Les états de conscience modifiée

ou Etats modifiés de Conscience (E.M.C., A.S.C.)

Dr Bernard Auriol

We are such stuff

As dreams are made of, and our little life

Is rounded with a sleep[1]

(Shakespeare)

 

 

La conscience constitue le « lieu » des relations du sujet à son monde. Cette conscience n’est pas immuable, on lui connaît divers « états », notamment l’état éveillé et l’état endormi. Les physiologistes divisent ce dernier en « sommeil lent » et « sommeil paradoxal ».

 

Les méthodes de relaxation permettent de décrire un « quatrième état[2] », une conscience particulière à laquelle Caycedo donne une valeur particulière. Cet état comporte la paix, la sérénité, « l'absorption », voire la « présence », l’ineffabilité, etc. Sur le plan métabolique, il s’agit d’un repos qui peut devenir plus profond que le sommeil profond. Cet état de super-repos vigile est appelé « quatrième état » par certains des neuro­ physiologistes qui s'y sont intéressés, d'autres, surtout dans l'univers linguistique anglo-saxon l'appellent "état hypnagogique". Le terme de "quatrième état" est dérivé du fait qu’on connaissait jusque là seulement trois états de la conscience normale : la veille, le sommeil et le rêve. Mais il existe un quatrième état est décrit dans toutes les cultures. La connaissance de cet état est généralement liée à une construction théologique ou philosophique propre à chaque culture qui en fait la description.

 

Les états de la conscience peuvent se définir au moyen de critères phénoménologiques, d’auto observation subjective, physiologiques et psychologiques. Ils produisent aussi un certain nombre de conséquences observables de l’extérieur, que ce soit au laboratoire ou dans la vie. Récapitulons ici quelques données historiques à ce sujet.

 

EMC-1

EMC-2

EMC-3

Préhistoire des états de Conscience

Platon

préconisait déjà, comme de tradition ancienne, une purification de l’âme qui consistait "à se recueillir, à se ramasser en partant de tous les points du corps, à vivre, autant que possible, isolée, comme déliée du corps". Avec beaucoup d'à propos, il rapprochait ce déliement de celui de la mort et y voyait comme une préparation, une sorte d'entraînement à l'affronter en se mettant "dans les conditions qui rapprochent le plus possible du fait d'être mort"...
 

Cette idée est bien proche de celle des yogis lorsqu'ils dénomment l'état de relaxation « shavasana », c'est à dire « posture du mort ». Il s'agit bien d'être parfaitement flexible dans la main du relaxologue, obéissant à ses mouvements « perinde ac cadaver ».

 


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Turyia et le Vedanta

Le Vedanta indien distingue, comme nous, trois états de conscience standard :

  1. veille,
  2. sommeil profond,
  3. rêve.


Il s’y ajoute un quatrième état qui consiste à vivre simultanément l'état de sommeil profond tout en persistant dans la conscience (Turyia) : il s'agit donc d'un état d'éveil coexistant avec un repos complet du corps et de l'esprit. Les indiens attribuent à cet état de nous mettre en contact avec l'Absolu qui n'est autre pour eux que le Réel. Cet état est appelé Samadhi (qu'on traduit à la suite de Mircea Eliade par « enstase »).

Ishihiro

Au cours de la méditation assise Zazen, le bouddhiste japonais cherche à s'établir dans un juste équilibre entre la contention (trop rigide) et la mollesse (trop laxiste), entre l'excitation et la somnolence. Les transformations variées de la conscience et du vécu corporel sont observées sans lutter contre eux ni s'y complaire, qu'il s'agisse d'impressions angoissantes, douloureuses ou d'événements gratifiants, voire merveilleux ! Il s'agit d'une pensée sans pensée, d'une sorte de l'au delà dans l'ici bas, séparée de la vie et de la mort, à la charnière entre deux morts, d'un esprit vide ouvert sur le non être...

Les états d'Oraison et d'Extase dans les monothéismes

"Dieu ne peut nous rattraper que si nous restons
dans l'espace inconscient de nos coeurs
"

Patrick Kavanagh's

 

l’extase et le ravissement mystique

mystiques chrétiens

Sainte Thérèse d'Avila nous décrit l'état « d'oraison surnaturelle » : c'est un recueillement intérieur qui se fait sentir à l'âme, et durant lequel elle semble vouloir se séparer de l'agitation des sens extérieurs; parfois même, elle les entraîne après elle. Elle sent le besoin de fermer les yeux du corps, de ne rien entendre, de ne rien voir, de vaquer uniquement à ce qui l'occupe alors toute entière : « s'entretenir seule à seul avec Dieu »... Il convient, « sans nulle violence, sans bruit, qu'elle tâche d'empêcher l'entendement de discourir, sans essayer de le suspendre, non plus que l'imagination ». L'âme peut ainsi s'enfoncer dans une quiétude suave et plus ou moins « fruitive ». Cette jouissance[3] ne va pas sans divagations sporadiques de l'entendement et de l'imagination qu'il convient de laisser aller sans y attacher d'importance. Dans l'union pleine, il y a suspension totale de toutes les puissances : volonté, intelligence, imagination. La durée de ce ravissement est généralement bref, et le parait plus encore qu'il ne l'est réellement...

mystiques juifs

Le hassidisme dans sa recherche de la perfection se sert des moyens classiques de la mystique, notamment l’ascèse[4] et la méditation. Isaac Luria (1534-1572) donne une importance déterminante à la méditation pour permettre à l’homme d’accéder à sa lumière. La méditation de la Cabale l’ouvre à l’én-sof, l’être sans limite, impossible à nommer et à connaître (« qui ? »). Pour nous il peut revêtir l’aspect du néant (« ayin »).

mystiques musulmans

Le « fana’ [5] » (« mourir, cesser d’exister »), le complet abandon de soi et la réalisation de Dieu est une des étapes de la mystique soufie pour obtenir l’union à Dieu. Le fana peut être atteint par une méditation constante et par la contemplation des attributs de Dieu, couplés avec la condamnation des attributs humains. Quand le soufi réussit à se purifier entièrement du monde terrestre et à se perdre dans l’amour de Dieu, on dit qu’il a annihilé sa volonté individuelle et qu’il est mort à sa propre existence pour ne vivre qu’en Dieu et avec Dieu.

Beaucoup de soufis soutiennent que le fana, à lui seul, est un état négatif, car même si se débarrasser des désirs terrestres, reconnaître et condamner les imperfections humaines sont choses nécessaires pour tout dévot, de telles vertus sont insuffisantes pour ceux qui embrassent la voie soufi. Pourtant par le « fana du fana » (« anéantissement de l’anéantissement »), le soufi parvient à annihiler les attributs humains et perd toute conscience de son existence terrestre ; il est alors revivifié par la grâce de Dieu et le secret des attributs divins lui est révélé. Ensuite il pourra atteindre l’état plus sublime de « baqa’ » (subsistance) et se trouvera ainsi prêt à la vision directe de Dieu[6].

Le témoignage des soufis – mises à part les références théologiques – ne semble pas différent dans son vécu de ce que nous disent les mystiques juifs, chrétiens, hindouistes et bouddhistes.

Méditation sans référence croyante

A côté des états de conscience promus par les démarches spirituelles des croyants, il y a peut être place pour la rencontre de soi dans le silence d'une méditation sans référence croyante. Ce qu'on peut appeler des Etats Mystiques Laïques dont une des promotrices fut par exemple Genevève Lanfranchi ou les protagonistes du Village de la Paix...

La méthode de méditation que je vous propose est difficile mais vierge de doctrine religieuse; elle consiste en ceci :

Les quatre Etats de Conscience

le sommeil trivial[7]

"al dormirse, uno se olvida de sí mismo.
Y al despertarse se recuerda"
Jorge Luis Borges (1899 - 1986)

 

L’apparition impérieuse du sommeil a pu être comparée à un instinct[8]. On le considère comme un moyen de se défendre contre l’épuisement des fonctions organiques et psychiques. Plus récemment, on a démontré qu'il accélère de manière très importante l'élmination des déchets liés à l'activité cérébrale. Cette élimination serait en défaut dans les maladies neurodégénératives (octobre 2013) ; cf. l'encart Taking out the Trash et Mediscoop ci-dessous.

 

Il est décrit comme une « petite mort », une sorte de parenthèse, qu’elle soit vécue comme salutaire ou qualifiée de ‘temps perdu’ ! Que le sommeil soit proche parent de la mort est attesté par la mythologie aussi bien que l’étymologie[9]. Selon la pensée occidentale, il exclurait toute conscience explicite de soi …

 

Cependant, le dormeur peut s’éveiller lors de l’apparition de sons signifiants : les larmes du bébé réveillent immédiatement sa maman pourtant impavide au bruit des avions, et l’arrêt des émissions réveillent le téléspectateur qu’elles avaient endormi ! La persistance de ces possibilités au cours du sommeil le différencie du coma ou de la narcose chimique et attestent d’une conscience partielle que le yoga permettrait parfois de renforcer sous la forme d’un « sommeil conscient » !

 

Très différent est le cauchemar[10] qui constitue une forme pathologique de sommeil dans laquelle le sujet vit une expérience hallucinatoire intense, fait preuve d’un certain degré de somnambulisme et dort très profondément, eut-il les yeux grands ouverts !

Au cours du sommeil, les diverses fonctions et régulations du corps sont conservées. Par contre, en dehors des signaux d’alerte qui gardent une voie d’accès, les perceptions et les actions sur l’environnement sont supprimées ; il n’est probablement pas possible d’apprendre en dormant[11].

Le comportement de sommeil d’un animal se reconnaît aisément grâce à sa posture. Un certain tonus musculaire persiste au cours du sommeil (chez le chat, par exemple, au niveau des muscles de la nuque).

 

D'après Jouvet, “Le sommeil lent se manifeste par une activité corticale synchronisée sous forme de fuseaux (16 c/s) et/ou d'ondes lentes de haut voltage (“delta” : 2 or 3 c/s)”.

 

L’endormissement se caractérise par l’immobilité musculaire et une modification de l’activité électrique cérébrale avec apparition de « fuseaux » d’ondes à 16 cycles par seconde (c/s), suivis d’ondes delta, ondes lentes de haut voltage à 2 ou 3 c/s. Plus les ondes sont lentes et plus il est difficile d’éveiller le dormeur[12] ! C’est à cause de ce rythme lent que l’on donne parfois le nom de sommeil lent  au sommeil proprement dit (ou sommeil trivial). Les fuseaux de sommeil  sont produits dans un noyau du thalamus[13] dont l’activité rythmique empêche les activités rapides thalamo-corticales, nécessaires aux activités mentales qu’on observe pendant l’éveil ou le rêve. Lorsque ce mécanisme est déréglé, on parle d’insomnie.

 

 

 

 

 

[Revue de presse rédigée par Laurent Frichet pour TSAVO PRESSE]

« Dormir permet au cerveau de se nettoyer » in Le Monde, L'Express

Le Monde note en effet que « dormir permet au cerveau de se nettoyer des déchets accumulés pendant l'éveil du fait de l'activité neuronale. Cette découverte, publiée dans Science, pourrait faire avancer la compréhension des fonctions biologiques du sommeil et permettre de trouver des traitements contre des maladies neurologiques comme Alzheimer, estiment Xie et al.».
Le journal explique que « pour ce travail de nettoyage, qui serait responsable de la fonction récupératrice du sommeil, le cerveau utilise un système unique appelé "glymphatique", hautement actif pendant qu'on dort, qui permet de nettoyer les toxines responsables de la maladie d'Alzheimer et d'autres pathologies neurologiques ».

Le quotidien ajoute que les auteurs « ont découvert que l'espace intercellulaire s'accroissait de 60% pendant le sommeil, permettant aux déchets d'être évacués plus efficacement ».
Le Monde précise que « les auteurs ont pu observer pour la première fois ce système de nettoyage cérébral grâce à une nouvelle technologie d'imagerie utilisée sur des souris, dont le cerveau est comparable à celui des humains. Ce mécanisme, intégré dans le système sanguin du cerveau, pompe le fluide cérébro-spinal à travers les tissus et le renvoie purifié, les déchets étant transportés par le sang jusqu'au foie, où ils sont éliminés ».

Le journal observe qu’« une élimination de ces toxines du cerveau est essentielle car leur accumulation, comme celle de protéines toxiques, peut provoquer la maladie d'Alzheimer. Quasiment toutes les pathologies neurodégénératives sont liées à une accumulation de déchets cellulaires, soulignent ces chercheurs ».
L’Express remarque également que « le sommeil répond à un besoin essentiel de notre organisme : éliminer les toxines du cerveau ». Le magazine cite le principal auteur de l’étude, le Dr Maiken Nedergaard, de la faculté de médecine de l'Université de Rochester (New York) : « Cette recherche montre que le cerveau a différents états de fonctionnement pendant les périodes de veille et de sommeil. […] En fait, la nature récupératrice du sommeil résulterait de l'élimination des déchets produits par l'activité neuronale qui s'accumulent pendant la période d'éveil ».

 

Taking Out the Trash

The purpose of sleep remains mysterious. Using state-of-the-art in vivo two-photon imaging to directly compare two arousal states in the same mouse, Xie et al. (p. 373; see the Perspective by Herculano-Houzel) found that metabolic waste products of neural activity were cleared out of the sleeping brain at a faster rate than during the awake state. This finding suggests a mechanistic explanation for how sleep serves a restorative function, in addition to its well-described effects on memory consolidation.

Science 18 October 2013:
Vol. 342 no. 6156 pp. 288
DOI:10.1126/science.342.6156.288-f

 

 

 

 

L’organe qui souffre le plus de la privation de sommeil lent est le cortex préfrontal ; on en déduit que la fonction essentielle du sommeil est de le régénérer. C’est à cette région cérébrale que nous devons l’adaptabilité, la flexibilité de l’imagination et de la réflexion[14], l’attention, la concentration, la planification des actes…

 

l’éveil provoque sa propre inhibition de la façon suivante :

 

Il existe une relation quantitative entre la durée de l’éveil et l’intensité des ondes lentes du sommeil : plus l’animal est resté éveillé longtemps, plus les ondes lentes se ralentissent et s’amplifient lorsqu’il s’endort !

pendant l’éveil, certains neurones, situés très haut dans le système, présentent des décharges régulières à peu près toutes les secondes, comme une horloge. Ils semblent mesurer la durée de l’éveil.

Ceci entraîne (par médiation de la sérotonine) la mise en jeu d’un système qui va inhiber le réseau exécutif de l’éveil et libérer le système du thalamus que nous venons de voir.

 

Il existe également un autre système responsable de l’endormissement. Situé dans le bulbe au niveau du noyau du faisceau solitaire, il reçoit les signaux de fatigue en provenance du milieu intérieur (système parasympathique) ; parmi ces signes on fera une place particulière à l'irritation des yeux qui deviennent rouge, au baïllement, à la diminution du tonus musculaire qui aboutit à "piquer du nez", etc.

 

Il est curieux de noter que le réflexe d'avalement de la salive se produirait environ toutes les cinq minutes chez un sujet éveillé, plus sans doute en cas de stress émotionnel et beaucoup moins en cas de sommeil (une fois toutes les minutes environ). Ce réflexe est probablement moins fréquent encore lors des états de conscience modifiée (éveil paradoxal), mais ceci n'a pas été encore systématiquement évalué, pas plus que pendant le sommeil paradoxal riche en rêves. Ce réflexe d'avalement dépend bien entendu de la quantité de salive sécrétée, de son degré de viscosité, d'une éventuelle excitation des muqueuses, etc. mais serait aussi lié à la nécessité d'équilibrer les pressions de part et d'autre de la membrane du tympan.. (Burgeat, 1973).

 

Le sommeil est bon pour le système immunitaire

Le repos n’est pas anodin. Le sommeil est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme et à son métabolisme (= ensemble des réactions chimiques de l’organisme). D’après certaines études, un manque de sommeil perturbe la régulation d’hormones, ce qui peut avoir un impact sur la prise de poids. Un manque de sommeil entraîne une augmentation du taux d’hormones de l’appétit (= ghréline) et une diminution du taux d’hormones qui favorise la satiété (= leptine).
En moyenne, un enfant dort 10 heures par nuit tandis qu’un adulte aura besoin d'environ 7H30 de repos. Il s’agit d’une moyenne, pour certaines personnes le temps de sommeil sera plus ou moins élevé. D'après l'Inserm, « Le repos permet à l’organisme d’assurer des fonctions nécessaires au développement et à la santé ».1 Pendant le sommeil, le cerveau est actif. Les différents stades du sommeil permettent à l’organisme de faire le plein d’énergie et d’emmagasiner les informations reçues la journée. La mémoire est comme restaurée. Le temps et la qualité du sommeil sont très importants. Durant cette période, le cerveau sécrète des hormones qui aident le système immunitaire à lutter contre les infections bactériennes et virales.

Pour améliorer la qualité de son sommeil et renforcer son système immunitaire, voici quelques conseils :

  • Ne pas pratiquer une activité physique trop tardivement.
  • Evitez les boissons excitantes comme le café.
  • Avant de se coucher, ne pas hésiter à se relaxer à l’aide d'un bon bain chaud ou d'exercices de respiration.
  • Les écrans d’ordinateur et de télévision peuvent maintenir éveillé et nuire à la qualité du sommeil.

extrait de "Passeport Santé Net" ( page de l'extrait)

basé sur un travail de l'Inserm.

l’éveil trivial 

Au cours de l’éveil, le cerveau perçoit les informations du milieu extérieur ou intérieur. Il les décode, les évalue, les intègre et les compare aux informations reçues auparavant. Ainsi pourra-t-il y répondre de façon optimale. Que l’éveil soit proche parent de la vie et de la vigueur est attesté par l’étymologie :  « uigëre » en latin signifie être bien vivant, vigoureux, éveillé, l’œil en alerte.

Certaines maladies peuvent donner le change, de telle sorte que le moi soit absent de ses actes qui ont pourtant toute l’allure de la vigilance : on cite le cas d’un individu qui conduisit sa voiture sur des centaines de kilomètres, prit une chambre d’hôtel et s’y réveilla totalement perplexe ! Son enregistrement électroencéphalographique témoigna qu’il lui arrivait en effet d’agir, les yeux ouverts et de manière assez adaptée dans un véritable état de sommeil.

Dans d’autres états pathologiques, il s’agit plutôt de « transe », de « possession » ou de « personnalité multiple ». La personne montre plusieurs façons d’être, plusieurs identités, parfois extrêmement contrastées, alors qu’elle est dans tous les cas consciente de son moi – fut-il provisoire ou coexistent avec une autre version de soi – et dans un état cérébral d’éveil ! On est sans doute là dans une des formes possibles d’éveil paradoxal.

Du point de vue des ondes électriques cérébrales l’état d’éveil trivial se traduit par une activité électrique rapide (de l’ordre de 40 hertz) et de bas voltage[15].

« On a démontré que les systèmes d’éveil étaient disposés en réseaux, c’est-à-dire que l’excitation pharmacologique de l’un est suivie par l’activation de tous. Il existe cependant, à certains « nœuds » de ces réseaux, des endroits stratégiques dont l’inactivation peut inhiber tout le réseau.

Le réseau exécutif de l’éveil comprend différentes structures[16] excitatrices du cortex. Elles utilisent différents médiateurs chimiques, tels que l’histamine[17], le glutamate[18], la sérotonine, la noradrénaline, le Gaba et l’acétylcholine. On sait le rôle excitateur de l’amphétamine qui donne lieu à toxicomanie (ecstasy). Contrairement aux amphétamines, un produit assez récent,  le modafinil,  n’entraînerait ni tolérance (qui oblige à augmenter les doses), ni dépendance.  L’éveil peut-être également modulé par des facteurs de type hormonal ( par ex le « corticotrophin releasing factor[19] »  et le système central à arginine vaso-pressine). Les stimulations venant du corps lui même et du monde extérieur contribuent à la mise sous tension de ces systèmes et favorisent ainsi l’état d’éveil.

Certaines stimulations de rythme lent, de caractère répétitif et d’intensité faible peuvent agir en sens inverse.

 

L'éveil standard, trivial, comporte plusieurs modalités conscientes : discours intérieur, imagerie sensorielle, conscience sensorielle, états émotionnels et aussi "pensée asymbolique". Dont il faut discuter plus en détail....

le sommeil paradoxal (rêve)

Les philosophes insistent depuis toujours sur le vécu de réalité que le rêveur éprouve. Les émotions, elles aussi, sont profondes et vives, parfois plus que ne le sont celles de l’état éveillé ! Descartes[20], pour illustrer la difficulté de décider si le sentiment de réalité suffit à distinguer le réel du rêve, cite le cas d’un esclave « qui jouissait dans le sommeil d’une liberté imaginaire » mais bientôt « il commence à soupçonner que sa liberté n’est qu’un songe, craint de se réveiller et conspire avec ces illusions agréables pour en être plus longtemps abusé[21] ». A quoi fait écho Pascal « si un artisan était sûr de rêver toutes les nuits, douze heures durant, qu’il est roi, je crois qu’il serait presque aussi heureux qu’un roi qui rêverait toutes les nuits, douze heures durant, qu’il serait artisan ».

Pour se dégager de l’illusion, nous prétendons utiliser un contrôle réciproque des sens : « pince-moi, je crois que je rêve ! ». Il est clair qu’un tel procédé n’a aucune efficacité, pas plus que l’accord de l’esprit avec celui de mes semblables : si je rêve d’eux ils me parlent et m’approuvent ou me combattent à s’y méprendre ! Par ailleurs, l’absurdité du rêve n’est perçue du rêveur que lorsqu’il ne rêve plus !

Pour Schopenhauer[22], « la vie et les rêves sont les feuillets d’un livre unique ; la lecture suivie de ces pages est ce qu’on nomme la vie réelle ; mais quand le temps accoutumé de la lecture (le jour) est passé et qu’est venue l’heure du repos, nous continuons à feuilleter négligemment le livre, l’ouvrant au hasard à tel ou tel endroit et tombant tantôt sur une page déjà lue, tantôt sur une que nous ne connaissons pas ; mais c’est toujours dans le même livre que nous lisons. » « Ainsi donc, les rêves isolés se distinguent de la vie réelle en ce qu’ils n’entrent pas dans la continuité de l’expérience (…) et c’est le réveil qui met en lumière cette différence ».

« L’assimilation du sommeil paradoxal à l’activité onirique est due aux travaux de l’école de Chicago[23]. Le réveil de sujets au cours du sommeil paradoxal entraîne des souvenirs de rêve très précis dans plus de 80 p. 100 des cas, tandis que des sujets qui sont réveillés en dehors du sommeil paradoxal se souviennent rarement d’avoir rêvé. »

 

Il est reconnaissable à quelques signes cardinaux :

Respiration irrégulière.
Mouvements rapides des yeux sous les paupières closes.
Relâchement musculaire.
Excitation sexuelle.

Alors même qu’on observe une activité électrique rapide, similaire à celle de l’éveil, le sommeil paradoxal est un sommeil très profond, tellement qu’il est plus difficile d’éveiller le dormeur que pendant le stade le plus profond du sommeil « lent ». C’est cette bizarrerie qui a conduit à dénommer « paradoxal » cet état !

Si, pourtant, on réveille le sujet, il peut raconter un rêve.

l’éveil paradoxal

(voir une comparaison synthétique entre les quatre états, plus loin).

Mélinan[24] découvre la différence entre expérience du rêve et de la veille en cela que « nous ne nous réveillons jamais de ce que nous appelons la veille. Nous ne passons jamais dans un autre état, d’où nous puissions, à son tour, juger la réalité de loin et de haut, comme elle juge le rêve ».

Il observe que dans les conditions normales de l’humanité, il n’y a pas de quatrième état qui soit à la réalité ce que la réalité est au rêve. Il se demande pourtant si le passage de vie à trépas ne pourrait constituer une sorte de réveil de l’éveil ! Il poursuit : « il semble bien qu’il y ait pour certains hommes, dès la vie actuelle, au moins un demi-réveil ; certains hommes approchent, s’ils n’y atteignent pas, de ce nouvel état où le monde sensible apparaîtrait comme un songe[25] ».

C’est cette idée qui a été développée par des chercheurs comme Desoille, Wallace, Benson ou Caycedo. J’ai moi-même proposé le terme « d’éveil paradoxal[26] »  plutôt que de « quatrième état » afin de bien marquer la symétrie de cet état de conscience dans sa fonction d’oubli, de remise à zéro, de désencombrement, de « purification », par opposition à l’enrichissement imaginaire et à la mise en mémoire liés à l’état de sommeil paradoxal. Horne (1988, 2000) assure que le corps, au niveau cellulaire, récupère mieux en cet état que pendant le sommeil !

 

L'étude des techniques de relaxation et de leurs effets, permet de les rapprocher, sur le plan physiologique des états de conscience modifiés par diverses méthodes de méditation ou d'oraison.

 

Au cours de l’éveil paradoxal, les diverses fonctions et régulations du corps sont conservées. Si les signaux d’alerte restent efficaces, les perceptions comportent des distorsions notables, telles qu’un bruissement minime puisse déclencher une réaction forte alors qu’un bruit intense passera inaperçu ! La fonction d’alerte est avivée alors que disparaît la perception d’informations moins inquiétantes pour la survie.

 

En dehors d’une alerte, l’action sur l’environnement est supprimée ainsi que tout ce qui en prépare la survenue : ainsi l’éveil paradoxal se caractérise-t-il par une diminution du tonus musculaire qui va se limiter au maintien de la posture.

 

On observe un ralentissement de l’activité électrique du cerveau avec augmentation de « cohérence » entre ses différentes parties (avant/arrière, droite/gauche). Cette activité lente permettrait de nommer cet état « veille lente » par opposition à la veille triviale avec ses rythmes rapides.

 

La respiration, elle aussi,  se fait lente et très régulière, ceci de manière spontanée. Cependant, le pranayama du yoga fait de cette conséquence une cause : le ralentissement respiratoire est utilisé[27] pour approfondir l’état d’éveil au repos[28]. On observe même des phases d’arrêt respiratoire avec (ou par) diminution des besoins en oxygène. Ces moments s’accompagnent de sensations de « béatitude », éventuellement détournés au profit du maître ou de la doctrine qui en transmet la technique[29]. Il convient de distinguer ces apnées, limitées à quelques minutes, de l’arrêt respiratoire apparent des yogis qui se font enfermer dans un espace restreint et survivent plusieurs heures avec une quantité d’oxygène disponible très réduite. Dans ce dernier cas, la respiration se poursuit ; mais l’état de repos obtenu étant très « réussi », la consommation d’oxygène est extrêmement faible, les mouvements diaphragmatiques quasiment imperceptibles[30].

 

D’autres manifestations physiologiques vont à insister sur le repos généralisé qui accompagne la relaxation :

 

Eveil Paradoxal et paradoxe perceptif

 

Les yogis disent qu'une épingle qui tombe fait du bruit comme le tonnerre et le tonnerre fait du bruit comme une épingle.


C'est en effet une chose qui peut s'observer et qui physiologiquement devrait avoir une conséquence.

 

Quelqu'un médite, et puis il y a un petit bruissement et cette personne va être perturbée, elle va sursauter.

 

Par contre vous avez des coups de feu à la télévision ou quelqu'un qui se met à jouer un instrument de musique très fort, etc... le méditant n’y prétera pas attention, ne saura pas que cela s'est fait ; et pourtant un froissement d’étoffe auprès de cette même personne la fera sursauter.

 

Donc il y a une espèce d'état paradoxal vis-à-vis de la perception, en particulier de la perception auditive telle que les sons faibles deviennent très dérangeant et très forts et les sons forts passent inaperçus, complètement inaperçus.

 

Par quel mécanisme ?

 

Je ne pense pas que la personne devienne sourde aux sons forts mais je pense que ces sons forts sont complètement négligés dans son fonctionnement haut.

 

Par contre les sons faibles la dérangent beaucoup. Et l'on constate chez les gens qui pratiquent assidûment différentes techniques de méditation que leur seuil audiométrique s'améliore de manière surprenante. Probablement que leur oreille ne devient pas meilleure ; simplement ils s'en servent mieux.


Il faut sans doute rapprocher cela du fait que le système des cellules ciliées externes de la cochlée ne se met en action que pour amplifier les sons faibles ; il a probablement une action inverse en cas de sons excessifs !
( Cf. l’article de J.L. Puel et al. : Selective attention modifies the active micromechanical properties of the cochlea, Brain Research, 44, 380-383, 1988).

Eveil Paradoxal et immunité

 

Michael H. Antoni, Susan K. Lutgendorf, Bonnie Blomberg, Charles S. Carver, Suzanne Lechner, Alain Diaz, Jamie Stagl, Jesusa M.G. Arevalo, Steven W. Cole, Cognitive-Behavioral Stress Management Reverses Anxiety-Related Leukocyte Transcriptional Dynamics, Biological Psychiatry, Available online 16 November 2011

 

Eveil Paradoxal et dormance

 

L’ensemble de ces phénomènes peut se rapprocher de différentes réactions radicalement anti-stress comme la dormance (hibernation) ou même la pâmoison, les lipothymies en cas d’agression, l’extase et le ravissement mystique[31] et certaines formes de léthargie.

 

Mythologie

Après des siècles passés aux enfers, les âmes des justes et celles des méchants qui avaient expié leurs fautes, revenaient sur terre. Mais elles devaient perdre auparavant le souvenir de leur vie antérieure, et à cet effet boire les eaux du Léthé, qui provoquaient l'amnésie.

Le Léthé séparait les Enfers de ce monde extérieur du côté de la Vie, de même que le Styx et l'Achéron les en séparaient du côté de la Mort.

Léthé est Fille d’Eris ( la Discorde) et mère des Charites. Ce qu'on peut traduire : à la discorde succède l'oubli qui engendre la fête.

Les Charites sont filles de Zeus et d’Eurynomé. Elles présidaient à la gaieté des festins, à l'harmonie des fêtes, à la joie innocente, à tout ce qui est beau, radieux, attrayant; elles étaient la personnification de ce qu'il a de plus séduisant dans la beauté. On en compte trois : Aglaé (= brillante), Thalie (= verdoyante, qui inspire la joie) et Euphrosyne (= qui réjouit l'âme). Elles personnifiaient le charme et la beauté. Chez les Romains, elles correspondent aux Grâces.


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«Un lièvre en son gîte songeait

(Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) »[32]

Il y a très peu d’environnements dans lesquels les organismes ne soient sujets à aucune sorte de stress[33]! L’évolution a mis en place une façon d’éviter un environnement stressant répétitif : l’état de dormance. Dans cet état, l’organisme conserve au maximum la quantité d’énergie dont il dispose et demande le minimum à son environnement !

 

Dormance : état d’activité métabolique réduite que beaucoup d’organismes adoptent en cas de stress environnemental ou quand un tel stress devient probable[34]. On l’appelle aussi et plus spécifiquement ‘hibernation’, ‘estivation’, etc…

Valeur de la Dormance

La plupart des groupes vivants, animaux comme végétaux, ont des représentants qui utilisent la dormance; les mécanismes de la dormance varient avec la conformation de chaque organisme. Pour nombre de vivants, la dormance est devenue une part essentielle du cycle vital[35] , permettant à un organisme de traverser des phases difficiles avec un impact minimal sur l’organisme lui-même ! Cet état de dormance peut être déterminé par bien des variables, notamment :

o       le manque de nourriture ou de boisson,
o       le manque d’oxygène ou de gaz carbonique.
o       les changements de température (en plus ou en moins)
o       la durée d’exposition à la lumière,

timing

L’importance du timing dans le rythme annuel d’activité et de dormance peut-être démontrée : l’écureuil arctique, gardé au chaud dans le laboratoire, se met pourtant, l’hiver venu, en état de torpeur, de paresse extrême ! De même, quand les hibernants sont soumis à une température froide hors saison, ils réagissent comme tous les animaux à sang chaud en augmentant leur activité thyroïdienne et leur niveau métabolique pour maintenir une température normale de leur organisme. Par contre, à l’automne, le froid les amène à abaisser leurs sécrétions thyroïdiennes et leur métabolisme ; pour certaines espèces, au froid doit s’ajouter une diminution de nourriture.

Cependant, l’état d’hibernation n’est pas continu : à intervalle de quelques semaines, on observe un réveil et quelques mouvements, surtout au début et à la fin de l’hiver. Les chauve souris démontrent leur aptitude à l’hibernation, même en dehors de l’hiver : elles ont des périodes naturelles d’hypothermie tout au long de l’année ! Le colibri, quant à lui, devient torpide selon un rythme de 24 h et consomme ainsi beaucoup moins d’énergie.

Ces données pourraient sembler purement anecdotiques ; elles nous suggèrent une idée très importante, à savoir que la dormance est assez largement disponible et selon des modalités adaptatives variées. Il s’agit peut-être du développement extrême d’une aptitude très générale à vivre un état neurophysiologique particulier tout aussi important que le sommeil, le rêve ou l’éveil[36]

Les types de dormance

 

Le terme d’hibernation est souvent utilisé dans un sens vague pour dénoter n’importe quel état de dormance, de torpeur, ou d’inactivité d’un organisme vivant[37]. A côté des « vrais hibernants[38] », on décrit des « hibernants légers » qui peuvent rester inactifs et léthargiques du point de vue comportement, avec une discrète diminution de leur température, par périodes de quelques semaines[39]. L’hibernation légère est un compromis entre les besoins minimaux en énergie d’un hibernant profond et la grande dépense des animaux qui restent actifs tout l’hiver.

 

Dans les contrées arides certains animaux deviennent torpides durant l’été très chaud et très sec, on parle alors « d’estivation ».

 

Changements physiologiques pendant la Dormance

 

Typiquement, la dormance se pratique dans une tanière[40] protégée.

Les organes internes (tractus digestif, glandes endocrines) sont presque totalement inactifs ! Les tissus s’adaptent pour maintenir leur métabolisme au niveau minimum nécessaire pour la survie. L’organisme se tient sur le fil du rasoir entre une vie rendant possible la sortie de l’hibernation et une réduction du métabolisme proche de la mort !

Le système nerveux périphérique et la moelle épinière ont une sensibilité augmentée pour certains stimuli alors que le cerveau réduit massivement son activité électrique[41] mais reste capable, même dans sa plus profonde torpeur[42], d’enregistrer les variations pertinentes de l’environnement ! Une zone cérébrale surtout reste vigilante, l’hypothalamus qui gère l’appétit,  la température aussi bien que les fonctions cardio-respiratoires et endocriniennes. Durant la dormance, la température du corps est abaissée plus ou moins considérablement.

Les rythmes cardiaque et respiratoire se ralentissent jusqu’à devenir imperceptibles. La pression sanguine diminue sans s’effondrer totalement (grâce à la quasi-fermeture des vaisseaux qui alimentent les organes non vitaux[43] ).

Le jeûne, solide et liquide, entraîne un amaigrissement qui peut atteindre 40 %. La sécrétion d’urine est infime. La consommation d’oxygène et la production de gaz carbonique sont étonnamment basses.

L’activité des glandes endocrines, accélératrices du métabolisme est très réduite[44]. On observe généralement une réduction de l’activité des glandes sexuelles. L’activité thyroïdienne est largement diminuée lors de la dormance. Par contre, « les parathyroïdes sont très actives, comme aussi la graisse brune (principalement inter scapulaire) qui est, à la fois, une réserve de graisse et une glande à sécrétion interne jouant un rôle essentiel dans la régulation de la température [45] ». La recherche sur les adipocytes bruns montre que certains sujets sont riches en ce type particulier de tissu, ce qui favorise leur résistance au froid et les protège en partie de l'obésité. Ce tissu semble plus développé chez les enfants et les adultes maigres. Il n'est pas impossible que certains facteurs (par exemple certaines pratiques connues des yogis) puissent favoriser le développement et l'heureux fonctionnement de la graisse brune, où qu'elle soit dans l'organisme. Il est clair que ce tissu a dû jouer un rôle important dans l'adaptation humaine aux glaciations et qu'il protège le bébé des agressions liées aux variations de température. De ce point de vue, il pourrait être opportun de ne pas abuser des protections contre le froid chez les enfants (mais cette opinion n'a pas de base expérimentale à ce jour et ne pourrait être d'un certain intérêt que si on la mettait en oeuvre avec une grande modération : les bébés ont besoin d'être protégés d'un froid excessif qui peut entraîner leur mort).

 

La dormance des ours


Dans l’article Sommeil d'hiver (Pour la Science n° 352, février 2007), André Malan ne parle pas beaucoup des ours, mais précise : « À l’exception des ours, toutes les espèces hibernantes ont une masse inférieure à quelques kilogrammes, ce qui est probablement lié à la contrainte des réchauffements périodiques. » (...) Comment les ours supportent-ils les réveils périodiques (étant donné qu’ils pèsent plus de quelques kilogrammes) ?

Marc Bœuf, Chermignac

Réponse d’André Malan

"La question est tout à fait pertinente. On a longtemps débattu avant d’accepter les ours parmi les mammifères hibernants. Les espèces les mieux étudiées, l’ours noir américain et l’ours brun, ne présentent en effet qu’une baisse modeste de la température corporelle, de l’ordre de 6 °C au maximum. Cela facilite évidemment le réchauffement, ce qui répond à votre question. Les ours remplissent cependant un certain nombre de critères de l’hibernation : en particulier, la période de léthargie, qui peut atteindre six à huit mois, est marquée par un jeûne total et une réduction corrélative de la consommation d’oxygène et de la fréquence cardiaque ; elle est précédée par une phase saisonnière d’engraissement. On retrouve également chez les ours une réorientation du métabolisme vers l’utilisation des lipides, et des mécanismes de protection contre l’ostéoporose qui pourrait résulter de l’immobilité.

L’hibernation des ours présente une autre particularité, sans doute liée à la durée de la gestation et à celle de la croissance (qui augmentent toutes deux avec la masse corporelle) : contrairement aux petites espèces où une inhibition totale des fonctions reproductrices est nécessaire pour commencer la saison d’hibernation, la naissance des petits et l’allaitement ont lieu pendant l’hibernation de la mère ; comme celle-ci ne mange ni ne boit, la croissance des fœtus, puis des bébés, se fait entièrement à partir des réserves maternelles. Cela nécessite un minimum de métabolisme protéique ; comme l’urée ne peut être évacuée par l’urine, le rein étant à l’arrêt, elle est recyclée par des bactéries intestinales suivant un mécanisme qui a été retrouvé depuis chez des petits hibernants. C’est donc bien une hibernation, mais une hibernation très particulière."

 

Sommeil et dormance

 

Les considérations précédentes nous permettent de critiquer la pertinence du terme de « dormance ». Nous pouvons vérifier que cet état, malgré certaines analogies, est bien différent du sommeil. Ne serait-il pas mieux comparable à l’Eveil Paradoxal ou état sophronique ?

 

 

 

Sommeil

Sommeil
Dormance
Eveil Paradoxal

Le stress

Défavorise le sommeil

Déclenche la dormance qui en atténue les effets

Est « nettoyé » par l’éveil paradoxal qui en atténue les conséquences

EEG

Communications cortico-viscérales accrues

Activité faible et ralentie

Synchronisation cortico-corticales , latérale et antéro-postérieure

Delta dominant

Delta sporadique

Alpha dominant (thêta sporadique)

Hypothalamus

Reste actif

Métabolisme

Diminué

Extrêmement diminué

Très diminué

Consommation d’oxygène

Diminuée

Extrêmement diminuée

Très diminuée

Production de Gaz Carbonique

Diminuée

Extrêmement diminuée

Très diminuée

Température centrale

Légèrement diminuée

Extrêmement diminuée

Légèrement diminuée

Moelle épinière et Système nerveux périphérique

Sensibilité diminuée dans l’ensemble…

Sensibilité augmentée pour certains stimuli, atténuée pour d’autres

Sensibilité augmentée pour certains stimuli, atténuée pour d’autres

Rythme cardiaque

Ralenti

Extrêmement ralenti

Ralenti et stabilisé

Rythme respiratoire

Ralenti

Extrêmement ralenti

Ralenti parfois extrêmement[46]

Pression sanguine

Plutôt diminuée

Diminuée

Plutôt diminuée

Tonus des vaisseaux périphériques

Détente des vaisseaux périphériques(chaleur des extrémités)

Quasi-fermeture des vaisseaux qui alimentent les organes non vitaux (froideur de la périphérie)

Détente des vaisseaux périphériques(chaleur des extrémités)[47]

Glandes endocrines

Activité diminuée dans l’ensemble

Activité très diminuée dans l’ensemble

Activité très diminuée dans l’ensemble

STH

Augmentée

Thyroïde

Très diminuée

Parathyroïdes

Très actives

Graisse brune

Très active

Surrénales

Activité très diminuée

Activité diminuée[48]

Sécrétions des gonades (testicules et ovaires)

Généralement diminuée

Faim

Soulagement :

« qui dort dîne »

Extrêmement diminuée (amaigrissement +++)

 « Sublimée »

jeûne favorable.

Organes digestifs

Actifs

Inactifs

Peu actifs

Diurèse[49]

Infime

Tonus

Hypotonie globale

Hypotonie globale

Limité au maintien de la posture

Comportement

Immobile

Immobile

Immobile

Effet psychologique

Procrastination

?

Distanciation, simplification, unification, tolérance accrue à la frustration

Etat

Sommeil

« Intermédiaire » entre Veille et Sommeil

« Intermédiaire » entre Veille et Sommeil

 

On a longtemps admis qu’il y avait une relation et même une identité entre sommeil et dormance : dormance et sommeil sont semblables en cela que les processus organiques essentiels continuent à un niveau plus bas :

- Pendant le sommeil, l’animal s’immobilise, l’activité cérébrale s’appauvrit, le cœur bat moins vite et la respiration se ralentit. Le corps produit moins de chaleur.

- Au cours de la dormance, cesse toute activité qui n’est pas immédiatement nécessaire pour maintenir la vie à son niveau métabolique le plus bas possible, l’animal s’immobilise aussi, cœur et respiration ralentissent, on observe par moment des décharges qui évoquent les ondes lentes du sommeil.

 

Mais au « réveil » de la dormance, on observe un approfondissement du sommeil à ondes lentes, exactement comme après une privation de sommeil de plusieurs heures : la dormance n’est pas un équivalent du sommeil, mais un état de vigilance intermédiaire entre sommeil et éveil[50] !

 

Nous suggérons de ranger cet état dans la catégorie de l’Eveil Paradoxal dont il constitue une utilisation adaptative aux variations extrêmes de température ou de sécheresse !

 

Syncope et pâmoison

Ce terme désigne une perte de connaissance de survenue rapide. La personne en état de syncope perd de sa réactivité aux stimuli de l’environnement ; ses perceptions sont perturbées dès le début[51] du phénomène avec sensation de faiblesse, voile visuel, modifications sonores, vertiges, impression de vide de la pensée et parfois nausées ou transpiration.

La médecine a mis en évidence plusieurs causes possibles :

  1. La diminution de la circulation cérébrale par ralentissement ou accélération extrêmes du cœur (maladie cardiaque, effet secondaire de certains médicaments) ou par hypotension artérielle (avec notamment une dilatation exagérée des vaisseaux[52]).
  2. Exposition à trop de chaleur : déshydratation, fièvre très dangereuse.
  3. L’hypoglycémie et l’anémie diminuent les ressources énergétiques du cerveau…
  4. D’autres syncopes dites « vaso-vagales » sont souvent dues à un stress physique ou émotionnel : compression de la carotide, vue du sang, agression sans recours, douleur extrême, etc. et sont précédées souvent de signes parasympathiques.
  5. L’hyperventilation entraîne un manque de gaz carbonique dans le sang, d’où une contraction des vaisseaux cérébraux ce qui, paradoxalement, prive le cortex de ses ressources en oxygène[53].
  6. L’expiration forcée et volontairement bloquée connue en médecine sous le nom de « manœuvre de Antonio Valsalva (1666-1723 » peut produire une perte de connaissance si elle est réalisée de manière excessive. Il s’agit d’une contraction forcée des muscles abdominaux comme pour expulser de l’air, mais en empêchant cette expiration par contraction de la glotte[54] (serrage des cordes vocales). Utilisée avec souplesse, cette contraction nous permet de réaliser une évacuation : la toux en est une forme brève avec évacuation de déchets bronchiques vers le haut, la défécation utilise un mécanisme similaire pour évacuer les selles par relâchement de l’anus. Le cri, et à un moindre degré la voix chantée ou même parlée, gèrent ce mécanisme avec subtilité pour produire des sons à fonction d’appel par exemple. Lors de l’effort, un usage complet de cette manœuvre, donne aux muscles actifs un appui[55] qui est indispensable pour des actes violents, ou intenses.

Le problème de la Transe

La transe correspond à un état modifié de la conscience[56]. Elle est connue depuis la nuit des âges et liée à une grande variété de contextes culturels et religieux. Il s'agit de franchir une limite, aller - pour en revenir - au pays de la mort, outrepasser les frontières du temps et du lieu, s'extrémiser au cours d'un voyage ou l'identité de soi se perd plus ou moins, au profit d'une divinité dont on devient la monture, qui se fait guide ou dont on se rend maître. Cet état est généralement intégré par la société dans le cadre de moments permissifs ou prescrits : processus d'initiation, sibylles institutionnelles, confréries mystiques, fêtes religieuses, danses sacrées[57], carnaval et chari-vari, expression corporelle et thérapie[58], etc...

Les caractéristiques psychophysiologiques de la transe dans les endroits où elle se pratique, sont encore mal connues; il s'agit plus d'un ensemble d'anecdotes que de l'appréhension des données scientifiques aptes à éclairer notre propos. Sur cette base, on peut cependant remarquer la parenté de la transe avec le rêve : un scénario[59] se crée, pour le sujet, au moment où il le vit, prend tous les caractères de la réalité, l'inscrit dans une nouvelle identité et le confronte à des dimensions psychiques de lui-même qu'il ne prévoyait pas et qu'il pourra même oublier à la fin du parcours.

A la différence de l'état de rêve, l'action n'est pas inhibée au cours de la transe ! La communication avec le groupe social, ou un de ses représentants, reste disponible. Le caractère fréquemment rituel, institutionnalisé et didactique de ces communications suggère qu'elles pourraient avoir une valeur fonctionnelle pour le groupe : mise à plat des tensions, re-équilibrage des excès, élicitation de percées créatives, etc... Rôle, encore une fois comparable à celui du rêve, mais dont l'efficacité concernerait plus le collectif que l'individuel...

La transe hypnotique

Elle pose des problèmes quant à l’état de conscience qu’elle met en jeu.

Définition

 

Selon l’Association médicale britannique (1955) : « L’hypnose est un état passager d’attention modifiée, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des stimuli verbaux ou autres. Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une sensibilité accrue à la suggestion et l’apparition chez le sujet de réponses et d’idées qui ne lui sont pas familières dans son état d’esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l’anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vasomotrices peuvent être, dans l’état hypnotique, produits et supprimés. »

La relation entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé

 

L’hypnose représente la forme la plus ancienne de la relation psychothérapique moderne. En 1784, un élève de Mesmer, le marquis de Puységur, décrivit le somnambulisme artificiel sans crise convulsive, qui permet une communication verbale avec le sujet. Il inaugura ainsi la thérapie par le langage. La psychanalyse s’est édifiée en bonne partie sur l’étude et la critique de cette relation ; elle l’a, à son tour, rendue plus intelligible en permettant d’entrevoir les lois qui la régissent.

La suggestibilité ne doit pas être confondue avec l’hypnose qu’elle accompagne selon des doses variables. Il existe une forme de suggestion, qui est, selon Freud, « un fait fondamental de la vie psychique de l’homme ». Cette suggestion indirecte, non délibérée, émane du patient : « Un facteur dépendant de la disposition psychique du malade influence, sans aucune intention de notre part, le résultat de tout processus thérapeutique introduit par le médecin. » « Cette attente croyante », comme dit encore Freud, n’est « ni dosable, ni contrôlable, ni intensifiable ». La relation comporte alors un élément archaïque non accessible à la verbalisation.

Ainsi doit-on doit mettre l’accent sur la relation mère-nourrisson, saisie au stade pré-langagier. Mais on connaît la possibilité d’obtenir l’hypnose par une action sans transfert (auto-hypnose par exemple) ce qui met en valeur la réalité physiologique de l’état hypnotique[60].

Physiologie de l’hypnose

 

Certaines conditions sont généralement requises pour obtenir l’hypnose :

        « rapport » de confiance entre le médecin et le malade.

        stimulations auditives par l’opérateur qui répète des suggestions d’une voix monotone « terpnos logos »;

        fixation de l’attention, soit par un objet visuel ou sonore, soit par un groupe d’idées

A titre subsidiaire, on peut ajouter :

        diminution ou exclusion des stimulations extérieures ou au contraire débordement sensoriel (châteaux sonores)

        position assise ou allongée (utile mais non indispensable)

Les théories physiologiques sont centrées sur les rapports entre le sommeil et l’hypnose mais l’assimilation de l’hypnose au sommeil n’a pu être confirmée par des tracés électroencéphalographiques. Elle est qualifiée par les pavloviens de sommeil partiel. Il se crée artificiellement des « points vigiles » qui rendent possible la communication entre le sujet et l’opérateur. Cet état de sommeil partiel, intermédiaire entre le sommeil et la veille, comporte des phases hypnoïdes, ou phases de suggestion, pendant lesquelles diverses modifications physiologiques, impossibles dans l’état de veille, peuvent se produire. Cette description invite à ranger cet état, comme le fait François Roustang dans le cadre de l’éveil paradoxal…

*

*            *

*


Les états de la Conscience

 

Non-Agir (repos)

Agir

E

V

E

I

L

 
Eveil Paradoxal
  1. métabolisme très diminué
  2. besoins en oxygène diminués
  3. respiration très lente (phases d’apnée par diminution de la production de gaz carbonique et des besoins en oxygène )
  4. ralentissement et stabilisation du pouls 
  5. tonus des vaisseaux périphériques plutôt diminué, égalisé pour les différentes zones.
  6. diminution de la Tension Artérielle
  7. tonus localisé limité au maintien de la posture
  8. Immobilité (parfois soubresauts)
  9. EEG à alpha et thêta dominants
  10. Interactions intéro-internes synchronisantes (vide mental)
  11. stabilisation hormonale
  12. Unification et simplification psychologique par abandon d’informations. Intuition, intégration globale, distanciation, tolérance accrue à la frustration.
  13. état ou domine la jouissance
 
Eveil Trivial
  1. métabolisme très actif etaccumulation de déchets métaboliques
  2. besoins en oxygène très augmentés
  3. respiration courte, rapide et très variée
  4. accélération et déstabilisation du pouls 
  5. tonus des vaisseaux périphériques plus élevé, varié selon les zones au travail
  6. augmentation de la Tension Artérielle
  7. tonus global d'action
  8. Mouvements orientés vers un but.
  9. EEG à bêta dominant
  10. Interactions intéro-externes désynchronisantes (perceptivité, activité)
  11. variations hormonales
  12. Processus variés focalisés par l’action en cours, complexification par apport d’informations. Effort, combat, lutte pour la vie
  13. état où domine la satisfaction.

S

O

M

M

E

I

L

 
Sommeil Trivial
  1. métabolisme faible et élimination des déchets métaboliques
  2. besoins en oxygène diminués
  3. respiration lente et régulière caractéristique
  4. ralentissement et stabilisation du pouls
  5. tonus des vaisseaux périphériques plutôt diminué, égalisé pour les différentes zones.
  6. diminution de la Tension Artérielle
  7. Tonus musculaire diminué
  8. Immobilité globale
  9. EEGà delta dominant
  10. Interactions cortico-viscérales synchronisantes, Processus d’harmonisation organique
  11. stabilisation hormonale ?
  12. Pensée logico-pratique et remise à plus tard
  13. état où domine le besoin
 
Sommeil Paradoxal
  1. métabolisme actif
  2. besoins en oxygène augmentés
  3. respiration d’amplitude variable
  4. pouls variable
  5. tonus vasculaire ?
  6. Tension artérielle ?
  7.  Tonus musculaire extrêmement diminué
  8. Mouvements rapides des yeux
  9. EEGà bêta dominant
  10. communications cortico-corticales désynchronisantes. Processus focalisé endogène
  11. sympathicotonie sexuelle
  12. renforcement des motivations, enrichissement des perspectives, séquences de représentations
  13. état où domine le désir
Ces quatre fenêtres sont moins rigides qu'il n'y paraitrait au premier coup d'oeil : on connait des états mixtes entre deux de ces états, notamment lors de leur naissance ou lors de leur arrêt. On peut n'être qu'à demi réveillé, en train de s'endormir, dans un état de sommeil paradoxal flou (états oniriques ou oniroïdes)
C'est ce qui a conduit à décrire des stades du sommeil, des degrés d'éveil paradoxal (états en voie de Samadhi).
 
 

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 Les quatre états de la conscience

Le cycle des états de conscience

C’est avec raison que l’Universalis écrit : « Une stricte hygiène de vie, créant des habitudes régulières, dans laquelle l’activité physique, la relaxation sont pratiquées avec persévérance (…) sont des conditions nécessaires au traitement correct des insomnies. » Ainsi, le sommeil trivial nécessite-t-il, peu ou prou, une forme d’éveil paradoxal pour s’instaurer… De même, le sommeil paradoxal ne survient qu’après un temps suffisant de sommeil trivial. Enfin une activité efficace au cours de l’éveil trivial nécessite certainement une préparation par une bonne nuit de sommeil, c’est à dire, au final, par une provision suffisante de rêves qui lui fournisse le carburant du désir… L’éveil paradoxal lui-même nécessite pour s’approfondir une activité consciente préalable avec une mise en jeu de l’interaction entre le sujet et son environnement, plus ou moins frustrant…

 

C’est dire que les états de conscience s’organisent dans le temps sous forme de cycles d’environ 24 heures pour l’alternance veille-sommeil et de cycles d’environ 90 minutes pour l’alternance entre modalité triviale et modalité paradoxale.

 

La modalité triviale est tout d’abord prépondérante puis la modalité paradoxale se renforce ; c’est à dire que le dormeur rêve davantage en fin de nuit et l’être éveillé éprouve d’autant plus la nécessité de faire le vide que la nuit approche… Grosso modo, il paraît souhaitable de dormir au moins sept heures (avec plus d’une heure de sommeil paradoxal) et de bénéficier au cours de la journée de plus de trois heures de « détente[61] ».

En fait, passer de la veille au sommeil[62] suppose d’abandonner l'organisation physiologique propre à la veille pour aller vers le type d'organisation caractérisant le sommeil. Entre les deux états trouve place un moment de « neutralité organisationnelle[63] » qui devrait logiquement survenir aussi  quand on passe du sommeil profond au sommeil paradoxal ou du sommeil paradoxal à l'éveil.

 

Nous avons remarqué ailleurs qu'il semble exister un calcul neuro-physiologique non-conscient du temps (euchronie), d'une très grande précision, qui permet à certains dormeurs de programmer leur réveil à une heure arbitrairement choisie au moment de l'endormissement. Le même phénomène semble à l'oeuvre chez les personnes qui méditent : nombre d'entre elles arrêtent leur méditation, lorsque la durée fixée s'est écoulée, avec une très grande précision et sans avoir à regarder leur montre.

Point de vue plus spécifiquement sophrologique

La sophrologie étudie la conscience humaine en partant de ses propres conceptions, définies par Caycedo. Il propose de distinguer les niveaux de conscience d’une part, les états de conscience d’autre part :

Dans cette perspective, l'être humain évolue :

·         soit dans un état de conscience ordinaire, soi-disant  « normale »

·         ou bien, il renforce les éléments positifs de sa personnalité et accède progressivement à la conscience sophronique

·         soit provisoirement ou définitivement dans un état de conscience pathologique (de la névrose à la psychose, sans oublier toutes les possibilités psychiatriques connues).

Remarques sur les états développés d'éveil paradoxal

Il nous reste beaucoup à apprendre quant à l'éveil paradoxal. Les traditions qui l'ont cultivé et promu font état de différents niveaux, allant de l'éveil paradoxal basique que nous avons décrit, à des niveaux beaucoup plus sophistiqués, décrits comme "cinquième état de conscience", "mariage mystique", etc. Ils décrivent aussi des états différents (types particuliers de méditation, culture des siddhis, etc).

Une étude intéressante a étté publiée qui tente de décrire l'évolution des paramètres physiologiques de l'un de ces états particuliers. Voici le compte rendu qu'en a publié "Yahoo Actualités" :


La méditation agit sur le cerveau, selon une étude sur des moines tibétains.

WASHINGTON samedi 6 novembre 2004, (AFP) - Une longue pratique de la méditation entraîne des modifications physiques dans le cerveau, selon une étude réalisée sur des moines boudistes qui doit être publiée lundi dans les annales de l'académie nationale des sciences américaine.

L'équipe de chercheurs de l'université du Wisconsin à Madison a comparé un groupe de dix étudiants volontaires novices en méditation, âgés d'une vingtaine d'années, à des moines formés dans la tradition tibétaines ayant de dix mille à 50.000 heures de pratique dans cet exercice spirituel et dont l'âge médian est de 45 ans.

Alors que les groupes pratiquaient une méditation visant à engendrer un état "de compassion et d'amour pour le prochain", les chercheurs ont constaté avec des électro-encéphalogrammes, "une très forte augmentation des ondes à haute fréquence gamma" chez les moines boudhistes alors que le changement a été modeste chez les étudiants.

Ces ondes, dont on pense qu'elles signalent l'activité des neurones, les cellules nerveuses, sont associées à une activité mentale intense.

L'activité mentale des moines a été dans tous les tests nettement plus intense que celle dans le groupe de novices.

De plus, le groupe de chercheurs a observé le cerveau des sujets avec un système d'imagerie par résonance magnétique qui a également montré une activité nettement plus élevée chez les moines boudhistes que chez les étudiants.

L'activité dans la partie préfrontale gauche du cortex cérébral, le siège des émotions positives, était intense chez les moines en méditation, submergeant l'activité de la partie droite de leur cortex, centre des émotions négatives et de l'anxiété.

Les résultats de cette étude laissent penser que le cerveau comme le reste du corps pourrait être intentionnellement modifié physiologiquement tout comme l'exercice physique accroît le volume musculaire, ont estimé ces chercheurs.

 

 

Les états de conscience pathologiques

Les états de transe, de délire, les excès quant au niveau de vigilance (léthargie ou au contraire excitation ), les dysfonctionnements qui échangent la réalité de la veille pour le Réel du Délire et des Hallucinations propres au sommeil paradoxal, alors qu’en rêve le sujet retrouve la platitude du quotidien rationneln sont des exemples de conscience pathologique. Cependant, selon la valorisation spirituelle, artistique ou philosophique que le sujet et son environnement social promeut, on avoir à classer différemment certaines expériences phénoménologiquement identiques ! Par exemple une « hallucination » peut se reconvertir en « Vision inspirée », une léthargie en extase. Il est difficile de se prononcer sur de tels cas et personnellement, je trouve inaccessible à la raison et à la science le classement des Prophètes et des Messies (faux ou vrai) …

Conclusion

 

La découverte du quatrième état de conscience (état sophroliminal, éveil paradoxal) constitue une avancée majeure car elle nous permet de construire un équilibre de vie de grande valeur en prenant conscience de la nécessité de se donner un temps quotidien suffisant d’éveil au repos.

 

Considérez cette très intéressante vidéo diffusée par Daily-motion

Bibliographie

  1. Nous avons fait de larges emprunts à divers articles de l’Encyclopædia Universalis (éd.1995)
  2. Ainsi qu’à la Britannica (version CD-Rom - 1997 et version Web - 2000)
  3. Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine, Éditions Garnier et Frères, Paris, 1960
  4. Hennevin-Dubois E., Comment dormir vient aux bébés, La Recherche, HS N°3, Avril 2000, pp.14-17.
  5. Horne Jim, Why We S – The Functions of Sleep in Humans and other Mammals, Oxford University Press, 1988.
  6. Horne Jim, Variations sur la fonction du sommeil, La Recherche, HS N°3, Avril 2000, pp.8-11.
  7. Tobler Irène, Le sommeil a-t-il besoin du système nerveux central ?, La Recherche, HS N°3, Avril 2000, pp.12-13.


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Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

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MAJ 23 Janvier 2014


[1] « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil »

[2] Durand de Bousingen a tendance, comme Benson, à considérer que les états autogènes  profonds peuvent rejoindre certains des états obtenus par la Méditation Transcendantale (comm. pers.. janv. 1978). Beaucoup d'auteurs, comme le remarque en le déplorant Y. Ikémi lors du colloque de Tsukuba. préfèrent parler d' « états altérés de la conscience »  ou A.S.C. (Altered States of Consciousness ). Ce terme (proposé par Charles Tart) a l’avantage et l’inconvénient de regrouper avec le Quatrième Etat (que nous croyons agréable. naturel et même nécessaire) certains états, toxiques ou pathologiques (qui sont dangereux ou pénibles). Caycedo a eu le mérite de distinguer nettement les états de la conscience perturbée des états normaux ou optimisés. C’est pourquoi nous préfèrerons parler « d’état d’éveil paradoxal » pour désigner la conscience particulière qui apparaît lorsque nous nous détendons, faisons le vide, oublions nos ennuis…

[3] Jacques Lacan a insisté sur cette jouissance, Encore !

[4] notamment par la pratique aussi rigoureuse que possible des moindres commandements de la Thora. Cet aspect a parfois pris le pas sur la démarche proprement mystique.

[5] ce terme n’est pas à l’origine du mot « fanatique » lequel dérive du latin « fanum » (= temple) et signifiait « inspiré, en transe, en délire » (culte de Cybèle).

[6] Le fana’ est entièrement fondé sur les enseignements du Coran (55, 26-27) : « tout ce qui est sur terre passera. La face seule de Dieu restera environnée de majesté et de gloire ».

[7] J’emploie ici le mot trivial dans son sens de « courant, banal, commun » et non dans l’acception péjorative de « vulgaire »… Il s’oppose ainsi à « paradoxal ».

[8] E. Claparède

[9] sanskrit « svap » dormir, être mort

[10] à ne pas confondre avec un « mauvais rêve » qui, lui, survient au cours du « sommeil paradoxal » (Cf. plus loin).

[11] Il n’existe aucune preuve d’apprentissage au cours du sommeil (hypnopédie) réalisé dans des conditions expérimentales rigoureuses (contrôle électroencéphalographique).

[12] Chez l’homme on distingue quatre stades au cours du sommeil :

1.        Le stade I (descending stage one ) correspond à l’endormissement ; il ne dure que quelques minutes et se traduit par la disparition du rythme alpha de l’éveil et par une certaine accélération de l’activité électrique.

2.        Le stade II associe quelques fuseaux à un rythme thêta

3.        Le stade III est représenté par l’association de fuseaux et d’ondes delta à 2-3 c/s.

4.        Le stade IV s’objective par la succession d’ondes lentes delta de haut voltage.

[13] Le noyau réticulaire et ses neurones qui utilisent comme médiateur chimique l’Acide Gamma Amino Butyrique (GABA).

[14] Horne (2000)

[15] sauf l’hippocampe où l’on recueille une activité plus lente : rythme thêta à 5 à 8 c/s (cycles par seconde). L’hippocampe a un rôle capital pour la mise en mémoire.

[16] La voie réticulo-hypothalamo-corticale (agissant sur la formation réticulée mésencéphalique, le système diffus de l’hypothalamus postérieur et les groupes cholinergiques mésopontins et télencéphalique basal), la voie réticulo-thalamo-corticale (formation réticulée mésencéphalique, neurones cholinergiques mésopontins et noyaux thalamique), les neurones noradrénergiques du locus coeruleus (qui agissent directement sur le cortex, le thalamus et l’hippocampe), le raphé antérieur qui produit de la sérotonine et agit sur l’hypothalamus et le cortex

[17] le système à histamine  est considéré comme l’un des systèmes les plus importants de l’éveil. Les corps cellulaires à histamine sont tous situés dans l’hypothalamus postérieur (H.P.), et ils se projettent dans tout le cerveau (en particulier au niveau des autres systèmes d’éveil).

[18]  [neurones Asp/Glu]

[19] (C.R.F.)

[20] Descartes, Méditation Première, « des choses qu’on peut révoquer en doute », Œuvres Complètes, Joseph Gibert éd. 1950, T.II, pp.106-107.

[21] Ce recours compensatoire au rêve par rapport aux dures réalité peut s’exprimer, chez certains sujets, par la narcolepsie : « crises de sommeil paradoxal survenant selon un rythme variable, indépendamment de l’alternance normale veille-sommeil. Les accès de narcolepsie durent quelques minutes ou plusieurs heures et sont parfois déclenchés par les émotions. »

[22] Schopenhauer, « Le monde comme volonté et comme représentation », traduction De A.Burdeau, revue par R. Roos, PUF, 1966-1984 p.43 sq.

[23] Cf. E. Aserinski, N. Kleitman et W. C. Dement (1954-1957).

[24] In « Mélinan, Notions de Psychologie appliquée à l’éducation. »

[25] Mélinan op.cit. p.210 et il énumère de tels hommes : le scientifique, le métaphysicien platonicien.

[26] L'existence d'un état particulier de la conscience lié à l'exercice d'une spiritualité et cultivant un état intermédiaire entre veille et sommeil a permis d'employer le terme de « quatrième état de conscience ». Le Yoga emploie également cette expression à propos de « Turyia », état de conscience distinct, plus vaste et qui, supérieur aux trois autres, les englobe.  J’ai proposé d’utiliser plutôt le terme « d’éveil paradoxal » qui a le mérite de lever cette ambiguïté. Ce terme a été repris, de manière indépendante semble-t-il, par François Roustang dans son ouvrage sur l’hypnose.

[27] la respiration jouit d’une place particulière dans l’économie psycho-biologique : elle est peut être la seule fonction qui soit à la fois spontanée et gérable par une décision consciente. Certains évènements l’accélèrent ou la ralentissent ; je peux aussi décider de l’accélérer ou de la ralentir selon mon bon plaisir !

[28] Ceci m’est l’occasion de souligner un fait très général : la paix intérieure entraîne une diminution des tensions musculaires et la diminution des tensions musculaires peut diminuer les conflits internes, l’émotion accélère les rythmes respiratoire et cardiaque et le ralentissement de ces rythmes tend à atténuer l’émotion, etc.

[29] Ce type d’effet est l’occasion d’un grand nombre de dérives ; Cf. Michel Monroy  : La Dérive Sectaire ( PUF, 1995). On lira aussi, dans les Cahiers du Grep (http://www.grep-mp.org)  les réactions du public à son intervention.

[30] on est là dans un état de « dormance » tout à fait comparable à l’hibernation (Cf. plus loin)…

[31] évoqué plus haut.

[32] Jean de La Fontaine, Le lèvre et les grenouilles

[33]Certains animaux migrent sur de grandes distances pour éviter des situations défavorables ; d’autres réduisent les stresses environnementaux en modifiant leur comportement et les habitats qu’ils occupent. Par exemple, certains rongeurs arctiques, lors des hivers rigoureux, s’enfouissent sous la neige où ils poursuivent leurs activités !

[34] Le terme d’hibernation est communément appliqué à tous les types de dormance chez les vertébrés. Il s’agit d’un état d’activité très réduite avec température du corps abaissée que certains animaux adoptent pour faire face aux difficultés de l’hiver ou à la sécheresse du désert l’été. Quand les lacs, les étangs ou les rivières sont à sec, par exemple, les organismes aquatiques peuvent se mettre en état de dormance pour survivre, alors que d’autres périssent. Certains animaux, grâce à ce processus peuvent coloniser des régions froides où les autres espèces ne s’adapteront pas.

[35] La période de dormance varie quant à sa durée et quant au degré de réduction métabolique : cela va d’une légère réduction métabolique pendant un profond sommeil périodique et de courte durée aux plus extrêmes réductions pour des périodes très étendues…

[36]             La longévité è

Les primates sont, en général, le groupe dont la vie est relativement la plus longue.

Trois facteurs ont des corrélations indépendantes avec l’espérance de vie :

·         le poids du cerveau,

·         le poids du corps et

·         le niveau du métabolisme au repos, selon l’équation :

 

DV = 5.5 E0.54  S-0.34  M-0.42

 

DV = Durée de vie (en mois)

E = Poids de l’encéphale en grammes[36]

S = Poids du corps en grammes[36]

M = Métabolisme en calories par gramme et par heure.

L’exposant négatif de M (-0.42) signifie que la durée de vie risque d’être d’autant plus courte que le sujet dépense davantage d’énergie à chaque instant ! Le « refroidissement » de l’organisme serait ainsi facteur de longévité. La pratique de l’éveil paradoxal expliquerait la longue vie observée chez les orants et contemplatifs à quelque religion qu’ils appartiennent !

[37] A proprement parler, cependant, l’emploi de ce terme devrait être limité aux homéothermes à sang chaud : oiseaux et mammifères ! Leur plumage ou leur fourrure réduit leur rayonnement calorique et d’autres mécanismes de déperdition thermique. Cela les aide à maintenir une température de l’organisme à peu près constante. Leur homéostasie les rend ainsi moins dépendants de l’environnement, spécialement quant aux limites qu’imposerait autrement la température ambiante.

[38] Le vrai hibernant passe la plus grande partie de l’hiver dans un état proche de la mort; l’animal, de fait, parait être mort ! L’hibernant est sur le fil du rasoir entre le maintien de la vie à un niveau qui rende possible la sortie de l’hibernation et une réduction du métabolisme à un niveau qui conduirait à la mort. Il s’agit d’une méthode de survie précaire au mieux, dont beaucoup d’individus ne se réveillent pas ! Pour la survie de l’espèce, c’est valable ; pour la survie de l’individu, c’est incertain et risqué.  Seuls mammifères hibernants réels : les chauve souris, les hérissons ou autres insectivores et les rongeurs. Pour survivre à l’hiver, l’hibernant peut compter sur la combinaison de ses réserves corporelles de graisse et/ou de nourritures engrangées (rongeurs). Après que la température du corps a chuté jusqu’au niveau de la température ambiante, sa respiration se fait imperceptible (moins de trois mouvements respiratoires par minute) ; il ne réagit pas si on le déplie de sa position « en boule ». Cependant cela déclenche le « réveil ».

[39] L’écureuil « tamia » (ou chipmunk ou « suisse ») en est un exemple. De même, l’ours n’est pas un vrai hibernant ! Pour hiberner, sa température passe seulement de 38° à 34° ! Il s’agit d’un repos hivernal plutôt que d’une véritable hibernation ! Au cours de cette léthargie, il reste capable d’activité si on le stimule.

[40] Une forme de dormance chez les protozoaires et nombre d’invertébrés, soumis à des conditions défavorables est l’enkystement sous différentes formes.

[41] Chez l’écureuil arctique, par exemple, on peut observer une réduction de 90% de l’activité électrique du cerveau (t° =6°C).

[42] à des températures où le Système Nerveux des autres mammifères cesse de fonctionner !

[43] Chez les vrais hibernants, le sang circule plus à l’avant qu’à l’arrière du corps ; ceci permet au peu d’énergie disponible de garder au cerveau une température constante en dépit des variations de la température extérieure et du refroidissement complet de la peau.

[44] Hypophyse :L’hibernation (freinée par la plupart des sécrétions endocrines) peut survenir, paradoxalement, pendant un accroissement d’activité de l’hypophyse. Cela pourrait suggérer qu’il y a dissociation entre croissance cellulaire et synthèse hormonale par rapport aux organes cibles normalement contrôlées par la sécrétion de STH. Il y a diminution du magnésium sanguin et des sécrétions surrénaliennes

[45] © 1995 Encyclopædia Universalis France S.A.Tous droits de propriété intellectuelle et industrielle réservés. En 2010 la recherche sur les adipocytes bruns est très active [Cf. Jennifer Altman, Un nouveau regard sur les adipocytes, 9° Colloque Médecine et Recherche en Endocrinomogie, Fondation Ipsen, Alzheimer Actualités, Mars-Avril 2010, 209:6-12)]

[46] phases d’apnée avec (ou par) diminution de la production de gaz carbonique et des besoins en oxygène 

[47] Cependant, d’après la littérature du yoga, lorsque le quatrième état s’approfondit, on peut observer un refroidissement de l’ensemble de la périphérie, tout à fait similaire à l’état d’hibernation. La chaleur quitte le « corps » en commençant par le bas et en ne laissant de point chaud perceptible qu’au niveau de la tête.

[48] On a montré que les cellules granulaires hippocampiques, utilisées par la mémoire se multiplient d’autant plus que le taux de cortisone est abaissé. Ceci nous aide peut-être à oublier les moments les plus stressants ! (Cf. Heather Cameron, « Naissance des neurones et mort d’un dogme », La Recherche, 329, Mars 2000 pp.29-35.

[49] Quantité d’urine produite.

[50] D’après Irène Tobler, spécialiste Zurichoise qui étudie la phylogenèse du sommeil (La Recherche HS N°3, Avril 2000, p.13). On voit qu’elle rejoint notre propre conception d’un état distinct de la veille, du sommeil et du rêve que nous appelons « éveil paradoxal ». L’hibernation étant une forme particulière de cet état neuroconscienciel.

[51] Si les choses s’en arrêtent là on parle de « lipothymie » plutôt que de syncope ou d’évanouissement…

[52] La vasodilatation permet aux muscles d’être prêts à agir avec rapidité ce qui est favorable en cas d’agression pour se battre et surtout pour fuir. L’excès de ce mécanisme aboutit à la syncope : lêtre paraît mort et l’agresseur s’en désintéresse…

[53] Ce mécanisme est en jeu dans la technique du rebirth.

[54] On en connaît une autre forme, utilisée par les ORL, où l’effort d’expiration est bloqué, non au niveau de la glotte mais en serrant les lèvres et en pinçant le nez, dans le but de faire pénétrer, en force, de l’air dans la caisse du tympan via la trompe d’Eustache.

[55] C’est une fonction harmonieuse avec celle du côté gauche du corps, dont une contraction de posture sert d’appui aux gestes fins…

[56] « état modifié de la conscience » plutôt que « ASC » (« altered State of consciousness ») qui pourrait faire croire qu’il s’agit d’états pathologiques ou défectueux, alors que nous visons des états particuliers mais de nature le plus souvent « saine », « normale »…

[57] qu’elles soient anciennes comme dans la culture africaine ou juive ou récentes comme dans le Buto japonais ou les essais de danse religieuse tentée par telle moniale catholique…

[58] On pense évidemment à la transe-terpsichore-thérapie de Jacques et Alain Donnars…

[59] ce terme est particulièrement adapté, dans la mesure où nombre de sujets, racontant leur rêve parlent du « film » (pour dire « rêve »)… Tout film est un rêve préfabriqué !

[60] Nous nous référons pour l’essentiel de ce passage à l’excellent article de l’Encyclopædia Universalis, dont nous recommandons la lecture intégrale !

[61] détente aussi proche que possible de l’éveil paradoxal ! exercices physiques « doux » mais aussi sophronisation, relaxation, méditation, etc…

[62] Cf. P. Etevenon, Du rêve à 1'éveil. Bases Physiologiques du sommeil, Albin Michel, 1987.

[63] Cultiver l'état d'éveil paradoxal peut conduire à « Turyia », état recherché par les mystiques indiens. Le sujet se place en position de neutralité et de témoignage permanent à l’égard de sa conscience. Cela a suggéré à certains la notion « d’attention constante » d’une façon qui peut se révéler extrêmement nuisible à l’équilibre mental.