Tests menés sur la précognition à partir d'une observation fortuite

Dr Bernard Auriol

Au cours d'expériences destinées à montrer la faisabilité d'un apprentissage systématique de la télépathie à l'aide d'un petit appareillage calqué sur celui du bio-feedback (Auriol, 1974), nous avions tenté avec scepticisme, de l'utiliser en mode « précognition » : l'essai de divination du message précédait le choix aléatoire de ce message. Dans ces conditions, nous assistâmes à un désapprentissage (pente négative significative) (Auriol, 1994).


Série B => N

Un essai d'apprentissage que nous décrirons plus loin, réalisé par ailleurs par deux autres sujets (Pierre et sa Grand Mère), ayant suscité notre étonnement par le fait que le récepteur se permettait d’enficher son interrupteur avant que l'émetteur n'ait tiré au sort l'information à transmettre, nous fumes amenés à tenter un essai de précognition entre les deux sujets ayant fait l'objet des expériences ci dessus. Les résultats (fig. 17) nous ayant paru peu probant et le récepteur étant très réticent à poursuivre selon un tel protocole, nous n'avons pas réalisé plus de dix essais (soit 150 tirages).

Si nous tentons de vérifier, dans ce cas, l'existence d'un éventuel apprentissage de la précognition, nous sommes largement déçus puisque, non seulement la pente de la droite de régression n'est pas croissante mais qu'au contraire, elle est significativement (p < 0.05) décroissante (fig. 18)! Comme si la réticence et les préventions du récepteur à l'égard du phénomène de précognition le conduisaient à apprendre - et très rapidement par rapport à l'apprentissage de la télépathie qui avait précédé - le "psi-missing" : comme s'il s'agissait pour lui d'éviter la cible, de s'arranger de mieux en mieux pour ne pas trouver !

Série C => P

Pour vérifier si le phénomène d' "apprentissage" que nous avions mis en évidence (Bernard à Nanou) était vérifiable chez d'autres sujets, nous avons proposé ce type d'expérience autour de nous et avons pu obtenir la patiente et courageuse collaboration de certains de nos proches ! Les résultats obtenus par le récepteur Pierre avec sa Grand Mère Claire se sont très vite montrés encourageants. Le protocole adopté utilisait les deux "boitiers à lampes" que nous avions déjà employés dans les premiers essais. Le tirage au sort se faisait avec remise : l'émetteur Claire plongeait sa main dans un sac de bille les mélangeait, retirait une bille, regardait sa couleur et enclenchait l'interrupteur coloré correspondant.

Dans une autre pièce, Pierre devait tenter de deviner la couleur en question et enclencher un des interrupteurs colorés sur son propre boitier. Si la réponse était de même nature que le tirage effectué par l'émetteur, le circuit électrique se trouvait fermé et chacun des deux joueurs jouissait de l'illumination de la lampe bulbe opale surmontant son appareil. Les résultats furent très bons ( moyenne des succès 5,69/15 pour une espérance de 3/15 ) (p<0,0005)

Se rendant compte que Pierre jouait sa réponse avant que Claire n'ait tiré la bille du sac, on décide d’utiliser le protocole de précognition pour les essais ultérieurs. C’est à dire qu’on demande à Pierre de répondre avant que Claire n’ait tiré au sort l’information qu’il doit capter. Voici les résultats :

Protocole Précognition {Claire --> Pierre} Résultats par salve
Nombre de salves
Nombre d'essais par salve
moyenne espérée
moyenne observée
écart-type
124
15
3
6,3
1,3

 

Protocole Précognition {Claire --> Pierre} Résultats globaux
Nombre d'essais
Succès espérés
Succès observés
% des succès
Khi²
p
1860
372
781
42
562
< 0,0001

 

On a 781 succès sur 1860 essais réalisés en 124 salves de 15 essais, soit une proportion moyenne de 6,3 soit 42 % alors qu'un tirage aléatoire (cinq cibles) aurait dû donner 20 % (p < 0,0001) ! Il parait bien difficile d'attribuer un tel résultat au hasard !

Ceci, et d'autres résultats publiés dans la littérature, nous a conduit à tenter une réflexion visant à rendre moins irrationnelle la survenue de tels phénomènes. Il s'agit d'interroger le lien admis généralement sans critique entre flêche du temps et flêche causale. Voir "La Parapsychologie aura-t-elle le temps ? (de la précognition des futuribles)"

Série Florence A. [1] => Pierre [2]

Ces expériences ont eu lieu alors que Pierre avait une douzaine d'années et qu'on lui demandait de faire de la précognition. Vingt ans après, nous l'avons sollicité afin qu'il participe à une expérience de groupe (Agape002.1). La consigne était différente : il devait chercher à deviner le coup actuel et non un coup à venir. Nous avons tenté de vérifier si Pierre ne manifestait pas là une précognition involontaire et inconsciente, plutôt que de respecter la consigne qui était de télépathie. De fait nous observons, en précognition (non demandée) le tableau de succès que voici :

Evaluation Précognition {Florence --> Pierre} dans Agape002.1
Nombre d'essais
Succès espérés
Succès observés
% des succès
Khi²
p
128
26
33
25,8
2,67
n.s.

Nous observons une tendance à dépasser le pourcentage aléatoire de 20 % mais cette tendance n'est pas validée statistiquement (c'est non significatif) et même le serait-elle, il serait difficile de l'avaliser pour la raison justement qu'elle n'était pas dans la consigne (résultat post hoc).

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10 Février 2005