L’inhibition sensorielle et motrice dans la dépression

Analyse en composantes principales des données enregistrées par
M. Smith et J. Brebion
(avec la collaboration du Dr J.P. Banquet)
sur une population de sujets dépressifs, 25 Avril 1992.

 

Dr Bernard Auriol

1) Le logiciel de statistiques utilisé est "FLASH S" version 2.0. Il est commercialisé par I.S.C. (Inter Service CAM). Les auteurs de ce logiciel sont Francis Mauré et Gilbert Passador.

2) Analyse en Composantes Principales sur 25 sujets, tous renseignés pour les variables suivantes :

1.      Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS)

2.      test de détection d’un signal de nature verbale :

a.       Nombre d’omissions sur 20 mots appris non reconnus dans une liste de 60 mots (  test d’omission dans la détection du signal [ Omis ] )

b.      Nombre de fausses reconnaissances concernant 20 mots appris dans une liste de 60 mots (  Fausses Alarmes dans la détection du signal [  FA ] ).

3.      Echelle du Ralentissement Dépressif total (ERDt) de Widlöcher ou Depression Rating Scale T (DRST),

·        Echelle du Ralentissement Dépressif moteur (ERDm) de Widlöcher ou Depression Rating Scale M (DRSM),

·        Echelle du Ralentissement Dépressif idéique-subjectif (ERDi) de Widlöcher ou Depression Rating Scale I (DRSI),

4.      Age.

A) Tableau sujets / variables

            B) P.C.A. normée (basée sur la matrice des corrélations) utilisant les six premières variables comme variables actives et l'Age comme variable supplémentaire.

On voit que l'âge se projette pratiquement à l'origine des axes. Sa corrélation, dans la population considérée, ne dépasse 0.15 avec aucun des autres facteurs : c'est ce qui nous a conduit à l'exclure de l'ensemble des variables "actives".

            L'axe 1 (54 % de l'inertie) est expliqué avant tout par l’Echelle de Ralentissement Dépressif DRST (avec les deux sous-échelles DRSI et DRSM) et secondairement par MADRS.

            L'axe 2 (23 % de l'inertie) est expliqué avant tout par le test de détection d’un signal (Omissions, False Alarms) et secondairement par MADRS.

MADRS joue un rôle important pour les deux axes. Si on considère cette variable comme un témoin du degré de la dépression, on en déduira que cette dernière est composite et dépend des deux facteurs liés aux axes 1 et 2.

L'axe 1 semble plutôt lié à la notion de ralentissement psychomoteur et l'axe 2 à un défaut de vigilance sensorielle.

3) Analyse en Composantes Principales limité aux 15 sujets renseignés sur chacune des variables suivantes :

            A) Tableau sujets / variables (ci-joint tableau des 36 sujets et des 15 sujets retenus)

            B) A.C.P. normée (basée sur la matrice des corrélations) utilisant dix variables actives :

1.      Montgomery-Asberg Depression Rating Scale ( MADRS ),

2.      Nombre d’omissions sur 20 mots appris non reconnus dans une liste de 60 mots (  test d’omission dans la détection du signal [ Omis ] )

3.      Nombre de fausses reconnaissances concernant 20 mots appris dans une liste de 60 mots (  Fausses Alarmes dans la détection du signal [  FA ] ).

4.      Echelle du Ralentissement Dépressif total (ERDt) de Widlöcher ou Depression Rating Scale T (DRST),

5.      Echelle du Ralentissement Dépressif moteur (ERDm) de Widlöcher ou Depression Rating Scale M (DRSM),

6.      Echelle du Ralentissement Dépressif idéique-subjectif (ERDi) de Widlöcher ou Depression Rating Scale I (DRSI),

7.      Test de rappel des Mots de Rey pour mesurer la mémoire à court terme et l’apprentissage : premier rappel [ Rey (1) ],

8.      Test de rappel des Mots de Rey pour mesurer la mémoire à court terme et l’apprentissage : cinquième rappel [ Rey (5) ],

9.      Test de rappel des Mots de Rey pour mesurer la mémoire à court terme et l’apprentissage : ensemble des cinq rappels [ Rey (Total) ],

10.   Test de Fluence Verbale pour tester la facilité des associations en mémoire sémantique sans faire appel à l’apprentissage : on a relevé le nombre des mots commençant par la lettre M, émis par le sujet en une minute [  Fluency (M)  ].

            On retrouve le même pattern opposant le ralentissement dépressif aux fausses alarmes (oblique DRS / FA) et, orthogonalement, l'ensemble {MADRS, OMIS}.

            L'adjonction de nouvelles variables {REY, FLUM} ne perturbe pas ce schéma :

on a maintenant deux obliques orthogonales :

{DRSM, DRSI, DRST} ßà FA _I_ {MADR, OMIS} ßà {REY1, REY5, REYT, FLUM}

Inversement, si nous éliminons les variables d'allure redondante et ne conservons que les quatre variables le mieux significatives de ces deux obliques, nous obtenons, par une nouvelle ACP un graphique qui garde et même renforce cette structure. Les variables éliminées de notre analyse, peuvent être reprojetées en tant que variables supplémentaires illustratives. Le pattern global et les proximités restent tout à fait homogènes à ce que nous observions quand elles participaient à la construction des axes. Il s'agit donc d'une structure extrêmement robuste qui, malgré le nombre restreint de sujets, nous permet une attitude assertive quant à nos hypothèses de la présence de plusieurs composantes explicatives de la pathologie dépressive.

Selon l'axe 1 : activité {FA, FLUM, REY} opposée à inhibition {DRS, MADR}.

Selon l'axe 2 : précaution, sureté {DRS, REY} opposée à insécurité, désarroi {FA, MADR}.

inhibition psychomotrice

vigilance et concentration

dépression

négligence sensorielle

excitation anxieuse

inhibition sensori-motrice

activation sensori-motrice

 



 

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Mai 2001