L’interaction dans un petit groupe comme médium d’une réponse ESP

traduit en français par Bernard Auriol (avec l'autorisation du Dr Carpenter)

Small Group Interaction as a Medium for ESP Response

James C. Carpenter (Institute for Parapsychology)

(the Thirty Eighth Annual Convention of the Parapsychological Association, 1995, 80-87)

Résumé (English Summary)

Nous avons examiné, à la suite de nos recherches précédentes, l’interaction non structurée dans un petit groupe en tant que véhicule pour exprimer des allusions à une cible ESP, sélectionnée pour le groupe au cours de sa session. A partir de découvertes précédentes nous attendions une corrélation positive entre les évaluations globales, par les participants, de la « qualité » de la session, et leurs classement de la cible dans un ensemble de quatre cibles potentielles. Nous avons mené à bien 193 sessions.

 

 



 

Des estimations d’aspects plus spécifiques des sessions furent recueillies de la part des participants, et au cours de 90 sessions on proposa aux participants de remplir le « Mood Adjective Check Lists » (où il s’agit de cocher des adjectifs décrivant des « vécus »). Nous disposions également des mesures de l’activité géomagnétique moyenne (GA) pour le temps des sessions.

Les résultats indiquèrent que

1.     Le succès pour trouver la cible (psi-hitting) fut significativement supérieur à l’espérance au hasard (59.6 % de succès pour une espérance mathématique de 50 %)

2.     La relation positive avec l’évaluation globale de la session ne put être reproduite, et on observa même une « fonction en U » inversé.

3.     Quand on divise en deux facteurs appelés « intensité » et « nocivité » les évaluations discontinues de la session, les deux facteurs se révélèrent corrélés négativement au score.

4.     L’activité géomagnétique est corrélée positivement au score, contrairement à la plupart des rapports, mais de manière congruente avec ce qui a déjà été rapporté pour des sujets « créatifs ».

5.     Différentes corrélations à l’égard de certains items de la liste des adjectifs « d’humeur » et la fiabilité des cotations des participants [1] sont aussi discutés.

J’ai travaillé avec quelques collègues pendant plusieurs années sur un projet dans lequel on se sert de l’interaction dans un petit groupe pour exprimer l’information relative à une cible ESP. Le présent rapport résume un travail récent sur le protocole, évalue sa globale pertinence et examine l’effet de plusieurs variables sur la performance.

Contexte

Dans un article précédent (Carpenter, 1988) j'ai exposé une étape précédente de ce projet. L'interaction non structurée d'un petit groupe avait été employée comme "détecteur" d'une image cible choisie au hasard au cours de la réunion du groupe. On avait ainsi réalisé 52 essais, 11 pour une série pilote, et 41 au cours de deux séries confirmatives. Les sessions de groupe avaient une qualité quasi-thérapeutique, et les membres du groupe étaient des parapsychologues qui avaient aussi vécu quelque expérience de la psychothérapie. Le groupe était hebdomadaire. Notre intention était d'examiner comment le dévoilement de matériaux pertinents personnels mais non-connus pourrait être mis en parallèle du dévoilement par ESP d’informations également inconnues mais moins personnellement pertinentes.

Après chaque session de groupe, on présentait aux membres du groupe quatre images issues de divers magazines, parmi lesquelles avait été sélectionné au hasard une cible, en tant que « cible du jour » sans qu’aucune des personnes présentes ne sache laquelle. On donnait un peu de temps aux membres pour exprimer à haute voix leurs associations entre chaque image et l’expérience de groupe qui venait d’avoir lieu, puis chaque personne, individuellement notait les images de 1 à 4 comme évaluation du degré de l’accord de chaque image par rapport à la session. On a commencé au cours de la première série confirmative à demander aussi que chaque image soit notée sur une échelle de 1 à 100 quant à son degré d’accord entre elle et la session. On demandait aux participants d’agir en acceptant l’idée selon laquelle la cible aurait le pouvoir d’influer subtilement sur les interactions dans le groupe : humeur de la session, imagerie exprimée, thèmes développés, etc. d’une manière très semblable à la façon démontrée dont un matériel oublié ou subconscient peut affecter l’humeur des gens ou leurs réponses à un test projectif. On a construit un classement groupal unique des quatre images pour chaque session en moyennant les rangs attribués par chacun des participants. Les cotations, lorsqu’elles ont été disponibles, ont été également moyennées. Dans ce dernier cas et quand il y avait des ex-æquo, ils étaient départagés grâce au classement déduit des cotations moyennées, plus finement discriminantes.

Un « coup au but » était défini préalablement comme un classement groupal de 1 ou 2 pour la cible, ce qui met l’espérance mathématique à 0.50. La série pilote a dégagé une proportion de succès significative. Au cours de la première série confirmative ce succès s’est nettement détérioré en même temps que la qualité des sessions diminuait. Les premières sessions étaient agréables, douces, excitantes, et entraînait un approfondissement de la communication entre les participants (qui se connaissaient tous les uns les autres et travaillaient ensemble de manière plus ou moins soutenue) ce qui leur donnait du plaisir et les gratifiait.  Comme avec n’importe quel groupe thérapeutique continu, alors qu’on en était à la première série confirmative, les sessions devinrent émotionnellement plus complexes. Un premier membre très aimé abandonna, apportant une première note de tristesse et de deuil et les sessions devinrent notablement défensives, superficielles et évitantes en tant que tous les champs « faciles » de confidence et de confrontation commençaient à s’épuiser, et qu’on abordait des thèmes plus difficiles. Quand on en fut là, les membres du groupe commencèrent à donner une note à la qualité de la session elle-même, avant d’avoir vu les images du jour, sur une échelle à cinq échelons en termes de vivacité, spontanéité, profondeur, etc.

Les deux séries confirmatives ne donnèrent pas un nombre significatif de « coups au but » (22 coups au but, 18 échecs) mais il existait une association significative dans chacune des deux séries entre les notes attribuées à la session et le succès ESP. Les sessions évaluées comme plus impliquantes, moins défensives, etc. donnaient de meilleurs scores.

Cette relation entre évaluation de la session et score ESP était le résultat le plus substantiel de cette étape de notre travail, et semblait intéressante pour les recherches ultérieures. Restait quelques autres conclusions intrigantes qui en rendait la perspective excitante.

1.      Les groupes eux-mêmes étaient généralement stimulant et personnellement gratifiant. Les membres s’aimaient bien entre eux et se trouvaient enrichis par le processus de dynamique du groupe.

2.      Le bon succès initial donnait le sentiment qu’on pourrait, en comprenant mieux, le reproduire. Une structure dans laquelle le fonctionnement de l’ESP pourrait être exploré à la fois du point de vue, et scientifique, et personnel, étaient attractifs pour des gens intéressés à ces phénomènes mais qui avaient auparavant tiré des traits hard entre S et E ( ?).

3.      Par ailleurs, l’analyse post-hoc révélait une grande dispersion inter-notateurs pour le classement des images et pour sa valeur ; on observait que ceux qui étaient nettement à l’écart dans leur cotation des autres avaient en même temps un taux très fort d’échecs ESP dans leurs choix. Il semblait intéressant de suivre tout cela.

 

L’expérience

Avec quelques modifications de la composition du groupe, le protocole, etc. que nous aborderons plus loin, le travail a été poursuivi pour atteindre un total de 193 sessions supplémentaires. Afin de se garder d’un arrêt optionnel, les séries étaient déterminées à l’avance, comme des blocs de 20 sessions. La neuvième série fut programmée pour se poursuivre jusqu’à ce qu’un changement puisse être développé quant à la procédure de sélection de la cible, et à partir de là, une série de séries pourrait démarrer intégrant cette modification. Cette neuvième série comporta 33 sessions.

Vue d’ensemble

Quand le travail initial fut terminé, il se passa presque six mois avant de continuer. Le protocole de base fut conservé, si ce n’est qu’on changea de lieu de réunion et que plusieurs dimensions plus spécifiques de la dynamique des groupes furent ajoutées à l’évaluation globale de la session. Quatre des anciens participants continuèrent et il y eut trois nouveaux. Puisque le projet avait attiré l’attention sur le laboratoire en tant que procédure de test ESP, les nouveaux membres sont venus en raison de leur intérêt pour la recherche et non pour l’aspect « thérapie de groupe ». Rétrospectivement, c’était peut-être une erreur, car certaines confrontations émotionnelles se sont avérées très déplaisantes pour certains. C’est pourquoi, le projet fut suspendu le temps de mieux réfléchir à ces aspects émotionnels. A peu près un an plus tard, nous recommencèrent. Cette fois, le groupe se réunit à mon cabinet de thérapeute, dans une ville voisine, en utilisant des cibles choisies aléatoirement à l’Institute for Parapsychology ». J’ai expliqué clairement que le groupe fonctionnerait du point de vue émotionnel dans le style d’un groupe de rencontre ou de thérapie dépourvu de leader. Seuls ceux qui comprenaient cela, désiraient participer sur ces bases et étaient jugés aptes à ce type d’expérience par moi et par un autre psychologue clinicien étaient acceptés. Quatre anciens poursuivirent et trois nouveaux s’ajoutèrent. L’appartenance au groupe fut quelque peu modifiée au cours du temps, en ce sens que les individus pouvaient quitter ou se joindre ad libitum. L’appartenance au groupe de six d’entre eux resta stable pendant plus de deux ans.

Quoique des séries de 20 sessions étaient pré-programmées pour preclude le problème d’un arrêt optionnel, ces blocs étaient plutôt arbitraires et pas spécialement descriptifs de l’histoire de la vie du groupe. Il paraît plus raisonnable de la diviser en quelques périodes majeures.

q       La première, de 52 sessions, est le travail préliminaire dont nous avons déjà parlé.

A.     La seconde période de 22 sessions, constituait la première partie d’un nouveau travail mené à l’Institut et qui s’est terminé par l’interruption que avons mentionnée.

B.     La troisième période de 41 sessions, impliquait un groupe de huit membres qui se rencontraient à mon bureau. La fin de cette période est marquée par le départ de trois membres et la venue d’un nouveau.

C.     La dernière période se termine avec la nouvelle méthode de sélection de la cible, comprend 130 sessions.

Ces trois périodes seront appelées A, B et C. Au total, 17 personnes ont participé, sur lesquels 3 ont été là du début jusqu’à la fin.

 

Nouvelles variables

Quelques variables indépendantes additionnelles ont été ajoutées  au cours de la procédure. Elles sont listées dans le Tableau 1, ainsi que le nombre de sessions où on les a utilisées.

En plus de la cotation globale de la session, on a ajouté des cotations plus spécifiques de la qualité de session, étiquetées :

Degré de « sens », engagement personnel, implication dans la session, connexion entre les participants, spontanéité, prise de risque, degré de dévoilement de soi, anxiété, entraide, nocivité. Chaque variable est évaluée par chaque participant et à chaque session sur une échelle de type Likert [2] à 8 degrés. Ces notes sont ensuite moyennées pour chaque session. Ultérieurement, chaque participant a également rempli au début de chaque session la « Nowlis Mood Adjective Check List [3]  ». C’est une échelle comportant 33 items, constituée de termes relatifs à l’humeur, tels que « en colère », « énervé », « exalté », etc. Chacun de ces termes est noté de 0 à 3 pour décrire comment la personne se sent sur le moment. Ces échelles sont « réduites » à 11 scores de « facteurs d’humeur », estimation des dimensions de Nowlis. Lesquelles sont : « colère, anxiété, extraversion, exaltation, activité, fatigue, chaleur humaine, tristesse, scepticisme, égotisme et vigueur ». Ces scores étaient eux-mêmes moyennés sur les participants pour construire les scores collectifs de l’humeur groupale en début de session.

Tableau 1
Variables utilisées pour la cotation des sessions

 

Variables

Noté

Nombre de sessions

1

A quel degré la session d’aujourd’hui avait-elle du sens ?

1-8

191

2

Dans quelle mesure vous sentiez vous impliqué aujourd’hui ?

1-8

191

3

Dans quelle mesure la session était elle impliquante ?

1-8

193

4

Dans quelle mesure vous sentiez vous connecté aux autres ?

1-8

191

5

Jusqu’à quel point les gens les plus impliqués aujourd’hui ont-ils révélé des choses personnelles ?

1-8

193

6

A combien évaluez vous la prise de risque aujourd’hui ?

1-8

193

7

Dans quelle mesure avez vous trouvé les interactions spontanées et surprenantes ?

1-8

193

8

Quel est votre niveau d’anxiété à cet instant même ?

1-8

175

9

Avez vous subi des blessures émotionnelles aujourd’hui ?

1-8

171

10

A quel degré la session d’aujourd’hui vous a-t-elle aidé ?

1-8

171

11

Evaluation globale de la session

1-8

193

On a également examiné le niveau d’activité géomagnétique

 

Protocole

Les sessions duraient 90 minutes. Elles étaient non structurées et il n’y avait pas de leader officiel. ; elles commençaient par une conversation spontanée, ou par la « Mood Adjective Check List » lorsque ce questionnaire fut ajouté. Il n’y avait pas d’ordre du jour pré-programmé, même si les participants comptaient sur le groupe pour en obtenir soutien et  conseil à propos de maints aspects de la vie et venaient avec l’intention de parler de telle ou telle question. Avec le temps, le groupe devint tout à fait intime  et aidant. En fait, son aspect parapsychologique prit une place d’arrière plan. Au cours de nombreuses sessions on l’aurait à peine remarqué. Le groupe devint une fin en soi de sorte qu’on y traitait de relations, de mort, de maladie, de crise financière, tout cela entremêlé d’une multitude de petits soucis apportés par la vie de chacun. En même temps, le groupe se mit à attendre que plus souvent que pas la cible ESP du jour accompagnerait le groupe dans ses vagabondages et refléterait en quelque façon le déroulement du jour. Comme le groupe se mit à avoir une vie et une histoire propre, il a semblé – subjectivement parlant – qu’on était passé d’une tache où il s’agissait de détecter l’influence subtile d’une cible à l’attente qu’elle serait un miroir du groupe, c’est dire qu’on passait implicitement d’un modèle d’ESP à un modèle de Psychokinèse. Cela se produisait même si la méthode de sélection de la cible – par des nombres obtenus par un générateur pseudo-aléatoire en attente dans l’ordinateur – devrait rendre cette éventualité improbable.

Chaque session se terminait par la cotation individuelle de la qualité de la réunion selon les items du Tableau 1. Ensuite, le paquet des images du jour était ouvert, on les classait comme on le faisait dans le premier travail. Enfin, on découvrait quelle était la cible et le groupe pouvait savoir dans quelle mesure il avait réussi à l’identifier.

Sélection des cibles

Un ensemble cible de 100 enveloppes, chacune contenant un unique test de 4 images a toujours été employé. Pour chaque session, une personne sans autre implication dans le groupe a utilisé l’ordinateur de l’Institut de Parapsychologie pour sélectionner un nombre pseudo-aléatoire (de 1 et 100) pour déterminer un des 100 paquets (contenant 4 cibles possibles), et un autre nombre (de 1 à 4) pour déterminer ce qui serait la cible réelle dans ce paquet. Le premier nombre était communiqué au groupe à la fin de la session. Après que la cotation des cibles soit terminé, quelqu’un du groupe dévoilait le second nombre. Un enregistrement indépendant de tous les nombres sélectionnés a été conservé à l’Institut dans un lieu inconnu de tous les membres du groupe.

A trois occasions différentes, les cibles durent être sélectionnées deux fois. Une fois un malentendu de la part du correspondant de l’Institut fit qu’on découvrit le second nombre avant que la cotation n’ait eu lieu. Deux autres fois, le paquet sélectionné ne contenait pas l’ensemble des quatre images (une image s’était perdue d’une manière ou d’une autre). Puisque cette situation n’avait pas été prévue, j’ai décidé de prendre une mesure conservatoire. Deux des trois sessions eurent des scores négatifs (dont un était le score le plus fortement négatif de toute l’étude !) de sorte que j’ai décidé de les maintenir dans l’analyse.

Analyse

Définition des variables

A chaque session, des moyennes de groupe étaient calculées en ce qui concerne les différentes dimensions de cotation de la session, et aussi les cotations de chaque image. On classait et donnait le rang qui correspondait aux cotations moyennées. Si cela aboutissait à un rang 1 ou 2, le coup était rangé parmi les succès, si c’était 3 ou 4, parmi les échecs. On donnait aussi à chaque session un ‘score z’ basé sur les cotations (la cotation moyenne de l’image correcte était soustraite de la moyenne des cotations de toutes les images, et cette différence était divisé par l’écart type des cotations moyennées de toutes les images).

La fiabilité [4] du notateur fut établie en calculant une corrélation de Spearman des cotations de cible pour toutes paires de notateurs dans chaque groupe . Les corrélations de chaque notateur avec tous les autres sujets étaient ensuite moyennées sur toutes les sessions. Ces moyennes individuelles étaient ensuite classées et munies du rang résultant et inspectées pour repérer les cas « aberrants [5]  ». On donnait aussi à chaque session un score de fiabilité de cotation en moyennant les corrélations sur tous les notateurs présents dans les limites de la session considérée, mais ces scores ne seront pas traités ici.

Le score d’activité géomagnétique (GA) représentait l’activité planétaire moyenne correspondant au temps de la session.

Analyses planifiées

  1. Le niveau global de succès devait être étudié pour déterminer la pertinence psi du protocole.
  2. La relation entre les cotations globales de session et le niveau de succès devait être testée, avec l’attente que la relation positive observée dans la première étude soit confirmée.
  3. Les cotations de session plus discontinues seraient testées en tant que variables explicatives (prédicteurs) du succès en employant la « régression multiple ».
  4. L’humeur préalable serait aussi examinée comme variable explicative (prédicteur) du score ESP.
  5. Le score géomagnétique serait-il corrélé avec le score ESP, sans spécifier dans quelle direction.
  6. L’humeur préalable serait examinée en tant que variable explicative (prédicteur) des variables de session.
  7. L’activité géomagnétique serait examinée comme variable explicative (prédicteur) à la fois de l’humeur et de la qualité de session.
  8. Si un quelconque des sujets présentait une fiabilité de cotation ESP extrêmement basse, son score devrait être comparé avec celui des autres sujets.

Résultats

Succès global

Il y eut 115 succès binaires et 78 échecs soit un taux de réussite de 59.6% contre 50% pour l’espérance mathématique. Ceci donne un z (test du signe) de 2.66.

Une méthode alternative pour tester le succès global est de moyenner les z scores des sessions et d’en calculer l’écart type pour effectuer un test t (Student). Le t obtenu est également significatif mais de façon plus faible (2.06). Notre protocole semble prometteur pour démontrer un effet ESP positif.

Relation entre ESP et cotations globales des sessions

La corrélation (r de Pearson [6] ) entre les scores z de session et les évaluations globales de session était légèrement dans la direction opposée à ce que nous attendions, mais de manière non significative (- 0.09).

On peut expliquer cela par la nature évolutive du groupe lui-même. Les évaluations de session avaient tendance à croître avec le temps. Le test par Analyse de Variance (ANOVA) de l’effet de la période sur les évaluations globales met en évidence une croissance linéaire (F[ddl 2, 190] = 8.69, p<.001). Les membres ont exprimé un plus grand niveau de satisfaction avec le temps. Il est clair qu’au fur et à mesure que le groupe devenait plus mature et comparable à un groupe de thérapie, des évaluations globales plus élevées se mettaient à représenter des niveaux de processus groupaux qu’on ne pouvait observer dans la première étude : quelquefois plus profondément intime et plus « confortable », quelquefois plus intense et « troublant ». Peut être, aux plus hauts niveaux de cette échelle, des phénomènes défavorables au succès télépathique venaient à jouer. Pour tester cette éventualité, nous avons examiné toutes les données en « post hoc »  en nous servant comme variables explicatives (prédicteurs), à la fois d’un facteur linéaire et d’un facteur quadratique d’évaluation globale. Cela fait, une tendance linéaire positive et une tendance quadratique en U inversé ont émergé à des niveaux marginalement significatifs (p=0.082 et p=0.081 respectivement).

Evaluations discontinues des sessions en tant que variables explicatives (prédicteurs) des performances ESP

Quand on a testé les dix échelles de cotations en tant que variables explicatives (prédicteurs) par régression multiple, on a découvert que le très haut degré de corrélation entre ces échelles rendait cette procédure suspecte. Pour cette raison, nous avons effectué une analyse factorielle sur ces cotations, en employant une rotation « varimax » avec comme critère de sélection pour les facteurs une valeur propre [7]   = 1. Deux facteurs ont ainsi émergé, facteurs qu’on appellera « Intensité » et « Nocivité », qui totalisent à eux deux 78% de la variance des cotations. Seuls « anxiété » et « blessé » ont une influence notable sur le facteur « Nocivité » alors que toutes les autres dimensions exercent leur influence (0.8 ou plus) sur le facteur « Intensité ». Comme il n’y a que 171 cas dont on ait les scores de cotation sur toutes les dix dimensions on n’a utilisé qu’eux pour le calcul des scores des facteurs. On a effectué une régression sur les deux facteurs par rapport au critère de performance ESP. Les deux facteurs étaient explicatifs pour les deux critères, dans un sens négatif, significativement quant à l’Intensité (p = .02) et de manière significativement marginale pour la Nocivité (p = .08) ; (coefficient de corrélation r multiple = .21 ce qui en ajoutant un terme d’interaction, n’était pas significatif).

L’humeur de session comme variable explicative (« prédicteur ») de l’ESP

On ne disposait des cotations de l’humeur que pour 90 sessions. Elles ne sont pas aussi fortement inter-corrélées que les cotations de session, de sorte qu’une régression multiple utilisant toutes les 11 dimensions par rapport au critère de performance ESP a été possible. Une régression pas à pas engendre deux variables, « scepticisme » et « tristesse » qui prédisent de manière significative la performance. La « tristesse » a une relation positive (p = .0005) et le« scepticisme » une relation négative (p = .012) avec la performance ; (coefficient de corrélation r multiple = .34).

Humeur préalable et cotation de chaque session

Dans notre modèle, la performance ESP devrait être influencée par la qualité de la session. Il était intéressant, du point de vue psychologique, de voir si l’humeur de départ que les protagonistes vivaient en débutant la session était déterminante quant à la qualité de la session. Les analyses de régression ont été menées en se servant des deux dimensions de session comme critère. L’Intensité était prédite par trois dimensions d’humeur : d’une part colère et chaleur sociale (positivement), d’autre part tristesse (négativement). Le coefficient de corrélation multiple r = .38. La nocivité n’était prédite que par une seule variable d’humeur : tristesse (positivement). Le coefficient de corrélation multiple r=.26.

Activité Géomagnétique comme variable explicative (prédicteur)

On trouve une corrélation positive entre l’activité géomagnétique et le score z des sessions (coefficient de corrélation r = .20, p=.01).

Influence de l’activité géomagnétique sur la Qualité de session et l’Humeur

Comment l’activité géomagnétique peut-elle influer sur la performance ESP est un mystère. Au cas où ce facteur agirait par l’intermédiaire d’une influence sur l’humeur préalable des sujets et/ou leur comportement pendant la session, on a étudié les effets de cette activité géomagnétique sur les évaluations de session et d’humeur préalable. Aucun de ces deux facteurs ne montrait d’influence sur l’activité géomagnétique. Une régression multiple exploratoire a été alors effectuée sur les dix dimensions discontinues de session et sur l’évaluation globale. On a trouvé une relation négative avec « spontané et surprenant » et positive avec « blessé » et l’évaluation globale. La régression multiple sur les dimensions d’humeur a montré que l’activité géomagnétique semblait n’influencer que sur l’ « hostilité », dans un sens négatif.

Il devenait dès lors intéressant de voir  si les relations déjà mises en évidence entre les variables de session et les variables d’humeur par rapport au score ESP demeurerait indépendant de l’influence de l’activité géomagnétique. On refit donc une régression multiple en ajoutant l’activité géomagnétique comme variable finale. Dans aucun cas, les relations trouvées auparavant ne furent affectées et l’activité géomagnétique semblait contribuer, de manière indépendante et significative, à la variance dans les équations prédictives.

Relation entre fiabilité du notateur et son succès en ESP

On a assigné aux 12 participants à cette phase de l’étude la moyenne du coefficient de Spearman Rho (à savoir, la moyenne des corrélations des classement qu’ils avaient fait sur les listes de 4 cibles possibles avec les classements produits par les autres participants sur toutes les sessions). La valeur moyenne est de .26 et la médiane de .25, avec un éventail allant de .02 à .43. L’inspection de ces Rho moyens mit en évidence deux cas aberrants. Deux participants eurent un Rho inférieur à .10 (.02 et .09), la valeur voisine la plus basse étant de .21.

On a annexé à chacun des sujets  un score z moyenné, représentant le degré auquel ils avaient réussi à identifier la cible. Le r de Pearson entre les scores de fiabilité et les scores ESP des sujets s’est établi à .50, p=.099, ce qui donne un degré suggestif de confirmation à l’hypothèse que une fiabilité de cotation médiocre est associée d’une façon ou d’une autre à la performance ESP dans ce contexte. Le niveau du score des 2 sujets à fiabilité très faible (ils participèrent au groupe à des moments différents, ce qui permet de considérer leurs essais comme indépendants et de les combiner) fut de 30 succès et 40 échecs, soit 42.9 % de succès, à comparer aux 59.6 % pour le groupe dans son ensemble. On n’a pas appliqué à cela de test statistique, mais il semble y avoir là un phénomène plein de sens.

Discussion

Il semble sans problème de dire que ce protocole de groupe peut être considéré comme assez avorable à la manifestation du Psi  grossièrement sur le même pied que d’autres protocoles visant à tester l’ESP en réponses libres, tels le Ganzfeld et le Remote Viewing (vision in absentia). Le groupe s’est révélé capable d’exprimer, sans intention directe de le faire, certains aspects de la cible dans son processus et ensuite d’identifier ces aspects en les associant à un degré statistiquement significatif à cette cible.

Le thème de la fiabilité de la cotation est ici pertinent alors qu’il ne fait pas l’objet d’une attention suffisante de la part des parapsychologues. Si on pense à la tache de classement des cibles potentielles en tant que mesure du degré de correspondance entre une session de groupe et chacune des 4 images (ce que chaque participant essaie de réaliser), on admet qu’il existe un « vrai » degré de correspondance, lequel est le mieux estimé par la cotation moyennée sur un ensemble de notateurs qui comprennent ce qu’est la tache et sont d’accord les uns avec les autres dans une mesure convenable. Quand on travaille avec des mesures de fiabilité imparfaite, il est important d’essayer d’augmenter l’accord autant que possible en spécifiant clairement ce qu’on cote et comment on doit le faire. Malheureusement, les critères de cotation dans les tests d’ESP en réponse-libre sont complexes et typiquement flous. Une autre façon d’augmenter la fiabilité des cotations est de n’utiliser comme notateurs que des personnes qui manifestent la capacité d’être d’accord avec un autre [8] . Ceci devrait faire décroître  la variance due au hasard (bruit) dans les cotations et permettre une estimation des effets réels. Il y a un indice dans ces données que cela serait bénéfique, en ceci que le score z moyenné sur tous les essais, quand les cotations des deux notateurs très non fiables sont mises de côté, monte de 2.06 (p = .02) à 2.33 (p= .01).

Le fait de ne pas pouvoir confirmer que les cotations globales de qualité de session soient en relation positive avec le score ESP nous a déçu, mais peut en partie s’expliquer à la lumière de la présence d’une dérive d’ensemble des cotations vers le haut au fur et à mesure du développement du projet, et par la présence d’une relation quadratique dans l’ensemble entier des données, telle que aussi bien les cotations basses que les cotations élevées tendaient à produire du psi-missing. Alors que le groupe évoluait, devenant plus explicitement « thérapeutique » il n’y avait presque plus de sessions dans les catégories correspondant aux cotations  les plus basses (embarras, répression et hésitation). En même temps, on observait des niveaux d’intensité du processus jamais atteints auparavant. L’un et l’autre extrême semblent associés à un score moins efficient.

Les échelles plus discontinues de cotation nous éclairent sur le type de sessions qui suscitent de meilleures performances. Dans le contexte de ce groupe généralement intime et propice aux confidences, les sessions les moins intenses (plus faibles en terme des notes attribuées au côté ouverture réciproque, prise de risque et surprise) ont produit de meilleurs scores ESP. D’une façon analogue, les sessions qui ne permettaient pas aux gens de ressentir en aucune façon le sentiment d’être blessés ou anxieux, entraînaient de meilleures performances ESP.

Ce sont là des dimensions orthogonales, indépendantes l’une de l’autre. Des recherches ultérieures sont nécessaires pour confirmer et clarifier la signification de ces relations, mais je soupçonne que la relation négative avec l’intensité de la session peut tout simplement représenter la capacité de l’esprit à filtrer l’information distractive (qu’elle soit extrasensorielle ou présente dans la pièce) lorsque il faut gérer la pression d’un thème émotionnel. Les sessions qui ont obtenu des cotations d’intensité élevées avaient, en règle générale une « couleur émotionnelle » déterminée, en ceci que quelqu’un du groupe avait apporté à la discussion quelque élément urgent et important à discuter. En de telles occasions nous tendons naturellement à restreindre notre champ de conscience [9] . Un tel rétrécissement peut se produire également à un niveau inconscient, et agir pour filtrer des soucis aussi inintéressant qu’une image sélectionnée au hasard par un ordinateur ! L’effet négatif de niveaux relativement élevés de blessure émotionnelle sur le score peut refléter un mécanisme similaire, il peut aussi refléter l’effet de l’anxiété sur le processus de jugement. Nous savons que des niveaux élevés d’anxiété troublent le jugement. Peut-être de tels moments de souffrance n’empêchent pas l’information appropriée d’être exprimée, mais l’empêchent d’être jugée avec exactitude.

Une humeur de scepticisme en début de session a été liée à un plus faible score ESP, et une humeur de tristesse relative était au contraire associée à des scores meilleurs [10] . Nous pouvons voir, en ce qui concerne le scepticisme, une sorte d’effet chèvre-mouton. Les items qui contribuent à cette dimension sont en effet « indécis », « sceptique » et « suspicieux ». Ce sont des attitudes que les chèvres de Schmeidler doivent avoir eues, et peuvent entrer dans la composition d’une craintive mentalité de chèvre à l’égard de l’ESP. La « tristesse » est indiquée par les termes « plein de regrets », « triste » et « désolé ». Ces scores n’étaient jamais très élevés dans ce groupe généralement jovial, et quand ils sont relativement élevés comme ici, ils peuvent indiquer une sorte d’état plus ouvert, contemplatif, secrètement vulnérable qui accroîtrait la réceptivité à une influence psi.

La relation positive entre activité géomagnétique et score ESP est en quelque façon anormale, mais elle contribue à la prédiction de la variance, de manière indépendante et semble-t-il réelle. La plupart des investigateurs (Persinger et Krippner, 1989 ; Persinger et Shaut, 1988 ; Tart, 1988) ont fait état de corrélations négatives entre performance ESP et activité géomagnétique. Que Radin et al., 1993, aient abouti à une conclusion inverse peut être de quelque secours. Ils ont indiqué, dans une étude sur le ganzfeld que leurs sujets non sélectionnés, relativement peu créatifs montraient la relation négative  comme indiqué par les autres chercheurs, mais qu’un groupe hautement créatif montrait une corrélation opposée, positive. Les sujets testés auparavant n’ont pas été sélectionnés, en général, sur la base de leur créativité. Les membres de notre groupe expérimental sont tout à fait créatifs en termes d’intérêts, de caractéristiques de leur personnalité et leurs choix professionnel. En quoi cela pourrait-il gérer la relation Géomagnétisme/ESP est un mystère complet, mais du moins, cette découverte est en accord avec ce travail de Radin et al. Les relations trouvées entre l’humeur de départ et la qualité de session semblent logiques et naturelles. Le développement de cette relation pourrait contribuer à notre compréhension du processus de thérapie de groupe, tout autant qu’aux effets parapsychologiques.

La déviation négative de deux sujets qui avaient une très faible inter-fiabilité pour la cotation des images n’est pas significative, de sorte que nous ne pouvons pas en conclure qu’une faible fiabilité entraîne en quelque façon du psi-missing dans ce contexte. La conclusion la plus sûre n’est autre que celle du bon sens : un effet réel de psi-hitting est décelable dans ces données, et les notateurs plus fiables le manifestent plus clairement.

Ce projet est maintenant entré dans une nouvelle phase, explorant les effets de nouvelles dimensions pour la cotation des sessions et deux méthodes contrastées de sélection des cibles.

Références

Carpenter, J.C. (1988), Quasi-therapeutic group process and ESP, Journal of Parapsychology, 52, 279-304.

Persinger, M.A. et Krippner, S. (1989), Dream ESP experiments and geomagnetic activity, Journal of the American Society for Psychical Research, 83, 101-116.

Persinger, M.A. et Schaut, G.B. (1988), Geomagnetic factors in subjective telepathic, precognitive, and postmortem experiences, Journal of the American Society for Psychical Research, 82, 217-236.

Tart, C.T. (1988). Geomagnetic effects on GESP : two studies. Journal of the American Society for Psychical Research, 82, 193-216.

English Summary

Following up on previous research, the unstructured interaction of a small group has been examined as a vehicle for expressing allusions to an ESP target being selected for the group during its session. Based on previous findings, a positive correlation was expected between global ratings of session "quality" by the participants, and their pooled rankings of the target in a set of four pictures. 193 more sessions were conducted. Ratings of more specific aspects of the sessions were collected from participants, and in 90 sessions pre-group Mood Adjective Check List were also gathered. Scores of average planetary geomagnetic activity were also available for the meeting time of all sessions. Results indicated that:

a) overall significant psi-hitting was found (binary hit rate of 59.6%)
b) the positive relationship with global session rating was not replicated, but an inverted-U function was found instead
c) when discrete session ratings were collapsed into 2 factors called Intensity and Hurtfulness, both were found to relate negatively to scoring

d) geomagnetic activity correlated positively with scoring, unlike most reports but congruent with some reported for creative subjects. Various relationships involving mood items and the rating reliability of members are also discussed.

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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

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26 Mai 2002

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[1] On entend ici parler de la cohérence entre la cotation effectuée par un individu et la cotation effectuée par l’ensemble des autres. Si la cotation effectuée par un individu est trop fréquemment opposée à celle des autres, il est considéré comme non fiable ; dans le cas contraire, il est considéré comme fiable.

[2] L’échelle de Likert : la technique Likert présente un ensemble d’affirmations décrivant une attitude. On demande aux sujets d’exprimer leur accord ou leur désaccord sur une échelle à 5 degrés. A chaque degré d’accord, on annexe une valeur numérique (de 1 à 5). De la sorte, on peut calculer en additionnant les notes individuelles, une valeur numérique totale. (Cf. http://trochim.human.cornell.edu/kb/scallik.htm) [Note du traducteur]

[3] Nowlis, V., & Green, R. (1957). The experimental analysis of mood. Technical Report, Office of Naval Research: Contract No. Nonr-668(12) ; Nowlis, V., & Nowlis, H. H. (1956). Toward an adequate taxonomy of personality attributes. Annals of the New York Academy of Science, 65, 345-355. Voir aussi : S. S. Tomkins & C. E. Izard(Eds.), Affect, cognition, and personality. New York: Springer.

[4] On entend ici parler de la cohérence entre la cotation effectuée par un individu et la cotation effectuée par l’ensemble des autres. Si la cotation effectuée par un individu est trop fréquemment opposée à celle des autres, il est considéré comme non fiable ; dans le cas contraire, il est considéré comme fiable.. Dans l’expérience Agape, nous avons considéré que le notateur fiable était doué d’une grande « centralité » alors que le notateur non fiable était plos « excentrique ». La prise en compte de l’effet pirate pourrait amener à penser que la fiabilité-centralité n’est favorable que sous certaines conditions ; dans certaines autres, elle pourrait conduire les individus fiables-centraux à du Psi-Missing. [Note du traducteur]

[5] Qu’on peut aussi appeler points ‘exotiques’ ou ‘délinquants’.

[6] Le coefficient de corrélation développé par les statisticiens Bravais et Pearson, souvent indiqué seulement par la lettre r – et dans la littérature anglophone sous le nom du seul Pearson - est une mesure standardisée de la relation linéaire entre deux variables.

[7] « eigenvalue » => valeur propre d’une matrice ; « eigenvector » => vecteur propre d’une matrice

[8] On pourrait effectuer ce genre de sélection en utilisant certaines échelles du MMPI : échelle de biais de Fricke (B - tendance à l'acquiescement qui conduit le sujet à répondre « vrai » plutôt que « faux » aux questions, ce qui traduit au contraire une forme d'esprit de contradiction), échelle de déviation psychopathique obvie (PdO - qui pourrait être liée à une tendance à tricher), échelle de psychopathie subtile (PdS - tendance à s’opposer aux leaders, position critique vis à vis de l’autorité – et de l’expérimentateur ? - ) , échelle d’excitation (Ma - activité excessive et superficielle), échelle de paranoïa (Pa - attitude méfiante, critique, projective) (Cf. Manuel de l'Inventaire Multiphasique de Personnalité du Minnesota, CPA ed. Paris, 1966) [Note du traducteur].

[9] Si cette explication est exacte, on devrait s’attendre à ce que les personnes qui ont une tendance caractérielle permanente à réduire leur champ d’attention, les non-Larges (nL) du caractérologue  Gaston Berger, devraient se montrer moins aptes à l’ESP que les personnes ayant des caractéristiques opposées (ceux qui sont pourvus d’une plus grande largeur du champ de conscience, les  « Larges » du même auteur). Cf à ce sujet Le Traité Pratique d’Analyse du Caractère - 1963 PUF et la note "Ampleur du champ de Conscience". [Note du traducteur]

[10] On pourrait rapprocher cette observation de l’hypothèse qui a été formulée dans une autre des notes du traducteur : l’échelle MMPI d’excitation pourrait être défavorable à l’ESP ; le pôle opposé (échelle de dépression, tristesse) pourrait alors être favorable, au moins pour les sujets qui oscillent entre ces deux positions…[Note du traducteur]