est tellement forte et juste, que presque tout ce que, dans son imagination, il croit être, est (réellement) tel qu'il se l'est imaginé, ou l'est (du moins) en partie. Les causes en sont nombreuses, (et cela arrive) par un enchaînement de nombreuses circonstances, antérieures, postérieures et présentes; mais, par la force de cette faculté de divination, l'esprit parcourt toutes ces prémisses et en tire les conclusions en si peu de temps qu'on dirait que c'est l'affaire d'un instant. C'est par cette faculté que certains hommes avertissent de choses graves qui doivent arriver."
Moïse Maïmonide
Sur la base d'une bibliographie déjà impressionnante concernant l'authenticité de transfert d'informations entre des individus éloignés par l'espace ou / et par le temps, nous n'avons plus de nécessité intellectuelle à écarter par méthode "l'explication" (?) parapsychique pour rendre compte de certains phénomènes fréquents pour lesquels une explication plus "rationnelle" semble plus laborieuse.
Dans ce travail je rapporte un certain nombre de vignettes cliniques dont j'ai imaginé, sur le moment, qu'on pouvait y voir quelque chose de parapsychologique. J'examinerai plus tard ces cas avec le parti-pris que s'y exerce effectivement un phénomène para-psychologique; ceci pour tenter d'en extraire des indications sur les conditions d'apparition et la signification de tels phénomènes, sous l'hypothèse la moins critique possible quant à une prégnance très extensive de tels mécanismes. Il s'agit donc d'une attitude purement heuristique destinée à dégager des hypothèses de travail plutôt qu'à établir des certitudes !
Bien entendu, la désignation des personnes et les détails indicatifs ont été modifiés pour rendre impossible lattribution de telle ou telle anecdote à une personne existante.
"On observe
pour voir ce qu'on ne verrait pas si l'on n'observait pas."
Ludwig Wittgenstein
Dans la technique du Rêve Eveillé, au moins sous une de ses formes, il est accoutumé de proposer au patient un thème à partir duquel ce dernier construira un scénario imaginaire dont il sera lui-même le protagoniste principal. Ce thème peut être choisi dans une liste. Recevant Sylvie, le thérapeute propose ce jour là, contrairement à son habitude, un thème qui est au fond de sa liste au lieu d'utiliser simplement le suivant selon lordre standard.
Thérapeute : Je vous propose d'imaginer un escalier en colimaçon...
Patiente : C'est un escalier en bois doré, très étroit. Ne peut monter qu'une seule personne à la fois. Il n'y a aucune perspective et on ne sait où l'on est qu'à l'arrivée. C'est un tunnel qui monte. ça m'étourdit de monter ça... surtout qu'il est serré... Il n'y a pas de fenêtre. Hier jai monté un tel escalier chez quelquun !(...)
Commentaire : Le comportement inhabituel du thérapeute prend ici l'allure d'une initiative qui pourrait correspondre à l'une ou l'autre des explications suivantes :
1) passage à l'acte de la part du thérapeute ayant coïncidé fortuitement avec une donnée propre à la patiente
2) intuition ayant valeur d'interprétation quant à la situation psychique actuelle de la patiente (acte analytique)
a) cette intuition pourrait être basée sur l'ensemble des interactions intervenues entre patient et thérapeute depuis l'origine de leur rencontre
b) elle pourrait être la transmission parapsychique de l'un des contenus actuels de la conscience de la patiente.
Cette dernière, dans le reste de la séance ne produit pas de contenu très particulier par rapport aux autres séances. L'escalier est utilisé comme s'il s'agissait d'un reste diurne pour produire un rêve. Le thérapeute manifestait qu'il était "sur la même longueur d'onde" que la patiente en proposant une image qui était présente pour elle et qui appartenait aussi à la "liste". Par ailleurs le conflit {ça / surmoi} est très présent chez elle et symbolisée par l'axe vertical...
« J'ai rêvé de bonbons, gâteaux, énorme pain avec un manche comme une sucette. 80 Fr 90 ..... 84,70 Fr ! Trop cher, je l'ai laissé; 84 Frs pour un pain ! »
Le thérapeute pense alors « elle est née en 48; si on inverse le nombre ça donne 07.48 à ça ne colle pas puisqu'elle est née en juin et non en juillet... »
La patiente déclare alors : « 84 c'est l'inverse de mon année de naissance ! Mais 70 ça ne va pas pour Juin ... »
Commentaire : Il est très curieux de constater ce parallélisme de la pensée à propos d'une interprétation qui n'a rien d'évident, y compris de lautocontestation de cette interprétation !
Lanalysante cite divers évènements concernant des voitures, notamment deux accidents dont elle fut témoin.
Bizarrement, vient soudain à l'esprit de l'analyste l'image du Dr Melhado, musicothérapeute espagnol avec qui il est en relation.
Elle continue : « Cet été, en Espagne, on était derrière une voiture conduite par quelqu'un en difficulté : visiblement il avait bu. Ca m'a déclenché la panique ! »...
Commentaire : sil y a ici transmission, on ne peut dire sil sagit dune représentation de mot ou de chose. LEspagne évoquant beaucoup dimages aux deux protagonistes.
[L'analyste limagine avec des tas d'enfants]
« Je suis contraceptée, je ne voulais pas revenir ici sans être contraceptée » [elle rit...]. « Je me suis fait mettre un stérilet. J'ai des images d'accouchements, de naissances, de petits bébés qui naissent !... »
Commentaire : Le rire, témoin dun surgissement de linconscient, suggère que tous ces enfants pourraient venir des séances danalyse. On peut interpréter dans le même sens la représentation que se fait delle (« avec des tas denfants ») lanalyste. Comme fin dun conte de fées : « ils furent heureux et eurent beaucoup denfants ». Cependant, le parallélisme très fort entre les deux fantasmes et la coincidence temporelle, suggèrent quune telle communication dinconscient à inconscient comporte plus quune convergence fortuite, une véritable transmission dinformation, au moins quant à limage quantitative dune multitude de grossesses.
[L'analyste, la veille au soir a remarqué que l'un de ses familiers rongeait ses ongles. En début de séance, il remarque les ongles rongés de l'analysante...]
Lanalysante : « Hier soir l'image de mes ongles rongés m'a frappée : ça me faisait mal et ce mal me donnait envie de les manger plus encore... Mes surs aussi rongeaient leurs ongles. Les miens étaient très durs mais je disais "j'y aurai du mal, mais j'y arriverai" (à les ronger) ! ... pour faire comme tout le monde apparemment !.... Ma mère raconte cette anecdote très souvent ! »
Commentaire : le thérapeute a, peut-être, été frappé par les ongles rongés parce qu'elle même s'en préoccupait; inversement, elle peut avoir porté plus dattention à son tic parce que (sans quelle le sache consciemment) le thérapeute se souciait de ce détail pour une autre personne...
[Le thérapeute pense à un collègue qui l'attendait la veille au soir en pianotant sur son ordinateur]
L'analysante, parlant de son mari : « Daprès lui, je 'fais ma crise' ! Et il reste devant son ordinateur !... »
[Le thérapeute pense à une amie, psychologue clinicienne à Castres...]
Le patient : « La prochaine séance, j'en profiterai pour aller voir un ami à Castres... »
Commentaire : le thérapeute est ici probablement récepteur dans la mesure ou le patient avait pensé avant cette séance comment il sorganiserait pour la prochaine : venant de loin, il pourrait facilement faire un crochet par Castres.
Vrédine Maryse « Je suis devenue une mère de famille, travailleuse, respectée, plus du tout farfelue; c'est comme si ma mère avait gagné ! ».
[Vient à lesprit de l'analyste une soirée quil a passée chez une amie artiste peintre. Plus précisément, il pense au moment où une jeune femme lesbienne était entrée avec deux compagnes, qu'elle avait invitées]...
Maryse poursuit « J'ai vécu pendant un an avec une fille; cela était dur à assumer. J'ai promis à ma mère de rompre, et j'ai rompu ! ».
Le thérapeute, sans savoir pourquoi, imagine sa poitrine comme tombante, jusqu'à l'estomac...
Elle raconte : « Jétais dans un appartement avec mon copain. Un type désagréable, petit, venait le chercher et me niait totalement. J'étais avec une chemise de nuit, un grand chandail, la poitrine extrêmement tombante. J'ai peur d'être enceinte car j'ai un retard de règles et que ma grossesse n'aboutisse à cela ».
Commentaire : on peut interpréter le "type désagréable, petit", comme étant le futur "petit", le bébé à venir (elle ne fut enceinte que plusieurs mois plus tard et en fut, alors, très heureuse...). Elle envisage une crainte esthétique relativement à ses attributs de mère, les seins qui pourraient être abîmés par la grossesse ou lallaitement. Le thérapeute semble avoir reçu cinq sur cinq...
Le thérapeute a eu l'occasion de voir l'avant veille la vidéo cassette du film « l'exorciste ».
La patiente: J'ai rêvé d'une fille qui me poursuivait, voulait me tuer. C'était une incarnation du mal... A un moment je n'en ai plus eu peur...
utilisation de ce rêve nocturne comme point de départ de rêve éveillé:
La patiente: Elle a un visage animal, comme un diable féminin, des yeux méchants, les dents longues, elle rit avec méchanceté. Ses cheveux sont longs, avec des couettes. Elle n'est pas grande. Je devais avoir douze ou treize ans, elle aussi. Elle est à la distance d'un bras. On peut être sur un palier; l'escalier en bas, personne autour. Elle a une robe bouffante, une ceinture froncée jusqu'aux genoux. Elle est habillée comme une petite fille modèle, angélique au départ. Elle veut m'attraper et je ne veux pas. ça la fait rire.
Thérapeute: Quel est son nom ?
La patiente: Elle dit Sandra... peut-être à cause de "cendres". Elle veut m'attraper. Pour des-cendre, j'ai peur qu'elle m'attrape. Elle veut faire de moi ce qu'elle veut. C'est une capricieuse. (...) Je vais avoir mes règles.
« J'ai envie d'écrire une Don Juanne qui serait fécondante, une accoucheuse qui mettrait les autres sur la voie puis irait ailleurs... Le Père Goriot est un personnage qui m'a toujours beaucoup touchée. La relation avec ses filles. Hier, je relisais le livre que mon père a écrit. Il est Grand Père mais écrit en première personne l'histoire d'une jeune fille de quinze ans. »
[La veille, le thérapeute a regardé avec sa famille une vidéo cassette du Père Goriot]
« J'ai rêvé que j'avais un doigt cassé. J'ai pensé au médecin qui avait fait une remarque au sujet de ma fille, parce qu'elle suce son pouce.
Je m'occupe d'une petite fille à qui on a coincé les doigts dans une portière... Depuis, quoique droitière... Depuis, quoique droitière à l'origine, elle écrit avec sa main gauche. Elle me touche beaucoup...
Moi-même, je suis devenue droitière, contrainte et forcée. L'ambiance scolaire ! J'entends les gens parler : 'elle écrit mal, c'est sale... Elle ne veut pas écrire avec sa main droite...' L'enfant que j'étais à l'époque me fait beaucoup de peine !. Tout ce que je pouvais endurer ! J'en veux beaucoup à la maîtresse ! Elle, elle aurait dû savoir ! »
[L'analyste a écrit, la veille, un article au sujet de la genèse de la latéralité. Il l'a corrigé juste avant de recevoir cette analysante et compte l'expédier dans la journée.]
L'analyste pense au début et à la fin de la nuit dernière : il s'est efforcé de se coucher et de se lever sans bruit pour éviter de déranger un hôte avec qui il avait, par ailleurs, un conflit.
« Depuis le début de ma psychanalyse, il y a deux moments difficiles du point de vue de la communication : le début et la fin de chaque séance ! ... Etre obligée de parler est une violence. Je me fais violence : il y a là une connotation d'agressivité, autant au début qu'à la fin de la relation ! Je suis frustrée par les fins de séance. »
[Le thérapeute pense au lustre qu'un précédent client avait bousculé avec sa tête une heure avant : « pouvait-il tomber ? peut-être ne l'avait-il pas assez solidement fixé ? S'il tombait sur un patient ? »]
François : « Je me sens béat ! Bien détaché de l'environnement... Le ciel pourrait me tomber sur la tête que... Je me dis 'jusqu'à présent, tu t'en es bien tiré, y a pas de raison que je n'y arrive pas. Des ultimatum me viennent de partout, mais ça ne me pose pas de problème' Advienne que pourra... ».
Emmanuel Archejoly[2] commente le Rêve Eveillé dune séance précédente: « Les gens assis autour de la bouteille, sont des costauds; ils sont trois ou quatre, de 40 à 50 ans. Chacun est d'un bloc, monocolore, représentant toute une famille; par exemple la famille Blanc dont le fils a été élu, il y a six ans, sur une liste opposée à mon père ».
Le thérapeute est surpris car la fille Frédérique Blanc est partie et ses amis la cherchent avec inquiétude depuis la veille au soir.
Au moment précis du rendez vous que j'ai avec Bruno de Rousistang, Véronique Rousistang m'appelle de Paris au sujet d'une intervention qu'elle m'a prié de faire dans son séminaire.
[Le thérapeute pense au Professeur Hertz insulté publiquement la veille "il ne pense qu'au pognon, etc..."]
Lanalysante, Elvire Combasol : « Je dois payer pour ce que j'ai à dire !... Est-ce qu'on peut s'acheter soi-même ? Je pense symboliquement à l'argent. On prépare un congrès en ce moment (pour le début octobre). Mon mari me demande d'ouvrir un compte pour recevoir une partie de l'argent du congrès.... »
commentaire : en fait, il y a co-incidence de deux évènements contingents : ce qui est arrivé à la conférence du Professeur Hertz et la préparation financière du congrès. Le fait que les deux protagonistes (lanalyste et lanalysante) aient pensé à l'argent en même temps ne nécessite pas d'invoquer une transmission quelconque d'information.
Ce patient n'est pas venu depuis quatre mois. Le thérapeute classe son dossier, comme s'il ne devait pas revenir, tout en se disant « s'il faut, il va m'appeler !? ... ».
Ce qui se produit en effet... Il est à remarquer que la femme de ce patient, avec qui il n'a pas de relations physiques depuis deux mois, lui a "parlé franchement...". Ce qui l'a sans doute incité à prendre rendez-vous.
commentaire : parait extrêmement fréquent, si bien qu'il s'est instauré sous forme de dicton « mettons nous à table, ça les fera arriver ! ».
Ne doit-on pas envisager que si l'attente est interrompue c'est tout simplement que les convives ont l'intuition de l'arrivée imminente des retardataires; ça ne les "fait pas arriver", c'est plutôt parce qu'ils arrivent qu'on prend la décision de ne plus les attendre... Si cette remarque était pertinente, cela nous conduirait à admettre que la précognition est assez facilement prise pour de la psychokinèse.
[Le thérapeute pense au premier chapitre de La Clef des Sons dont le Professeur Josserand[3] vient de lui faire compliment. Cet ouvrage traite notamment du caractère actif de laudition qui la constitue en écoute. Loreille agit et elle le fait dans le cadre des attentes, des craintes et des fantasmes de celui qui entend !]
Le patient : « Quand on dit quelque chose c'est pas forcément ce qu'on dit qui est entendu. L'oreille humaine est mal faite. Qu'est ce qu'il faut changer ? L'oreille ou le Discours ? L'oreille : parce que j'ai vécu longtemps sur des "compromis historiques" : modification du discours... Donc, changer l'oreille ! Mais quelle est l'oreille qui entend le mieux ? La mienne ou celle de mes parents ? Qu'est ce qui est objectif ? Leur histoire ou la mienne ? .... »
Le thérapeute a joué au moment du repas de midi avec son jeune fils, à un jeu de pari avec des cartes où on gagne toujours (il s'agit d'une récréation mathématique).
Le patient parle de ses relations à ses parents : « si quelque chose doit changer, ce n'est pas unilatéralement (...) pendant longtemps, c'est eux qui tenaient les cartes de la communication ! Si ça va mieux avec lenfant, c'est parce que c'est moi qui tenait les cartes dans les mains et j'ai joué de bon sens. On est deux à tenir des cartes, eux et moi ».
[Le thérapeute pense à la demande que lui a faite sa collègue Nicole Bousseyroux concernant l'étymologie de l'expression "femme fatale". Le thérapeute se demande si ne se glisse pas là, dans l'attitude de recherche que mène cette analyste lacanienne, une vision archétypique, jungienne. L'étymologie donne : fatum, Dieu Fatus, Fata, Fée...]
L'analysante annonce alors : « Bruno fuit Le Bois Touffu; c'est archétypal ! Rôle de l'homme et de la femme. Il nomadise (culture arabe) dans Le Bois Touffu! »
[Le thérapeute pense à des problèmes relatifs au cancer et à l'autorisation dans certains cas de se suicider.]
Le Patient : « Il y a quelques temps j'aurais appuyé, sous l'influence d'un autre, jusqu'à la dose mortelle (à propos du film de Montand dans une université). Maintenant, comme ce dernier, j'aurais attendu la fin de l'expérience ou presque, mais j'aurais réagi ! ».
[Le thérapeute est préoccupé par l'installation de la nouvelle version du logiciel « Flash-Pro » qui est en cours dans le bureau de sa secrétaire, avec l'aide d'un informaticien ami, Francis Mauré. Ce logiciel de statistiques, très sophistiqué, devrait permettre de faire dintéressantes découvertes sur une base de données comportant de nombreuses épreuves psychométrique pour plusieurs centaines dindividus. Cf. bibliographie de Psychosonique]
Le patient : « Quand je me dis "tu ne vas rien découvrir (dans la séance), une fois de plus", c'est là que des tas de choses sont découvertes. Ca marche par flash. Je ne progresse pas de façon continue ».
« J'ai plein d'idée, même des idées flash; mais je fais rien comme réalisation ! Alors je me couche »...
[Le thérapeute était justement en train de penser au logiciel "Flash-pro" dont il vient de montrer les possibilités d'analyse statistique à son collègue le Dr Christian David...]
Le thérapeute est alors intéressé par la vie intra utérine.
Le patient : "Votre salle d'attente, au début me gênait. Tout à l'heure j'ai curieusement pensé au ventre de ma mère; votre salle d'attente, c'est le ventre de ma mère."
La patiente cite le roman de Zola "La faute de l'abbé Mouré".
L'analyste pensait, avant qu'elle nen parle, à son ami Francis Mauré : en effet il devait lui téléphoner qu'il ne pourrait se rendre à une réunion de week end où il l'avait convié. Il remarque cependant qu'il connait un Dr Michel Mouret et qu'à ce dernier il ne pensait pas (alors que son nom aurait mieux co-incidé avec celui du roman)... La patiente reparlera plus tard, justement, de ce roman...
Commentaire : Il parait probable que l'information vient de l'analyste et qu'elle a induit une association par assonance faute de rencontrer chez la patiente son exacte réplique. Si l'information avait circulé en sens inverse, elle aurait suscité plus probablement son exacte réplique qui est évoquée aussitôt par l'analyste.
Le thérapeute entend parler d'une ancienne patiente Line Aviaset chez sa nièce, à propos du Rotary dont le père de Line Aviaset fait partie. Bien entendu, il ne souffle mot du fait qu'il la connaît.
Le jour suivant, Line Aviaset prend rendez-vous parce que "déprimée"; en fait, elle va bien quand elle arrive.
Commentaire : tout se passe comme si elle avait ressenti que son ancien thérapeute se préoccupait d'elle... En effet, elle n'a aucune raison bien évidente de demander cette entrevue qui, d'ailleurs, restera isolée. Par ailleurs, elle ne déduit pas cette préoccupation du thérapeute la concernant à partir de lhistoire de leurs relations et le fil de la pensée du thérapeute est conduit à elle par une intervention externe inopinée.
L'analyste écrit un texte où il est amené à citer un article que G.Y. a signé. Le surlendemain, elle prend rendez vous.
Commentaire : Le fait que le thérapeute ait pensé à G.Y. semble entraîner qu'à son tour elle pense à lui, au point de solliciter un rendez-vous.
Le thérapeute a passé l'été en Ecosse.
La patiente raconte un rêve dans lequel « un caniche blanc portait un manteau écossais ». Elle associe sur le fait que l'étude généalogique a permis à son père de découvrir que la famille s'était établie en Ecosse et avait possédé un blason et un tartan, qu'elle décrit. La séance suivante elle déclarera « je voudrais un chien ... scottish, ils sont blancs, petits, la tête carrée, le poil raide. Dans la publicité, il a un air très attentif; il regarde et écoute la dame. Elle parle au téléphone; il suit tous ses mouvements avec la tête. Regard avec beaucoup d'amour et de tendresse. Un chien, c'est fidèle. Il s'appellerait "West Highland". Dans la pub on dit "quand elle lui donne du César, c'est la plus tendre des déclarations !... »
« J'imagine une grotte, je pense à la caverne platonicienne ». Dans la suite de la séance il évoque à plusieurs reprises la nudité adamique et la honte d'après la chute.
Commentaire : ce patient qui habite une ville éloignée, est professeur de philosophie. Le thème de la caverne de Platon lui est extrêmement familier.
Par ailleurs, se jouait à ce moment là Le Banquet de Platon dans un théâtre de la ville. Le thérapeute a vu la pièce quelques temps auparavant et s'est rendu, la veille, à un débat en présence des acteurs, du metteur en scène et de nombreux collègues analystes. A noter qu'au moment où le patient produit ce matériau, le thérapeute ne pensait pas consciemment au Banquet.
« Actuellement, domine en moi la résignation. Je me sens démoralisée ! Tellement volée ! Ou bien, je devrais m'abstenir de rire ou de répondre quand je n'ai pas envie de rire ou de répondre ».
"( ... ) Quand j'avais quatre ans (ou deux ?), mes oncles maternels jouaient à laisser rouler ma poussette dans la pente, en direction du trou des égouts dont j'avais atrocement peur ! ( ... )".
Une pensée, qu'il ne formule pas à haute voix, vient à l'esprit du thérapeute " Qu'est-ce que faisait votre mère ?"
(comme s'il répondait ?...) : " Ma mère a eu très peur des jeux de ses frères".
Commentaire : il peut s'agir ici d'une suite purement logique; cependant, dans l'instant, ce "tac au tac" dont une des répliques reste au silence ne manque pas de poser question dans le cadre de notre parti-pris...
[le fils du thérapeute lui demande, depuis quelques jours, comment se procurer du latex, sève de l'hévéa, comme il l'a découvert dans un illustré...]
Rêve que raconte la patiente : « ( ) Je me retrouvais en Amazonie : il y avait des hévéa, suintant du latex. Je voulais rejoindre les gens qui devaient le recueillir plus bas (...) »
Lanalyste de Rêve Eveillé pense (sans s'y arrêter) : « je pourrais lui proposer comme thème de Rêve Eveillé "vous faites la sieste et pendant votre sommeil, vous rêvez" »
Comme si la proposition avait été faite, le patient dit : « Couché ainsi sur le divan, ça me rappelle mon enfance, lors des week-ends dans les landes chez ma grand mère. Je devais faire la sieste dans une pièce en haut. (...) Gamin j'avais très peur de la situation couchée; on m'attachait dans le lit avec des sangles (ça se faisait à l'époque [?...]). La mise au lit[4] était une lutte d'autorité dans laquelle je perdais toujours ! ».
Commentaire : sil sagit là dune transmission dinformation entre lanalyste et son analysant, et si ce phénomène est relativement fréquent, on mesure létendue de linteraction entre ces deux protagonistes et lillusion quil y aurait à tout mettre du côté de lanalysant lorsquon décortique son discours ! A vrai dire, je pense que cet impact des pensées de lanalyste concerne seulement des matériaux actuellement en instance, disponibles chez lanalysant. Même dans ce cas, il ne serait pas opportun den minimiser les conséquences quant à la sélection des associations parvenant à la conscience du patient !
L'analysante, Violaine Sébastien, a interrompu les séances en raison de son accouchement et des suites très fatigantes qu'il a eues... Lanalyste désirait consciemment la revoir. Elle téléphone et prend rendez vous. Au cours de ce rendez-vous, elle fait allusion au coup de fil qui a permis d'en fixer la date. Elle dit "après votre coup de téléphone,.. non ! le mien..., je suis partie au bord de la mer..."
Commentaire : le coup de téléphone matériel venait bien d'elle, mais cétait une réponse au désir de son analyste qui pensait qu'il était temps de reprendre le cours des séances... Le lapsus parlait ainsi autant du conscient de son analyste que de son inconscient à elle (qui sy entendait à répondre !).
« Au tout début de nos rencontres, j'ai fait un rêve. Je devais voir un ophtalmologiste et c'était vous (l'analyste) : l'homme qui donne à voir ! Ophtalmologiste, ça me fait penser à ma mère qui a eu un problème de décollement du vitré dernièrement. Quand elle me l'a dit, j'ai eu peur de la perdre... "Au poil ! tu vas être riche !"... puis ... "peur qu'elle meure ! femme que j'aime, indispensable..." »
Elle évoque alors le poème du "vase brisé" :
« "n'y touchez pas ! Il est brisé ! " : c'était moi ce vase brisé », conclut-elle.
[L'analyste a consulté récemment un ophtalmologiste qui a diagnostiqué un décollement de la rétine. Il va être traité au laser au cours des jours qui suivent...]
[L'analyste pense au mal de tête de sa première cliente de l'après midi. Elle a été soignée par un confrère neurologue avec un bêta-bloquant. Or, quinze ans auparavant, l'analyste a écrit son mémoire de psychiatrie[5] au sujet de ce type de produits. Les bêta-bloquants ont entre autres propriétés celles d'atténuer les tremblements et d'apaiser certaines céphalées.]
Lanalysante remarque : « J'ai mal à la tête chaque fois que je viens ici et je tremble ! »
Commentaire : Comme si, en réponse à la pensée consciente de lanalyste, elle déclarait : « sil suffit, pour vous intéresser davoir mal à la tête ou de trembler, cest mon cas ».
L'analyste a remarqué le matin, dans la bibliothèque de son fils, la cassette de "Dark Cristal".
L'analysante parle de son ami qui est venu se shooter sur le parking où elle se gare pour venir à la séance d'analyse. Elle se dit que cette provocation quil lui a infligée, elle doit en tenir compte ! Puis elle fait allusion au film des "Skèksèss" et des "Mystiques" (Dark Cristal)... qu'elle a vu plusieurs fois, trois mois plus tôt...
Commentaire : Elle est mystique et lui se montre volontairement sombre comme un Skèksèss. Cest mettre en scène, dans la réalité extérieure, comme le fait ce film (Dark Cristal) les côtés clairs et sombres de la nature humaine. Elle décrit son manichéisme du moment en empruntant une métaphore présente dans le pré-conscient de son analyste !
[L'analyste pense aux lettres de lalphabet hébreu[6] pendant un des silences très prolongés de l'analysante].
« Toujours le silence !... J'en ai assez ! silence écrit en toutes lettres ! Des lettres immenses, bien arrondies ! Bien écrit sur un mur[7] ! En noir ! Gribouillé partout ! Silence, silence, silence ! Il traîne partout, rode partout comme la mort ! Il plane ! Il s'imprègne de tout ! Interminable comme un tunnel ! Ce tunnel qui prend la forme d'un S, le S de Silence, le S de Silex[8], le S de serpent, le S de sexe ! »
Commentaire : Elle en a assez de se murer dans le silence, elle voudrait un discours de lanalyste, mais elle ne trouve en lui que de petites lettres incompréhensibles, silence pour silence !
En écoutant sa patiente, le thérapeute contemple sans y prêter attention, une carte d'invitation qu'il a reçue pour une exposition de peinture; cette carte représente plusieurs chevaux...
Patiente : « Je vois un rond noir avec une clarté autour, orange. Je vois des arbres, des peupliers au bord d'un fleuve, avec un cheval... C'est un endroit que je connais, qui fait partie de mon enfance. Un puits avec sa margelle... J'ai un poids sur l'estomac, mes paupières me font mal ». Elle poursuit sur l'image du cours d'eau et sur les sensations abdominales qu'elle éprouve.
La séance suivante est consacrée, comme il est de tradition dans la technique de Desoille, à un compte rendu du Rêve Eveillé précédent. La patiente a totalement oublié qu'elle a vu et parlé de chevaux...
Commentaire : comme par rapport au rêve nocturne quoique à un moindre degré, le souvenir du rêve éveillé peut être entaché de remaniements, adjonctions, soustractions, déplacements, condensations, etc. La patiente utilise l'image des chevaux comme un des éléments de sa créativité, au même titre que le paysage puisé dans ses souvenirs d'enfance...
Dans cet exemple, comme dans beaucoup dautres, le sujet n'a pas conscience de l'origine exogène de limage et se comporte en cela comme la personne sous suggestion post-hypnotique à qui on a dit qu'elle devra ouvrir son parapluie à l'intérieur du théâtre; elle le fait mais amnésique quant à l'ordre donné par l'hypnotiseur, elle donne à son acte un prétexte "rationnel" quand on linterroge : « c'était pour voir s'il fonctionnait toujours bien ! »
La patiente : "Je n'ai pas envie de faire des bêtises. Casser des pots. On paye les pots cassés ! Ca rejoint le fait d'être là ! Ca peut sembler fou de raconter quelque chose à quelqu'un ou arriver à se taire. Trouver quelque chose, la raison de ce qui ne va pas et rabioter les deux bouts et hop ! ça va ! C'est comme je ne peux supporter les chaussures... Je me sens très régressive comme ma fille, j'aimerais que tout soit dit en même temps... Les gens qui sont en analyse ne sont pas probants. J'ai peur de la déstructuration au niveau de la psychanalyse. Face à l'autre, il faut dire la chose si elle est venue dans l'esprit... Ca fait comme un marteau piqueur ! Je vérifie plusieurs fois les portes, comme si on pouvait rentrer trop facilement... Enfant j'ai manqué de limites et de repères ! "
Le thérapeute, le matin même a brisé accidentellement un pot à lait et en a acquitté le prix...
Le thérapeute a eu le matin même une discussion avec son fils au sujet d'un mur : il s'agissait du fait qu'il était en béton très résistant, ne pourrait être démoli au marteau et qu'il était indispensable d'utiliser un marteau piqueur...
La crainte qu'on puisse rentrer trop facilement faisait également partie de cette conversation, car il s'agissait d'un mur entre la rue et le jardin devant la maison; lorsqu'il serait abattu et remplacé par un parking, la maison serait moins protégée des incursions inopportunes.
Commentaire : Ceci donne limpression de voyances sur le thérapeute. Si cest le cas, cela peut être compris dans le cadre d'une relation transférentielle très fusionnelle, vécue et exprimée comme telle : crainte que la psychanalyse dans un protocole de divan pousse encore plus loin les choses dans le sens d'une régression, d'une déstructuration, d'une fusion à la mère, fusion vécue comme problématique si on admet que les chaussures en tant que « support » et « contenant » la représentent. D'où la nécessité de vérifier des portes qui paraissent assez grandes ouvertes si elles symbolisent la barrière entre le psychisme du thérapeute et celui de la patiente. Elle met en jeu ce défaut redoutable de frontière en énonçant, même si cest à son insu, nombre d'informations auxquelles elle n'a aucun accès de type trivial. D'autres données dans la même séance pourraient renforcer encore cette remarque.
[Le Thérapeute pense à Xavier, adolescent d'extrême droite, affichant un racisme militant, qui lui a raconté un rêve dans lequel il était, paradoxalement, très ami avec un noir]
Lanalysante qui na aucun rapport avec ce Xavier : « Je vais aller à la piscine. On paye Mélanie, une amie pour qu'elle garde notre fille. Mélanie vit avec un noir et ils ont beaucoup de problèmes entre eux ».
Commentaire : le commentaire que la patiente donne sur sa baby-sitter est peut être une façon d'intégrer la pensée du thérapeute fasciné par le contraste saisissant de la vie diurne de Xavier qui occupe ses journées à des activités xénophobes et racistes et sa vie nocturne, onirique qui met en évidence le refoulement[9] à quoi correspond son engagement militant.
Séance de Rêve Eveillé : « Il y a une jument blanche au Clair de Lune. (...) Je la chevauche en la tenant très serrée. (...) Nous rencontrons Moïse avec un bâton recourbé dans la main droite, un grand manteau de drap bleu qu'il tient ouvert. Il a une robe de laine tissée comme un tapis berbère !... Moïse sourit à la jument et lui montre, avec son bâton, le chemin (...). J'entre dans une grotte, puis une deuxième. Au milieu de la grotte, ma grotte, s'allume un grand feu. Je me réchauffe les mains et les pieds. La grotte s'éclaire, devient dorée, comme en or. Il y a un coffre : je l'ouvre. J'y trouve de l'or et des livres, avec une écriture ronde[10], des enluminures sur les premières lettres !... C'est le Talmud, (ça me donne envie de rire, comme si quelque chose qui m'avait fait peur ne me fasse plus peur !). Peut être c'est de l'hébreu !...Je mets mes lunettes à la jument, pour rire!
Ma mère m'en avait parlé, du Talmud : "ce qu'il y a de plus rigoureux dans la loi chez les juifs !" »
Contexte : l'analyste a pris dans la semaine précédente des contacts pour apprendre des rudiments d'hébreu.
Commentaire : L'intérêt de l'analyste pour l'hébreu tient à des données indépendantes de son analysante. L'analysante a des raisons pour s'intéresser un jour ou l'autre au Talmud dont sa mère lui avait parlé. Cette dernière peut être en partie représentée par la jument qui renvoie sans doute aussi au thérapeute (lequel porte des lunettes). On peut se demander si cet animal ne renvoie pas aussi à l'ânesse de Balaam[11] que Dieu fait parler pour remettre le "voyant" et ses commanditaires dans le droit chemin ! Dautant que, dans le même Chapitre, il est question de Moïse et de taureaux qui doivent être sacrifiés. Le jeu avec les lunettes, l'humour sous jacent, le rire répété, la peur "évacuée", toutes ces données suggèrent que la patiente s'amuse de la rencontre du souvenir de sa mère évoquant le Talmud, de lanalyste, supposé savoir, balbutiant l'hébreu, langue difficile pour laquelle il aura bien besoin de lunettes, qu'elle même pourrait lui mettre sur le nez en se montrant clairvoyante et même voyante; en ce sens, elle est elle-même représentée par la jument qui d'une certaine façon serait la condensation des trois protagonistes : la patiente, sa mère et l'analyste !
En d'autres circonstances, lanalysante aura l'occasion, à propos de fruits, "les jujubes" qu'enfant elle mangeait avec leurs noyaux, d'expliquer un jeu dans lequel elle faisait parler son pouce (« roro »), son index (« lili ») et son petit doigt (« juju »). Dans ce contexte, son petit doigt (ju-ju) lui dit « ment-ment » « lit-lit » ... A noter que dans les parties omises du rêve éveillé, il était question d'un taureau (« roro »).
LK "J'ai rêvé que j'étais avec ma mère et d'autres personnes dans une villa. La maîtresse des lieux se posait la question de la décoration par rapport à une grande [ victime / ] vitrine[12]."
Le mot "vitrine" évoque pour le thérapeute l'histoire d'un autre patient, J.W. : ce jeune homme, atteint de fétichisme avait commis un passage à l'acte, brisant une vitrine pour prendre des dessous féminins qui y étaient exposés. Il est à noter que le fétichisme de J.W. s'exerçait généralement à l'égard des sous vêtements de sa mère. Plus tard, il était mort dans un accident de voiture lié à un excès de vitesse.
Le prénom de ce jeune homme évoquait Jésus Christ; ceci peut-être mis en relation avec le lapsus "trois jours" pour "toujours"1 . En effet Jésus, selon les Evangiles est mort, non pour toujours, comme tout un chacun, mais seulement pour trois jours ! Ensuite il est ressuscité !
Ce qu'on pourrait probablement dire dun autre patient reçu par le thérapeute à la suite de LK:
Pierre Dubois explique que, quatre jours auparavant, il a beaucoup pensé au suicide. Il ne l'a pas fait car dit-il "cela aurait été tuer aussi ma mère". Il remet alors son revolver à l'analyste en indiquant, qu'avant d'entrer dans la pièce il ne savait s'il en ferait usage contre lui (lanalyste) ou s'il lui en ferait cadeau !
Anne-Marie Binaire « Je remarque la peinture qui se décolle au plafond. Dans mon salon à moi, c'est pareil. Je me dis toujours qu'il faudrait qu'on l'arrange ! »
{à noter qu'une heure auparavant Bernadette Marly avait remarqué le même défaut qui existe depuis que le cabinet de lanalyste est ouvert !. Elle avait dit, par manière de plaisanterie : « ça m'interpelle quelque part ! » }
Mr Gillespie fait un rêve éveillé concernant un lieu isolé et désertique, constitué d'une plaque recouverte de sable et perdue dans l'espace...
Entre la patiente suivante, une jeune femme à qui il est proposé pour sa première séance de rêve éveillé, d'imaginer un paysage : elle décrit un désert...
Le patient se voit avec un extérieur de momie : « les vers rongent cette carapace et ces bestioles accomplissent une oeuvre salutaire, comme pour une métamorphose ».
La patiente qui l'avait précédé sur le divan avait évoqué une image analogue.
MV avait obtenu, de la secrétaire, un rendez-vous à 11 H. Or il venait habituellement, à cette heure là une autre personne. Le thérapeute donne donc un rendez vous « déplacé à 15 H » pour cette autre personne. Cette dernière se présente pourtant à 11 H alors que MV n'est pas là.
"Dans ma vie, j'ai toujours été en trop. La préférée (on me le dit), mais il y en a d'autres ! Au cours de la première tranche d'analyse, j'ai jamais mis en cause ma sur jumelle. La seule bagarre entre nous a été déclenchée par ma sur aînée : à coups de casserole et elle a eu l'arcade sourcilière fendue ce qui a permis par la suite de nous distinguer."
Commentaire : La répétition dans le transfert fait intervenir une "sur aînée" (la secrétaire) qui occasionne un conflit en ce sens qu'elle prend le RV de l'autre (laquelle ne se laisse pas faire !).
Louis est arrivé à l'avance. Le thérapeute le reçoit à la place d'une patiente anglaise Diana Oregon qui use de coquetterie en partant plus tôt, arrivant plus tard ou prévenant au dernier moment qu'elle ne viendra pas !
Louis se met à parler de démêlés avec son épouse disant qu'il a traité sa mère "d'amazone". Comme pour conclure, il ajoute « it's enough for today ! »...
Il continue pourtant : « j'aurais aimé éprouver la jouissance féminine (comme on dit désirer mourir pour voir comment c'est de l'autre côté). Les couilles, c'est bien encombrant ! »...
Commentaire : sa phrase en anglais signale qu'il prend bien volontiers la place de cette absente que pourtant il ne connaît pas ...
Le matin, le thérapeute se souvient d'une famille dont il a eu à traiter plusieurs membres par cures soniques. A midi, une lettre du chef de cette famille arrive, en provenance du Canada. Dans cette lettre, il demande l'adresse de centres daudio-psycho-phonologie au Canada pour continuer l'éducation de l'écoute pour une de ses filles.
Commentaire : le courrier venait d'Amérique du Nord, il n'a pu être écrit au moment précis ou le thérapeute pense à ses anciens patients. Il s'agit donc plutôt d'une précognition de la lettre qui va venir.
Voici la lettre du Dr Didier Seban de Bordeaux (9 avril 2004)
" Cher Confrère
(...) Par hasard, mon surf web s'est arrêté sur votre article alors
que je cherchais d' éventuelles explications neurophysiologiques sur
les phénomènes de "télépathie kinesthésique"
que je suis en train de découvrir actuellement dans des séances
de groupe où participent des médecins et des psychologues. En
fait, les participants ne venaient pas au départ pour expérimenter
ce genre de phénomène paranormal mais pour savoir si la méthode
de thérapie systémique de Bert Hellinger nommée
"constellations
familiales" pouvait avoir un intérêt quelconque
pour eux-mêmes ou leurs patients. Or, nous avons été bien
obligés de constater les faits suivants, survenus de façon répétée
parmi une quinzaine de personnes jouant chacune à être le membre
d'une famille qu'elles ne connaissait pas; cette famille étant celle
d'un des participants dans la pièce, qui ne faisait qu'observer:
-Un "acteur" peut ressentir une douleur ou une sensation corporelle
dans un endroit précis de son corps, signifiant dans l'histoire du personnage
joué, d'après l'observateur;
exemples:
- une actrice se frotte sans cesse les poignets et on apprend que la femme qu'elle incarne souffrait de rhumatisme des poignets.
- j'éprouvais en jouant le rôle d'un grand-père mort jeune à la guerre une douleur aigue et tout à fait inattendue sous le mamelon droit; le petit-fils réel m'apprend que la veuve de cette homme a eu un cancer du sein
- je joue le rôle d'un père et, sans savoir pourquoi, mes bras ont envie de s'écarter de mon corps; je laisse donc la lévitation bilatérale se faire jusqu'à me sentir complètement ridicule, les bras en croix; et l'observatrice m'apprends que son père s'est toujours senti "écartelé" entre deux femmes.
Parfois, c'est "contagieux", et ce sont deux, trois (une fois quatre acteurs !) qui ressentent simultanément quelquechose au même endroit de leur corps, de façon inattendue, au moment où une parole a été introduite ou si un acteur s'est déplacé, par exemple. (...)
-Un évènement familial "révélé"
par l'interprétation de l'animateur du jeu des acteurs et de leurs ressentis
s'est trouvé conforté très souvent par l'observateur concerné.
Il y a donc là des informations transmises, nous ne savons pas comment,
qui ébranlent le mythe de la neutralité bienveillante - désolés
pour vous, amateurs de divans! - et pour lesquels nous aimerions bien avoir
les opinions des spécialistes".
(Dr Didier SEBAN - Bordeaux)
Le 8 Mai 2003 le Dr Didier Seban ajoute :
J'ai poursuivi par curiosité l'exploration de mon ressenti kinesthésique
lors de "constellations familiales" et j'ai encore perçu physiquement
une information appartenant à la famille d'une participante, pour laquelle
je jouais un rôle de grand-père ou arrière grand-père,
je ne sais plus. Une douleur engourdissante de mon quadriceps est survenue,
comme une "béquille" (quand j'étais enfant, on appelait
comme ça un coup de genou reçu dans la cuisse), suivie peu après
d'une sensation de pression axillaire du même côté, comme
si j'étais appuyé sur une béquille. Quand l'animatrice
m'a demandé de me déplacer, j'ai senti l'envie irrésistible
de boiter et j'ai dit que j'avais l'impression d'avoir une jambe de bois. A
la fin de la constellation, la participante en question m'a dit que c'était
en fait son père qui avait une jambe de bois !
« J'ai rêvé de ma première amie, Annick. Le lendemain, elle m'a appelé. On s'est donc revus alors qu'on se voyait plus depuis deux ans !... »
« Je me sens toute bizarre depuis hier soir. J'étais bien, dans l'état d'esprit de faire un petit signe à Paulette (mot...). J'appelle Edouard, mon ancien amant, pour avoir des nouvelles. Je lui ai donné mon numéro de téléphone à Paris. Il arrive à Paris. Il a préparé une lettre pour moi et pour sa fille... Ca m'a perturbé plus qu'autre chose ! J'étais stupéfaite qu'il aille à Paris au moment où je vais y aller et où je lui téléphone ! Pourquoi ne suis-je pas bien avec ça ? J'ai pas très envie de le voir ! J'ai comme le pressentiment que si je le vois, c'est pour mettre un point final à cette rencontre ... Peut-être cela me rend triste ! (...) »
Elvire Combasol sétonne : « J'étais, exceptionnellement dans son bureau. Il a téléphoné à son propre poste (donc à son bureau). J'ai décroché à Il était enfermé dehors et avait besoin que j'aille le "délivrer" avec les clefs de sa maison dont il m'avait donné un double en Janvier... Il m'a indiqué qu'il ne savait pas le N° de mon poste (qu'il aurait pu obtenir auprès du standard). "donc" il a appelé son propre poste... où ... étrange co-incidence j'étais ! »
« Je parlais de "cosmétiques" mais j'ai dit "comestiques". Ma fille a entendu "comestibles". Ma précédente analyste avait été en colère parce que ma sur jumelle m'avait téléphoné chez elle. Je lui ai reproché de m'avoir "mangé sur la tête"...
Alors que j'étais enfant, mon père une nuit a surgi parcequ'on hurlait toutes les deux : nous faisions le même rêve : je mangeais sur son scalp avec une petite cuiller et elle faisait de même à mon égard dans son propre rêve ».
Lors de la séance suivante cette analysante insiste "Vous ne savez pas ce que c'est que d'être jumeau : ne jamais être seule !"...
Elvire nous dit « on est, avec Pollux mon ami, comme des jumeaux, en miroir... Je sais beaucoup de lui; il sait beaucoup de moi ! Est-ce l'inconscient ? l'intuition ? l'odeur ? le contact des peaux ? C'est un peu magique.... »
Lanalyste a en tête une date "18 4 90". Dans de tels cas, il revient sur ses notes à la date qui surgit à sa conscience. à vérification : à cette date, il a été question d'une comparaison entre Pollux et la mère de la patiente : « je me méfie de Pollux comme de ma mère »...
Commentaire : il est seulement ici question de connivences, somme toute assez triviales difficiles à démêler déventuels facteurs parapsychologiques. Le problème de la date nen est pas un, simple question de mémoire inconsciente. On rapprochera pourtant ce type dobservation de plusieurs autres dans lesquelles la date surgie appartenait, non au passé mais à lavenir Avec survenue de faits calqués sur ce qui est évoqué par lanalysant, avant la date en question !
Sa maman a perdu un enfant et Jacques, venu ensuite, est là pour le remplacer. Il présente un trouble de la personnalité grave de type autistique.
La maman a remarqué qu'il s'agite d'une façon extraordinaire lorsque le chanteur Renaud, dans une chanson passe de "Pierrot" (prénom de l'enfant mort) à "Germaine".
La mère angoissée demande "Peut-il saisir cela ?"
- Oui, répond Dolto !
Commentaire :
1. Si oui, cest quil a capté depuis longtemps toute lhistoire ?
2. Ou plus simplement, capte-t-il langoisse de sa mère, chaque fois que passe la chanson ?
3. Ou, lors des premières auditions de cette chanson (et a-t-il mémorisé ce passage comme un marquage dangoisse ?
« Maguelone me portait souvent des objets dont j'avais besoin, sans que je l'ai demandé. Elle lisait dans mes pensées... Ces jours-ci, j'avais emmené des courses sans poche, dans le coffre. Je monte. J'aide Maguelone à sa dissertation et je demande à Jean-Noël d'aller chercher les courses. Il demande s'il peut y aller seul : combien de poches ?
Magali intervient : "prends le caddy; il n'y a pas de poches". Etonnée, elle comme moi, d'avoir lu dans ma pensée... »
« Je m'étais dit, entre Dimanche et Lundi, que "si mon père me téléphone pour me demander de travailler pour lui, en me payant, j'irai". Il ne m'avait jamais téléphoné. Or, il m'a appelé hier (c'est à dire le lendemain que j'y avais pensé)... Il m'a proposé de l'argent et j'ai répondu oui, sans m'engager quant à la date.
Commentaire en forme dénigme : qui est lémetteur du message ?
« Quelques jours avant d'être enceinte, j'ai eu l'impression d'être "le ténébreux, le veuf, l'inconsolable" à savoir : mon père (il se rongeait et il est mort à trente ans d'une tumeur cérébrale qui rongeait sa tête[13] ; à la radiographie, ça faisait comme une tâche, comme un nud). Ce qui me fait mal à moi est comme ça : dans ma tête ça craque, comme des fils, comme un nud... Dans ces moments là, ma tête et celle de mon père ne font qu'un... Je voudrais alors me débarrasser de ma tête ! Si je me laisse aller au repos, ensuite je me sens morte.
18 2 71
L'analyse de l'un de ses rêves montrera que l'image de son père est très érotisée et que cela la met en péril comme lui fut en danger (sa mort...). On découvre aussi un lien entre la mort du père et le mariage avec le mari.
Elle associe accouchement et boucherie.
Elle imagine un dialogue avec le thérapeute :
patiente : comment voulez vous que je fasse un bébé avec la tête que j'ai ?
thérapeute : ça ne se fait pas avec la tête ...
péché de la conception : je suis la trace ineffaçable du péché ("originel") que voulait effacer ma mère...
Du côté de ma grand mère maternelle (mémé Eve-Lili), les hommes étaient effacés de génération en génération; ils devaient se réduire à des ombres dont on ne parle pas. Ma mère était le résultat du péché de sa mère, je suis le résultat du péché de ma mère...
J'imaginais que vous (le thérapeute) étiez un copain de la maternelle; je vous aurais dit "je jouerai plus avec toi parce qu'il faut toujours jouer comme tu veux et jamais comme je veux !". J'ai du mal à jouer comme les autres veulent. Je fonce, dès que ça va pas comme je veux, ça me détruit, je ne supporte pas; j'ai envie de taper...
Je me heurtais à ma grand mère maternelle, après ma jaunisse: au moment de me mettre à table, je confondais nausée et faim et elle me disait "Ah ! tu le crois !". A partir de cette époque je ne me suis plus sentie fiable. Je retrouve très fort ce sentiment quand on me dit d'une douleur "c'est purement psychique" ce qui tendrait à signifier que ma souffrance n'est pas fiable elle non plus... que mes sensations en général ne sont pas fiables.
Ma sur et ma mère trouvent incroyable que je puisse être enceinte : c'est contraire à la "famille"... Pour ma mère j'étais la vierge folle qui ne se marierait jamais et n'aurait pas d'enfant ... Dans le scénario familial, je devais être la tata gâteau des enfants de ma sur[14]... Je n'en ai aucune envie...
naissance de Edwin le 30 8 1971
visite des beaux parents : depuis, Edwin a des coliques... Ils me surveillaient de manière policière dans mes actes à l'égard de Edwin et mon mari est incapable de dire non à sa mère...
Edwin avait trop besoin de mon sein et pas assez de ma tête ! Peur qu'il me bouffe physiquement, qu'il me prenne toute entière !
Quand je m'approche de Edwin à moins de un mètre, il sursaute, se réveille, ... Alors qu'avec son père, ça ne pose pas de problème; on a souvent renouvelé cette expérience.
Le bébé à un mois commence à faire des "rrr", il nous reconnaît et il rigole...
Vous êtes une ombre d'ombre, l'ombre de l'ombre de mon père : on me dirait que vous êtes mon grand père, je le croirais; Auriol le vénérable, comme on disait "the venerable Bede"...
17 3 76
Edwin me capte mes pensées. A quatre ans et demi, il y a entre nous des transmissions de pensée invraisemblables. Il traduit en paroles ce que j'ai pensé trois secondes plus tôt !
La moitié du temps, il râle; l'autre moitié, il se plaint ! : ce sont mes états d'âme et mes pensées... J'ai l'impression de le charger d'un tas de choses pénibles...
Il refusait de faire des empilements, des constructions, etc, alors je lui ai appris à lire. Un jour il m'a dit "apprendre pas". J'ai tout arrêté et il a eu l'impression que je l'abandonnais...
Il dit "TU" en parlant de lui-même et "JE" pour parler de moi »
[il s'identifie sans aucune distance à sa mère qui ne le perçoit pas comme un être véritablement séparé !
Ce symptôme disparaît dans les semaines suivantes, mais un an après (21 4 77), alors que sa mère lui demande "avec qui veux tu aller chez Mme Tenenbaum[15], aujourd'hui ?", il répond "pas avec papa !". Elle insiste : "avec qui ?". Réponse "avec moi" (pour dire "avec toi")].
La mère poursuit : « Parfois, il a conscience de mes sentiments avant que moi même je n'en ai conscience !
Parfois, il me parle comme si je n'étais pas là.
21 4 77
Edwin continue à savoir ce que je pense, sauf si j'essaie de provoquer le phénomène... Je venais d'écrire "compote de pommes" en copiant un tableau pour son petit frère; Edwin qui jouait avec son père s'est écrié "compote de pommes" !
27 4 77
A la fin des séances avec vous, j'avais envie de chanter "j'ai envie de me plaindre"; or Edwin se plaint sans raison. On dirait qu'il formule mes plaintes !
5 1 78
La télépathie avec Edwin est forte quand je suis seule avec lui, à la maison. C'est au maximum si je regarde une photo de lui[16]... (à une époque, si je pensais à lui, il se réveillait et pleurait...). C'est dilué s'il y a une assemblée.
Lilou Grepesse parle de crapauds qui lui font évoquer les drapeaux sous lesquels ont servi son père (mort alors qu'elle avait douze ans) et son premier mari (tué en Indochine)... Crapaud est lié pour elle aux contes de fées, le prince changé en crapaud par un ensorcellement. Elle voit là une étape sur la voie de la Réalisation Spirituelle. Cela évoque son fils : « Il me faut regarder le cher crapaud en face ! ». Elle explique qu'il s'est écarté d'elle et de son mari : « Il a d'abord fait de la Méditation Transcendantale, puis il s'est fait exorciser par un prêtre orthodoxe pour finalement adhérer à la secte du Graal ».
La séance suivante, elle se réjouit : « ça a dû travailler ! Mon fils m'a téléphoné à la maison, ce qui n'était jamais arrivé depuis sept ans ! Je n'ai pas du tout été bouleversée. Je lui ai répondu comme s'il faisait ça toutes les semaines ! »
Commentaire : sans doute, son fils n'attendait-il qu'une chose, qu'elle le regarde en face, qu'elle l'accepte, y compris dans ses choix de vie ou d'aventure spirituelle. Dès qu'elle s'y résout explicitement sur le divan, il se manifeste, crapaud devenu prince !...
Cette patiente a une forte composante oedipienne : « J'ai pris mon père avec moi pendant treize ans. Il est mort quand j'avais trente ans. Il a été très heureux, je me suis efforcée de remplacer son épouse ! ».
« Il y a deux ans j'ai perdu mon frère [pleure]. Il devinait ce que je pensais et moi aussi tellement on s'entendait bien ! ».
Commentaire : ldipe et lante-dipe favorisent les liens fusionnels, lamour non autonome dépourvu des frontières dictées par la Loi. Peut-être favorise-t-il la communication entre les psychismes, au point que chacun sente ce que sent lautre, pense ce que pense lautre ? (confusion des affects et des représentations).
« Le frère de ma femme trompait son épouse. Une nuit, vers minuit, cette dernière a entendu un cri. La maîtresse de son mari faisait de l'escalade et elle a dévissé justement cette nuit là ! ».
Commentaire : elle entend le cri épouvantable de la réalisation de son désir mortel !
m) Son dernier appel
Quand mon Grand Père paternel (Auguste), qui était à la guerre, est mort, ma Grand Mère paternelle (son épouse) était en train de coucher leur enfant (mon propre père). L'enfant comme elle ont entendu tous deux que mon Grand Père les appelait. Ma Grand Mère a senti un froid glacial qui venait de la porte vitrée (restée fermée). Elle a eu la conviction que mon Grand Père était mort.
Le lendemain, les gendarmes ont sonné à la porte. Ils lui ont appris que mon Grand Père était mort à cette heure là.
« J'ai fait un rêve qui m'a bouleversée. J'étais dans une pièce très éclairée, assise sur un divan. A côté de moi, ma fille habillée de noir. J'étais très heureuse qu'elle soit vraiment vivante. Je lui demande "comment se fait-il que tu aies mis autant de temps à venir ?..." . Je lui racontais tous les événements survenus depuis son accident et son décès. J'ai eu du mal à me remettre après... »
« Avant que cet accident ne se produise, je l'avais rêvée avec de grands voiles de deuil. J'avais dit à mon mari "pourvu qu'il n'arrive rien à Jean Jacques !". C'est le contraire qui s'est passé ! »
« Elle était partie à bicyclette. Ils se sont retrouvés en montagne. Ils ont eu deux routes à choisir. C'est elle qui a choisi. Il est passé devant. Il l'a attendue... Une auto en voulant dépasser un autre cycliste, du côté opposé, est allée la cueillir en face et l'a envoyée dans le ravin. Je ne sais si elle l'a vue venir ou si...
Elle était habillée avec un short de cycliste jusqu'aux genoux. Le vélo était en miettes. Quand elle a été mise dans son cercueil, on n'a pu lui enlever ses habits. Mon gendre lui a mis, sur elle, une robe du soir, longue, noire !... Je ne l'ai pas vue ! Je n'ai pas voulu la voir ! Je ne peux l'imaginer autrement que vivante ! »
Commentaire : Le rêve la montrait en robe noire. Il ne disait pas quelle fut morte. La patiente raisonne sur cette image en tant que précognition éventuelle (« pourvu que ») mais interprète la robe noire comme signe dun deuil que porterait sa fille (« pourvu quil narrive rien à Jean-Jacques » (le mari de sa fille). A première vue, et sous lhypothèse de notre parti-pris, le rêve transmet une information quant au futur. Cette information reçue par le conscient est une image exacte. Il est très probable que si cette information existe, cest avec sa signification (cest la fille qui est morte et non pas le gendre). La « censure » de la patiente laide à se méprendre sur la nature de cette précognition, elle craint pour la vie de son gendre plutôt que dadmettre la fin prochaine de sa fille !
« Depuis trois ou quatre ans, je joue au loto par abonnement, toutes les cinq semaines. J'ai oublié la dernière fois et j'ai eu les cinq numéros que je joue chaque fois qui sont sortis... J'ai été en colère contre moi-même parce que j'oublie jamais le jour où je dois revalider mon bulletin... J'ai pensé à mon mari ! Pour lui l'argent a beaucoup de valeur ! J'apprends à faire un lien entre la psychanalyse et l'argent. Avant, on vivait sur mon salaire; maintenant je deviens beaucoup plus dépendante de son salaire à lui... »
commentaire: on dit que le mariage est une loterie. Elle perd au loto ce qu'elle aurait dû y gagner. Depuis le début de l'analyse, elle remet en question son mariage et finira par divorcer. Gagner lui aurait permis de payer son analyse sans "y mettre du sien"; elle a appris à lier la psychanalyse et cet effort financier, quitte à renoncer à ce gain qu'elle préparait pourtant depuis plusieurs années !
Ce phénomène de psi-missing a été repéré par les parapsychologues, y compris au niveau statistique. Il est très frappant sans être exceptionnel... Il ne laisse aucun doute sur le fait que les connaissances parapsychologiques concernent l'inconscient, au moins autant - et probablement plus - que le rêve.
« J'ai rêvé la mort du général Vatenguerre et, quelques jours après, il est mort. Son fils nous avait vendu notre propriété : Le Bois Touffu. Ces jours-ci, un enquêteur est venu parce qu'il a légué à ses deux bonnes tous ses biens, sauf le château, donné au fils, cest ce dernier qui nous l'avait vendu. Rocambolesque ! Du François Mauriac ! ».
« Ma mère m'a raconté qu'elle connaissait un jeune homme, en dehors du village, qui lui faisait la cour. Il est parti à la guerre. Un soir, ma mère eut peur, sans savoir pourquoi, de rentrer dans sa propre chambre. Elle va alors chercher sa mère (à cette époque, on prenait ce genre de peur inexpliquée très au sérieux).
Le lendemain, en allant étendre du linge, elle voit sa belle mère (la mère de mon père) qui lui dit "tu as eu très peur cette nuit ! ... J'étais là ! Il y avait un jeune homme; il est mort hier et avant de partir, il est venu te dire adieu. Je l'ai aidé, moi, à partir !"
Quelques jours plus tard, ma mère a appris qu'en effet, ce jeune homme qui lui avait autrefois fait la cour, était mort...».
« J'ai fait un cauchemar, il y a quelques années. Il s'agissait d'une vieille femme terrifiante, avec des cheveux blancs, hérissés sur la tête, des ongles très longs. Elle me disait de faire attention : qu'il y avait la mort par l'eau et le cur... J'étais terrifiée. Au cours de la semaine qui a suivi, je cherchais sans la trouver la tombe de mon grand père. J'ai posé la question au mari de ma cousine; il m'a raconté le cauchemar qu'a été cet enterrement (dont j'ignorais les détails parce que j'étais en France...).
Il m'a raconté que lorsqu'on a exhumé ma Grand Mère, morte depuis longtemps, ses cheveux et ses ongles avaient énormément poussé[17]... Avec mon amie Claudine, on était malade à cette évocation... On en parlait, ayant allumé une bougie pour les morts, dans ma maison, comme cela se fait chez nous, en Espagne... Tout à coup, la bougie s'est coupée en deux. La partie du haut est tombée et l'autre bout s'est allumé !!! Cela me parait inexplicable et, depuis, j'ai très peur[18]...
C'est la même année qu'il y a eu des inondations avec un grand nombre de victimes dans la région. Un autre village (voisin et ennemi) a aussi été très en danger. Tous les gens de mon village sont allés au secours de l'autre village. Ils ont pu tous les sauver, sauf l'un d'eux mort de crise cardiaque ! Ainsi se réalisait l'annonce "qu'il y avait la mort par l'eau et le cur"...
Je ne sais si les phénomènes paranormaux existent ? Ma grand mère y croyait beaucoup; elle vivait en plein là dedans. Moi je ne veux pas y croire ! C'est trop de la folie.
Ma grand mère avait la réputation de shaman, de sorcière : elle était censée parler aux morts, voyager hors de son propre corps... »
« Pendant le trajet qui me conduisait de Toulouse à Pau, au retour du Canada, j'ai eu la vision du carambolage de 3 à 4 voitures. Je leur portais secours.
Dix à quinze minutes plus tard, il y eut effectivement carambolage de trois voitures devant moi. J'ai évité l'accident, étant la quatrième voiture. Je suis allée voir, j'ai téléphoné à la police et aux pompiers. Deux vieilles dames étaient atteintes. Je leur ai parlé. L'une d'elles avait du sang partout, l'autre, la poitrine écrasée. Pendant tout l'accident, j'ai été à la hauteur; je récitais le mantra de MT dans ma tête... Il a fallu les désincarcérer, etc... Ce n'était pas un petit truc... De l'avoir vu à l'avance, cela m'a fait peur, m'a impressionnée au plus haut point ! En arrivant, je l'ai raconté à ma mère qui l'a pris banalement "c'était une prémonition..." !
Moi, ça m'a travaillée pendant deux jours : imaginer un truc et que cela arrive sous vos yeux ! C'est une sorte de fatalité ! Que je n'étais pas impliquée dans l'accident et que je me portais au secours : tout cela je le savais; je l'ai vu d'avance ! Je savais que ça allait arriver ! Je ne sais pas pourquoi ! »
« Dans les "parapluies de Cherbourg", il s'agit d'un amour qui meurt sur le quai d'une gare. J'ai associé départ de train et départ de quelqu'un de la vie... Chaque fois que je rêve de trains qui déraillent, je me retrouve à la gare Matabiau[19] et j'apprends un décès le lendemain. C'est arrivé chaque fois. Cela est arrivé ces jours-ci ! Mon cousin germain avec qui j'ai été élevé est mort du cancer. Il avait 40 ans. J'ai préféré ne pas y aller, mais je vous ai oublié le Mercredi : j'ai dormi ! »
Rêve : « J'avais un problème d'encoprésie, en tant qu'adulte. Je ne savais à quoi lier ce rêve. J'étais très honteuse ! Je n'ai pas pu en parler !
Deux ou trois jours après, j'ai eu à connaître de l'encoprésie de deux enfants dont je m'occupe... »
« J'ai eu ce matin des peurs que je croyais dépassées, liées au plaisir et à la peur de découvrir de nouvelles choses. Ce matin j'ai ressenti le besoin de ne pas venir à ce rendez-vous, de ne pas partir... J'avais l'idée que le train allait se casser la figure ! Cette nuit j'ai eu plusieurs cauchemars compliqués liés au fait de venir vous voir... »
Commentaire : la façon d'énoncer le fait à venir comme objet d'angoisse répétitif, lié à des cauchemars confus et variés dans leur scénario me semble un critère suffisant pour écarter toute valeur parapsychologique à ces impressions. Il faudrait sans doute opposer cela à d'autres vignettes dans lesquelles le fait à venir est vécu comme réel, précis et ne peut se réduire aux conflits internes du patient.
« Le frère de l'ami de ma sur s'est tué en voiture. Après un temps, je me suis dit "il y a trois semaines, j'avais peur que mon frère ou mon beau frère ne meure; en fait cela a entraîné la mort d'un autre ! " »
Commentaire : Remarquons qu'il s'agit d'une interprétation après coup. Le lien entre les angoisses de mort (fréquentes et assez indifférenciées chez cette patiente) et l'évènement apparaît comme une construction qui masque peut-être d'autres représentations, moins acceptables par la conscience. Cette remarque nexclut pourtant pas une précognition ; lerreur sur la personne étant à interpréter du point de vue analytique, notamment en considération de lhypothèse magique invoquée : cela a entraîné la mort dun autre !
« La dernière fois que je suis venue vous voir, passant à Albi, je me suis dit "ça serait marrant de passer à Réquista..."
Comme si d'y penser suffisait à le faire arriver, cette fois ci, il y avait une déviation, à cause d'un accident et j'ai été déviée vers Réquista ! C'est pourquoi je suis en retard ! Comme si la pensée produisait la chose ! »
Commentaire : Ici peuvent se mêler des projections sur le futur à partir de données inconscientes, et de véritables précognitions, en particulier concernant le passage par Réquista. Alors que l'accident est réel dans ce cas, il est exclu du champ de la conscience et remplacé par une idée d'école buissonnière : faire un détour pour rire... La connaissance parapsychologique accepte aussi bien que d'autres perceptions ou souvenirs les vêtements que lui offre la censure. Ainsi, lorsque la mort apparaît réellement et par avance dans la perception, elle peut être niée et dissimulée, par exemple, sous l'apparence d'une fantaisie humoristique.
(elle parle de la mort de sa mère) « Tout le monde perd ses parents... Pourquoi est-ce si grave pour moi ? J'ai dû avoir envie de la tuer ! Je l'ai prise, début Juillet, chez moi et j'avais annulé tous mes contrats sauf un qui démarrait le 23 Août. Elle est morte le 21 Août. C'est comme si j'avais prémédité qu'elle mourrait avant le 23. Comme si j'avais décidé d'honorer ce contrat et que ça l'avait faite mourir avant... Je ne pouvais pas croire qu'elle soit morte et je croyais qu'on l'avait enterrée vivante !... ».
Commentaire : Nous n'avons pas besoin d'adhérer à son hypothèse culpabilisante, même dans le cadre de notre parti-pris. En effet, elle se comporte seulement comme si elle savait la date à laquelle mourrait sa mère. Il s'agirait alors d'un simple fait de précognition refoulée comme telle, notamment en raison du caractère insupportable de ce deuil; le refoulé fait retour sous forme d'une sorte d'acte manqué : conserver un contrat qui ne pouvait être honoré que si sa mère nétait plus là !...
Contexte : Depuis une agression subie il y a deux mois, cette patiente, qui m'est adressée par l'équipe d'Yves lignon, se plaint de maux de tête, pertes de mémoire, difficulté de concentration...
A propos de l'agression : « J'ai rêvé cette agression trois jours avant qu'elle ne survienne. C'était la même ambiance; on se regardait dans les yeux, il me tirait par le poignet dans le rêve. Dans la réalité, il m'a frappée et j'ai eu le poignet cassé. Dans la réalité, je me suis trompée de porte en sortant du cours de math et c'est ainsi que je me suis trouvée en face de l'agresseur ».
Elle se rappelle avoir déjà eu d'autres rêves prémonitoires : par exemple elle avait vu la tête du bébé de sa sur et celle du sien propre avant qu'ils ne naissent. Il lui est arrivé d'avoir des flashes avant des accidents.
Commentaire : le rêve, s'il lui avait permis de ne pas se tromper de porte n'aurait pas paru prémonitoire puisqu'il ne se serait rien passé de particulier. Il y a là un phénomène curieux : elle prévoit lagression mais non ce qui pourrait la lui éviter ! Peut-on comparer cela à l'attitude masochiste de la personne qui connaît les conséquences négatives pour elle d'un acte mais le pose pourtant ?
Par ailleurs, la précognition parait à la fois juste et confuse : le poignet est un élément essentiel qui sera blessé dans le réel au lieu d'être seulement saisi avec brutalité. On a là une information qui est transmise comme tout ce qui est rêvé, avec des remaniements, des omissions, des déformations. Le rêve semble bien , comme l'imaginait Freud, utiliser les données parapsychiques comme il le fait des restes diurnes standards.
Pascal Foville est un sujet de tempérament allergique. Il présente des difficultés de concentration, une mauvaise mémoire des mots, une écoute problématique en ce qui concerne le langage mais performante pour la musique. Il est par ailleurs très intuitif dans les relations humaines ce qui lui est très avantageux au niveau professionnel. Il affirme rêver assez fréquemment de situations qui se produisent quelques mois plus tard.
Commentaire : ce cas pourrait renforcer lopinion de ceux qui suggèrent que les facultés parapsychiques seraient plus spontanément accessibles aux sujets qui privilégient le fonctionnement de leur hémisphère droit...
[Le thérapeute, venant de la cave de l'immeuble, entre par la porte extérieure dans la salle d'attente, au lieu de venir chercher l'analysante, Violaine Sébastien, par la porte habituelle qui conduit à son cabinet].
« C'est drôle ! J'ai eu la vision que vous alliez passer par là !... Je ne sais pas ce qui m'a fait penser cela. C'est la première fois que je pense ça ! (et c'est aussi la première fois que ça arrive !) Quand vous êtes rentré, j'ai donc pas été trop étonnée... ».
Commentaire : on peut difficilement écarter la remarque du caractère très anodin de linformation survenue ici avant le moment de son existence. Précognition ou télépathie (si la patiente connaissait par ce biais le lieu actuel de lanalyste, le fait quil viendrait par la porte extérieure aurait pu sen déduire !). Cette remarque nest pas isolée ; bien souvent, à côté des informations de caractère tragique qui nous surprennent moins, il est intrigant de constater que bien des connaissances ainsi acquises nont quun intérêt bien médiocre. Ce manque de pertinence adaptative explique-t-il le peu de développement de ce type de capacité au cours de lévolution des êtres vivants ?
« Ma mère ayant eu un rêve qu'elle jugeait prémonitoire nous avait demandé de rentrer vite. Une copine de ma classe nous a proposé de l'accompagner pour porter un papier au Lycée. Sur le chemin ma sur plus jeune a été renversée par un vélo. Elle a eu une fracture du rocher et quatre heures après elle était morte. Je me suis sentie coupable de n'être pas rentrée à la maison tout de suite comme ma mère l'avait dit. L'atmosphère a été lugubre pendant des années et on m'accompagnait tout le temps de peur qu'il m'arrive quoique ce soit... »
Commentaire : le rêve prémonitoire n'a rien empêché. L'eut-il fait que l'anecdote serait tombée dans la banalité des accidents possibles qui ne sont jamais arrivés...
« J'ai rêvé qu'une petite fille était morte; c'était moi je crois ! On la mettait dans un cercueil; tous étaient accablés. Ce que j'ai mis dans le cercueil ce n'est pas la petite fille, mais ses objets, son imaginaire peut-être... (...) Après, je quittais un homme que j'aimais et qui m'aimait... ».
L'analyste a la (mauvaise) habitude de prendre beaucoup de notes pendant les séances. Il les écrit sur des feuilles volantes : il date chaque feuille en la commençant. A ce point de la séance, c'est ce qui se passe, il écrit la date. Cependant, il fait un lapsus calami et écrit 25 9 91 au lieu de la date réelle : 9 4 91. Il s'en aperçoit aussitôt et se demande s'il s'agit de précognition (y aurait-il un évènement marquant à cette date là, touchant vraisemblablement cette analysante ? ou faut-il lire le lapsus comme si c'était 25 9 90 ? Cela concernerait alors un évènement du passé)...
Le père de l'analyste est décédé, à l'hôpital, dans la nuit du 23 au 24 septembre 1991. Il a été mis en bière le 25 septembre 1991. Il y a donc bien eu une mise au cercueil ce jour là, de quelquun qui aimait le thérapeute et en était aimé. Ce quelquun nétait pas lanalysante mais le père de lanalyste !
Hypothèse : Si le lapsus est un rejeton de l'inconscient, doit on admettre que ce dernier ne recèle pas seulement des données refoulées du passé mais qu'il renferme aussi des données refoulées de l'avenir[20] ?
Fatiha énonce « J'ai fait des rêves qui se sont réalisés; par exemple je voyais mon oncle qui était en prison avec la date 15 décembre. Il a été libéré, de fait, le 15 décembre ».
En Septembre, Joëlle Roudesco affirme : « J'ai des flashes qui se réalisent, mais je doute de moi ».
Quinze jours plus tard : « L'an dernier, j'ai eu la vision de quelqu'un, puis je l'ai rencontré ».
Et trois mois plus tard : « Avec une amie qui avait été confiée à mes parents, on s'était séparées sur une dispute. J'ai prié dans l'église. Je l'ai vue devant l'arbre de la liberté. J'ai couru parce que je me sentais responsable. A l'endroit de ma vision, exactement, elle y était ! »
Particularité : depuis toute petite, je vois les chiffres et les voyelles en couleur (synesthésie)!
Quintilien Sylvie explique « L'amie de mon futur beau-frère a beaucoup de diplômes (alors que moi j'ai eu de multiples échecs aux examens) et elle est très bien physiquement. Sans la connaître, j'avais rêvé d'elle en robe blanche (elle est infirmière et porte toujours une blouse blanche dans son activité), avec des yeux gris bleu mais avec des cheveux longs. Dans mon rêve j'ai dit "c'est une très belle fille !"...
La première fois que je l'ai vue réellement, je lui ai dit :"c'est curieux, j'ai rêvé de toi et c'était exactement toi, sauf que tu avais les cheveux longs !". Elle m'a répondu que justement elle avait envie de les faire pousser...
Elle est très orgueilleuse, il n'y a qu'elle qui compte. J'ai fait mon maximum pour éviter de la rencontrer lors de notre dernier séjour chez mes futurs beaux parents ».
Commentaire : tout suggère ici une précognition mais de quelle scène ? de quelle image ? De l'image qu'aura cette jeune femme lorsque effectivement ses cheveux auront poussé ? ou de l'image qu'elle même projette dans l'avenir comme aboutissement de son projet de se laisser pousser les cheveux ? Et une image vue par qui ? Par la rêveuse qui se projetterait dans l'avenir de sa propre perception ? ou dans la représentation actuelle que se fait de sa propre image future sa future belle mère ? etc... Le sentiment porteur, s'il joue un rôle, semble être une forme de la jalousie.
« J'ai rêvé que mon ami venait et il est venu tout à l'heure ! Quelle joie de le voir ! Il a grossi ! bronzé ! Il m'a affirmé que l'héroïne c'était terminé !
Toutes ces choses que j'aimerais tellement croire ! »
Commentaire : Nous constatons que les bonnes nouvelles peuvent faire lobjet de rêves prémonitoires, et pas seulement les accidents ou les catastrophes !
Séance de Rêve éveillé, la patiente a une image spontanée : « des chenets noirs, simples. Je vois la cheminée, chez moi, avec du feu dedans. L'appartement est vide ».
Thérapeute : « pouvez vous imaginer que vous contemplez les flammes ? ».
Patiente : « de hautes flammes dehors, J'ai rêvé qu'une malade de l'HP où je travaille avait mis le feu à son sac à main! »
Thérapeute : « voulez vous imaginer que vous contemplez le feu du sac ? »
Patiente : « c'est un sac noir qui flambe, le feu qui grandit. Une fois j'ai rêvé à vous, mais j'ai oublié le rêve ».
La semaine suivante :
Patiente (elle travaille dans une Clinique) : « Il y a eu le feu au bâtiment d'à côté. On a senti une vapeur de nylon brûlé; c'est une corbeille de linge sale qui a brûlé à cause d'un mégot jeté dedans par un malade ».
Commentaire : précognition pendant la séance concernant un fait apparemment anodin puisque l'incendie annoncé sans conscience qu'il s'agisse de précognition est de peu de conséquence : juste une mauvaise odeur de plastique brûlé venant du pavillon voisin ! Lincendie a pu être maîtrisé ! On peut mieux approcher le phénomène, lui donner plus de poids si on réinstalle l'anecdote dans son contexte transférentiel : j'ai rêvé de vous dit la patiente. Comme la malade qui a jeté imprudemment un mégot dans le linge sale, ainsi moi comme patiente, dans le linge sale que je viens laver ici (en famille ?), j'introduis une flamme illicite, je rêve à vous en des termes dont je ne peux me souvenir, qu'il vaut mieux enfouir... La métaphore est prise dans le futur, exactement comme le rêve nocturne utilise les res Patiente : tes diurnes pour construire ses métaphores !
Lanalysante : « J'ai rêvé du mari d'une collègue, qu'il était très malade et que c'était la réalité et que je devais aller le voir .
Dans la réalité, j'ai rencontré sa femme qui me dit "il a reçu un coup de poing, il est très mal !"
J'ai répondu "Oh ! le pauvre ! déjà qu'il a été très malade !"
Elle s'est étonnée "Mais il n'était pas malade !!!" »
Commentaire : le rêve était tellement connecté à une sensation de réalité que, par la suite, la patiente réagit comme si elle était au courant d'une maladie qui se révèle être leffet dun coup de poing dont elle est censée tout ignorer...
« J'ai rêvé d'un grand blond, anglais. Ce matin j'ai reçu la lettre d'un anglais que je n'avais pas vu depuis dix ans »
Commentaire : Peut-être de la télépathie avec lexpéditeur ? Plutôt de la précognition avec elle-même lorsquelle découvrirait lenveloppe en provenance dAngleterre ?
Jeanne Q. : « Une de mes cousines est morte récemment. ( ) On ne pouvait pas se voir. Elle avait beaucoup de haine contre moi ! Parfois, elle avait des remords et me faisait des cadeaux ! Elle était enseignante comme moi.
La veille de sa mort, je me suis sentie déprimée, avec des douleurs épouvantables dans les os ! Pendant deux ou trois heures !
On m'a téléphoné "Yvonne est morte du cancer des os !". On s'était pas vues depuis plus de cinq ans ! Son mari m'a décrit sa mort en long et en large. Elle a été opérée au début de la nuit. C'est comme si j'avais pris sa douleur pendant quelques heures !
Ma mère (cancer du foie), la mère de ma cousine et ma cousine elle-même sont toutes trois mortes à 56 ans ».
Commentaire :
· S'agit-il d'une déduction du type : sa mère est morte à 56 ans comme la mienne; elle aussi doit mourir au même âge. Cette déduction pourrait donner un âge approximatif ou faussement précis, mais tomberait difficilement sur la date exacte (« la veille de sa mort ») !
· Autre hypothèse : la patiente a-t-elle reçu un message télépathique, c'est à dire simultané aux derniers moments de sa cousine ?
· On peut imaginer que c'est le récit du mari, « en long et en large », qui a déclenché une rétro-psycho-somatisation dans les heures ayant précédé la mort. La patiente était certes victime de la jalousie de sa cousine, mais il est évident qu'elle avait quelque part personnelle à cette haine qui ne pouvait être entièrement asymétrique. L'annonce de la mort d'un proche envers lequel elle vivait des sentiments ambivalents est un événement culpabilisant et générateur de dépression et de deuil. Elle pourrait avoir amorti le choc en s'infligeant une communauté de souffrance, une identification au mal qui devait entraîner la mort de sa cousine. Si nous retenons cette hypothèse, nous aurions donc les étapes suivantes :
Jeanne Q. : « Le frère de ma mère avait une femme, ma tante Zoé, une brave femme, qui avait un cancer. J'avais sept ans. Une nuit j'ai rêvé que son mari, les bras en croix devant une porte fermée me disait "N'entre pas ! Elle est morte !".
Dans la réalité, ma mère a entendu qu'on frappait à la porte. Il était deux heures du matin. Réveillée, j'ai crié "N'ouvre pas, c'est tante Zoé qui est morte !"
Stupéfaction de la famille ! ».
Jeanne Q. : « (...) Ca me rappelle l'assassinat d'un jeune arabe de quinze ou seize ans à Oran, devant le Régent en 1960 ou 1961 ! Il avait la face contre terre, les bras écartés et un groupe de jeunes autour de lui avec de petites haches ! {la patiente pleure}.
Pitié ! Ecurée ! Même ses pieds ! Je ne voyais pas son visage, tourné du côté du Régent ! De jeunes français (entre quinze et dix huit ans) l'avaient assassiné ! Un poignard enfoncé entre les deux épaules !
Ils m'ont menacée parce que j'avais parlé[21] : ils avaient senti dans ma voix un accent de France[22]! J'avais dit "le pauvre !..." Alors le propriétaire d'un magasin m'a faite rentrer derrière son rideau de fer... Un arabe, caché sous le comptoir, tremblait, claquait des dents très fort ! La dame lui a apporté quelque chose pour le faire boire... Le monsieur m'a assise sur un tabouret. J'étais étonnée parce que c'étaient des juifs qui avaient sauvé cet arabe. Alors les jeunes avaient attaqué un autre arabe qui passait (et l'avaient tué !).
J'avais déjà, exactement, rêvé cet incident dans la nuit précédente! J'éprouvais une très grande impression d'étrangeté, impression jamais rencontrée depuis ! Quand je suis sortie, toutes les rues étaient désertes. J'étais entrée dans l'Eglise de ma communion, celle du Saint Esprit ! L'Eglise était vide, ses portes ouvertes ! Impression étrange, comme de folie ! A la fois j'étais bouleversée par la scène que je venais de vivre et fascinée par le fait que je l'avais intégralement rêvée le matin même. Qu'est-ce donc que la vie ? »
Cette patiente passait un examen quelle redoutait :
« J'ai rêvé que j'avais 4/10 et 11/20 ce qui faisait (4 + 11) / 30 = 15 / 30, donc la moyenne, mais je ne savais en quelle matière. J'ai eu exactement ces notes en biologie ».
Huit jours plus tard, elle annonce :
« Dans un rêve je voyais la feuille : 3 et 3 = 6 ; plus 2 = 8
Je me suis levée, je suis allée aux résultats de Maths, directement, alors qu'on ne savait pas et que JE ne savais pas quel jour ils sortiraient. J'avais 8 »..
« Sabah ne voulait pas que j'enregistre un film fantastique sur les abeilles. Le lendemain, elle a été piquée au cou et au doigt par une guêpe ! Et elle a rouspété à nouveau sur ma cassette des abeilles... Comme si c'était arrivé de la K7... Il y avait sur la même cassette un autre film fantastique qu'elle ne contestait pas... Pas plus qu'elle ne conteste les très nombreux films fantastiques dont je suis friande...
Voici le thème du film : une femme dressait les abeilles qui semblaient obéir aux fantasmes de leur propriétaire... y compris après changement de propriétaire : la deuxième ne voulait pas qu'elles piquent alors que la première voulait interdire à quiconque de pénétrer dans la propriété ».
« Mon père est mort quand j'avais huit ans. Je l'ai vu mourir d'un infarctus. Je l'ai vu devenir violet, marbré. J'avais eu l'intuition de sa mort six mois auparavant : j'avais vu le cadre de sa photo se transformer en couronne mortuaire ».
cc) L'évidence du cauchemar
Janvier 2006 : "Cela fait une semaine que je fais des cauchemars très intenses sur le feu, plus précisément sur une maison qui brûle, celle de mes grands-parents maternels. Cette maison qui brule n'est pas leur maison actuelle, mais celle d'avant. Je vois donc la maison qui brûle, mes grands parents prisonniers à l'intérieur, les pompiers...
Le 26 Janvier au matin ma mère m'apprend que la maison de mes grands parents a pris feu et qu'ils ont failli y rester. Cela m'a terrorisée et en même temps, ça m'a paru comme une évidence puisque je le voyais dans mes cauchemars". (Jennifer Hervé)
dd) Elle a gagné ou peu s'en faut !
Juin 2006 : "J'ai lu dans un livre des rêves, qu'il fallait toujours avoir à côté de soi une feuille et un crayon au cas où l'on rêverait de numéro.
J'ai rêvé que je gagnais à l'euromillion. Le matin au réveil, je me rappelle des numéros, je l'ai donc écrit sur la feuille. Cela s'est passé un vendredi soir puisque le samedi matin, je vais voir sur internet les numéros sortis la veille; il s'agissait des numéros écrits sur ma feuille." (Jennifer Hervé)
ee) En suis-je la cause ?
Mai 2009 : "pendant près de deux semaines, je n'ai pas arrêté de faire des cauchemars où ma grand-mère maternelle décédait.
Quand j'ai appris la nouvelle, je me suis demandée si ce n'était pas de ma faute ! C'est tellement bizarre de voir quelque chose se réaliser et être impuissant". (Jennifer Hervé)
Commentaire : nous croyons tellement à l'assimilation entre succession causale et succession temporelle que nous tendons à imaginer que notre perception du futur est la cause plutôt que la conséquence !
ff) Dans l'attente fataledécembre 2009 : "deux semaines de cauchemars intenses ou ma grand mère paternelle décède. Elle a un cancer irrévocable" (dans mes cauchmars) [noté le 20 Janvier 2010; pas de confirmation par les faits à cette date] (Jennifer Hervé)
Rêve : « Je suis en état de décomposition avancée, un cadavre. J'ai vu des morceaux de mon corps : moins mes pieds... Mon chien en travers de la route; j'espère qu'il n'est pas mort ? »
Commentaire : Le rêve dit sa mort ainsi que celle de son chien. Elle, est bien vivante, mais le chien ? (de fait rien n'est arrivé à cet animal non plus)... Nous devons interpréter ce scénario classiquement et par rapport à lhistoire passée.
Le thérapeute pense au fait de parler des patients sans les nommer (par exemple lorsqu'on donne un faux nom pour publier un cas). Il se demande "est-ce trahir leur confiance ?"
Analysante : "J'ai peur d'être jugée par vous... que vous parliez de moi, peut-être à votre collègue Madame Tenenbaum. Envie ou crainte que vous parliez de moi... Parfois je me demande si vous ne pouvez pas deviner mes pensées ? Puis je trouve des raisons ... Peut être, comme Jeannine Lemaire (pour : Fontaine...) vous voyez, vous aussi, l'aura des gens... J'ai la crainte et le désir d'être devinée"
« Le 15 on est allé sur la côte avec ma femme et notre fille. Dans le village nous sommes tombés sur un groupe de cyclistes parmi lesquels se trouvait Cunégonde. Elle regardait une carte; elle a senti un regard sur elle. Elle a levé les yeux, m'a vu et s'est approché de moi, cherchant mes lèvres. Je les ai évitées car ma femme était derrière moi...
Quelques jours après j'ai téléphoné à Cunégonde qui a dit "qu'est ce qui s'est passé dans nos têtes pour qu'on se rencontre ?"
Elle refuse qu'on se téléphone, qu'on s'écrive ou se donne des rendez vous : elle fait confiance, dit-elle, "à ce qui doit être..." ».
Commentaire : Il est dacceptation commune quon puisse sentir un regard posé sur soi. Nous sommes là en présence de cette banalité qui a fait lobjet, par ailleurs dinvestigations systématiques.
Josiane Saladin déclare « il m'est déjà arrivé de rencontrer quelqu'un d'inconnu que j'avais déjà vu en rêve. En général ce sont des femmes... »
Commentaire : Ce témoignage rejoint des phénomènes connus de longue date en psychologie auxquels on donne souvent des explications neurophysiologiques ; ces explications sont à valider. Dans le cadre de notre parti-pris, on admettra provisoirement que le « déjà vu » renvoie à une précognition rêvée.
Dominique Borulieur explique « J'ai eu une sensation de "déjà vécu" dans un rêve; il s'agissait d'un paysage et d'un appartement dans lequel je me trouvais avec des collègues et mes parents. Or je n'ai cet appartement que maintenant; c'est à dire que j'en ai rêvé comme déjà connu avant de le connaître ».
Commentaire : ce témoignage nest pas sans intérêt en ceci que le sentiment de déjà vu ou de déjà vécu comporte diverses explications possibles, dont plusieurs ne sont pas parapsychologiques. Son sentiment dans le rêve de « déjà vécu » est assez étrange puisquelle concerne une représentation qui ne se trouve pas dans son passé mais dans son futur.
Mr Amilrin ex-pasteur pentecôtiste nous déclare : « J'ai vécu des expériences parapsychologiques négatives, telles que parler en langues, expression émotionnelle, comportements excessifs. » Tout ceci dans un contexte didées de suicide, didées de grandeur, de comportements de couple agressifs ! Le test MMPI[25] présente deux échelles « subtiles » un peu élevées : PdS et HyS. Ceci témoigne de leffort qui lui est nécessaire pour sadapter à la réalité sociale et saccepter lui-même !
Même dans le cadre de notre parti-pris et malgré son affirmation, nous considèrerons que ces expériences ressortissent plutôt à des expériences cathartiques sans implication psi !
Dans son délire, Rouchin Pierre-Yves a un fils (qui n'existe pas).
« J'ai l'impression que ma mère et mon père sont télépathes. je sens leur pensée, elle me vient de manière presque parfaite. Leur pensée précède la mienne. A peine j'ai pensé que j'ai le contre coup de leur pensée, mais comme si elle avait été pensée avant. Il y a aussi des personnes importantes d'un point de vue politique qui se greffent sur vous et après, savent ce que vous êtes ».
Commentaire : Même dans le cadre de notre parti-pris, il est difficile de prendre en considération le caractère parapsychologique de cette télépathie ! Nous faisons plutôt appel aux travaux psychanalytiques sur le délire et lautomatisme mental. Ces phénomènes surviendraient à partir dune activation par le sujet de complexes inconscients qui sautonomisent et prennent possession des mécanismes de la perception. Tout ce que ses parents lui ont suggéré par leurs attentes et leurs contradictions surgit ainsi comme un Réel dont il se sent envahi.
Gérard Blondu est adressé à ma consultation par le Dr André Malacan du Laboratoire de Parapsychologie dYves Lignon. Il déclare :
« Mes parents ayant divorcé, j'ai choisi d'aller avec mon père, mais au bout de trois mois, ma mère m'a récupéré par le Tribunal... J'ai un problème pour dire au revoir, pour quitter les gens, seraient ce mes clients (VRP). J'ai un lien excessif avec ma mère chez qui je vis (pour des raisons financières...?)
Il est arrivé que je passe vibrer une porte en m'en approchant, ma mère en a été témoin. Parfois, alors que je suis derrière une voiture sans occupant, les feux stops s'allument brièvement ; ça m'est arrivé cinq ou six fois ! Deux lampes de la rue se sont allumées et éteintes après un petit moment.
Par moment, il y a des coups à l'intérieur de mon sac, la peau du sac (cuir) bouge; il s'agit de "gonflements" du sac. Ca se reproduit parfois et ça peut durer 4 à 5 minutes. Je l'ai montré à ma mère et elle a observé, elle aussi, un léger battement.
Par moment, je ressens des coups dans mon corps, à l'endormissement; ou de l'énergie autour de mon corps...
J'ai pratiqué le phosphénisme[26] avec un livre de Lefébure. »
Commentaire : cette observation ressemble par certains côtés avec lune de celles que cite Djohar Si Ahmed (Cf. bibliographie). Il me paraît hasardeux den affirmer le caractère parapsychologique. Lexistence des phénomènes de psychokinèse est encore moins biens démontrée que la précognition ou la télépathie.
Maryse Vrédine raconte : « Mon fils a fait une séance de spiritisme avec des copains en utilisant un verre. Vers quatre heures du matin, il nous a appelés, angoissé : le verre bougeait et disait s'appeler Satan ! Le verre bouge, on ne le pousse pas vraiment; il donne les réponses qu'on a dans l'esprit ! Cependant je ne peux être catégorique pour nier l'existence des esprits ! ».
Commentaire : Ce « vraiment » ne dit pas forcément la vérité ! Comme le dit Gérard de Monmollin en parlant de la table « et pourtant, elle tourne ! ». Le verre lui aussi est mu ! Les participants ont limpression que leur doigt se contente de suivre ses mouvements, mais si leur accord et leur entraînement le permet, dans le cas général, cest eux qui font bouger le verre (ou la table). Il en va de la table, du verre comme du pendule ! Ce qui nenlève rien au problème de la radiesthésie. Cela nenlève rien non plus aux éventuelles « révélations » du verre. Il donne les réponses quon a dans lesprit, il parle la pensée inconsciente du groupe ou de tel(s) de ses membres. Et parfois ce qui surgit surprend tout le monde, mettant en jeu de la télépathie, de la précognition, voire de la psychokinèse.
« Au début de ce mois, j'étais très bien, j'avais des sensations de télépathie mais je ne pouvais plus maîtriser la chose. Je me suis dit que je devenais folle ! J'avais l'impression que les gens pouvaient entrer dans mon esprit. J'entendais les gens penser. J'ai voulu me raisonner mais c'était plus fort que moi ! Je ne pouvais plus travailler ni dormir pendant deux semaines...
J'avais demandé à un ami de me compléter mentalement... J'ai eu l'impression de le recevoir. Un soir, j'ai eu l'impression de faire l'amour par l'esprit avec cette personne. J'ai tout ressenti et j'ai eu peur d'être enceinte ! J'avais l'impression que mon père était contre moi[27] et que je luttais contre lui; il m'empêchait de m'harmoniser avec cette personne...
Ensuite, je me suis calmée, mais j'étais devenue incapable de me concentrer sur les cours...
Puis j'ai eu l'impression que deux personnes étaient entrées en moi, avaient ainsi violé mon intimité, voulant tout savoir de moi, voulant m'enlever l'autre de la ville d'O. en moi, voulant tout m'enlever... J'ai dit "vous le regretterez !" et je suis devenue totalement hystérique !
Lors de la communion de ma sur à O., j'ai eu l'impression que je sentais l'odeur des gens. Je pouvais rentrer en eux.
Avec mon cousin, on a discuté de la raison, de qui a raison, chacun restait sur sa position. Je suis allée réfléchir. J'ai eu une révélation comme si Dieu me parlait et que j'allais avoir la force de prouver ce que je disais. Je me suis dit "je dois cacher cette force de Dieu". La nuit suivante, je n'ai pas dormi. Je tâchais de bloquer mon souffle parce qu'ils auraient pu sentir que je possédais quelque chose que eux ne possédaient pas. J'ai cru que pendant la nuit ils l'avaient découvert et que Georges tentait de rentrer en moi par le sexe. Ils ont essayé et j'ai lutté toute la nuit. A la fin de la nuit, j'avais réussi[28]. Rien ne s'était passé : s'ils avaient la connaissance que j'avais quelque chose en plus, ils ne savaient toujours pas quoi !
Dans la journée, il a réussi, mais pas complètement, à rentrer en moi. Je l'ai laissé juste pour qu'il voit puis qu'il se retire ! Il montait, il montait... Alors j'ai eu la sensation des odeurs.... J'ai senti les fleurs du mal, pourries, fanées... Je sentais des odeurs et je pensais au livre " Les fleurs du mal" que je n'ai pourtant pas lu. J'avais cette odeur dans le nez et des présences dans ma tête et tout mon corps !... Il était entré en moi, mais j'ai quand même gardé un espace, un jardin secret dans lequel il n'a pu pénétrer...
Je suis rentrée à Toulouse le soir avec mon oncle et on a communiqué à nouveau. J'ai senti qu'il n'était pas bien, proche de la fin. Je suis entrée en lui. On a le même sang... Je le sentais bon... J'ai voulu l'aider. J'ai donné ma jeunesse pour qu'il me donne ce qui en lui était mauvais, faible. Je lui ai donné la force pour continuer à vivre... J'y arrivais pas, ça a pas marché. Il y avait trop de choses à penser. J'ai manqué de force, exténuée...
Au restaurant, j'avais l'impression que tout le monde me regardait, comprenait que j'étais spéciale ! Le soir, à l'appartement, je me suis enfermée aux toilettes. J'ai fixé la porte des WC. J'ai vu / entendu Dieu qui me disait "qu'est ce qui ne va pas dans le monde ?" J'y réfléchissais : plein de choses n'allaient pas ! C'était atroce ! monstrueux ! Apocalypse ! Il fallait tout arrêter et recommencer. Il fallait tout fondre ensemble et harmoniser la terre, l'eau, le feu, l'air ! Dieu me dit "Viens avec moi pour tout changer !" . J'ai accepté... Dans la nuit j'ai senti que j'avais comme une mission à accomplir; changer en revenant en arrière, pour tout changer, mais ça datait de trop loin !
Prostrée, je suis allée au Lycée. J'ai vu que nous étions tous des monstres, y compris moi, mais moi je voulais changer ».
Contexte : elle a perdu sa mère à l'âge de treize ans. Encouragée par son père, elle s'est alors investie dans un rôle de "marâtre" à l'égard de sa sur et de son frère, plus jeunes . Elle éprouve certains phénomènes de dépersonnalisation : « par moment, je me regardais dans la glace, droit dans les yeux; mon visage se déformait... Il me semblait 'sentir' les autres et je me rendais compte qu'ils n'étaient pas sincères ». Elle avoue dans la foulée que l'année passée, elle a fumé du "H" et "sniffé de l'héroïne"...
Dans les jours qui suivirent cet entretien, elle passa son baccalauréat avec une mention.
Commentaire : Cette patiente éprouve une "télépathie" explicite et généralisée. L'évidence qu'elle éprouve doit-elle nous convaincre qu'elle perçoit, en effet, l'intériorité d'autrui, qu'autrui lit en elle ses pensées ? Le caractère très général, vague, massif et sans vérification possible de ses assertions les rend suspectes au point que tout un chacun autour d'elle les prenne pour du délire. Elle même hésite sur l'adhésion qu'elle doit à ses propres affirmations. Il s'agit par moment de certitudes, mais de ces certitudes qui s'apparentent plus à la foi et à la passion qu'aux constatations refroidies et critiquées par un regard distancié. C'est dire que nous pouvons comparer sa télépathie au récit d'un témoin lourdement impliqué dans l'observation qu'il rapporte. Ce type d'expérience dit beaucoup plus sur l'affectivité du protagoniste que sur les données qu'il croit pouvoir expliciter. Nous sommes donc en présence d'une expérience comparable aux interprétations et hallucinations visuelles, tactiles ou auditives. Nous rencontrons d'ailleurs ici de telles hallucinations (dialogue avec Dieu, tentatives de pénétration corporelle, odeurs)... Il n'y a aucune raison particulière qui devrait nous faire admettre plus de consistance dans les perceptions rapportées au "sixième sens" télépathique ! Il intervient ici, en tant que mieux à même de démontrer l'évanouissement des frontières, la fusionnalité de la dépersonnalisation qu'elle énonce de diverses façons.
Tout changement remettant en cause la structure de soi s'accompagne de dépersonnalisation[29]; fut-ce le plus banal et le mieux partagé, tel le stade d'éveil paradoxal qui nous permet chaque soir de passer de l'état éveillé à l'état endormi. On sait que cet état est exacerbé lors de certains événements : relaxation, évolution spirituelle, adolescence ou entrée dans la psychose... Il semble favoriser les expériences para psychologiques et se cultive par les techniques de la transe; il n'est pas exclu que le protocole d'association libre (côté patient) et la technique d'attention flottante (côté analyste) aient un impact de ce type dans le cadre freudien. On en a d'ailleurs tiré certaines contre indications de la cure classique de psychanalyse par rapport aux personnes qualifiées de borderline ou de psychotiques.
Les phénomènes attribués à lESP par notre parti pris ont ils plus de poids dans les récits de rêve que dans les autres discours tenus sur le divan ?
Jai demandé à différentes personnes dindiquer par une note de 1 à 3 si le texte rapporté paraissait ressortir du Psi. On relevait, au moment de cette évaluation 48 récits de rêve (note totale = 93) et 126 textes non-rêve (note totale = 195). En effectuant la moyenne de ces notes pour les récits de rêves, on obtient une note moyenne de 1.94, pour les textes qui nétaient pas un récit de rêve, la moyenne obtenue était 1.55
On voit que cette évaluation confirme limpression commune qui donne au rêve une place privilégiée dans les phénomènes spontanés. On sait que cest à partir de cette idée quont été effectuées les recherches expérimentales sur le rêve (sommeil paradoxal) et la télépathie au Maïmonides Hospital (NY). Cest à partir de ces recherches qua été proposée la méthode dite du « ganzfeld ». Laquelle, se rapproche plus de lassociation libre psychanalytique que du rêve nocturne. Elle devrait donc avoir une efficacité denviron 20 % inférieure à son modèle
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Forum M6 - après
l'émission Normal-Paranormal
du12 Février 2002
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"Rêves premonitoires ...oui mais" envoyé par Onizukalpha le 18/02/2002
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"Voyances" envoyé par Pb le 16/02/2002
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Je compte reprendre l'étude des cas recensés ci-dessus et quelques autres enregistrés ultérieurement en évaluant :
Pi = (åai)/NbRvi
On pourra alors valuer un "Poids individuel corrigé psi-parti-pris " (Pic), en affectant chaque fait relevé de son degré apparent de pertinence Psi, en additionnant tous les nombres ainsi colligés (pour chaque individu) et en divisant par le nombre de rendez-vous de cet individu (NbRvi):
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Pici
= (åDapi)/NbRvi
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Un certain
nombre de tests psychologiques ayant été passés par un
certain nombre de sujets, on pourra alors rechercher d'éventuelles corrélations
entre les résultats de ces tests et le "poids psi-parti-pris"
:
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TestPsyji
= f(Pi)
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et/ou le "poids corrigé psi-parti-pris" :
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TestPsyji
= f(Pici)
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Une étude préalable - plus simple - pourrait se borner à construire un tableau comportant le relevé de toutes sortes de caractéristiques prises dans les compte rendus concernant les sujets "psi" (sous condition de parti-pris + ).
On détermine un nombre équivalent de sujets "non psi" et on répertorie l'existence ou non des mêmes caractéristiques. Sur l'ensemble des cas, on réalisera le catalogue des items différents en vue d'établir une sorte de portrait robot à deux volets (psi versus non-psi)
On pourra lire ici le témoignage de SGS à propos d'ampoules qui se grillent dans son environnement, en lien selon son impression, avec le décés d'êtres qui lui sont chers.
Freud nous propose ce qu'il appelle un "rêve modèle" : « un père a veillé jour et nuit, pendant longtemps, auprès du lit de son enfant malade. Après la mort de l'enfant, il va se reposer dans une chambre à côté, mais laisse la porte ouverte, afin de pouvoir, de sa chambre, regarder celle où le cadavre de son enfant gît dans le cercueil, entouré de grands cierges. Un vieillard a été chargé de la veillée mortuaire, il est assis auprès du cadavre et marmotte des prières. Au bout de quelques heures de sommeil, le père rêve que l'enfant est près de son lit, lui prend le bras, et murmure d'un ton plein de reproche : 'ne vois-tu donc pas que je brûle ?'. Il s'éveille, aperçoit une vive lumière provenant de la chambre mortuaire, s'y précipite, trouve le vieillard assoupi, le linceul et un bras du petit cadavre ont été brûlés par un cierge qui est tombé dessus ».
Les explications de Freud sont bien sûr recevables et ont été acceptées par tous les lecteurs. Il reste pourtant des interrogations surnuméraires qu'on n'omet de se poser que dans la mesure où on se donne d'avance l'adhésion à des explications d'un parti pris inverse au notre. On dit que la vive lumière de l'incendie aura frappé le dormeur et suffit à lui suggérer qu'en effet son enfant brûle. Mais pourquoi le vieillard somnolent n'en a-t-il pas été troublé ? N'est ce pas surprenant quand on considère que l'âge rend le sommeil plus léger ? D'autant que le vieillard est dans la pièce même de l'incendie. Sous l'hypothèse de la possibilité et de la fréquence des phénomènes de voyance ou / et de précognition, surgit une nouvelle façon d'analyser l'information reçue par le père : la connaissance parapsychique de l'incendie qui touche le cadavre de son fils l'amène à rêver de ce que ce dernier, vue leur histoire commune, pourrait lui dire en une telle circonstance. Les explications de Freud restent donc pour nous pertinentes et c'est plutôt le point de vue du conférencier qui reçoit un bémol.
La conception du rêve pourrait alors être légèrement modifiée, en ceci qu'elle prendrait en compte comme l'imaginent les physiologistes une fonction d'assimilation des schèmes héréditaires, en les "jouant" par rapport aux souvenirs du jour écoulé et des acquis antérieurs. Si ce jeu se produit, c'est bien sûr sous la motion des désirs du sujet et de leur éventuelle projection dans l'avenir. Nous ne pouvons, personnellement pas rejeter l'hypothèse que le rêve prenne en compte, également et au même titre que les restes diurnes des éléments en provenance d'un réel éloigné dans le temps ou dans l'espace. Ceci en raison d'une structure de la durée de cette personne, de la valeur existentielle de ces événements et des préoccupations inconscientes actuelles du sujet.
C'est là une position qui n'est pas aussi éloignée de la position de Freud et de celle de Lacan qu'il y pourrait paraître. Freud - suivi, comme à regret par Lacan - accepte la télépathie en tant que communication, ce qui lui permet d'en traiter les manifestations comme n'importe quel autre résidu du jour. Nous allons voir que les choses se corsent avec l'intervention du temps, non la durée intérieure et la remémoration qu'elle permet, mais le temps des physiciens qui est une mesure permanente des objets.
Freud (1908) déclare un peu trop rapidement "aujourd'hui encore le bas peuple reste curieux des rêves auxquels il demande, comme les anciens, la révélation de l'avenir. Je m'empresse[30] de vous assurer que je ne vais pas faire appel à des croyances mystiques pour éclairer la question du rêve; je n'ai du reste jamais rien constaté qui confirme la valeur prophétique d'un songe".
Freud n'a jamais constaté qu'il existât un rêve réellement prophétique parce qu'il en exclut totalement et a priori la possibilité scientifique. C'est la conclusion de son ouvrage sur l'interprétation des rêves (1929) « le rêve peut-il révéler l'avenir ? Il n'en peut être question. Il faudrait dire bien plutôt : le rêve révèle le passé. Car c'est dans le passé qu'il a toutes ses racines. Certes l'antique croyance aux rêves prophétiques n'est pas fausse en tous points. Le rêve nous mène dans l'avenir puisqu'il nous montre nos désirs réalisés; mais cet avenir, présent pour le rêveur, est modelé, par le désir indestructible, à l'image du passé ».
Comme y insiste Lacan (1973) Freud refuse non seulement l'immortalité de l'âme, au nom du positivisme, mais aussi que tous les éléments de l'avenir soient calculables. Quant à ce deuxième point, il exclurait a priori toute valeur de certitude à la prédiction. Ce point aurait pu, autrefois, être contesté au nom du même positivisme qui est à la base du premier refus. La réflexion mathématique sur les évolutions chaotiques nous y fait aujourd'hui (depuis Poincaré), souscrire : l'avenir n'est pas calculable alors même que toutes les interactions de l'univers seraient déterministes. Pour autant, la prédiction est-elle totalement irrationnelle ? Oui, si nous considérons un monde Newtonien pré-quantique. Non, si nous admettons la proposition einsteinienne selon laquelle espace et temps forment un continuum dont l'irréversibilité n'est pas légale au sens physique.
Que devient alors la problématique aristotélo-lacanienne ? Pouvons nous écrire, avant qu'elle ne se réalise "victoire de Mantinée". Qui ne voit l'aporie ? L'écrire, y croire, n'est-ce pas, dans le cadre du déterminisme psychologique le plus vraisemblable provoquer son contraire, la défaite, par désinvestissement des combattants ! Et si la défaite était prédite ne lutteraient-ils pas avec l'énergie du désespoir, ce qui, encore une fois, ferait mentir la prophétie ? Si donc la prophétie sur le contingent, ou au moins le non calculable, a une valeur, ce ne peut être qu'à une condition : qu'elle ne soit pas crue ! C'est à dire, qu'il reste au moins un doute raisonnable...
Ce dont nous avertissait la mythologie (Homère). On raconte aussi que si Cassandre reçut le don de prophétie, c'est parce qu'elle promit à Apollon de se donner à lui. Cependant elle ne donna pas suite à sa promesse et Apollon lui cracha dans la bouche : elle garda son don (comme la Sibylle ou la Pythie) mais elle proférait ses oracles en état de transe et ne pouvait persuader ceux qui les entendaient de leur valeur...
Tout se passe alors comme si le fait visé ne pouvait l'être que de biais, de manière floue et plus au niveau de son contexte que de son texte. Bien des cas de précognition, y compris chez l'animal, semblent aboutir, précisément, à déjouer le destin... Telles les souris de Rémy Chauvin qui se montrent capable d'éviter, plus souvent qu'elles ne le devraient, le compartiment qui sera électrifié selon une séquence pseudo-aléatoire dont les termes ne sont connus que par un ordinateur...
l'homme aux rats (p. 97): « ...il se demanda s'il devait reprendre la même chambre, car elle était très grande et chère. Quand il dit enfin à la jeune fille qu'il s'était décidé à la prendre, elle l'informa que le Professeur l'avait déjà prise. "Que l'apoplexie le frappe alors !" dit-il furieux. Deux semaines plus tard il fut troublé dans son sommeil par l'idée d'un cadavre. Il l'écarta, mais le lendemain matin il apprit que le professeur avait été réellement frappé d'apoplexie et qu'on l'avait porté dans sa chambre à peu près à cette heure là. Il possède aussi, dit-il, le don de rêves prophétiques, dont il me raconte le premier ».
l'homme aux rats (p. 115-117): « Il ne peut s'empêcher de croire au sens prémonitoire des rêves, car il en a eu, dans sa vie, diverses preuves très remarquables : au fond, il n'y croit pas de façon consciente. (Les deux coexistent, mais l'attitude critique est stérile) ».
Pendant l'été 1901, il avait écrit à un camarade lui demandant de lui envoyer pour trois couronnes de tabac pour la pipe. Trois semaines environ se passent sans réponse ni tabac. Un matin, il se réveille et dit avoir rêvé du tabac; est-ce que, par hasard, le facteur lui a apporté un paquet ? "Non". Dix minutes plus tard on sonne : le facteur apporte le tabac.
Pendant l'été 1903, alors qu'il prépare son troisième 'examen d'état'. Il rêve qu'à l'examen on l'interroge sur la différence entre un fondé de pouvoir et un organisme d'état. Quelques mois plus tard, à son examen final, on lui pose en effet cette question. Pour lui, ce rêve est chose certaine, mais rien ne prouve qu'il l'ait mentionné entre temps.
Un jour il pense subitement "qui sait ce qui arrive en ce moment aux dents de Ingrid ?". Peut-être avait-il mal aux dents lui même. Un jour où il s'était masturbé de nouveau, il a, au moment de s'endormir, et déjà dans un demi-sommeil, comme la vision de sa sur tourmentée par ses dents. Trois jours plus tard arrive une lettre disant qu'elle commence à avoir mal à une deuxième dent qui, depuis, a été perdue aussi. Il s'étonne lorsque je lui explique que sa masturbation est la cause de sa vision ».
l'homme aux rats p.119: « en septembre 1903 il rendit visite à Elise Feuerbach, et vit alors son frère idiot, âgé de sept ans, qui fit sur lui une impression terrible. En décembre il rêva qu'il assistait à ses funérailles. L'enfant mourut à peu près à cette époque. Dates plus précises impossibles à établir. (...) Pendant son séjour à Salzbourg il était constamment poursuivi par la réalisation de prémonitions étonnantes. L'homme qu'à l'hôtel il avait entendu parler d'un cambriolage avec la serveuse; il prit cela pour un oracle : il le reverrait en tant que criminel. C'est ce qui arriva effectivement quelques mois plus tard lorsqu'il fut par hasard muté à la section pénale.
Encore à Salzbourg : il croisait sur un pont des personnes auxquelles il avait pensé un moment auparavant. (sa sur lui avait déjà donné comme explication la vision indirecte).
Il pense par hasard à des scènes, à Trieste, où il se trouvait avec sa sur dans une bibliothèque publique ; un monsieur entra en conversation avec eux et parla de façon très sotte, lui disant :"c'est que vous en êtes encore à l'époque de la littérature des 'Années de gourme' de Jean Paul". Une heure plus tard, à la bibliothèque de prêt de Salzbourg, les 'Années de gourme' étaient un des premiers livres qui lui tombèrent sous la main.(Mais pas le premier. Une heure auparavant il avait déjà eu l'intention d'aller à cette bibliothèque et c'est pourquoi il avait repensé à la scène de Trieste).
A Salzbourg, il se considérait comme un voyant. Or, ce n'étaient jamais que des choses fortuites sans aucune importance et qui ne se rapportaient jamais à des choses auxquelles il s'était attendu, mais toujours à des choses insignifiantes ».
p.133 : « {rêve superstitieux} hasard étrange lors de sa préparation à son second 'examen d'état' : il n'avait omis de lire que deux passages, de quatre pages chacun ; or c'est précisément là-dessus qu'il fut interrogé. Plus tard, lors de la préparation de son troisième examen, il eut un rêve prophétique ».
l'homme aux rats p.182-187 : un W qui pose question :
Freud utilise un W en tant qu'abréviation selon une façon qui ne lui est pas coutumière comme le commente le traducteur. Il s'agit de la phrase "Au sujet des rats, il manque une contribution visant la mère, et à ce propos c'est d'elle que part 'W' (c. à d. d'après la Standard Edition : widerstand à la résistance)." Dans les pages suivantes il commente des ensembles de phonèmes à partir du mot polonais wielka que Freud écrit vielka et traduit faussement vieille (au lieu de grande). Le W s'avère lié à une chanson de la sur de l'homme aux rats ("un grand chagrin est posé dans mon cur"). La défense de l'homme aux rats contre ses obsessions consiste à utiliser le mot aber qui s'avère être 'abwehr'. Il a abandonné la formule 'Glejsamen' au profit de 'Wie'.(...)
Ainsi, Freud précède son analysant quant à la valeur centrale du phonème 'W'. Il reste ouvert de savoir si d'autres éléments, énoncés par l'analysant, l'ont informé sans qu'il les ait transcrits ou s'il manifeste ainsi une intuition télépathique à l'égard d'un élément important présent dans l'inconscient du patient.
l'homme aux rats p. 187 : « il se révèle comme un renifleur qui, dans son adolescence, était capable d'identifier les vêtements des personnes d'après l'odeur, pour qui il existait des odeurs familiales, et qui éprouvait un plaisir réel à sentir les odeurs de cheveux des femmes ».
D'autres données, issues de l'éthologie, de la tradition du yoga et d'autres patients, nous font supposer que la "pulsion odorale" précède dans le développement la pulsion orale. Elle est sans doute liée ou très proche des données psychiques intra-utérines et de la fusion qui les caractérisent. Le langage populaire ('avoir du nez, du flair') assimile les capacités intuitives et olfactives; ceci est probablement lié à une perception de l'invisible et de l'inaudible par le biais de l'odorat et peut être aussi à un lien dû au développement simultané dans l'ontogenèse, de l'odorat et des facultés para-psychiques.
l'homme aux rats p.199 (toute puissance): « idée de sa toute puissance. Il pense vraiment avoir, par son souhait, préservé deux fois la vie de sa cousine. Une fois, l'année précédente, alors qu'elle souffrait d'insomnies, il ne s'était pas couché de la nuit ; de fait, ce fut cette nuit là qu'elle dormit mieux pour la première fois ».
NB. remarquons que la psychanalyse permet souvent d'observer des précognitions auto-réalisatrices : le sujet convaincu qu'un événement va survenir, s'arrange inconsciemment, pour qu'il survienne ! On rapprochera cela des patients cardiaques chroniques qui meurent le quatre du mois parcequ'ils sont persuadés que le nombre quatre est porteur de mort !
Il se montre plus audacieux que Freud pour affirmer le fait : « bon gré mal gré il nous faut accorder au phénomène télépathique le rang de déterminante possible du rêve. L'on ne saurait aujourd'hui douter de la réalité générale de ce phénomène.(...) Certaines personnes sont à ce point de vue particulièrement réceptives et ont fréquemment des rêves d'un caractère télépathique marqué ».
Il ajoute cependant « Reconnaître, de fait, le phénomène télépathique ne signifie point reconnaître sans condition les conceptions théoriques courantes sur la nature de l'actio in distans." et il enchaîne sur un certain nombre d'explications plausibles qui ont pu être données à certains de ces phénomènes : associations concordantes, déroulements psychiques parallèles[31], cryptomnésies qui sont susceptibles de produire les phénomènes les plus baroques[32]...
Jung fait une remarque des plus curieuses si elle se vérifiait. Il déclare « Je n'ai jusqu'à présent jamais rencontré de rêve dont la teneur télépathique ait résidé avec certitude dans les matériaux associatifs glanés au cours de l'analyse (c'est à dire dans le contenu latent du rêve). Elle résidait toujours dans la forme manifeste du rêve ».
Cette observation pose le problème de la nature consciente ou inconsciente des informations obtenues par voie parapsychique.
Si ces informations viennent "de l'inconscient" dans le sens reçu de ce mot, elles demeurent dans un territoire inaccessible d'où il faudrait les extraire, et avec mille peines, comme toujours lorsqu'il s'agit de travail relatif à l'inconscient. De là viendrait la nécessité - ou au moins l'utilité - des procédés divinatoires les plus variés. Il en résulterait que la démarche psychanalytique serait au mieux capable de dévoiler ces informations[33].
Les anciens comme les modernes devins ont toujours considéré que les oracles ne devaient pas se prendre au pied de la lettre. Sans en appeler à Nostradamus ou à Saint Malachie, la mancie s'est toujours, plus ou moins, fait accompagner d'une herméneutique. Tout comme le parler en langues des charismatiques, il arrive bien souvent qu'on n'y comprenne goutte, jusqu'à ce qu'un interprète, lui aussi - peut-être lui surtout - inspiré, en donne une version accessible à tout un chacun... De là, ces clefs des songes[34] dont Freud a démasqué l'excessive généralité qui masquait la voie royale vers l'inconscient que constitue le rêve.
Joseph, celui de la Genèse (XXXVII, 5-11) a des songes qui sont évidents dès leur récit, pour ses frères et ses parents. Plus tard il se montrera capable (XL, 1-17) d'expliquer le songe de l'échanson, celui du panetier et ceux du pharaon. Cette intuition le conduira au pouvoir, un pouvoir qu'il exercera avec sagesse.
Si les informations para-psychiques sont plutôt liés à la part manifeste du rêve ne devrait-on pas en conclure qu'elles sont librement disponibles pour notre conscience ? Pour certains êtres ? A certains moments ? Peut-être. Mais ce n'est pas fréquent ni très démonstratif. Il semble qu'il y ait toujours quelque biais pour attraper ces données et si nous faisons quelque crédit -pourquoi non ? - à ceux qui nous ont précédé dans ce champ d'étude, nous admettrons l'existence, entre le ciel de la conscience et l'enfer de l'inconscient, d'une zone moins qualifiée. Faut-il retenir le purgatoire que nous appelons préconscient ? Ce n'est pas si sûr.
Le préconscient est le lieu des conscientisables qui sert de sas entre l'inconscient et le conscient, entre le refoulé et le tolérable. Mais si les insights parapsychiques appartiennent tous au manifeste du rêve, c'est dire qu'ils n'ont pas de parenté particulière avec l'inconscient. Notre difficulté à les appréhender nous dit assez qu'ils ne sont pas davantage du domaine conscient. Il devient donc difficile de les situer dans le lieu de communication qui assure quelque passage entre le conscient et l'inconscient. Pour cette raison, je préconise de les maintenir dans les limbes du sub-conscient, du sub-liminaire qu'ils pourront partager avec les données perceptibles mais non perçues pour des raisons mécaniques diverses n'impliquant pas - ou pas toujours - un processus actif d'éviction, de refoulement...
Parmi les événements par nous recensés[35], comme pour ceux auxquels fait allusion Jung, on trouve des événements à pleine charge émotionnelle (décès d'un être cher par exemple)[36], mais aussi de petits détails du quotidien qui semblent dépourvus de toute valeur textuelle et même contextuelle, ne portant sur aucun point remarquable du point de vue de la vie consciente comme du point de vue de cette part de l'inconscient qui devient accessible par l'analyse.
La banalité émotionnelle de l'information conduit Jung à poser l'hypothèse du hasard pour en rendre compte. Pour nous, ces faits militent plutôt en faveur de notre parti-pris, en ce sens qu'ils suggèrent une occurrence fréquente des phénomènes parapsychologique dont la rareté d'observation reviendrait surtout à leur refoulement. Non pas seulement en raison de leur contenu, éventuellement intolérable pour la conscience, mais de par leur nature même qui les rendrait indésirables, "persona non grata", comme si la porte qui leur donne passage était condamnée, quel que soit le visiteur cherchant à l'emprunter. Pour des raisons qui restent à expliciter, elle se laisserait parfois entre ouvrir : par exemple lorsque l'information est extrêmement chargée et lui permet de forcer le passage (décès d'un être cher) ou lorsque elle est tellement inoffensive qu'elle peut se faufiler sans être repérée ou presque...
Si nous poursuivons dans cette voie, cela donne que les données parapsychologiques ne sont ignorées que pour autant qu'elles apparaissent l'être. Non refoulées en raison de leur contenu, mais interdites en raison de leur provenance, de leur chemin d'accès. Marchandises licites mais interdites à l'importation : comme le seraient des cigarettes qui seraient acheminées par un circuit parallèle, concurrent illicite de la SEITA...
Il ne semble pas possible d'établir une frontière dure entre pré-conscient et sub-conscient, moins encore que nous ne pouvons l'imaginer entre conscient et pré-conscient ou même entre inconscient et pré-conscient. Il s'agit probablement de topos très connexes même si ce qui les ravitaille et leur donne du corps est distinct. On comprend alors que le rêve et son analyse puisse mener à les mêler, les conjoindre et mal distinguer d'une représentation si elle est un percept ou le déguisement d'un désir.
On peut sans doute comparer cela à ce qui se passe lorsque un percept classique (auditif notamment) influe sur le rêve sans réveiller le rêveur : il est alors intégré, d'une façon plus ou moins prégnante au scénario onirique, au point parfois d'amener un débat, à l'intérieur même du rêve pour déterminer s'il convient ou non d'abandonner la construction en cours au profit du "faire face" à quelque réalité dérangeante ou dangereuse.
On oppose souvent Jung à Freud en invoquant le positivisme du second et le mysticisme du premier. Dans un tel angle de vue, on s'attendrait à trouver chez Jung quelque bienveillance envers, non seulement la télépathie mais aussi la précognition. Il n'en est pas toujours ainsi : le sens prophétique des rêves est rapporté, dans certains de ses travaux, à une attitude inconsciente qui porterait en germe le futur du névrosé (ce qu'aussi bien pourrait dire Freud) et qui sera largement approuvé par l'ensemble des psychanalystes.
Jung[37] écrit « j'ai souvent eu l'occasion, au cours de mon travail professionnel de chaque jour, de remarquer dans certains cas de névroses prolongées pendant des années qu'à l'époque où débuta la maladie ou un certain temps auparavant, un rêve avait eu lieu, bien souvent d'une netteté visionnaire, s'incrustant ineffaçablement dans la mémoire et qui, au cours de l'analyse, dévoilait un sens ignoré du malade, anticipant les événements futurs de son existence ».
Remarquons le, il s'agit de la prévision d'un "but de vie". Une note de bas de page insiste plus encore à faire du rêve prophétique une simple prévision: « aujourd'hui contenant déjà demain et tous les fils du futur y étant déjà posés, une connaissance approfondie pourrait permettre un pronostic de l'avenir (...) Les rêves sont bien souvent des anticipations de modifications futures de la conscience ». Il se contente donc d'invoquer le déterminisme sans faille de Laplace dont il est bon de se rappeler le texte : « Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome; rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux[38] ».
Sans invoquer les spéculations plus récentes sur l'effet papillon ou les situations de chaos déterministe en général, il est clair qu'attribuer à l'inconscient les capacités alléguées par Laplace pour une prévision exacte, reviendrait à le faire omniscient et, pour tout dire, plus grand que lui-même !
L'anticipation jungienne n'échappe pas à cette critique, d'autant qu'il s'appuie, pour la formuler, sur ce déterminisme... Cependant, d'un texte à l'autre, il semble hésiter sur ce qu'il convient d'admettre, écrivant, par exemple « les rêves prémonitoires, la télépathie et tous les faits de cet ordre sont des intuitions. J'ai constaté de ces phénomènes en quantité et suis convaincu qu'ils existent[39] ». Plus tard et encore une fois, il en donne une explication triviale en termes d'impressions "subliminales" se refusant à supposer une transgression spatio-temporelle telle qu'elle est admise dans la parapsychologie moderne.
A propos de rêves concernant les soucoupes volantes[40] il invoque un "savoir absolu" et il poursuit « naturel, fruit de la coïncidence de la psyché inconsciente avec les données objectives, constitutives du monde. Une telle éventualité est imposée à notre réflexion par certaines données de la parapsychologie. Ce problème du 'savoir absolu' est posé à notre esprit non seulement par la télépathie et par les précognitions, mais aussi par certains faits biologiques (...) ».
La position de Lacan est de lier la télépathie, manifestée dans le contexte analytique[41], à son idée que l'inconscient du sujet est le discours de l'autre. Il en parle comme de « cas de résonance dans des réseaux communicants de discours, dont une étude exhaustive éclairerait les faits analogues que présente la vie courante ».[42]
Lacan écrit[43] : « La question peut se poser, et comment ne se poserait-elle pas, si vraiment la structure est ponctuée par le désir de l'Autre, en tant que tel, si déjà le sujet naît inclus dans le langage, inclus dans le langage et déjà déterminé dans son inconscient par le désir de l'Autre, pourquoi n'y aurait-il pas entre tout ça une certaine solidarité ? L'inconscient n'exclut pas - si l'inconscient est cette structure, cette structure de langage - l'inconscient n'exclut pas, et ce n'est que trop évident, l'inconscient n'exclut pas la reconnaissance du désir de l'Autre comme tel, en d'autres termes le réseau - le réseau de structure dont le sujet est un déterminé particulier, il est concevable qu'il communique avec les autres structures : les structures des parents certainement, et pourquoi pas à l'occasion avec ces structures qui sont celles d'un inconnu, pour peu, souligne Freud, que son attention soit, comme ça, un peu ailleurs ».
Lacan essaie de préciser l'état de la conscience qui serait générateur d'une telle communication entre l'analysant comme élément de la structure de l'Autre et d'autres constituants de ce réseau qu'elle constitue. Il déclare "ce détournement de l'attention, il est justement obtenu par la façon dont le diseur de bonne fortune se tracasse lui-même avec toutes sortes d'objets mythiques. Ca détourne assez son attention pour qu'il puisse enfin, appréhender quelque chose qui lui permette de faire la prédiction suivante à une jeune femme qui a enlevé sa bague de mariage pour lui faire croire que... enfin, pour rester anonyme; il lui dit qu'elle va se marier et qu'elle aura deux enfants à trente deux ans. Il n'y a pas d'explication à cette prédiction - qui d'ailleurs ne se réalise absolument pas, mais qui malgré qu'elle ne se soit pas réalisée, laisse le sujet qui en a été le destinataire, absolument dans l'enchantement ».
« Chaque fois que Freud souligne un fait de télépathie, c'est toujours un fait de cet ordre, à savoir où la prédiction ne s'est nullement réalisée, mais qui, par contre, laisse le sujet dans un état de satisfaction absolument épanouie. On ne pouvait rien lui dire de mieux. Et en effet ce chiffre trente deux était inscrit dans son désir. Si l'inconscient est ce que Freud nous dit, si ces chiffres choisis au hasard, ne sont en réalité jamais choisis au hasard, c'est précisément par le certain rapport avec le désir du sujet; c'est ce qu'étale tout au long la "psychopathologie de la vie quotidienne".
C'est clair du point de vue analytique; sous l'hypothèse, ici minimisée, escamotée, de l'existence d'une circulation d'information dont il n'est peut-être pas assez explicatif[44] de dire qu'elle court dans le réseau de la structure de l'Autre ».
C'est une façon de répondre à des questions importantes pour la parapsychologie et qui se disent sous quatre chefs : l'émotion (consciente ou non ) du récepteur à propos du message est-elle nécessaire pour qu'il soit reçu ? L'émotion (consciente ou non ) du récepteur à propos de l'émetteur est-elle nécessaire pour qu'il soit reçu ? L'émotion (consciente ou non ) de l'émetteur à propos du message est-elle nécessaire pour qu'il soit envoyé ? L'émotion (consciente ou non ) de l'émetteur à propos du récepteur est-elle nécessaire pour qu'il soit envoyé ?
Pour Lacan commentant Freud, « le seul point remarquable de ces faits dits d'occultisme, c'est qu'ils concernent toujours une personne à qui on tient, pour qui on a de l'intérêt. Que l'on aime. Il est tout ce qu'il y a de plus concevable que d'une personne que l'on aime, on ait avec elle quelques rapports inconscients. Mais ce n'est pas en tant qu'on l'aime. Parce qu'en tant qu'on l'aime, c'est bien connu, n'est-ce pas, on la rate. (...) Dans ces prétendues informations télépathiques il y a le contenu de l'information et il y a le fait de l'information. Le fait de l'information, c'est ce que Freud repousse. Il veut bien l'admettre comme possible, mais dans un monde avec quoi il n'a strictement rien à faire. Pour le contenu de l'information, il n'a rien à faire avec la personne dont il s'agirait d'avoir une information. Il a affaire uniquement avec le désir du sujet, en tant que l'amour, ça ne comporte que trop cette part de désir. Ca désirerait être possible ».[45]
Lacan, après avoir commenté la position freudienne concernant l'occultisme fait référence aux mystères de l'antiquité et aux travaux de Mauss relatifs aux « techniques du corps » que Lacan situe comme « une approche de quelque chose où ce qui est ouvert, révélé, c'est quelque chose qui, strictement, concerne la jouissance. Il n'est pas impensable que le corps, le corps en tant que nous le croyons vivant, soit quelque chose de beaucoup plus calé que ce que connaissent les anatomo-physiologistes. Il y a peut être une science de la jouissance, si on peut s'exprimer ainsi. L'initiation en aucun cas ne peut se définir autrement ».[46]
Il se refuse, en tous cas pour l'heure, à voir dans la psychanalyse une telle initiation « la psychanalyse, ne saurait en aucun cas se donner pour un rite de passage à une expérience archétypique ou d'aucune façon ineffable : le jour où quelqu'un y fera entendre quelque chose de cet ordre qui ne sera pas un minus, ce serait que toute limite y aurait été abolie. Ce dont nous sommes encore loin ».[47]
Cependant, pour Lacan (Sept. 1953)[48] " rien ne saurait plus égarer le psychanalyste que de se guider sur un prétendu contact éprouvé de la réalité du sujet. Cette tarte à la crème de la psychologie intuitionniste, voire phénoménologique" a une "valeur obsessionnelle flagrante à être promue dans une relation qui, par ses règles mêmes, exclut tout contact réel." Il poursuit son argumentation en remarquant le succès des contrôles qui permettent d'écouter "ce qui doit être entendu. Car l'analyste n'a "ni troisième oreille, ni quatrième, pour une transaudition qu'on voudrait directe de l'inconscient par l'inconscient ."
S'il désavoue ainsi l'attitude "intuitionniste", c'est afin d'insister sur les moyens propres de l'analyse, ceux de la parole , son domaine, celui du discours concret, ses opérations qui sont celles de l'histoire "en tant qu'elle constitue l'émergence de la vérité dans le réel".
Dans le séminaire sur le transfert (8. 3. 1961) il critique une certaine conception de la « communication des inconscients » à quoi « il faudrait se fier pour que se produisent au mieux chez l'analyste les aperceptions décisives ». (...) « C'est directement, en somme, que l'analyste serait informé de ce qui se passe dans l'inconscient de son patient. Cette voie de transmission reste pourtant assez problématique dans la tradition. Comment devons nous concevoir cette communication des inconscients ? »
Il néglige totalement la question de la télépathie pour discuter des possibilités qu'a l'analyste d'accéder à son propre inconscient pour en communiquer le fruit résonanciel à l'analysant. En 1966, il écrit ailleurs (Ecrits, p. 796) : « Toute la tradition psychanalytique est là pour soutenir que notre (logique) ne saurait intervenir qu'à entrer au bon endroit, et qu'à anticiper sur elle, elle n'en obtient que la fermeture. En d'autres termes, la psychanalyse qui se soutient de son allégeance freudienne, ne saurait en aucun cas se donner pour un rite de passage à une expérience archétypique ou d'aucune façon ineffable : le jour où quelqu'un y fera entendre quelque chose de cet ordre qui ne sera pas un minus, ce serait que toute limite y aurait été abolie. Ce dont nous sommes encore loin. Même à tenter d'intéresser sous la rubrique des phénomènes Psi à la télépathie, voire à toute la psychologie gothique qui puisse se ressusciter d'un Myers, le plus vulgaire batteur d'estrade ne pourra franchir le champ ou Freud l'a contenu d'avance, à poser ce qu'il retient de ces phénomènes comme devant être au sens strict : traduit, dans les effets de recoupement de discours contemporains. La théorie psychanalytique, même à se prostituer, reste bégueule (trait bien connu du bordel). Comme on dit depuis Sartre, c'est une respectueuse : elle ne fera pas le trottoir de n'importe quel côté ».
Sturgeon (1953) comme d'autres auteurs de Science Fiction, fait intervenir la télépathie comme lien quotidien et maîtrisé entre certains individus. Il va plus loin et attribue à un collectif de tels sujets de mettre en commun leur être pour en constituer un de complexité supérieure[49]. Cette opération de "mixollation" est-elle à confiner dans le domaine purement imaginaire ? Ne pouvons nous concevoir que les consciences se nouent au point de former un être qui les dépasse ? (Cf. Nud borroméen)
Quoi qu'il en soit, la communication des organismes à travers l'espace et le temps semble exister, au moins pour certains individus, au moins dans certaines circonstances. Cette communication, nous sommes fortement tentés de la concevoir sous le schème de la communication standard : émetteur, message, canal, récepteur. Considérant le lien historique entre les faits de cette nature et la spiritualité, nous les rangeons presque invinciblement sous l'en tête de l'âme, de la psyché : d'où les noms de "métapsychique", "parapsychologie", "psychotronique". On pourrait aussi bien, et peut-être mieux, parler de Sunexologie.
Nota : un site s'est constitué pour recueillir tous les témoignages de faits à première vue surprenant :
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20 Janvier 2010