Question au Dalaï Lama.
Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ?
Il a répondu :
Les hommes.
Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent,
Ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.
Ils pensent anxieusement au futur
et oublient le présent de telle sorte
qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur.
Ils vivent comme s'ils n’allaient jamais mourir...
e t meurent comme s'ils n’avaient jamais vécu. »
Notre langage nous permet - et nous contraint - à diviser le temps en trois parties :
Qu'en est-il du présent ?
Si notre libre arbitre a une quelconque application, c'est sur le présent ! Nous ne pouvons éviter d'avoir posé nos actions passées et nous n'avons pas de certitude quant à celles que nous envisageons dans le futur.
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Examinons les expressions qui nous permettent d'invoquer le "présent"
Il s'agit par exemple du mot "maintenant". ce terme désignait tout d'abord (XII° s) un futur immédiat et signifiait "aussitôt, ce qui va survenir dans l'instant, comme lorsque nous calmons l'impatience d'un interlocuteur en lui signifiant je le fais à l'instant". Le sens actuel de "maintenant", ce qui a lieu dans le moment présent, s'est imposé au XVI° siècle et a pris la place de "or" qui venait de l'expression latine "hac hora" (Bloch, Etymologie, PUF, 1975).
"Maintenant" dérive du latin "manus", il s'agit de ne pas marquer d'interruption entre une action et une autre : la main ne lâche pas ce qu'elle tient.
"Or" tout comme "maintenant" ne considèrent pas le temps comme susceptible d'un découpage permettant de le constituer de points successifs dépourvus d'épaisseur. Chaque instant, y compris le présent, s'étale; s'il y a des points temporels, ils sont "flous", s'étalent comme l'encre du scripteur sur un papier poreux...
O tempora ! O mores !
N'était-ce pas mieux dans le passé, surtout lointain, n'y a-t-il pas eu un âge d'or sans défaut, rassasié de plénitude d'être, de beauté, de paix ?
Nos parents ou grand parents ventaient la qualité des produits d'avant-guerre (avant 1939, ou mieux, avant 1914). De même la monnaie, dévorée, effritée par l'inflation...
On nous a annoncé des Messies, des Madhis, des Bouddhas Maïtreya, des lendemains qui chantent, des millénaires mrtbreilleux, des paradis pour après, fut-ce dans l'au-delà...