Paralysie du Sommeil et Abus sexuel sur enfant

Richard J. McNally and Susan A. Clancy

(Department of Psychology, Harvard University, 1230 William James Hall, 33 Kirkland Street, Cambridge, MA 02138, USA)

Translated with permission by Dr Bernard Auriol after :

Sleep paralysis in adults reporting repressed, recovered, or continuous memories of childhood sexual abuse

Journal of Anxiety Disorders, Volume 19, Issue 5 , 2005, Pages 595-602

 

La paralysie du sommeil se produit typiquement lorsque le patient se réveille du sommeil paradoxal (Phase des Mouvements Oculaires Rapides ou REM) avant que la paralysie motrice qui l'accompagne ne disparaisse. Beaucoup d'épisodes sont accompagnés d'hallucinations tactiles et visuelles, il y a souvent la perception d'intrus menaçants dans la chambre à coucher. Pendergrast [ Victimes de la mémoire : Les accusations d'inceste et les vies brisées, HarperCollins, Londres, 1996] pense que les individus qui font état de souvenirs réprimés ou récupérés tardivement à propos d'abus sexuels survenus durant leur enfance pourraient mal interpréter les épisodes de paralysie du sommeil et leur donner le sens de fragments re-émergeants de souvenirs réprimés de ces abus sexuels survenus durant leur enfance. Pour étudier cette hypothèse, on a administré un questionnaire sur la paralysie du sommeil à des gens faisant état de souvenirs d'abus sexuels survenus durant leur enfance, sous différents en têtes : souvenirs réprimés (n=18), souvenirs récupérés (n=14), souvenirs continus (n=36). On a posé le même questionnaire à un groupe contrôle (n=16) ne rapportant aucune histoire d'abus sexuels survenus durant leur enfance.


La prévalence de la paralysie du sommeil a été de 44% pour le groupe "souvenirs réprimés", 43% pour le groupe "souvenirs récupérés", 47% pour le groupe "de mémoire continue" et 13% pour le groupe contrôle.

Un des six individus dans le groupe "souvenirs récupérés" qui avaient éprouvé la paralysie du sommeil l'a interprétée par rapport à l'abus sexuel (taux de "17%"). Tous les autres participants qui avaient rapporté une paralysie du sommeil ont donné d'autres interprétations (par exemple, avoir vu un fantôme). La dissociation et les symptômes dépressifs étaient plus communs parmi ceux qui avait éprouvé la paralysie du sommeil que parmi ceux qui ont nié l'avoir éprouvée.

 

 

La plupart des rêves surviennent pendant le sommeil paradoxal (avec Mouvements Oculaires rapides : REM-sleep ; Hobson, 1995, pp. 44–45) – phase pendant laquelle le dormeur est incapable de bouger. La paralysie, dans cette phase est une bonne chose ; sinon, le dormeur agirait ses rêves et pourrait se blesser (« somnambulisme » ndt). Cependant, lorsqu’une personne émerge de son sommeil REM, il peut arriver que les systèmes neuronaux du pôle frontal du cerveau responsables de la perception, puissent s’activer avant que les mécanismes moteurs de la moelle épinière n’aient pu rétablir le tonus musculaire, produisant alors le phénomène connu sous l’expression de « paralysie du sommeil » (Hobson, 1995, pp. 175–176). Pendant la paralysie du sommeil, la personne est éveillée, consciente de son environnement mais se trouve incapable de bouger. Parfois l’activité perceptuelle propre au rêve fait intrusion dans sa conscience, produisant des hallucinations hypnopompiques (c’est à dire liées à la phase de réveil). On rêve les yeux ouvert, pourrait-on dire. Ces hallucinations, typiquement, peuvent inclure de sentir ou voir un intrus dans la chambre, d’entendre des pas ou des sons bizarres, ou de ressentir le corps vibrer (Cheyne, Newby-Clark, & Rueffer, 1999).

Rarement plus pathologiques que les hoquets, la paralysie du sommeil a été éprouvé par environ 30% de la population générale des étudiants d'université, et environ 5% ont eu un épisode accompagné de la gamme complète des hallucinations, y compris la vision d’intrus dans la chambre à coucher (Cheyne et al., 1999). Peu familier avec le phénomène, beaucoup de gens se sont donné des explications diverses allant des incubes et des fantômes (Hufford, 1982) à la rencontre avec des aliens (Clancy, McNally, Schacter, Lenzenweger, et Pitman, 2002 ; McNally et al., 2004b). Certains pensent qu'il s’agit de souvenirs refoulés (ou dissociés) d'abus sexuel subis dans leur enfance (« childhood sexual abuse » ou C.S.A.) ; ils basent leurs conclusions sur des indices divers : cauchemars, symptômes dépressifs, etc. (McNally, Clancy, Schacter, et mineur, 2000).

 

C’est ainsi que Pendergrast (1996, pp 118- 120) a proposé l’idée selon laquelle certains individus pourraient mal interpréter les épisodes de paralysie du sommeil en faisant d’eux le résultat de fragments dissociés de souvenirs enterrés concernant des abus sexuels de l’enfance (CSA). Quelqu'un qui éprouve la paralysie du sommeil, accompagné de sensations corporelles hallucinatoires et de visions mettant en scène un intrus dans la chambre à coucher, pourrait supposer avoir été victime d’abus sexuel durant son enfance.

Pour explorer l'idée de Pendergrast, nous avons demandé à quatre groupes d'adultes, qui avaient participé à notre recherche concernant les traumas et le souvenir, de remplir un questionnaire visant subtilement les expériences de paralysie du sommeil.

1.     Un groupe à « mémoire réprimée » a inclus les personnes qui croient qu'elles ont été sexuellement abusées comme enfants, mais qui n'ont aucuns souvenirs autobiographiques d'un tel viol. Ils ont inféré  leur histoire d'abus à partir d’indices variés (par exemple, obésité, dysfonctionnement sexuel, humeur dépressive).

2.     Le groupe à « mémoire recouvrée » a inclus les personnes qui se rappelaient d’au moins un épisode de CSA après beaucoup d'années pendant lesquelles ils n’y avaient pas  pensé.

3.     Le groupe à « mémoire continue » a rapporté ne jamais avoir oublié leur CSA.

4.     Le groupe contrôle a nié toute histoire de CSA.

Nous avons déterminé des différences entre les groupes quant à la prévalence de paralysie du sommeil, et nous  avons examiné les explications soutenues par les participants. Etant donné (R.J. McNally, S.A. Clancy / Anxiety Disorders 19 , 2005, 595–602) que les personnes rapportant des expériences peu communes de sommeil (par exemple, rêves de voler) ont des scores élevés de dissociation et d'absorption (Watson, 2001), nous avons examiné si les participants rapportant une paralysie du sommeil étaient plus enclins que d'autres à avoir un score élevé sur ces mesures.

1.     Méthode 1.1. Participants

 

Pour recruter des participants pour notre recherche, nous avons utilisé des annonces de journal:

·        avez-vous été sexuellement victime d’abus sexuel lorsque vous étiez enfant ?

·        pensez-vous que vous pourriez avoir été sexuellement victime d’abus ?

·        n'avez-vous aucune histoire d'abus sexuel au cours de votre enfance

Après avoir obtenu un consentement écrit, les correspondants ont subi une interview relative à leurs souvenirs, ce qui a permis de les affecter à un des quatre groupes (pour d'autres détails, voir Clancy et McNally, 2004 ; McNally, Clancy, Barrett, et Parker, 2004a). Après que les protocoles (décrits ailleurs) concernant les souvenirs aient été remplis, nous avons expédié à tous les participants le questionnaire concernant la paralysie du sommeil (décrit ci-dessous). Cette étude a été approuvée par le « Comité d'université de Harvard concernant les sujets humains » et a été entreprise d’après les directives de l'association psychologique américaine pour les études faisant participer des participants humains.

·        Le groupe à « mémoire réprimée » a inclus 18 participants (17 femmes), dont l'âge moyen était de 45.9 ans (écart type = 11.4) et qui pensaient avoir subi des abus sexuels durant leur enfance, sans en avoir gardé aucun souvenir conscient. Ils ont inféré leurs histoires d'abus à partir d’indices variés tels que gain de poids, dysfonctionnement sexuel, ``souvenirs corporels '' et humeur dépressive.

 

·        Le groupe à « mémoire recouvrée » a inclus 14 participants (8 femmes), dont l'âge moyen était de 44.1 ans ( écart type = 15.6) et qui ont rapporté s’être souvenu des abus dont ils auraient été victimes, après beaucoup d'années pendant lesquelles ils n’y avaient pas pensé.

 

·        Le groupe de « mémoire continue » a inclus 36 participants (28 femmes), dont l'âge moyen était de 39.7 ans (  écart type =10.2) et qui ont rapporté s'être toujours rappelé leur CSA.

 

·        Le groupe contrôle a inclus 16 participants (11 femmes) dont l'âge moyen était de 40.5 ans (  écart type =14.7) et qui ont nié toute histoire de CSA.

Pour les groupes de sujets faisant état de souvenirs effectifs de CSA (mémoire continue et recouvrée), nous avons essayé d'obtenir des confirmations externes des rapports d'abus. Aucun des participants appartenant au groupe de mémoire recouvrée ne disposait ou n’a pu fournir une source de confirmation. Huit participants du groupe de mémoire continue ont fourni le nom d'une personne qui pourrait valider les rapports d'abus, et un autre participant a fourni une photocopie de journal intime datant de l'abus. Le deuxième auteur a parlé à tous les informateurs qui, de fait, ont confirmé les rapports d'abus.

Inspirés par les travaux de Cheyne's (2002) et par  son Questionnaire-VIIIa de Waterloo des expériences de sommeil peu communes, nous avons conçu un questionnaire d'expériences de sommeil (disponible auorès de R.J. McNally) centré sur la paralysie du sommeil. Ce questionnaire commence ainsi : Parfois quand ils s’endorment ou quand ils se réveillent, les gens éprouvent une brève période l'où ils ne peuvent pas bouger, quoiqu'ils soient éveillés et conscients de leur environnement. Les chercheurs se réfèrent à cette expérience comme à un épisode de la paralysie du sommeil. Avez-vous jamais eu un tel épisode de la paralysie du sommeil ?

 

Pour ceux qui ont affirmé avoir eu un épisode ont eu à répondre à une série de questions au sujet de la façon dont ils l'ont interprété à l’époque des faits et maintenant ; ils ont également répondu à des questions au sujet de la phénoménologie de l'expérience (par exemple, hallucinations, émotions). Les participants ont rempli le test « échelle d'absorption » (Tellegen et Atkinson, 1974), un questionnaire visant à mettre en lumière une prédisposition à s'engager dans des expériences imaginatives ; l’échelle d'expériences dissociatives (DES ; Bernstein et Putnam, 1986), un questionnaire pour mettre à jour des phénomènes d’interruption de conscience ; et l’inventaire de dépression de Beck (BDI ; Beck & Steer, 1987). Nous avons examiné si les participants rapportant une paralysie du sommeil avaient des scores plus élevés sur ces mesures que ceux niant tout phénomène de paralysie du sommeil. Deux participants du groupe de « mémoire continue » et deux participants du groupe de contrôle n'ont pas rempli ces trois questionnaires. En outre, deux participants additionnels du groupe de « mémoire continue » (dont l’un avec paralysie du sommeil) et un participant additionnel du groupe de contrôle n'ont pas répondu au questionnaire « échelle d’absorption ».

 

2.     Résultats

2.1. Prévalence de la paralysie du sommeil

 

La proportion de participants à chaque groupe rapportant un épisode de paralysie du sommeil était :

-         groupe à « mémoire réprimée » (44% ; 8 sur 18 participants),

-         groupe à « mémoire recouvrée » (43% ; 6 sur 14 participants),

-         Le groupe à « mémoire continue » (47% ; 17 sur 36),

-         et « groupe de contrôle » (13% ; 2 sur 16 participants). Un test de Pearson ne s’est pas montré significatif, (3) = 6.04, P =.11, bilatéral. Cependant, les trois groupes de CSA agrégés ont une plus grande proportion de paralysie du sommeil relativement au groupe de contrôle,  (1) = 4.64, P =.031, bilatéral avec correction de continuité[1].

2.2. Les explications des participants sur la paralysie du sommeil

Le questionnaire a énuméré plusieurs explications possibles quant à la paralysie du sommeil. Les participants devaient cercler celles des explications qu’ils avaient envisagées juste après l'épisode (tableau 1) et celles auxquelles ils adhèrent aujourd'hui (tableau 2). Seulement un participant - une femme du groupe à « mémoire recouvrée » - l'a reliée à l'abus sexuel. La plupart ont supposé avoir rêvé, en dépit du fait qu’ils étaient éveillés à ce moment là, ou bien ils ont pensé avoir vu un fantôme. D'autres n'ont eu aucune idée ou proposent  des explications absentes de notre liste (par exemple, « c’est simplement quelque chose qui s'est produit »). Un seul participant – du groupe de «  mémoire continue »  - a rempli « paralysie du sommeil » comme explication.

 

Tableau 1

Explication des participants à propos de leurs épisodes de paralysie du sommeil immédiatement après l’expérience

Explication

Gr à mémoire réprimée

N = 8

Gr à mémoire recouvrée

N=6

Gr à mémoire continue

N=17

Un rêve

1

2

4

Rapt extra-terrestre

0

0

0

Fantôme

0

0

5

Problème physique

2

0

2

Problème mental

0

0

0

Relié à un abus sexuel

0

1

0

Relié à un abus physique

0

0

0

Lié à la drogue ou à l’alcool

0

0

0

Je n’y pensais pas du tout

2

0

1

Je n’avais aucune idée

0

2

3

Autre…

3

1

2

 

A noter que deux des participants du groupe « contrôle » ont rapporté un épisode de paralysie du sommeil. L’un des deux a pensé qu’il s’agissait d’un rêve, l’autre que ce pouvait être un signe de maladie mentale.

 

Tableau 2

Explication actuelle des participants pour leurs épisodes de paralysie du sommeil

Explication

Gr à mémoire réprimée

N = 8

Gr à mémoire recouvrée

N=6

Gr à mémoire continue

N=17

Un rêve

2

2

4

Rapt extra-terrestre

0

0

0

Fantôme

2

0

4

Problème physique

1

0

1

Problème mental

1

0

0

Relié à un abus sexuel

0

1

0

Relié à un abus physique

0

0

0

Lié à la drogue ou à l’alcool

0

0

0

Je n’y pensais pas du tout

0

0

3

Je n’avais aucune idée

0

2

5

Autre…

2

1

0

A noter que deux des participants du groupe « contrôle » ont rapporté un épisode de paralysie du sommeil. L’un des deux a pensé qu’il s’agissait d’un rêve, l’autre que ce pouvait être un signe de maladie mentale.

 

 

2.3. Les corrélations psychométriques de la paralysie du sommeil

 

Relativement aux participants qui nient avoir eu de la paralysie du sommeil (n=47), ceux qui en rapportent (n=33) ont eu des scores plus élevés sur le DES (M= 23.3, écart type  =17.0 versus M=14.1 ; écart-type= 11.9), t(78) = 2.89, p=.003, unilatéral, effect-size r=.31) [avec correction pour l'inégalité des variances ; t(52.3) = 2.72, P = .005, effect-size r=.35].

 

Pour l'explication des participants du tableau 1 pour leurs épisodes de paralysie du sommeil juste après leur expérience, par rapport à ceux qui nient (n=46) avoir eu de la paralysie du sommeil, ceux qui en ont eu (n=32) ont des scores marginalement plus élevés à l’échelle d’absorption (M=19.8, écart-type=705 versus M=17.0, écart-type=7.6, t(76)=1.60, P=0.6, unilatéral, effect-size r=18).

Par rapport à ceux qui le nient, (n=47), ceux qui en rapportent (N=33) ont eu des scores BDI plus élevés (M=18.0, écart-type=10.5 versus M=11.5, écart-type=9.3, t(78) = 2.89, P=.003, bilatéral, effect-size r=.31)

3. Discussion

 

nous avons constaté que les gens qui disent qu'ils ont été sexuellement maltraités dans l'enfance sont davantage sujets à éprouver la paralysie du sommeil que ceux qui nient toute histoire de CSA. Un participant - dans le groupe à mémoire recouvrée  - a interprété sa paralysie du sommeil par rapport à l'abus sexuel. Bien que notre groupe d'étude ait été petit, ces résultats suggèrent que 17% des participants appartenant au groupe de mémoire recouvrée, et recrutés dans un public tout-venant, peuvent interpréter l'expérience par rapport à des fragments de mémoire de CSA. Cependant, les participants recrutés  parmi ceux qui suivent une thérapie pour recouvrer la mémoire, peuvent être plus enclins à approuver une interprétation sexuelle d'abus que ceux recruté dans le public tout-venant (Pendergrast, 1996, pp 118-120). En effet, quelques cliniciens éminents ont interprété des rêves en tant que fragments reflétant des souvenirs réprimées de CSA (par exemple, Alpert, 1994). Les résultats les plus saisissants concernent les corrélations de la paralysie du sommeil. Les participants avec paralysie du sommeil, indépendamment du groupe de mémoire, ont rapporté des symptômes dissociatifs (et des scores d'absorption marginalement plus élevés) que ceux qui ne se plaignent pas de paralysie du sommeil. Ces résultats concordent avec ceux d'autres spécialistes. Bien qu'il n'ait pas évalué la paralysie du sommeil per se, Watson (2001) a rapporté des corrélations positives entre les scores de dissociation et les rapports autobiographiques d’expériences inhabituelles liées au sommeil (par exemple, rêve de voler, hallucinations hypnopompiques, sensation d’une présence) parmi ses participants (étudiants d'université).

 

De même, Thalbourne et Houran (2000) ont apporté comme preuve à l'appui de leur construct de transliminalité – « tendance pour un matériel psychologique de traverser les seuils vers l’intérieur ou l’extérieur de la conscience »(p. 853). Les indicateurs de ce trait fondamental incluent la prédisposition à imaginer, l'absorption, la pensée créatrice, et les expériences paranormales. Comme Watson (2001) l’indique, les « gens qui sont enclins à s’intéresser, vifs, et ont des expériences peu communes pendant le jour tendent également à en avoir la nuit » (p. 532).

Nous avons également constaté que les participants ayant de la paralysie du sommeil ont rapporté plus de symptômes dépressifs que les autres. La signification de ce fait n’est pas claire. Puisque les troubles du sommeil sont courants dans la dépression, il est possible que les participants rapportant plus de symptômes de dépression aient un sommeil perturbé, ce qui augmenterait la probabilité d'avoir des épisodes de paralysie du sommeil. Etant donné que toute perturbation des habitudes normales de sommeil (par exemple : décalage horaire, siestes) accroît la probabilité d'un épisode de paralysie du sommeil, les problèmes de sommeil engendrés par une dépression, pourraient de même accroître la probabilité de paralysie du sommeil. Pourquoi les personnes rapportant des histoires de CSA seraient elles particulièrement enclines à souffrir de paralysie du sommeil ? Les individus qui ont des expériences peu communes liées au sommeil, ont en général des scores élevés sur les mesures d'absorption et de dissociation (Watson, 2001), et les gens rapportant des histoires d'abus sexuel  ont également des scores élevés sur ces mesures (McNally et al., 2000).

 

En résumé, les individus recrutés dans le public tout-venant, qui font état de souvenirs réprimés, recouvrés ou continus d’abus sexuel pendant leur enfance semblent plus vulnérables à la paralysie du sommeil que ceux qui nient toute histoire d’abus sexuel pendant leur enfance.

 

 

 

Remerciements

 

La préparation de cet article a été soutenue par une subvention (MH61268) du « National Institute of Mental Health » de santé accordée au premier auteur. Nous remercions Heidi M. Barrett de son aide.

 

References

 

Alpert, J. (1994). Analytic reconstruction in the treatment of an incest survivor. Psychoanalytic Review, 81, 217–235. Beck, A. T., & Steer, R. A. (1987). Beck depression inventory manual. San Antonio, TX: Psychological Corporation. Bernstein, E.M., Putnam, F.W. (1986). Development, reliability, and validity of a dissociation scale. Journal of Nervous and Mental Disease, 174, 727–735. Cheyne, J. A. (2002). Waterloo unusual sleep experiences questionnaire—VIIIa. Available at: http:// watarts.uwaterloo.ca/_acheyne/spquest01.html. Cheyne, J.A., Newby-Clark, I.R., Rueffer,   écart type  (1999). Relations among hypnagogic and hypnopompic experiences associated with sleep paralysis. Journal of Sleep Research, 8, 313–317. Clancy, S. A., & McNally, R. J. (2004). Recovered memories of childhood sexual abuse: Forgetting as a consequence of voluntary suppression, submitted for publication. Clancy, S.A., McNally, R.J., Schacter, D.L., Lenzenweger, M.F., Pitman, R.K. (2002). Memory distortion in people reporting abduction by aliens. Journal of Abnormal Psychology, 111, 455–461. Hobson, J. A. (1995). Sleep. New York: Scientific American Library. Hufford, D. J. (1982). The terror that comes in the night: An experience-centered study of supernatural assault traditions. Philadelphia, PA: University of Pennsylvania Press. McNally, R.J., Clancy, S.A., Schacter, D.L., Pitman, R.K. (2000). Personality profiles, dissociation, and absorption in women reporting repressed, recovered, or continuous memories of childhood sexual abuse. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 68, 1033–1037. McNally, R.J., Clancy, S.A., Barrett, H.M., Parker, H.A. (2004a). Inhibiting retrieval of trauma cues in adults reporting histories of childhood sexual abuse. Cognition and Emotion, 18, 479–493. McNally, R.J., Lasko, N.B., Clancy, S.A., Macklin, M.L., Pitman, R.K., Orr, S.P. (2004b). Psychophysiologic responding during script-driven imagery in people reporting abduction by space aliens. Psychological Science, 15, 493–497. Pendergrast, M. (1996). Victims of memory: Incest accusations and shattered lives (rev. ed.). London: HarperCollins. R.J. McNally, S.A. Clancy / Anxiety Disorders 19 (2005) 595–602 601 Tellegen, A., Atkinson, G. (1974). Openness to absorbing and self-altering experiences (‘‘absorption’’), a trait related to hypnotic susceptibility. Journal of Abnormal Psychology, 83, 268–277. Thalbourne, M.A., Houran, J. (2000). Transliminality, the mental experience inventory and tolerance of ambiguity. Personality and Individual Differences, 28, 853–863. Watson, D. (2001). Dissociations of the night: individual differences in sleep-related experiences and their relation to dissociation and schizotypy. Journal of Abnormal Psychology, 110, 526–535. 602 R.J. McNally, S.A. Clancy / Anxiety Disorders 19 (2005) 595–602  

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30 septembre 2010



[1] (NdT) Yates suggested that X 2 should be corrected for continuity and proposed the corrected test statistic  Although Yates’s correction is best known for its use in the analysis of 2 × 2 contingency tables, it is also applicable to the analysis of 2 × 1 contingency tables. A 2 × 1 contingency table displays the frequencies of occurrence of two categories in a random sample of size N, drawn from a population in which the proportions of cases within the two categories are p and 1 . p. The research question is usually whether the observed numbers of cases x and N . x in the two categories have been sampled from a population with some pre–specified value of p. This can be tested using

Pearson’s statistic,  which asymptotically has a distribution under the null hypothesis. Yates showed that, in this case as well, the use of Pearson’s results in p–values which systematically underestimate the true p–values based on the binomial distribution.

Therefore, he suggested the corrected statistic . Kendall and Stuart [8] remarked that Yates’s procedure is a special case of a general concept of a continuity correction, while Pearson [11] noted that Yates’s correction derives naturally from the Euler–Maclaurin theorem used to approximate binomial and hypergeometric distributions.

 

 

(After : http://faculty.london.edu/cstefanescu/Yates.pdf)